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CHAPITRE PREMIER

NÉYROSES DOULOUREUSES

Quand on parle de douleurs chez les syphilitiques^ on réveille naturellement Tidée d'un des symptômes caractéristiques de la syphilis, des douleurs ostéocopes^ les seules à peu près dont on se préoccupe en général^ et contre lesquelles on ait songé jusqu'ici à agir énergiquement.

Ces douleurs sont cependant loin d'être les seules douleurs des syphilitiques ; il en est d'autres qui méritent également de fixer notre attention, car si elles ne constituent pas, dans la plupart des cas, une véritable affection nerveuse, elles sont cependant toujours un symptôme nerveux important, et dans quelques cas, existant seules , elles constituent Taffection tout entière. Nous séparons des douleurs syphilitiques, pour nous en occuper spécialement, les névralgies qui dans leur manière d'être, avec leurs points de départ et leurs trajets fixes, ont une physionomie assez distincte pour justifier cette séparation.

Les douleurs qui vont nous occuper se rapportent aux deux périodes généralement admises dans l'évolution de la syphilis constitutionnelle, et nous verrons les unes accompagner la période de transition et la période secondaire de la syphilis, ce sont les douleurs rhumatoïdes, tandis que les autres appartiennent en propre à la période tertiaire, ce sont les douleurs ostéocopes.

ARTICLE PREMIER

DOULEURS RHUMATOÏDES OU RHUMATALGIE SYPHILITIQUE

Les douleurs rhumatoïdes syphilitiques ont aussi été désignées sous le nom de douleurs prodrômiques. Elles se rapportent en effet le plus souvent à cet état général de l'économie qui précède de peu de jours le début des premiers symptômes secondaires et que quelques pathologistes désignent sous le nom de

ART. 1. — DOIJLBURS RHUMATOÎDES. 23

fièvre d'invasion. Nous ne conserverons pas à cet état morbide ce nom de fièvre d'invasion ni celui de fièvre syphilitique (Vidal de Cassis), parce qu'il ne s'accompagne en général ni d'accélération du pouls, ni de chaleur, ni d'anorexie, ni du changement des urines qui coïncide avec un véritable mouvement fébrile, et parce que le plus souvent des troubles de la motilité et de la sensibilité, des symptômes nerveux, en un mot, le constituent presque exclusivement.

En effet, le malade coipmence par éprouver dans la tète un^ souffrance dont le propre est d'être perçue comme siégeant dans le cuir chevelu. Elle est ordinairement plus vive au front et à l'occiput; le patient a comme un cercle de feu autour du crâne; toute la tète peut être prise, ou bien seulement une moitié de la tête, une des régions temporales (migraine, hémicrânie). Ce symptôme, lorsqu'il n'est pas combattu, augmente souvent rapidement d'intensité et devient parfois une véritable torture; il jette quelquefois les malades dans un profond désespoir et peut faire naître des idées de suicide. Lorsque cette douceur persiste avec une certaine intensité, on lui donne quelquefois le nom de céphalée. M. Ricord range ce symptôme parmi les accidei^tç secondaires précoces avec l'exanthème et l'engorgement de$ ganglions cervicaux. Il est d'observation qu'il précède souvent tout autre symptôme secondaire.

 ces douleurs de tête se joignent souvent, après un temps plus ou moins long, d'autres douleurs de même nature, qui ont été comparées aux douleurs rhumatismales. Elles siègent ordinairement au voisinage des articulations, et suivant quelques observateurs, plus spécialement aux lombes, à la nuque, au sternum, sur Iç^ parois costales; nous les avons souvent rencontrées dans la continuité des membres, dans la profondeur des masses musculaires, par exemple à l'épaule.

