‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 52 sur 61 · G0 DIAGNOSTIC DES AFFECTIONS NERVEUSES · texte numérisé non relu

G0 DIAGNOSTIC DES AFFECTIONS NERVEUSES

Enfin, nous ne devons pas oublier qu’un malade peut souffrir des conséquences funestes de la vérole, la plus tenace et la plus grave, lors même qu’il n’aurait jamais présenté un accident primitif. En effet, la syphilis héréditaire peut quelquefois donner lieu à des affections nerveuses, dont l’origine spécifique sera d’autant plus facilement méconnue que le malade se trouvera à une époque plus éloignée du moment de la naissance.

Nous citerons à cette occasion l’observation n“ XXXll, dont le sujet était affecté d’accidents cérébraux, revenant sous forme d’accès. Les symptômes qu’ont présentés en naissant tous les autres enfants, ses frères et sœurs, les nombreuses récidives de manifestations syphilitiques de l’une de ces dernières, la destruction du voile du palais chez le malade lui-même, à l’âge de 1 2 ans, telles sont les causes qui nous ont surabondamment prouvé l’existence de la diathèse, contractée par voie d’hérédité. Mais que l’on suppose, pour un instant, que le sujet ait été fils unique, ou bien que ses frères et sœurs fussent nés sains, ce qui aurait pu arriver encore, que lui-même n’ait pas eu la destruction du voile du palais, qui lui laissait un stigmate indélébile, trahissant constamment les ravages de la vérole, qu’enfin l’affection encéphalique fût la seule expression manifeste de la diathèse, et l’on verra quels obstacles invincibles le médecin n’aurait pas à surmonter, avant d’arriver au diagnostic.

Tout ce qui précède nous démontre, de la manière la plus formelle, qu’établir la présence active de la diathèse syphilitique est parfois chose bien difficile. Il arrive même que les hommes les plus compétents en cette matière la devinent plutôt qu’ils ne la reconnaissent sur des preuves. Aussi pour diagnostiquer rationnellement

les affections syphilitiques du système nerveux, il faut que le racclecin ait une grande expérience dans la pathologie syphilitique, sans quoi il s’exposerait à commettre une foule d’erreurs qu’il n’est possible d’éviter autrement que par une étude approfondie du sujet.

Dans les nombreuses investigations auxquelles se livre le médecin pour établir un diagnostic, la syphilis, ce protée morbide, doitêtre constammentprésente à son esprit. Pour étudier les antécédents d’un malade, on ne néglige jamais delui demander s’il a été vacciné, s’il a eu la variole, la fièvre typhoïde, etc. Ne doit-on pas rechercher avec autant de soin l’existence de phénomènes syphilitiques antérieurs?

Ainsi, nous nous résumerons en disant que dans les affections nerveuses syphilitiques, c’est par l’étude, par l’examen attentif du malade et par la réunion de nombreux éléments instructifs qu’on parvient à poser un diagnostic, qui bien des fois encore n’est qu approximatif.

Ces divers éléments du diagnostic doivent être puisés ;

A. Dans les antécédents syphilitiques, qui sont de la plus haute importance, lorsqu’on arrive à les découvrir ;

B. Dans les symptômes concomitants de la diathèse, s’il en existe;

C. Parfois dans la forme et les caractères même des phénomènes nerveux ;

D. Dans la comparaison du fait que l’on étudie avec ceux qui existent dans la science ou que l’on a rencontres dans sa pratique personnelle ;

E. Daiis les résultats du traitement spécifique, en tenant compte cependant de son inefficacité dans certaines circonstances exceptionnelles, il est vrai, et de ses succès en dehors de la vérole.

Toutes ces questions ont déjà été traitées avec détails dans le chapitre consacré à la diathèse syphilitique.

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