CHAPITRE V
DE L’ASTIIME SYPHILITIQUE.
Musitano a cité l’asthme parmi les conséquences morbides de la syphilis; il en est de même d’Astruc, qui' certifie que les affections nerveuses les plus graves peuvent être le résultat de la vérole.
Fallope et Van Swieten ont parlé de l’aslhme syphilitique comme d’une affection au-dessus des ressources de l’art.
Benjamin Bell (1) aurait vu un cas d’asthme syphilitique. Il s’agit d’un malade qu’il soigna d’abord en 1784, pour des ulcères profonds, siégeant sur plusieurs parties du corps et dont il souffrait depuis sept ans. Il y avait cinq ans qu’un asthme s’était manifesté chez ce malade, sans cause connue. Il consistait en des accès graves, accompagnés de suffocation et survenant pendant le sommeil, vers les trois heures du matin. B. Bell soumit son malade aux frictions quotidiennes d’onguent mercuriel et aux pilules bleues. Après une semaine de traitement, il survit un ptyalisme; et sept semaines après, les ulcères étaient guéris. La bouche était, à dessein, constamment maintenue dans un état d’hydrargyrisme marqué. Consécutivement, l’asthme fut tout à fait dissipé. Bell nous apprend qu’ayant suivi le ma-
(1) P. 64:j, ouvrage cité.
540 de l’asthme syphilitique.
lacle jusqu’en 1797, l’asthme n’avait point reparu.
Le même auteur cite ( 1 ) une autre observation d’asthme syphilitique, qu’il a recueillie chez un homme affecté d’un ulcère du nez. Bell employa encore ses grands moyens, détermina le ptyalisme, et six semaines après, l’ulcère était cicatrisé. L’asthme, déjà amélioré à cette époque, disparut complètement avant la fin du traitement, qui fut continué pendant trois mois.
Nous n’avons jamais eu l’occasion d’observer d’exemple d’asthme syphilitique. Aussi sommes-nous à nous demander s’il peut exister, en tant qu’ affection purement nerveuse. Des cas de dyspnée et de suffocation consécutives à l’œdème de la glotte, occasionné luimême par des ulcérations syphilitiques, se trouvent consignés dans la Clinique de M. le professeur Andral (2), et dans plusieurs volumes du Bulletin thérapeutique (3).
Enfin tout le monde connaît l’histoire remarquable de ce malade syphilitique qui, atteint d’un œdème de la glotte, avec accès d’asphyxie imminente, ne fut arraché à la mort que par un acte de dévouement mémorable. M. Ricord, désespérant de sauver le malade par l’aclion lente des spécifiques, se décide à pratiquer la trachéotomie; mais à peine l’opération est-elle commencée que la respiration s’arrête et que les artères n’offrent plus de battements. Puisant alors dans la présence de son esprit et dans la noblesse de son cœur, un effort suprême, M. Ricord applique sa bouche à la plaie de la trachée, aspire les mucosités qui obstruent les bronches et rend ainsi la vie à un cadavre (4).
(1) Traité de la gonorrhée, p. 649
(•2)T. II,p. 212.
(3) T. XXX, p. 301, t. X, p. 38, et t. XXXI.
(4) Union médicale, t. 111, p. 326.
OIÎSERVATIONS.
jM. Ebrard (1) a publié, sous le nom de névroses syphilitiques, deux observations d’asthme qu’un traitement spécifique aurait guéri.
Rognetta, rapporte (!2), sous le titre d’asthme syphilitique, riiistoire d’une femme qui entra dans le service de Legroux, aphone, sans fièvre et en proie à des accès de suffocation violente. La luette était détruite et des cicatrices vicieuses existaient à l’arrière-gorge. La malade, âgée de 40 ans environ, autrefois prostituée, eut la syphilis constitutionnelle. Legroux, ayant reconnu la nature de la maladie, prescrivit l’iodure de potassium. Sous l’influence de ce médicament, une guérison complète fut obtenue. La voix elle-même est revenue.
M. Moissenet a communiqué à la Société médicale des hôpitaux (3) l’observation d’une malade qui succomba à un rétrécissement syphilitique de la trachée.