Nous ne mettons pas au nombre des signes qui caractérisent cette classe de douleurs syphilitiques, l'exacerbation nocturne, parce que nous l'avons constatée d'une manière bien moins constante que pour les douleurs ostéocopes. Les douleurs rhumatoïdes viennent par crises, cela est vrai, mais le jour ou la nuit paraissent exercer peu d'influence sur le retour de ces crises, et

si ce signe se trouve mentionné par un grand nombre d'auteurs avec une certaine insistance, cela vient, pensons-nous, de la confusion qui a longtemps régné entre toutes les sortes de douleurs syphilitiques, confusion que nous retrouvons encore dans un article de Chomel (i). C'est à H. Ricord surtout que nous devons de savoir distinguer les douleurs rhumatoïdes syphilitiques des douleurs ostéocopes. Ainsi, il a reconnu que les douleurs rhumatoïdes n'ont pas la fixité des douleurs ostéocopes, qu'elles n'occupent pas la même place à chaque accès, que les pressions exercées pendant les intermittences ne les réveillent pas ; de plus elles peuvent occuper toutes les parties du corps et sont tantôt superficielles, tantôt plus profondes; le malade ne peut indiquer d'une manière précise ni leur point de départ ni leur trajet.

N. de Blegny (1696) pressentait déjà cette distinction, car il dit en parlant des signes du septième degré de la maladie vénériennne, troisième degré de la vérole : a Beaucoup de sérosités a impures se séparent d'avec le sang, transsudent à travers les « tuniques des vaisseaux qui le contiennent et se répandent « universellement dans le corps, où elles causent des accidents a différents selon les diverses parties où elles s'attachent, ou « selon les sortes de matières avec lesquelles elles sont mêlées. « C'est ainsi qu'en piquant les nerfs et les membranes en plua sieurs lieux et en divers temps, elles font les douleurs incona stantes qui se font sentir tantôt dans une partie, tantôt dans une « autre. » Puis il ajoute en traitant du degré suivant : « Pour a dire quelque chose du dernier et du plus terrible degré des « maladies dont je parle, il est aisé de conjecturer qu'il n'arrive a que quand la matière vénérienne est profondément attachée a à des parties intérieures, parce qu'elle cause alors des douleurs a qui ne changent jamais de lieu, en piquant continuellement a les fibres nerveuses des parties qui reçoivent son action, qu'elle (( fait des caries, des exostoses, etc., qu'elle fait même souvent a des ulcères dans les poulmons et dans les autres parties prina cipales (2). » Ces dernières douleurs seules présentent, selon de Blegny, des exacerbations nocturnes.

(1) Petit Dictionn, de médecine^ en 2 vol., t. H, p. ô37. Paris, 1822.

(2) N. de Blegny, V Art de guérir les mal, vén, Lahaye, 1696, 1. 1, p. 79.

ART. I. — DOULBUBS BBinHATOÏDES. 25

Hunter dit que la fièvre syphilitique ressemble à la fièvre rhuniatique. En parlant des symptômes constitutionnels il fait mention de douleurs semblables aux douleurs rhumatismales.

Gamberini^ dans un travail (1 ) destiné à faire ressortir les difl^érences entre la syphilis secondaire et la syphilis tertiaire^ donne aux douleurs de la première période le nom de rhumatalgie musculaire vénérienne et en rapporte huit observations détaillées.

Pendant que M. G. Sée faisait en 1852 l'intérim de H. Ândral à la Charité^ il eut dans ses salles deux femmes et un homme qui tous trois présentaient des douleurs qu'on avait longtemps rapprochées du rhumatisme^ et qui étaient évidemment sous la dépendance d'une syphilis constitutionnelle; dans un de ces cas^ relaté avec détails (2), ces douleurs siégeaient dans les genoux et remontaient jusqu'aux cuisses ; elles n'étaient pas nocturnes et furent avantageusement combattues par Tiodure de potassium.

En même temps que ces douleurs prodromiques ou rhumatoîdes^ on voit survenir de la faiblesse musculaire^ parfois de la roideur musculaire; d'autres fois la douleur vive est remplacée par un engourdissement, un sentiment de pesanteur et de fatigue; il peut même survenir de véritables contractures musculaires augmentant pendant les accès douloureux. Nous avons été témoin d'un cas de ce genre à l'Hôtel-Dieu^ dans le service de M. le professeur Trousseau. Â ces symptômes locaux se joint un malaise général^ de l'abattement ; les traits du malade s'altèrent ; il est triste^ préoccupé^ et c'est à cet ensemble de symptômes qu'on a quelquefois donné le nom de fièvre d'invasion^ lors même que les signes essentiels de l'état fébrile font défaut.

