‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 47 sur 61 · QUI'] LA SYPHILIS PEUT PRODUIRE · texte numérisé non relu

QUI'] LA SYPHILIS PEUT PRODUIRE

calmer leur esprit et à redresser leur intelligence, ï Voilà donc une forme de perturbation intellectuelle, occasionnée par la syphilis. Néanmoins, on serait dans l’erreur, si on la considérait comme une forme d’aliénation mentale syphilitique. Ce n’est pas la syphilis constitutionnelle, la diathèse syphilitique, qui, par une action directe sur le système nerveux, en pervertit les fonctions. C’est la frayeur de se voir condamné à souffrir d’une maladie dont on s’exagère souvent les conséquences, c’est la crainte d’être stigmatisé ou de transmettre l’affection aux membres de sa famille, qui ébranle l’esprit et trouble l’intelligence. En d’autres termes ce n’est pas la maladie, c’est l’impulsion, c’est l’inquiétude morale qui est la cause de tous ces désordres de l’intelligence, puisqu’ils peuvent exister à la suite d’un chancre volant ou d’une simple chaudepisse. Aussi on observe les mêmes divagations chez des gens non vérolés, mais qui sont néanmoins intimement convaincus de leur infection, bien qu’ils n’en aient jamais présenté aucun symptôme. On sait enfin qu’on ne parvient à guérir ces malades d’esprit, ces syphilophobes qu’en leur 1 ordonnant du mercure qu’ils réclament avec instance.

Nous ne pouvons terminer cet article sans parler d’un travail nouveau qui a paru dans ces derniers temps, et depuis que notre ouvrage a été déposé à l’Académie impériale de médecine.

M. le docteur Hildenbrand (1) a soutenu, devant la Faculté de Strasbourg, une thèse fort intéressante dont nous tâcherons de rendre compte ici sommairement.

Selon cet auteur, la syphilis peut produire l’aliénation mentale de trois manières ; 1“ en viciant le sang

(I) Z)e la sypidlis dans ses rapports avec l’aliénation mentale, 1859.

des troubles intellectuels

et en produisant la chlorose syphilitique ; 2“ en portant son action sur les os du crâne et les méninges ; 3° en déterminant des altérations directes du cerveau. 11 s’ensuit que, pour ce médecin, la folie est toujours liée à l’existence de lésions matérielles.

A propos de la première catégorie, il se livre à des remarques très-justes et très-intéressantes; mais la clinique, ce juge sévère de toutes les théories, ne lui prête point son appui ; nous ne trouvons, ni dans sa thèse ni ailleurs, un seul exemple d’aliénation mentale syphilitique dans lequel il soit prouvé que la vérole ait déterminé la perturbation intellectuelle en appauvrissant le sang. Nous devons donc, jusqu’à nouvel ordre, ne pas admettre ce mode d’action de la syphilis sur l’encéphale. Hypothèse pour hypothèse, je préférerais encore supposer que la syphilis, qui peut déterminer des paralysies sans lésion matérielle, peut avoir la faculté de produire de la même façon des troubles psychiques, dont le caractère habituel est de manquer de lésions matérielles appréciables. Reste donc l’aliénation mentale déterminée par les lésions syphilitiques du cerveau ou de ses enveloppes. Examinons les divers faits insérés dans cette thèse, et voyons s’ils sont en effet de nature à démontrer, mieux qu’on ne l’a fait jusqu’à présent, l’existence de l’aliénation mentale syphilitique.

Essmarch et Jessen (1) auraient établi, selon M. Hildenbrand, par des considérations statistiques que la démence paralytique reconnaît pour cause, dans la majorité dés cas, la syphilis constitutionnelle. Nous ne connaissons pas le travail de ces auteurs. Nous devons cependant faire remarquer que la paralysie générale est

(1) Allyemeine Zeitschrift fur Psychiatrie, 18o7.

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