Elle avait eu, en août 1857, des plaques muqueuses à l’anus et à la vulve. En janvier 1858, elle éprouva des douleurs névralgiques à la tête et au cou, ainsi que divers troubles sensoriaux. Ces accidents cédèrent à un traitement par les bains sulfureux et le mercure. Plus tard, il survint une bronchite intense avec dyspnée, respiration bruyante et palpitations. C’est alors que la malade se fit admettre dans le service de M. Moissenet (8 août 1859). Elle présentait à ce moment les symptômes suivants : angine légère, adénite cervicale à droite, douleur sur le trajet des pneumo-gastriques, assez analogue au clou hystérique, et accompagnée de névralgie intercostale. L’odorat était perdu. La voix n’olTrait rien d’anormal; mais l’inspiration était prolongée et sifflante; ce sifflement inspiratoire, variable en intensité, augmentait surtout pendant la nuit. La toux était sèche et rare. Il n’y avait ni taches à la peau,
(1) Gazette médicale, 1843.
(2) Annales de thérapeutique, t. IV, p. 60.
(3) 8 septembre 1858.
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ni aucun autre symptôme syphilitique appréciable. Les antispasmodiques ont été de nul effet. La malade cacha avec opiniâtreté ses antécédents, jusqu’au août. Mais ayant fait des aveux à cette époque, on soupçonna une angine syphilitique, et on prescrivit 2 pilules de proto-iodure de mercure par jour. Néanmoins la suffocation augmente progressivement du 15 au 21. Du 22 au 24, on a recours aux vomitifs, qui produisent de l’amélioration; il y a de la salivation et de la gingivite mercurielle. On applique un vésicatoire à la nuque. A partir de ce jour jusqu’au 31, l’état de la malade a été continuellement en s’aggravant : elle éprouvait presque toutes les nuits des accès de suffocation, semblables à ceux de la laryngite striduleuse. On employa l’iodure de potassium, sans aucun succès; il en fut de même de la cautérisation du larynx et de la trachée, par l’instillation d’une solution de nitrate d’argent, à la proportion de 50 centigrammes de sel pour 30 grammes d’eau. Le 3f, l’inspiration était sifflante et prolongée, et l’expiration difficile; la voix n’était pas éteinte. On fut donc conduit à penser à la présence d’un obstacle, ou d’un rétrécissement siégeant dans la région sous-glottique du tuyau aérien, et on se décida à pratiquer la trachéotomie. Cette opération n’apporta aucun soulagement, et la malade s’éteignit, sept heures après l’opération, par les progrès d’une asphyxie lente. L’autopsie fit constater l’existence d’un renflement de la trachée au-dessous de la fourchette sternale, renflement suivi d’un rétrécissement de l’extrémité inférieure de ce conduit. Le larynx était intact; mais on trouva, à l’endroit où la trachée fut ouverte par l’opération, et par conséquent audessus du rétrécissement, trois plaques arrondies, mamelonnées, de couleur jaune, à centre déprimé, et présentant, à leur fond, le cartilage à nu. Au niveau du rétrécissement, la surface interne de la trachée avait un aspect gaufré, par le fait du tissu cicatriciel ; il en élait de môme de la bronche gauche. La bronche droite présentait également une plaque cicatricielle. A partir des plaques mentionnées jusqu’au rétrécissement, les cartilages de la trachée étaient altérés ou détruits plus ou moins complètement. Au niveau du rétrécissement môme, quatre cerceaux cartilagineux avaient totalement disparu. Le conduit aérien n’étant formé en ce point que par
OBSERVATIONS
des tissus mous, dépressibles et rétractés, il en résultait un rétrécissement haut d’un centimètre, et h. peine assez large pour admettre une sonde de femme.