Tel est brièvement le tableau que présente Tindividu syphilitique au début de la période de généralisation de la maladie ; on voit donc que^ contrairement à l'opinion généralement admise^ ce ne sont pas des manifestations vers la peau ou les muqueuses qui marquent l'invasion de la syphilis constitutionnelle^ mais bien des symptômes qui se rapportent presque exclusivement au système nerveux, et parmi ces symptômes le plus sail-

(1) Gamberini, Bull, délie scienzemed,, 1847. v2) Union médic, 9 décembre 1852.

26 PBEMIERE PARTIE. — STPHIUS DU SYSTÈME NERVEUX.

lant peut-être et certainement le plus fréquent^ c'est le symptôme douleur. On peut donc dire qu'il existe ordinairement une phase de la vérole où la douleur en est le seul ou le principal signe apparent^ et ce fait donne à la constatation de cette douleur une grande importance.

Nous trouvons dans une note lue à la Société de biologie par M. Charlon (1) :

« Souvent Tinfection générale a pour premier symptôme des « douleurs dans les membres^ douleurs peu aiguës qui s'accroisa sent par la marche et par le mouvement et s'accompagnent a d'une lassitude et d'une faiblesse particulières. En 1851^ à a Rome^ ce symptôme a été constaté dans presque tous les cas. « Plusieurs fois je Tai noté au quarantième jour après l'appari- « tion du chancre. Ces douleurs ont un spécifique vraiment il merveilleux dans Tiodure de potassium^ mais elles récidivent a en s' aggravant, et il faut revenir à Tiodure.

Quelques auteurs^ entre autres Astruc et Jos. Franck^ ont distingué une variété de ces douleurs rhumatoides à laquelle ils ont donné les noms de lumbago syphilitique (Astruc) ou de rachialgie (Jos. Franck). Mais le plus souvent ces douleurs n'étant en etfet qu'une variété des douleurs que nous étudions en ce moment^ et n'ayant de particulier que leur siège, ne méritent pas de mention spéciale ; il en est d'autres qui accompagnent les lésions syphilitiques de la moelle ou de la colonne vertébrale et que nous retrouverons dans la symptomatologie de ces affections.

Sigmund (2) insiste sur l'importance diagnostique des douleurs rhumatoïdes ' comme appartenant aux premières manifestations de l'influeuce syphilitique. Les symptômes qui^ suivant cet auteur, suffisent, en l'absence de tout symptôme secondaire ordinaire, pour affirmer que la vérole devient constitutionnelle sont : une peau jaunâtre, sèche, flétrie, ayant perdu son élasticité, une diminution de l'énergie musculaire, une nutrition en souffrance, un amaigrissement rapide, des troubles divers de la digestion, des douleurs de la tête, de la nuque, des articulations et des muscles, un sommeil troublé, le moral affecté, parfois des

(1) Ann, des mal, de la peau et de la syphilis, t. IV, p. 161.

(2) Wiener med, Wochenschrift. 1866, n» 18.

ART. 1. — DOULEURS RBUMATOÏDBS. 27

mouvements fébriles. Cet état, suivant Sigmund^ s'accompagne souvent d'une altération peu marquée des ganglions.

A cette première phase en succède plus ou moins promptement une seconde caractérisée par une ou plusieurs des localisations généralement reconnues soit sur la peau, soit sur les muqueuses^ soit vers quelque autre organe^ Toeil par exemple, soit enfin par quelqu'un des autres accidents nerveux que nous étudierons. Le plus souvent^ plusieurs de ces localisations se font simultanément ou dans un temps très-court^ et voilà pourquoi le symptôme nerveux ou bien passe inaperçu, ou bien n'est pas rapporté à sa véritable cause ; les exemples de ce genre ne nous manqueront pas.

Les tableaux suivants montrent la grande fréquence des douleurs rhumatoïdes ou prodromiques et leurs principaux sièges :

Sur 297 cas de syphilis confirmée, le docteur Cassola de Syracuse a noté 222 fois l'existence de douleurs rhumatoïdes ou prodromiques; ces douleurs se répartissaient^ quant à leur siège, comme suit :

Douleurs vagues générales 119 fols.

