‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 39 sur 61 · DE LA CHORÉE SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

DE LA CHORÉE SYPHILITIQUE

proximativement , la malade étant restée vierge de tout traitement modificateur de la syphilis.

En effet, les éruptions pustuleuses et les plaques muqueuses, que notre malade portait lorsque plus tard la diathèse syphilitique fut reconnue , appartiennent , comme on le sait, à une époque plus avancée de l’infection constitutionnelle que la roséole. Cette perturbation remarquable dans l’exécution des mouvements des membres, de la tête, de la langue et du tronc, influençant la respiration, comme il a été dit dans l’observation, résiste à tous les traitements employés et dure pendant plusieurs mois; puis elle cède avec rapidité et d’une manière définitive à l’emploi du proto-iodure de mercure, en même temps que les autres accidents syphilitiques s’améliorent, que les pustules de la peau s’effacent, que les plaques muqueuses disparaissent, que les douleurs de la tête et des membres se dissipent et que les ganglions lymphatiques eux-mêmes commencent à se dégorger.

Une autre remarque intéressante découle tout naturellement de la narration de ce fait : aussitôt que derechef les accidents syphilitiques se sont aggravés, qu’il est survenu chez la malade un tubercule gommeux du voile du palais et des céphalées intenses, en un mot, aussitôt que la diathèse, vaincue momentanément par l’usage des spécifiques, a présenté une nouvelle recrudescence, il y eut une seconde explosion de phénomènes nerveux, et celte fois-ci de véritables attaques hystériques.

L’organisme s’habituant aux doses des médicaments employés, qui deviennent inefficaces pour combattre la diathèse syphilitique , les accidents nerveux marchent dans la même progression ascendante et les accès hystériques se transforment en hystéro-épileptiques. Filiation

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curieuse de divers troubles nerveux, se succédant les uns aux autres, et suivant toujours la môme marche que les autres manifestations diathésiques de la syphilis!

Observation LXXVII. — Chorée syphilitique (1).

! Résumé. L... blanchisseuse, âgée de 22 ans, entre à Saint- Lazare, le 20 avril 1852, pour une syphilis constitutionnelle. Jamais elle n a eu aucune affection convulsive, ni rhumatisme ni scrofules. Ses parents n’ont jamais eu de maladies dépendant d’une diathèse quelconque. On la soumet à un traitement spécifique par le proto-iodure de mercure. A la fin de juin, elle était sur le point de quitter l’hôpital, guérie de ses accidents, lorsqu’elle est prise de malaise, de céphalalgie frontale et oculaire, accompagnée d’un mouvement fébrile intense ; i puis il survient une éruption vésiculo-pustuleuse de la peau. J On reprend le traitement spécifique consistant en liqueur de Van Swieten et iodure de potassium. Les accidents se modifiaient sous l’influence de cette médication, lorsque le 2 août cette femme éprouve une céphalalgie intense, avec douleur occipitale très-vive; puis des vomissements, de l’insomnie, des étourdissements. La face est vultueuse, les yeux injectés ; on prescrit des sangsues à l’anus. Quatre jours après, bien que tous les accidents cérébraux eussent disparu, elle ressent dans le bras gauche, puis dans la jambe du môme côté, des mouvements involontaires, des convulsions spasmodiques, saccadées. Elle éprouve en môme temps un affaiblissement notable dans toutes ces parties, avec douleur assez intense s’étendant du H coude jusqu’au bout des doigts ; môme douleur dans les rnus- ;j des antérieurs de la jambe, avec sentiment de faiblesse dans ) le genou, au point que dans la progression la jambe fléchit •i sous le poids du corps, pendant que le pied exécute un mou- ^ vement de rotation en dedans. Il lui est impossible de manger avec la main gauche ; lorsque la malade approche la cuiller de sa bouche, elle est aussitôt rejetée loin du corps. La langue se déviait à droite; l’œil droit, les muscles de la face étaient pris aussi de mouvements convulsifs. La sensibilité cutanée

(f) Observation du docteur Costilhes. Gazette medicale de 1S52. Zambaco.

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resta normale. Le 1" septembre la chorée était à son apogée j et fut constatée par M. Ricord. Du 3 au dO, les phénomènes nerveux ont diminué progressivement; le 12, il ne restait ij qu’un léger tremblement. Le lo, les accidents choréiques ne >c consistent plus qu’en un petit mouvement spasmodique de la .1 paupière inférieure gauche, mouvement dont la malade n’a /, pas conscience. Le 20, la guérison est complète; on continue •!. néanmoins l’administration de l’iodure de potassium.

M. Costilhes a gardé cette femme pendant deux mois dans .r son service à Saint-Lazare, sans être témoin de nouvelles mani- ii festations, dénotant une perturbation du système nerveux.

Réflexions. — Nous ferons remarquer, à propos de J celte observation, que les symptômes de la syphilis ac- ® cessibles à la vue étaient en pleine amélioration, lorsque ii la chorée est survenue ; tandis que chez notre malade jj^ les accidents nerveux se sont toujours aggravés ou améliorés en même temps que toutes les manifestations sy- |-’ philitiques appréciables. ‘

L’observation de M. Costilhes rassure donc moins b l’esprit sur la nature réellement syphilitique de la chorée, j.3 que le fait que nous avons exposé en premier lieu. |

Cependant il convient de faire remarquer que parfois i^i' des accidents cérébraux essentiellement syphilitiques \-3 peuvent éclater pour la première fois lorsque la diminu- iu tion, la disparition même des manifestations syphilitiques : -3 externes était loin de faire prévoir une telle complication, n

Un exemple de ce genre, et que nous avons déjà cité, • se trouve consigné dans Ticonographie de M. Ricord: le ' malade sort de l’hêpital le 13 décembre, après avoir ■ suivi un traitement spécifique dé plusieurs mois, et lorsque tous les accidents syphilitiques avaient complètement disparu. Il y rentre le 24 du même mois, avec des troubles de la motilité et de l’intelligence.

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