‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 45 sur 61 · QUE L\ SYPHILIS PEUT PRODUIRE · texte numérisé non relu

QUE L\ SYPHILIS PEUT PRODUIRE

malade fut soumise aux mercuriaux. Eu neuf semaines de temps les ulcères furent guéris; les symptômes de la manie étaient en voie d’amélioration. Trois semaines après, l’intelligence de cette femme était parfaite. Plusieurs années se sont passées depuis cette époque, sans qu’elle présentât aucun symptôme de folie.

Nous ne parlerons de J. Frank que pour mémoire (1). Selon cet auteur, les personnes affectées de mal vénérien ont le système nerveux très-excitable, ce qu’on doit peut-être attribuer à l’état de l’âme pendant cette honteuse maladie.

Pour les auteurs du Compendium de médecine (art. Syphilis), l’existence des névroses syphilitiques en général n’est pas encore établie sur des bases suffisamment solides.

M.Y varen (2) admet que la syphilis peut occasionner des troubles intellectuels. Il cite la remarquable observation d’une femme qui, àla suite de violentes céphalées, tomba dans un état de démence. La mémoire était affai-

blie, les traits hébétés, les membres paralysés, la marche incertaine ; il y avait une exostose à l’une des jambes. Un traitement mixte a dissipé tous les phénomènes morbides, dans l’espace de quelques semaines.

Selon M. Lagneau, l’hypocondrie, la mélancolie, la manie, la démence et l’idiotisme peuvent être occasionnés par la vérole négligée (3).

Le même auteur dit un peu plus loin (4) que, parmi les circonstances qui favorisent l’hypocondrie, on doit noter l’état normal de quelques personnes méticuleuses, qui, ayant eu autrefois la syphilis, s’obstinent à se croire

(1) Lor. cil.

(2) Des mclamorphosei de la syphilis.

(3) Traité des maladies syphilitiques, t. H, p. 33ti.

(4) A la page 335.

infectées. C’est là, en effet, une forme d’hypocondrie, fréquente chez les syphilitiques, et que M. Ricord désigne sous le nom de syphilophobie. Mais, ainsi que nous le dirons plus bas, cette mélancojie n’est pas déterminée par l’effet de la vérole constitutionnelle, puisque des malades, n’ayant présenté que des chancres non infectants, peuvent en être atteints.

Esquirol et Ferrus ont considéré l’aliénation mentale comme pouvant être produite ou entretenue par la syphilis; mais ni l’un ni l’autre ne nous ont donné des faits probants à l’appui de leurs assertions.

Flemning trouva à l’autopsie d’un dément paralytique, atteint antérieurement de syphilis, une exostose considérable de la base du crâne.

Simon dit avoir vu l’aliénation mentale se développer consécutivement à la syphilis (1).

Quelques-uns des malades méningitiques deM. Reeve offraient des désordres intellectuels.

lie jeune homme dont parle Vidai, et qui fut affecté d’accidents cérébraux, à la suite d’une syphilis constitutionnelle, a présenté aussi, pendant quelque temps, une faiblesse de la mémoire, dont les spécifiques ont fini par avoir raison.

M. Follin (2), dans son article sur la syphilis, article plein d’érudition et où règne une critique sévère, mais en même temps des plus judicieuses, nie la folie en tant qu’accident spécifique et n’accepte que les troubles intellectuels, liés aux lésions de la sensibilité ou du mouvement, et résultant d’une altération matérielle, d’une compression par exemple.

(1) Virchow, Pathologie cellulaire, trad. P. Picard. Paris, 1861.

(2) Traité de pathologie externe. Paris, 1861, tome I".

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