— bornées aux membres Inférieurs 55

— — — — supérieurs 23

— — — articulations 10

— — àlatéte 6

— — à l'abdomen et aux lombes 6

— — à la poitrine 3

Ensemble 222 fois (I).

Les 254 observations que nous avons analysées pour ce travail nous ont donné les résultats suivants :

Douleurs vers les articulations 31 fois.

— bornées à la tète 28

— — aux membres 10

— vagues générales 8

Ensemble 89 fols.

(1) Gaz, ToscanOt nov. 1843» et Ann, des maL de la peau et de lasyphilis^ 1. 1, p. 285.

Nous sommes persuadé que ces derniers chiffres sont loin d'exprimer la fréquence réelle de ces douleurs^ car la plupart des observations rapportées par les auteurs sont trop laconiques pour que dans leur rédaction on ait tenu compte de tous les symptômes.

Quel est le mécanisme par lequel le virus syphilitique produit les douleurs que nous venons de décrire ? Cette question ne saurait recevoir de solution absolue^ et en cela notre ignorance n'est ni moindre ni plus grande que dans une foule de questions analogues qui se présentent à chaque pas dans les recherches écologiques ou pathogéniques. Cependant, avec la plupart des auteurs anciens, avec Vidal de Cassis, avec H. Ricord, nous admettons que c'est par une modification spéciale du sang que le virus manifeste son action sur l'organisme tout entier et sur le système nerveux en particulier.

a Sans agiter la questiondumécanismeàTaideduquelseproduit a rinfection syphilitique constitutionnelle, » dit H. Ricord(l), a il (( est aujourd'hui expérimentalement prouvé qu'un des premiers « eff'ets saisissables de cette espèce de résorption du pus virulent a qui va constituer la diathèse syphilitique, consiste en une altéra- « tion constante du sang. Dans ce qu'on peut considérer avec Cataa née comme la période d'incubation des accidents secondaires, « on trouve déjà le sang plus ou moins altéré, de telle façon que, a soit avant, soit après la manifestation des accidents secondaires, « l'inspection du sang et les phénomènes qui peuvent dépendre « de la circulation générale peuvent servir à éclairer sur l'état «morbide de la constitution. Déjà de Jessen en 1618 et Coa schwitz en 1728 pensaient qu'on pouvait reconnaître la vérole (( à rinspection du sang. Dès que la syphilis a pénétré dans l'éco- <( nomie, c'est sur les globules du sang qu'elle porte son action, a La diminution des globules détermine une variété de lachloa rose : coloration particulière de la peau, vices de la circulation, « courbature générale, douleurs rhumatoïdes avec exacerbations « nocturnes siégeant dans le voisinage des articulations sans y « déterminer ni gonflement ni changement de couleur de la « peau, céphalalgie, céphalée, hémicrânie, douleurs névralgiques « de la cinquième paire, paralysie de la septième^ alopécie^ tor-

(I) Bullet, gén. de ihérap., t. XXVII, p. 111.

ART. I. — DOULEURS RHUMATOIDES. 29

aticolis^ etc.. Tous ces symptômes constituent une première « manifestation d'accidents secondaires rarement précédés ou « accompagnés de mouvements fébriles ; c'est la chlorose syphi- « litique qui^ même en Tabsence de tout symptôme pathognoa monique^ de toute éruption caractéristique^ peut être recona nue et traitée convenablement, p

<( Assurément, u dit à son tour H. Teissier (de Lyon) (1)^ a on « ne peut nier qu'un individu qui a contracté la syphilis^ n'ait a par cela même une altération du sang, car ce n'est qu'en pasa sant par ce liquide et en l'imprégnant, que le virus inoculé a a pu produire la vérole constitutionnelle... Ce n'est aussi que par « l'intermédiaire d'un sang altéré qu'un homme qui a eu la vé- « rôle constitutionnelle^ et qui n'en présente plus aucun signe extérieur, peut cependant, comme on l'observe quelquefois, procréer des enfants syphilitiques. »

