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DES TROUBLES DD GOUT DÉTERMINÉS PAR LA SYPHILIS

Selon M. Follin, Pétrequin a publié l’observation d’un malade syphilitique qui avait perdu le sens du goût(l).'

Chez quelques-uns de nos malades, offrant déjà d’autres désordres nerveux, nous avons constaté la perte plus ou moins complète du goût. C’est ainsi que le sujet de l’observation VIII, affecté d’une névralgie faciale gauche, avait, pendant toute la durée de cette maladie, la

moitié correspondante de la langue insensible aux sa-

veurs. La sensibilité gustative est revenue, chez ce ma-

lade, sous l’influence des mercuriaux qui ont dissipé tous les autres phénomènes morbides.

Chez un autre malade, affligé d’une paralysie faciale, il existait également une perte du goût sur la moitié droitéi| de la langue (2). N'est-ce pas là une justification de*ji l’opinion de certains physiologistes, qui attribuent un rôle actif à la corde du tympan, dans l’accomplissement de la dégustation?

Nous avons rencontré, chez deux autres sujets, l’abolition presque complète du même sens. Dans l’un de ces cas, des gommes, situées dans l’épaisseur de la langue, paraissent avoir été la cause de cette paralysie sensoriale.

(1) Gazette médicale, 1836.

(2) Observation XXIV.

I 11 est inutile de rapporter ici les détails intéressants de

Ices faits, dont 1 exposition est suivie de quelques courtes réflexions.

Observation LXIX. Plusieurs clicincres. — J'i'üitertient irvéçjulier. — Gommes de la langue. — Perle du goût. — Antisyphilitiques. — Guérison.

M. R..., négociant, habitant l’Égypte, âgé de 20 ans, d’nne bonne santé habituelle, n’ayant jamais eu de maladie sérieuse, contracta un premier chancre en 1852, pour lequel il fut soumis à un traitement hydrargyrique, pendant un mois environ. En 1853, deuxième chancre; X... ne prit que 24 pilules mercurielles. En 1857, à la fin d’août, il eut un troisième chancre, pour lequel on lui a également administré du mercure pendant quelques jours. En 1858, au commencement du mois d’avril, il contracta un quatrième chancre; il prit de nouveau des pilules mercurielles, pendant un mois environ; jamais d’uréthrite. Il dit n’avoir jamais remarqué d’induration, ni d’engorgement ganglionnaire. Mais je m’empresse d’ajouter que M. X...est peu observateur et qu’il n’a pas l’habitude de s’examiner attentivement. Quoi qu’il en soit, il n’a jamais eu, dit-il, ni céphalalgie, ni douleurs dans les membres, ni aucune éruption. Aussi se croyait-il tout à fait à l’abri de tout accident consécutif à l’infection syphilitique, lorsqu’à la fin du mois de septembre 1858, six mois après avoir eu sa dernière ulcération, il sentit à la langue un poids, une augmentation de volume, qui rendaient la parole difficile et embarrassée. Quelques jours après il perdit complètement le sens du goût. Il trouvait tous les aliments insipides, il ne pouvait pas apprécier la saveur spéciale de chacun d’eux,

I distinguer s’ils manquaient de sel ou s’ils en avaient de trop. I C’est là môme ce qui frappa le malade tout d’abord. Il nous si affirme n’avoir remarqué aucune autre manifestation syphili- I tique antérieure ou concomitante. Peu de temps après, un médecin consulté lui ordonna pour tout traitement 1 usage de la salsepareille. Cependant le malade, voyant que la langue se gonflait de plus en plus, que la parole était devenue presque li incompréhensible, malgré les propos rassurants de son oc-

leur, eut enfin la curiosité piquée et prit le parti de s’examiner minutieusement dans une glace. Il découvrit alors des ulcérations jaunes, sur les parties latérales de cet organe. Peu confiant à son docteur africain, qui ne paraissait nullement inquiet du gonflement de plus en plus considérable de la langue, M. X... s’embarque pour la France, et arrive à Paris le 2 novembre 1858. Le diagnostic n’offrait pas la moindre difficulté chez lui ; la vérole ne s’est point déguisée cette fois-là.