On aurait donc eu affaire, dans ce cas, selon M. Mois- ^ senet, à une angine trachéale syphilitique. Le traitement mercuriel, en produisant la cicatrisation des ulcères, avait déterminé le rétrécissement du conduit aérien ; de sorte que le mal local n’a pu se guérir qu’au prix d’un trouble fonctionnel extrêmement grave. Mais la respiration n’était pas seulemènt entravée par le fait du rétrécissement, elle l’était encore par cela même que le squelette cartilagineux était remplacé par des parties molles qui, s’aplatissant sous le poids de la pression atmosphérique, rendaient l’inspiration des plus difficiles.
Ce fait prouve que l’angine syphilitique, ou plutôt la dyspnée occasionnée par la vérole, peut reconnaître pour cause une lésion siégeant à l’extrémité inférieure de la trachée; que la nécrose des eartilages, qu’entraîne la diathèse syphilitique, peut produire le rétrécissement du conduit et la mort du malade; que le mercure, souverain contre la syphilis, reste impuissant en face des conséquences indirectes de la diathèse, et que la trachéotomie n’est dans ces cas d’aucun secours pour les malades.
M. Yigla a lu, à la même société savante (Société médicale des hôpitaux), une observation analogue dont voici un extrait (1) :
Le 25 octobre 1858, le nommé F..., âgé de 36 ans, entre à la Maison muhicipale de santé, dans le service de M. Vigla. Il est pâle et sensiblement amaigri; assis sur son lit, il respire avec peine; l’inspiration surtout, difficile et bruyante, pré-
(1) Union médicale, 19 février 18Î59.
DT l’astilme syphilitique.
sente ce caractère Irachéo-laryngien que l’on trouve dans Tœdème de la glotte. Il y a deux mois que ce malade a été pris d’un rhume de poitrine, accompagné d’étouffements. Déjà, à cette époque, l’inspiration était souvent pénible, et s’exécutait avec bruit. La toux était accompagnée d’une expectoration peu abondante et souvent striée de sang; l’amaigris- , seraent était notable. L’appétit était bon, les digestions faciles; il n’v avait pas de diarrhée. Cet état persistait depuis six semaines, lorsque la gène de la respiration augmenta notablement dans l’espace de quelques jours. L’inspiration, qui n’était bruyante que par instants, le devint d’une façon continue; le malade se trouvait dans l’impossibilité de faire quelques pas ou de causer un peu, sans être pris d’accès de suffocation. Ainsi que nous l’avons déjà dit, lors de son admission à la Maison de santé, X..., assis sur son lit, respirait avec peine. Pendant les efforts inspiratoires, les muscles dilatateurs de la poitrine entraient en vigoureuse contraction. Il expectorait de petits crachats muco-purulents. La percussion donnait partout une sonorité normale; à l’auscultation, il était impossible de percevoir le murmure respiratoire qui était masqué par les bruits laryngiens. Le larynx n’était pas douloureux. On n’y percevait au toucher et à la pression, ni saillie, ni déformation, ni craquement. Le doigt explorateur arrivait facilement jusqu’à la face supérieure de l’épiglotte, qui était saine. Pas de tumeur comprimant le larynx. Le malade eut des chancres, il y a douze ans. Il y a six ans, il a été pris d’un mal de gorge qui avait déterminé une perforation du voile du palais. A partir de ce moment, la voix est restée altérée. L’examen le plus attentif n’a fait constater aucun autre signe de syphilis. Le diagnostic rationnel fut le suivant : ulcérations syphilitiques du larynx, avec un peu d’œdème de la glotte. Par conséquent, F... fut soumis à l’usage de l’iodure de potassium, à la dose d’un gramme par jour. Une amélioration assez sensible se manifesta bientôt. La respiration devint plus facile ; le malade put sortir et monter un étage, sans être oppressé. Le 25 novembre, à quatre heures de l’après-midi, sans cause appréciable, F... fut pris d’étouffements violents. Il présentait alors tous les signes de l’œdème de la glotte, parfaitement confirmé. M. Demarquay, chirurgien de la Maison
OlîSEUVATlONS.
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de santé, pratiqua la trachéolomie. La gène de la respiration persista toute la nuit, malgré l’opération, et elle fut bientôt suivie de la mort du malade.