H. Gubler (2) est moins précis dans son appréciation lorsqu'il dit:

a Suivant toute probabilité le virus n'existe pas dans le sang à « l'état où il se rencontre dans l'ulcération primitive ; tout au a plus devons-nous y admettre la présence d'un nouveau poison a qui, pour en être une simple transformation, est néanmoins a très-diflFérent du virus chancreux. Si Ton tient à faire intervenir a nécessairement un virus syphilitique pour expliquer les phéno- « mènes variés de la diathèse, c'est à un virus atténué qu'il faut « s'adresser. Quoi qu'il en soit de cette distinction, il est coma mode d'admettre que le poison syphilitique circule en entier «dans toute l'économie; c'est aussi l'opinion à laquelle on se a rattache généralement. Un de nos maîtres, partant de cette a donnée, croit même que le virus peut vicier primitivement le a sang et porter le désordre dans le système nerveux. » Ce maître dont parle M. Gubler est sans doute Lallemand. Cet observateur, dont les travaux nous ont fourni plusieurs faits importants, admet en effet une action directe du virus syphilitique sur le système nerveux par l'intermédiaire du sang. Nous savons aussi que telle est également l'opinion de H. Rayer.

(1) Gaz. méd, de Lyon, 1857, n© 10.

(2) Mém. sur i' ictère syphilitique ^ p. 30.

30 PREMIÈRE PARTIE. — STPBILIS DU STSTÈVB NERVEUX.

Nous pensons donc être dans le vrai en admettant que les manifestations nerveuses dues au virus syphilitique^ transformé ou non transformé^ se font par l'intermédiaire du sang^ que ces manifestations soient purement fonctionnelles^ comme celles qui nous occupent en ce moment, ou qu^elles s^accompagnent de lé* sions anatomiques variées du. tissu nerveux lui-même^ cooune celles que nous étudierons plus loin.

Ce que nous avons dit de Textréme fréquence des douleurs prodromiques ou rhumatoïdes pourrait à la rigueur nous dispenser de citer des observations cliniques ayant spécialement trait à ce symptôme nerveux^ puisque nous le retrouverons mentionné dans un grand nombre d'observations ultérieures. Nous croyons néanmoins devoir rappeler brièvement ici quelques faits dans lesquels la «douleur a constitué à elle seule toute Taffection nerveuse.

L'observation 1 est en outre remarquable en ce que deux ans s'étaient écoulés depuis l'apparition du phénomène initial^ que pendant ce long espace de temps^ alors même qu'il n'avait été fait aucun traitement spécifique^ il n'était survenu aucun accident constitutionnel; en ce que la céphalalgie a existé comme seul symptôme secondaire^ qu'elle était nocturne et a disparu avec une prodigieuse rapidité sous rinfluence de l'iodure de potassium. M. Diday (1)^ comme H. Charlon et d'autres praticiens, signale l'action vraiment spécifique de l'iodure de potassium contre ce symptôme secondaire précoce.

Dans l'observation % empruntée à B. Bell, la douleur occupe toute la tête; son caractère nocturne est beaucoup moins tranché ; les antécédents de la malade et l'existence de taches portant a un véritable cachet vénérien » indiquent à Bell la véritable nature de cette céphalée qu'on avait inutilement traitée pendant trois ans, et qui céda définitivement a à l'emploi du mercure a poussé jusqu'à la salivation. »

Dans l'observation 3, recueillie par l'un de nous, l'affection nerveuse syphilitique présentant tous les caractères des douleurs rhumatoïdes, était accompagnée de roséole syphilitique et d'une arthrite. Le diagnostic ne pouvait donc guère s'égarer; le traitement mercuriel fut institué aussitôt par M. Rayer et donna immé-

(I) Gaz. méd, de Paris, année 1848.

ART. I. — DOULEURS RHUMATOIDES. 31

diatement un résultat favorable. Remarquons que dans ce cas le caractère nocturne des douleurs était à peine marqué.

L'observation 4 est encore un de ces cas où la céphalée, indépendante de toute lésion appréciable, se nianifeste comme premier symptôme secondaire, symptôme dojQjt la, yérit^le nature, grâce surtout aux dénégations du malade, a été méconnue jusqu'à l'apparition de Talopécie et des eondylômes à l-anus.