Il suffisait de faire tirer la langue au malade pour reconnaître l’affection dont il était atteint. Je réclamai néanmoins l’assentiment du maître. M. Ricord confirma de toute son autorité le diagnostic que j’avais posé quelques jours auparavant. L’état général du malade est satisfaisant. Il paraît que X... n’est pas plus maigre que d’habitude; cependant il est un peu pâle et jaune. La langue est très-volumineuse et inégalement développée. Elle remplit toute la bouche et conserve, latéralement et en arrière, l’impression des dents. La moitié gauche de l’organe étant bien plus développée que la droite, le sillon médian n’est plus au milieu; de plus les bords de l’organe sont ondulés, comme festonnés, à leur partie antérieure, par les saillies que forment les tubercules gommeux contenus dans l’épaisseur de la langue; de petites tumeurs de même nature en rendent également la face supérieure bosselée et inégale. iLa partie la plus épaisse est à gauche, à 2 centimètres de la pointe. L’organe oQ’re dans ce dernier point 3 centimètres ^ d’épaisseur. La partie de la langue ainsi gonflée, siège en de- * hors de la saillie de l’hyoglosse. On y distingue plusieurs éminences irrégulières et les doigts constatent trois grosses tu-- -

meurs dont une antérieure, du volume d’un' haricot, une moyenne, un peu plus petite et séparée de la précédente par un sillon, une troisième enfin postérieure à celles-ci, du volume d’une forte noisette et faisant saillir la face supérieure de la langue d’une manière plus prononcée que les deux autres. En embrassant ces tumeurs entre le pouce et l’index on en distingue les limites profondes et l’on peut juger de leur consistance; elles sont élastiques, résistantes, excepté l’antérieure qui est ramollie et comme fluctuante. En effet, à la partie correspondante du bord gauche de la langue, on voit une ulcération d’un demi-centimètre de longueur, irrégulière,

OliSERVATIONS. 413

laissant apercevoir un fond jaune, comblé par de la matière épaisse, semblable en tout au tissu des gommes en train de se liquéfier. Le stylet pénètre d’un centimètre dans la cavité remplie par cette matière. La veine ranine gauche, dilatée, est d’un volume deux fois plus grand que la droite. A droite aussi, et h peu près à la môme distance de la pointe de la langue, on sent deux autres tubercules; mais ils sont plus petits et plus profonds que les précédents. Bien que le malade n’ait pas pris de mercure, il salive beaueoup. La mastication est impossible et la déglutition assez difficile; X... est obligé de se nourrir d’aliments liquides. La prononciation est très-pénible et pour certains mots impossible. La membrane muqueuse linguale a conservé ses caractères normaux. Les yeux du malade étant fermés, nous faisons les expériences suivantes : Un pinceau trempé dans du vinaigre mitigé d’eau et appliqué sur différents points de la moitié gauche de la langue, ne donne aucune sensation gustative. Il en est de même du sel et du sucre dissous dans un peu d’eau ; nous avons même touché la branche gauche du V lingual avec ces dissolutions, sans que le malade pût distinguer celle dont nous nous servions chaque fois. Enfin j une macération de coloquinte n’est pas plus appréciéeque le reste; mais aussitôt que le malade a rentré la langue dans la houche, il fait la grimace et se plaint de l’amertume, il se rince la bouche à plusieurs reprises, après quoi nous expérimentons sur le côté droit de la langue. La pointe et les bords n’apprécient nullement le goût des substances qu’on y applique; mais la branche droite du V lingual conserve toute sa sensibilité spéciale. Aussi 1e malade nous indique-t-il parfaitement le nom de toutes les substances que nous employons. M. X... ne porte aucune autre manifestation, si ce n’est un sarcocèle syphilitique à droite, avec un peu de liquide dans la tunique vaginale. — Traitement. lodure de potassium, 2 grammes par jour et deux pilules de 5 grammes de proto-iodure de mercure chacune ; la dose des. médicaments fut progressivement augmentée jusqu’au 15 décembre. Celle de l’iodure de potassium fut portée jusqu’à 4 grammes, et l’iodure bydrargyrique jusqu’à 25 centigrammes par jour. Le 20 novembre, légère stomatite. Les tubercules de la langue sont manifestcmentréduits; à droite le plus volumineux n’est guère plusgios

des TüOUDLES du GOUT.