Autopsie. — Après avpir constaté que la trachéotomie a été faite avec précision, en continuant les recherches nécroscopiques, on rencontre, au niveau du onzième anneau de la trachée, un point où ce conduit se rétrécit d’une façon notable. Ce rétrécissement porte principalement sur la moitié'gauche de la trachée. Il occupe une étendue de vingt-huit millimètres; en haut, il commence brusquement, formant un repli saillant à l’intérieur; repli qui correspond à l’extrémité inférieure de la canule à trachéotomie ; inférieurement, au contraire, la trachée reprend insensiblement son calibre. Le rétrécissement est formé par du tissu cicatriciel, dans l’épaisseur duquel se trouve la moitié gauche de six anneaux de la trachée. Ces cartilages sont contournés et brisés; leur moitié droite, au contraire, est saine. A gauche de la trachée, au niveau même du rétrécissement, se trouvent deux ou trois ganglions lymphatiques hypertrophiés. La muqueuse a conservé sa couleur rosée, normale; il n’y a pas d’ulcération. Le tissu cellulaire du médiastin est le siège d’un emphysème assez considérable. Dans les poumons, il n’existe pas de tubercules.
On trouve dans Virchow (1) une observation ayant quelque analogie avec celles de MM. Moissenet et Vigla.
Une femme, âgée de 42 ans, entra, pour un rétrécissement syphilitique du larynx, à l’hôpital de Würzbourg, où elle mourut assez rapidement, avec les signes d’un spasme laryngé. A l’autopsie, on remarque une tuméfixetion œdémateuse, à partir des cartilages aryténoïdes. La muqueuse de la trachée est épaissie, plissée, rouge. Près du cartilage cricoïde, il existe un rétrécissement si considérable qu’on peut à peine y introduire l’extrémité du petit doigt. Ulcération profonde, au côté gauche du larynx, d’un pouce et demi d’étendue et d’un diamètre transverse d’un demi-pouce; destruction du cartilage cricoïde; la bronche droite est notablement rétrécie au niveau
(1) La Syphilis constitutionnelle, trad. du docleur Picard.
Zambaco. 3.i
-IG 1J1-: l’asthme syphilitique.
de la bifurcation et au-dessus; à la coupe, sa forme est trian- .rulaire, sou diamètre d’un quart de pouce, tandis que la bronche gauche a un demi-pouce'. Celte dernière présente, tout près de la hifurcation, un rétrécissement plus considérable mais n’ayant qu’un huitième de pouce d’étendue. La bronche adhère en ce point avec l’œsophage, normal du reste, au moyen d’un tissu épais et tendineux. Cicatrice considérable sur un des anneaux inférieurs de la trachée.
Eh terminant cette observation, M. Virchow ajoute qu’il a recueilli un autre fait pareil, chez un homme qui succomba à une dégénérescence amyloïde étendue, consécutive à la syphilis. A l’autopsie il rencontra plusieurs cicatrices radiées, dans les bronches profondes. Le tissu pulmonaire environnant présentait une induration centrale étendue, comme ardoisée; nombreuses cicatrices aux amygdales, au voile du palais, au pharynx. Virchow, en commentant ce fait, va jusqu’à déclarer qu’il doit exister une pneumonie syphilitique. Il prétend avoir vu des cicatrices stellaires de la plèvre, et des pleurésies déformantes, qui répondaient exactement à la périorchite. N’est-ce pas pousser un peu loin l’induction, et grossir gratuitement les conséquences pathologiques de la syphilis, déjà si nombreuses?
M. le professeur Piorry a appelé l’attention de ses auditeurs sur un cas de dyspnée, occasionnée par la syphilis constitutionnelle. Voici un résumé de cette observation, intitulée : Ganglionnite cervicale et bronchite. Ulcération de V amygdale, asphyxie imminente (1).
G..., âgé de 17 ans, lymphatique, né de parents sains, de très-bonne santé habituelle, sans maladies antérieures, passe la nuit du !28 janvier 1858 au bal et s’y livre à des e.xcès de tout
(1) Le l asthme syphilitique, leçon de M. le professeur Piorry, publiée par M. Duriau.