Enfin l'observation 5 empruntée à M. Ricord, nous montre très-nettement sur le même sujet la réunion des deux espèces de douleurs syphilitiques dont nous admettons l'existence, chaque espèce se présentant dans ce cas avec les caractères qui lui sont propres. C'est là ce qui donne à cette observation son principal intérêt.

OBSERVATIONS

Observation i. — Homme de vingt-cinq ans, a eu on chancre en 1842. Pas de traitement mercuriel; pas d'accidents secondaires. En 1844, céphalée opiniâtre, nocturne, fixée à la bosse frontale droite. Aucun symptôme vénérien concomittant. Insuccès des médications les plus variées. Guérison en trois jours pai* Tiodure de potassium : i<^,00, puis 2^^00 par jour. (Didat, in Annales des maladies de la peau et de la syphilis, t. II, p. 259.)

Observation 2. — Femme de trente ans. Depuis trois ans, céphalée occupant toute la tête, provoquant souvent de Tinsomnle et un affaiblissement très-grand. Insuccès de tous les moyens employés. Un an auparavant, éruption de taches portant un véritable cachet vénérien, et ulcère fétide sur le sternum. Le mari avait eu des chancres et des bubons; la femme avait accusé en même temps une douleur dans la vulve, douleur qui avait guéri sans traitement. Céphalée et ulcère cèdent au mercure poussé jusqu'à la salivation. (B. Bbll, Maladies vénériennes^ t. U, p. 666 .)

Observation 3. — Douleurs rhunuUo'ides, arthrite du genou et du gros orteil droits ; syphilis secondaire ; tr4iitement tnercuri^, Guérison. — B. M..., couturière, vingt ans, entre à la Chiite (service de M. Rayer) le 3 septembre 1858, se disant malade depuis huit jours. Fille grande et forte^ née de parents sains. Enceinte pour la première fois il y a huit mois, elle fit une fausse couche au terme de

32 PREUIÉRE PARTIE. — SYPHILIS DU STSTÉMB NERVEUX.

quatre mois; depuis lors perles blanches. Depuis six semaines, douleurs dans les grandes lèvres. Pas de traitement antérieur.

État actuel : douleurs datant de quinze jouis^ siégeant dans toute la moitié droite du corps^ principalement dans l'épaule droite^ au niveau des septième et huitième espaces intercostaux^ au niveau de la crête iliaque et dans la cuisse^ douleurs assez vives paraissant s'exaspérer par la chaleur du lit. Genou droit très- volumineux ; rougeur, gonflement produit par un épanchement; jambe fléchie sur la cuisse. Les mêmes accidents ont envahi Tarticulaiitm du gros orteil du pied droit. Plaque muqueuse à la face interne de chacune des grandes lèvres ; écoulement vaginal blanc, abondant ; engorgement des ganglions inguinaux, roséole sur le dos et la poitrine, taches cuivrées sur les avant-bras, alopécie commençante. — M. Rayer pose le diagnostic : Douleurs rhumatoïdes, probablement de nature syphilitique H arthrite. ( Eau de Sedlitz ; ventouses sur le genou ; deux pilules de Sedillot.)

Le 15, le genou est guéri, mais Torteil est encore douloureux ; les plaques muqueuses sont guéries, la roséole a disparu. (Continuer les pilules de Sedillot. Sangsues sur l'orteil.)

Le 17, pas de changement. (Trois pilules de Sedillot.)

Depuis lors amélioration graduelle dans l'état local. Dès le 16^ les douleurs rhumatoïdes avaient entièrement disparu.

Le 15 octobre, la malade quitte l'hôpital complètement guérie^ en promettant de continuer le traitement mercuriel. (Observation inédite.)

Observation 4. — Jeune homme. Céphalée depuis plusieurs jours^ siégeant à la région frontale droite, augmentant d'intensité la nuit. Insuccès de diverses médications. Il survient de l'alopécie qui fait soupçonner une dialhèse syphilitique. Le malade nie, mais M. Minich constate l'existence de condylômes à l'anus et de taches cuivrées fort suspectes sur la poitrine. Traitement par le sublimé diaprés la formule de Dzondi. Guérison de la céphalée en trois ou quatre jours. (MiNiCH, de Padoue, in Annales de thérap,, t. V, p. 428.)