qu’un petit pois, et le plus grand du côté gauche olfre la grosseur d’un haricot. L’ulcération, dont nous avons parlé, marche vers la cicatrisation. Il n’y a plus de matière jaune épaisse, résultant de la fonte des tubercules. Le goût n’est pas revenu. La langue ayant considérablement diminué de volume, le malade peut manger et parler assez facilement. Suspension du mercure, julep avec 6 grammes de chlorate de potasse, gargarisme avec le môme sel, bains sulfureux. Le 25 novembre X... reprend son iodure de potassium à la dose de 3 grammes par jour, et son proto-iodure à la dose de 13 centigrammes. Le 10 décembre, l’bydrocèle ayant considérablement augmenté de volume, une ponction est jugée nécessaire; elle est pratiquée par M. Ricord, et suivie d’une injection iodée. Deux jours après, le malade quitte le lit et reprend son traitement. Le 20 décembre, les tubercules du côté droit ont tout à fait disparu : on n’en trouve qu’un à gauche ; c’est le postérieur, qui a à peine le volume d’un petit pois. Le sens du goût est rétabli partout, ainsi que les expériences nous le prouvent; la prononciation et la mastication sont normales. Le malade est mis h 10 centigrammes de proto-iodure hydrargyrique et à 2 grammes d’iodure de potassium. Le 10 janvier, la tumeur n’a pas complètement disparu; une légère stomatite oblige de suspendre le traitement et de prescrire de nouveau le chlorate de potasse. Le 17, il reprend son traitement. Il reste à peine un petit noyau dans l’épaisseur de la langue, au niveau du grand tubercule. Le malade est remis à 10 centigrammes d’iodure de mercure et à 2 grammes d’iodure de potassium. Son hydrocèle est tout à fait guérie. Le malade quitte Paris le 20 janvier; il continuera son traitement pendant deux mois encore, à moins que l’état de la bouche ne l’oblige de le suspendre de nouveau, momentanément.

Réflexions. — On est en droit de conclure de la lecture de l’observation précédente que les nerfs linguaux, donnant la sensibilité gustative de la partie antérieure de la langue, étaient comprimés par les tubercules que l’on voyait et que l’on sentait si développés dans l’épaisseur de la langue. La branche gauche du Y constitué par les

OBSERVATIONS

papilles caliciformes n’appréciant plus le goût des sub- ' stances, n’est-on pas en droit de soupçonner qu’une tumeur, de même nature que la précédente, comprimait le nerf glosso-pharyngien dans une partie de son éten- ! due? Quoi qu’il en soit, l’abolition de la sensation gusi tative était bien, chez ce malade, le résultat de la syphilis I! constitutionnelle, ainsi que le traitement l’a clairement I prouvé en rétablissant le goût, en même temps qu’il disi sipait les lésions matérielles de la langue, appréciables à \ la vue.

Mais quelle est l’affection primitive qui a infecté M. X. . .?

I On doit rester complètement dans le doute à cet égard ; car les petites doses de mercure, prises de temps à autre, et mal à propos, pour des chancres contractés nouvellement, auraient parfaitement pu retarder l’explosion des manifestations syphilitiques, lors même que la diathèse aurait été établie à partir de la première ulcération vénérienne. Ainsi que nous en avons vu de remarquables exemples dans plusieurs observations précédentes, quelques semaines de traitement mercuriel peuvent parfois retarder de plusieurs années l’apparition des symptômes diathésiques de la vérole.

Oüservation LXX. — Tubercules syphilitiques. — Cicatrices vicieuses du voile du palais qui adhère au pharynx de manière à. empêcher toute communication entre V arrière-gorge et les fosses nasales. — Éblouissements. — Surdité. — Perte du goût et de l'odorat. — Traitement mixte, guérison.

