‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 10 sur 64 · ABT. II. -— DOULEURS 0STÉ0C0PB · texte numérisé non relu

ABT. II. -— DOULEURS 0STÉ0C0PB

quant des idées de suicide. Il avait épuiêé toutes les ressources de hthé' rapeutique lorsqu'il fut soumis à Tiodure de potassium à hautes doses, qui amena rapidement la guérison. (Gadb, in Bulletin gén. de thérap., t.nvill,p. il8.)

Insomnie. — Arrêtons-nous encore un instant à un phénomène qui accompagne presque toujours les douleurs ostéocopes^ et qui souvent trouve une explication toute naturelle dans les exacerbations ordinairement nocturnes que présentent ces douleurs^ c'iest Vinsomnie, Ce symptôme^ nous l'avons en effet noté vingt-deux fois comme résultat de l'intensité des douleurs nocturnes.

Hais d'autres fois l'insomnie paraît exister comme sympt6me de la syphilis constitutionnelle complètement indépendant de toute douleur nocturne qui par son intensité empêche le sommeil^ et cela aussi bien chez des adultes que chez les enfants en proie à la syphilis héréditaire. Nos observations nous offrent seize cas de ce genre.

Cesi Sigmund qui s'explique à cet égard le plus catégoriquement en ce qui concerne les adultes, et le sujet nous paraît assez neuf pour que nous reproduisions ici ses opinions :

Sigmund a rencontré plusieurs fois dans sa pratique des individus qui, en l'absence de symptômes bien marqués de syphilis ancienne^ étaient affligés d'une insomnie dont les retours présentaient quelque chose de périodique ; c'étaient principalement des hommes de trente à cinquante ans. L'insomnie se montrait plusieurs années après la disparition des derniers accidents syphilitiques; dans un cas ce fut douze ans après. Ces insomnies résistent à tous les moyens rationnels^ aux narcotiques les plus énergiques ; les malades s'endorment généralement à l'heure habituelle^ mais leur sommeil ne dure pas; au bout de trois ou quatre heures ils se réveillent^ sans que ce réveil soit provoqué par aucune souffrance et restent jusqu'au matin sans pouvoir retrouver le sommeil. «Dansces cas^ ajoute Sigmund {i), « un examen attentif fait toujours reconnaître des traces d'une

(0 Sigmund, dans Oestreich, Zeitschr. 1856, no 41.

iO PREMIERS PARTIS. — SYPHILIS DU STSTËMB NERVEUX.

« syphilis passée; ce seront des taches sur la peau^ des squama mes^ des nodosités^ des engorgements ganglionnaires^ une « inflammation chronique des amygdales^ des douleurs muscu- « laires^ etc.. d Quelquefois on ne constate qu'une anémie trèsprononcée (chlorose syphilitique de M. Ricord^ ou à une période plus avancée^ premier degré de cachexie syphilitique). Cette insomnie^ par sa durée prolongée^ entraine souvent à sa suite des troubles digestifs prononcés^ un affaissement marqué des forces physiques et morales. Dans ces circonstances^ un traitement mercuriel amène presque toujours la guérison rapide de cette affection aussi incommode que grave par sa persistance^ et on en empêche le retour par un régime réconfortant^ des bains^ des lotions froides et un exercice convenable.

Si^ chez les adultes, Tinsomnie syphilitique n'a peut-être pas la valeur que lui attribue Sigmund^ il n'en est plus de même de l'insomnie chez les enfants à la mamelle. On sait en effet combien il règne encore de doute et d'incertitude sur les sympt6me8 syphilitiques que peuvent offrir les nouveau-nés^ sur la symptomatologie de la syphilis congéniale^ comme on l'appelle. Dans ces dernières années des travaux intéressants ont fait rattacher à la syphilis congéniale le pemphigus, quelques altérations pulmonaires parfaitement décrites par M. Depaul^ des lésions du thymus, quelques altérations du foie signalées par H. Gubler.

Un praticien consommé d'Allemagne^ le docteur Pittschaft^ a observé que certains enfants^ issus d'un père syphilitique, sont souvent tourmentés par une insomnie opiniâtre^ passent leurs nuits en cris et en plaintes^ ne se calment et ne commencent à goûter du sommeil que vers le matin. 11 a cru remarquer aussi^ disons-le en passant^ que ces enfants étaient plus tard aflectés de scrofules. Pittschaft présume que cette insomnie peut indiquer l'existence de douleurs nocturnes qui seraient chez les enfants l'analogue des douleurs ostéocopes. D'après ces vues ingénieuses il soumit ces petits enfants à un traitement spécifique et les résultats favorables qu'il obtint lui parurent une présomption de plus en faveur de la nature syphilitique de cette insomnie.

Ces faits furent d'ailleurs vérifiés par d'autres observateurs, comme le prouve une observation de H. René Vanoye que nous

ART. III. — NÉVRALGIES. il

reproduisons. M. Guérard (i) à son tour reconnut Texactitude du fait observé par Pittschaft^ et nous signalons ici le mode de traitement simple et ingénieux adopté parle médecin de THAtel- Dieu : il fait appliquer deux fois par jour sur la langue de Ten-^ fant un mélange de 1 centigramme de calomel et de sucre de lait' et fait immédiatement après teter Tenfant.

OBSERVATION

Observation 9. — Un petit garçon de quatorze mois, chétif, malingre, passait depuis sa naissance toutes ses nuits en cris et en plaintes. Après avoir employé inutilement plusieurs moyens, tant hygiéniques que thérapeutiques pour modifier la constitution et rappeler le sommeil, M. Yanoye soupçonna un vice syphilitique, dont les antécédents des parents rendaient d'ailleurs Texistence très-probable. En conséquence, il prescrivit des bains de sublimé. Au bout de peu de temps Tenfant se calma, son état général s'améliora et ses nuits devinrent parfaitement paisibles. (R. Vanote, in Bertherand^ Précis des maladies vénériennes, p. 329.)

ARTICLE III

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