Observation 5. — Homme de trente ans, a eu, il y a un an^ un chancre induré; deux mois après plaques muqueuses à la gorge. Depuis un mois, douleurs vives dans les cuisses, n'augmentant pas par la pression. Douleurs beaucoup plus intenses, plus fixes sur les pariétaux, augmentant par la pression. Les unes et les autres s'exaspèrent la nuit, d'où insomnie durant depuis quinze jours. Traitement

ART. 11. — DOULEURS OSTÉOGOPES. 33

mercuriel et iodé. Les douleurs rhumatoïdes cèdent rapidement ; les douleurs ostëocopes cèdent lentement à l'iodure de potassium seul. (RicoRD, in BuUet. gén. de thérap., t. XXXYllI^ p. 130.)

ARTICLE II

DOULEURS OSTÉOCOPES

On s^étonnera peut-être de nous voir placer les douleurs ostéocopes au nombre des troubles nerveux fonctionnels indépendants d'une lésion organique^ alors qu'il est généralement admis que ces douleurs sont les compagnes des affections syphilitiques des os et du périoste. Deux motifs nous ont fait agir de la sorte : en premier lieu^ nous avons cru utile de ne pas séparer Tétude des douleurs ostéocopes de celle des douleurs rhumatoïdes, afin de mieux faire ressortir leurs caractères diflérentiels ; en second lieu, il est d'observation que de véritables douleurs ostéocopes n'ont pas été suivies de lésions osseuses ou ne Font été qu'après un temps fort long; elles peuvent donc constituer par elles-mêmes un symptôme nerveux important et comme tel méritent une étude spéciale.

a Le seul nom de douleurs ostéocopes, d dit H. Diday (i), « rappelle assez la nature et le caractère de cette sorte de douleurs pour me dispenser d'en faire l'histoire complète, car ce mot n'a certes pas plus besoin d'être défini aux lecteurs spéciaux pour qui j'écris, qu'aux chirurgiens ceux de crépitation, de fluctuation, d'inamovibilité. Cette vive souffrance nocturne, symptôme tertiaire par excellence, peut-elle être méconnue ou confondue avec quelque lésion que ce soit ? »

En effet les douleurs ostéocopes, par leur extrême fréquence et leur excessive violence, par leur action pernicieuse sur l'état général des malades, ont de tout temps attiré l'attention des observateurs.

' a Inter omnia luis venerese symptomata, nuUum est quod magis laborantes torquat quam ssevissimum illud dolorum genus quod plerumque in capite, vel toto, vei dimidio, vel circa articulos et maxime in internodiis tantopere exquisitius excruciat ;

(1) Gaz, méd, de Paris ^ décembre 1850.

34 PREAUÉHE PARTIB. — - SYPHILIS DU SYSTÈME I«BRVEUX.

profecto hioc non crudelissimum quodlibet qusestionis genus nec severum aequali judicium est comparandum. Sunt venerei dolores arthritide et nephretide crudeliores^ sunt^ ut uno absolvamus verbo^ inferni dolores quos nec îpssR naturse vires, nec preces^ nec vota^ nec quandoque deorum numina^ prseter mercurium depellere possiint (i). »

0 Dolores^ b dit Sydenham [^), a tum caput^ tum artus in articuioium interstîtiis^ hutncros scilicet^ brachia et talcs crudeliter laniant^ nullo ordine invadentes^ et per intervalle^ licet noctu aegrum lectuli culore profusum rarissime destituant nec

nisi sub aurora libenter evanescant Uni versa symptomata

pedetentim incrudescunt^ dolor pro reliquis> qui tandem eo usque exacerbatur^ ut se nequeat miser diutius in lecto coiltinere^ sed {urotinus exiliens hue iiluc in cubiculo cursitet irrequietus ferme, donec illucescat. 0

La douleur ostéocope, suivant M. Ricord, est un accident tertiaire par excellence. Le malade n'éprouve d'abord, pendant un temps plus ou moins long, qu'une sensation désagréable, mais celle-ci se transforme graduellement en une véritable douleur, qui souvent finit par devenir atroce. Cette douleur est fixe, se montre toujours dans le môme point et avec les mômes caractères ; elle est exaspérée par la moindre pression ; les malades indiquent avec précision le point qu'elle occupe et ils sentent très-bien qu'elle a son siège, son point de départ, dans un os. Tous ces caractères séparent nettement les douleurs ostéocopfgs des douleurs rhumatoïdes que nous venons de décrire et des névralgies syphilitiques, que nous étudierons plus loin.