M. V.., âgé de 33 ans, d’une constitution primitivement robuste et d’une haute stature, contracta, en 1842, une blen- I norrhagie et un chancre du frein. Le cubèbe et les pansements

! simples firent disparaître ces accidents. En 1843 , nouvel écoulement, et peu après, un chancre de forme ronde et de couleur rouge vive, abords durs faisant bourrelet. Cet ulcèie,

situé sur le prépuce, laissa longtemps après lui un durillon non douloureux. A celte époque le malade eut un engorge- i ment inguinal droit, qui céda peu après à un traitement mer- • curiel interne et à l’application locale d’un emplâtre de Vigo.

Ce traitement, suivi pendant on ne sait combien de temps, ne l’a pas été régulièrement. Néanmoins les accidents avaient disparu depuis quelques semaines, quand survinrent des douleurs articulaires très-aigufis dans les membres inférieurs, et un peu plus tard, une éruption boutonneuse dont M. V. porte encore les traces. M. Baumès consulté prescrivit la liqueur de Van Swieten, des bains de vapeur et des fumigations cinabrées.

La durée de ce traitement, suivi irrégulièrement comme lè premier, n’est pas indiquée d’une manière précise par le malade. Vers celte époque, et six mois environ après le début du chancre induré, V. fut pris d’éblouissements continus qui ne lui permettaient pas de rester seul. A droite la vue s’ob- * scurcit d’une manière sensible. L’ouïe s’abolit complètement ^ du môme côté. Les premiers de ces accidents disparurent, ; mais la surdité de l’oreille droite a toujours persisté depuis. ’ Dix-huit mois après, en 18-45, nouvel écoulement sans impor- ■ tance. Un autre, contracté en 1846, fut guéri par son médecin qui le soumit en même temps, pour sa syphilis constitutionnelle, au muriate d’or pendant trois mois, et plus tard à l’iodure de potassium. Rassuré, ainsi que son médecin, par ce traitement et par la conduite régulière qu’il mena pendant un an, V. n’accorda pas beaucoup d’attention à certains acci- I‘ dents qu’il éprouvait à ces moments-là (céphalée, maux d’estomac, ulcérations, qu’il qualifie d’aphlheuses, sur la langue et à la face interne des joues; éruption boutonneuse du ventre et is des cuisses). Il se maria au commencement de l’hiver de 1847. lil Deux mois après son mariage, l’éruption, qu’il qualifie d’aph- P lheuse, prit du développement; la gorge devint aussi malade Sfe pour la première fois; des douleurs aiguës se sont manifestées t Bit: aux épaules et sillonnaient la tête en tous sens, puis la face TT et particulièrement le nez dont le côté droit devint le siège ï4i d’une fluxion (apophyse montante). A plusieurs reprises, des , plaques ulcérées se montrèrent aux bourses, s’accompagnant i V de vives douleurs. Ces nouvelles manifestations, méconnues dans leur caractère, furent traitées par les antiphlogistiques, al)

ODSERVATIONS.

époque à laquelle furent extraits des f A parlir de ce momenl, il v 1 „„ “““ ““

gonflement du nez devint pâteux" ^'odorat; le

sanio-purulente sortit des^narinès^'"*^ fluctuant; une sérosité médecin retira du nez à l’aide des ’ ' temps après, le

