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CHAPITRE IV

DES TllOÜBLES INTELLECTUELS QUE LA SYPHILIS PEUT PRODUIRE.

Plusieurs de nos malades atteints d’accidents cérébraux syphilitiques ont offert, à certaines périodes de la maladie, des troubles plus ou moins profonds de l’intelligence. Mais ce ne sont pas là des exemples d’aliénation mentale.

On n’est pas plus en droit de désigner ces faits sous le nom de folie syphilitique qu’il ne serait permis de considérer comme aliénés les malades qui ont des désordres intellectuels par suite d’un cancer, ou consécutivement à des masses tuberculeuses de l’encéphale, ou bien encore les méningitiques qui ont du délire.

L’aberration des facultés intellectuelles peut-elle exister, soit comme névrose, soit comme phénomène prédominant dans quelques cas de syphilis cérébrale? 11 nous est impossible de répondre d’une manière catégorique.

Les observations que nous possédons ne sont pas assez nombreuses pour que nous puissions trancher définitivement la question. Quant à celles qui ont été rapportées par les auteurs, voire même par ceux qui se sont occupés, récemment encore et d’une manière spéciale, de l’aliénation mentale syphilitique, nous verrons que la plupart d’entre elles n’ont pas l’importance qu’on a bien voulu leur reconnaître, et qu’il n’est même pas difficile de prouver logiquement leur nullité.

Pour exprimer nettement notre pensée, nous dirons que nous admettons volontiers que la syphilis jouisse du '• pouvoir d’occasionner la perturbation des facultés intellectuelles, comme elle produit l’épilepsie; mais les ■ faits d’aliénation mentale syphilitique non accompagnée * de désordres de la motilité et de la sensibilité sont ex- • trêmement rares. Nous verrons que, dans les observations relatées à lafinde ce chapitre, la syphilis constitutionnelle paraît avoir agi tantôt comme cause déterminante, tantôt comme cause occasionnelle, dans ledéveloppemenl des diverses formes d’aliénation mentale. Cependantloindenous ; faire illusion sur la valeur de ces faits, nous serons le pre-K ! ; mier à présenter les objections dont ils sont passibles.

Plusieurs auteurs ont déjà fait observer qu’une compression du centre nerveux par une tumeur syphiliti- ’ que peut occasionner, outre les phénomènes morbides ‘ du côté de la motilité et de la sensibilité, des désordres de l’intelligence.

Benjamin Bell cite un cas de manie syphilitique guérie par les mercuriaux (1). Une femme de 26 ans fut, à la suite de violentes céphalalgies, atteinte d’épilepsie. Les accès se rapprochèrent tellement, qu’elle en eut jusqu’à quatre par jour. Après qu’ils se furent reproduits pendant huit jours avec une grande violence, elle devint tout à coup folle; les accès ne reparurent plus depuis. Elle était depuis deux ans dans une maison d’aliénés, lorsque B. Bell, appelé à lui donner des soins pour des ulcères qui paraissaient sur diverses parties du corps, et qui étaient précédés d’éruptions cutanées, y reconnut la syphilis. Le mari interrogé répondit qu’il se pourrait bien que sa femme eût gagné la maladie de lui. Cette

(1) Traité de la gonorrhée virulente, loc.cit., t. II, p. 672.

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