OBSEIIVATIONS.
genre, f.orsqu’il entra ù la Cliarité, clans le service de M. Piorry, on constata une dyspnée considérable, des ganglions cervicaux très-engorgés, surtout du côté droit. Les amygdales ne présentent pas de fausses membranes. Elles sont injectées; mais leur volume n^empôche pas la circulation de Pair. Rien non plus au larynx, c{ui est également libre; pourtant la respiration est manifestement génée. La percussion et Pauscultalion ne révèlent aucune affection des poumons ou des plèvres. La respiration trachéale s’entend à distance. Le malade indique que la cause de la gène respiratoire siège derrière la fourchette du sternum. Un soupçonne une compression des nerfs de la huitième paire et de la trachée, par des ganglions très-développés. — lésicatoire à la partie supérieure du thorax; iodure de potassium, 3 grammes par jour. Dans l’espact de huit jours, amélioration manifeste; diminution du volume des ganglions cervicaux. On constate sur Pamygdale droite une ulcération taillée à pic, à fond jaunâtre. Le chef de service diagnostique alors une tuméfaction des ganglions, de cause syphilitique et consécutive à l’ulcération de l’amygdale. Cautérisation de Pulcération avec le nitrate d’argent; iodure de potassium. Cet engorgement n’est pas scrofuleux, car jamais aucune manifestation antérieure n’a trahi l’existence, même latente, de scrofules. L’ulcération était le point de départ de l’engorgement ganglionnaire. De même qu’un chancre de la verge engorge les ganglions de Paine, de môme un chancre de Pamygdale peut engorger ceux auxquels ses vaisseaux lymphatiques vont aboutir, comme les éruptions du cuir chevelu engorgent, quelquefois, les ganglions cervicaux postérieurs. Les ganglions thoraciques se seraient-ils développés par la syphilis constitutionnelle? Du reste, dans le cas pi-ésent, la cause de la dyspnée était profondément dans la poitrine; c’est h'i que le malade accusait une douleur. L’arrière-gorge et le larynx étaient libres, et rien n’interccptail le passage de Pair.
Nous avons cité l’obscrvalion qui précède parce qu’elle nous paraît très-intéressanle. D’ailleurs c’est le seul fait de ce genre (jui soit parvenu à notre connaissance. La dyspnée chez ce malade était tout à fait mécanique, de
DE l’asthme syphilitique.
même que chez celui de M. Vigla. 11 est évident que iM. Piorry a constaté des signes non douteux de syphilis constitutionnelle chez cet individu qu’il considéra comme vérolé. Mais l’autorité du professeur ne justifie pas l’omission commise par le rédacteur de la leçon. On peut faire à M. Duriau le petit reproche d’avoir passé sous silence ces signes, qui convaincraient le lecteur le plus incrédule de l’existence réelle de V asthme syphilitique.
Y a-t-il, parmi les divers' faits dont nous avons donné un résumé succinct, un seul qui mérite, à juste titre, la dénomination qu’on leur a accordée? En d’autres termes, les observations remarquables, recueillies par des hommes si distingués, constituent-elles une entité morbide, une expression pathologique, à laquelle on doive donner le nom d’asthme syphilitique?
Malgré le talent d’observation de B. Bell, on est autorisé, vu le peu de détails qu’il nous donne relativement aux symptômes respiratoires présentés par ces malades, à ne pas attacher une grande importance à ses deux faits. Il y avait certainement accès de suffocation ; mais quelle a été la cause de cette dyspnée? Ne savons-nous pas que les anciens, privés des précieux moyens que nous possédons aujourd’hui, confondaient sous le nom générique d’asthme, une foule de maladies thoraciques plus ou moins disparates. Examinant ensuite les faits observés de nos jours avec tant de précision, on n’acquiert pas la conviction, bien loin de là, qu’il faille les désigner sous le nom d’asthme. Est-ce ainsi qu’on appelle les accès de dyspnée qui éclatent dans f œdème de la glotte, dans la nécrose des cartilages du larynx, dans les compressions de la trachée par un corps étranger ou par une tumeur de la colonne vertébrale, etc. ?