‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 50 sur 61 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DU IllAGNüSTlC DES AFI'ECTIONS KEIIVEUSIÎS DUES A I.A DIATHÈSE SYPHILITIQUE

EX GÉXÉliAL.

Des difficullés, parfois insurmontables , rendent le diagnostic presque impossible, dans un certain nombre de maladies nerveuses, déterminées par la syphilis constitutionnelle. C'est ce que prouvent péremptoirement les erreurs qui ont été commises, à propos de plusieurs malades, dont les observations sont insérées dans ce travail.

On peut en général affirmer, qu’aucun symptôme pathognomonique ne démontrant, à lui seul, la nature spécifique des accidents nerveux, c’est par l’interrogatoire et l’examen attentif du malade que l’on parvient à remonter jusqu’à l’origine de la maladie, et à dévoiler l’essence même de l’affection.

Parmi les divers éléments dont la réunion ou la comliinaison conduit à la source du mal, nous devons citer, en premier lieu, la connaissance des antécédents du malade. Elle peut suffire pour faire poser un diagnostic, téméraire souvent en apparence, mais que l’amélioration progressive des symptômes, sous l’influence de

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la médication spécifique, vient bientôt corroborer et convertir en certitude. Mais, ainsi que nous l’avons déjà longuement exposé dans notre préface et dans notre article sur la diathèse syphilitique, il ne suffit pas qu’un sujet ait eu un chancre, pour être considéré comme vérolé; il faut qu’il ait offert des signes évidents d’infection, des preuves de l’empoisonnement de l’organisme; il faut, en un mot, qu’il y ait eu diathèse.

Il nous semble que la question du diagnostic des affections nerveuses syphilitiques en général, entourée de tant d’obscurité, et hérissée de causes multiples d’erreur, sera plus facilement élucidée, si l’on passe rapidement en revue les formes les plus fréquentes qu’elle peut revêtir, et les diverses expressions sous lesquelles elle peut se présenter.

Dans le cas le plus simple et le plus facilement reconnaissable, les accidents nerveux syphilitiques existent en même temps que d'autres manifestations évidentes de la syphilis constitutionnelle. L’attention du médecin se trouve alors naturellement attirée vers la diathèse syphilitique, dont il suffit de connaître la nature protéiforme, pour en deviner les effets secrets, en les reliant autant que possible à ses symptômes apparents.

C’est ainsi que parfois au début de l’exanthème syphilitique, on voit éclater, soit des convulsions, soit des symptômes nerveux hystériques ou autres, soit des névralgies, affections dont nous nous sommes occupé dans les chapitres particuliers à chacune d’elles.

Les fièvres éruptives sont les seules maladies avec lesquelles on puisse confondre les accidents nerveux de la syphilis, à cette époque de la diathèse ; eLla confusion est d autant plus facile, que l’exanthème diathésique peut ressembler, à s’y méprendre, à quelques-unes de

JH'ES A I.A 1)IATI1Î-;SH SVIMIILITIQIIE.

ces éruptions, ù la varioloïde, à la varicelle, voire même à la rougeole. La similitude éventuelle des phénomènes préliminaires de l’exanthème initial de la syphilis, avec les prodromes de quelques fièvres éruptives, et leur diminution fréquente aussitôt après l’éruption syphilitique, ce qui est la règle pour les fièvres exanthématiques, facilitent encore la méprise.

Cependant l’éruption syphilitique dure, d’ordinaire, plus longtemps que l’exanthème d’une fièvre éruptive; les accidents nerveux généraux reviennent, lorsqu’ils ont existé, peu après la manifestation de l’éruption spécifique, s’ils s’étaient calmés momentanément. Enfin, de nouveaux symptômes de la diathèse viennent s’y ajouter. De sorte qu’il suffit d’être averti de la possibilité de l’erreur, pour l’éviter ou pour la réparer.

De telles méprises ont été commises à l’égard de plusieurs de nos malades, et notamment à propos de ceux dont les observations portent les n'”’ XXX, LXXVIII et

A une période plus avancée de la diathèse, les diverses paralysies, les névralgies, les affections oculaires, etc. , peuvent aussi se rencontrer en même temps que d’autres manifestations syphilitiques apparentes, dont la présence facilite de beaucoup l’institution du diagnostic. Dans ces cas, l’examen attentif des antécédents du malade, la marche ou l’enchaînement des divers phénomènes syphilitiques, la relation de date ou d’intensité des différents troubles nerveux avec les autres symp tômes concomitants de la vérole, sont autant de fils conducteurs qui mènent à la découverte de la nature intime de l’affection nerveuse. Néanmoins, il faut savoir tenir compte des coïncidences, et ne pas vouloir tout attribuer à la syphilis, par cela seul qu’elle existe.

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