sidérables. La luette é\ait^t?'"''-^ les ulcérations de la u vZXZl TZ" institué par Lallemand à cette époque. Peu de temps après de nouveaux ulcères graves, profonds, ont envahi la gorge I i ont é e consécutifs à la fonte des tubercules gommeux qui s'v sent développés. Ces accidents s’étendirent dans cette ?égioI plus loin que I œil ne pouvait les suivre. Le malade de^vint suje a un picotement nocturne qui le tourmentait beaucoup • ü fut pris d une toux sèche, fatigante, et devint peu après complètement aphone. Il se décida, au mois de juillet 1849 à venir a Pans. Lors de son admission à la Maison de santé de la rue de Lourcine dont M. Dumotel, àqui nous devons l’observation, est le médecin, V. était dans l’état suivant : maigreur générale très-prononcée, face pâle, bouffie, aphonie complète. Le malade ne peut parler qu’à voix basse et d’une manière peu distincte. Pouls petit, peu fréquent , la toux existe encore: une expectoration muqueuse très-abondante épuise le malade. Nez déprimé au niveau des apophyses montantes du maxillaire supérieur. L’isthme du gosier est réduit à un véritable pertuisparla disposition des cicatrices vicieuses coarctées, qui sillonnent l’arrière-gorge dans toute son étendue, et confondent en un seul plan fibreux cicatriciel le voile du palais, la luette, les piliers, et la paroi postérieure du pharynx. Sur le front, les jamhes, les cuisses et les épaules, on voit des traces cicatricielles, d’un jaune pâle, un peu déprimées, indiquant l’existence d’un ecthyma, cicatrisé depuis quelque temps. Des expériences faites par M. le docteur Dumotel ont prouvé à. ce distingué confrère que le goût et Vodorat sont nuis. L’aspect général du malade fait craindre que la poitrine ne soit déjà envahie par la diathèse tuberculeuse; crainte justi- Z.\,MUACO. 27

fiée par une fièvre quotidienne à accès nocturnes et déformé i hectique. La percussion et l’auscultation ne confirment pour- : tant pas d’une manière absolue l’inquiétude conçue relative- i ment aux poumons. On ne trouve que des râles sibilants et -, muqueux sur une grande étendue, tajit en avant qu’en arrière, pas de matité. Traitement : 50 centigr. d’iodure de potassium n par jour, tisane de lichen, julep pectoral, gargarisme iodé à . 2 p. 100 ; car V. a encore quelques points à la gorge, où la ;l cicatrisation n’est pas complète. Le malade ne peut prendre i que des aliments liquides. Quelques jours après, l’iodure de 1 potassium est porté à la dose de 1 gramme par jour, puis à 16’’, 50 et à 2 grammes; il y a une amélioration évidente. La . fièvre disparaît ; il y a de l’appétit, le malade peut prendre des s aliments consistants. La voix revient après quinze jours de J: traitement et d’une manière rapide et très-sensible.

Le 15 septembre, la gorge est tout à fait cicatrisée; la ü voix et la parole sont parfaites; le goût est revenu; mais l’o- ( dorât est nul. L’iodure de potassium est continué à la dose lÿ. de 3 grammes par jour, pendant tout l’hiver; V... reprend des couleurs et un embonpoint remarquable. Après trois mois Ü de traitement, la toux a cessé complètement. '

Réflexions. — On a vu, dans le cours de l’observa- ii lion, que six mois après le début du chancre induré, è V... fut pris d’accidents nerveux consistant en éblouis- < sements continus, en troubles visuels très-prononcés, et ) en l’abolition complète de l’ouïe du côté droit. Malheu- i reusement le malade n’a pas été soumis à un examen attentif à cette époque-là; mais il est impossible d’attri- i' buer à la chloro-anémie, qui se déclare quelquefois dès ■ le début de la syphilis constitutionnelle, des phénomènes ■ qui sont restés bornés à un œil et à l’oreille d'un seul côté. Quelle a donc pu être la cause de ces accidents? • Comment expliquer la perte du goût chez ce malade? Si la sensation gustative existait sur une des moitiés de la langue, on aurait pù soupçonner une compression d’un

OBSERVATIONS

nerf, ou des nerfs dun côté de cet organe; mais l’abolition complète du goût échappe à cette interprétation, et nous met dans l’embarras. Quant à l’anosmie, les ulcérations et les ostéites, dont les fosses nasales ont été le siège, nous donnent une explication rationnelle du fait.

L’interruption complète de toute communication entre le nez et l’arrière-gorge nous rend compte également de la perte définitive de l’odorat, qui exige pour son accomplissement, ainsi qu’il a été prouvé par les expériences physiologiques, un courant d’air ascendant, dirigé vers la voûte de la cavité nasale, courant qui puisse impresi sionner les filets de la première paire nerveuse.

La perte de l’ouïe, à droite, paraît aussi être le résultat ( de l’oblitération de la trompe, consécutivement à la cii| catrisation des ulcères du gosier : Swediaur, Gooper et Saissy citent des faits analogues.

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