La plupart des syphilographes assignent comme caractère pathognomonique aux douleurs ostéocopes d'ôtre nocturnes. M. Ricord a étudié ce signe avec soin, et ses recherches lui ont démontré que Texaspération des douleurs n'est point en rapport avec le mouvement terrestre, mais qu'elle est tout simplement produite par la chaleur du lit; ainsi il a observé que chez les individus qui font du jour la nuit et de la nuit le jour, les douleurs ostéocopes sont diurnes. En tenant compte de cette expli-

(!) Musitan, De lue vener., \\h. Ill, cap. xix. (2) SydcDham, Eptst. resp. II, ad H, Pamam.

ART. II. -^ DOULEimS OSltOGOI^BS. 35

<^tion^ le caractère habituellement nocturne des douleurs ostéocopes fournit souvent^ comme nous aurons l'occasion de le voir, des données précieuses pour le diagnostic.

Les douleurs ostéocopes peuvent se faire sentir dans tous les points des tissus osseux et fibreux, mais elles siègent de préférence dans les os plats ou superficiels^ surtout dans les os du crâne, la clavicule^ le sternum^ la face sous-cutanée du cubitus^ du radius et du tibia. Les parties compactes de ces os sont plus souvent affectées que leurs parties spongieuses.

Ces douleurs^ avons-nous dit^ se font sentir parfois pendant plusieurs mois de suite sans s^accompagner de lésions appréciables, et sans produire d'autres accidents qu'un dérangement dans les fonctions de nutrition et lin amaigrissement progressif. Dans la majorité des cas cependant, elles sont suivies^ au bout d'un temps variable, d'une altération du tissu osseux et plus souvent encore d'une périostose. Mais « à mesure que la lésion brga- « nique fait des progrès, la douleur propre et caractéristique « diminue, » dit M. Ricord (1), « parce qu'à mesure que la pé- « riostose marche, que la tumeur augmente, l'affection intéresse « et détruit les filets nerveux qui se rendaient au point malade, n partant il n'y a plus de douleurs possibles, d

Vidal de Cassis n'admet pas de douleurs ostéocopes sans lésion profonde ; voici ce qu'il dit à ce propos (S) : a Ces douleurs sont les compagnes des lésions osseuses et des périostoses, mais comme elles ont été constatées quelquefois sans que ces lésions aient été observées en même temps, on les a décrites à part dans beaucoup de livres; Si je me conforme à cet usage, c'est seulement pour étudier avec plus de soin ce symptôme. Je ne crois pas, en effet, que cette modification de la sensibilité soit une maladie à part et indépendante de toute lésion matérielle. Quand nous observons ces céphalées si tenaces, nous ne constatons rien par nous-mêmes, car il n'existe qu'un symptôme subjectif; mais croit-on que les tissus fibreux en rapport avec les os du crâne soient alors à l'état parfaitement normal? Dans les cas où la lésion n'apparatt pas extérieurement, c'est qu'elle

(1) Ricord, Gaz, des hôpit., 1846, p. 2.

(2) Vidal de Cassis, Traité des mai, vénér., p. 475.

36 PREMIÈRB PARTIB. — SYPHILIS DU STSTÈME NERVEUX.

n'est pas encore assez matérialisée^ ou bien que la tumeur s'opère dans le sens de la cavité formée par les os. Ainsi l'action syphilitique^ au lieu de se porter sur les couches les plus superficielles de l'os^ sur le périoste^ peut se porter sur les couches profondes^ sur la membrane médullaire pour les os des membres^ sur la dure-mère pour les os du rachis et du crâne. Dans ces derniers cas Ton peut rester longtemps et même toujours malade sans manifestation extérieure^ matérielle. Ceci est prouvé par des autopsies, par l'existence ù'exostoses internes qui peuvent donner lieu à des douleurs atroces, à des compressions cérébrales mortelles sans qu'on soupçonne leur existence si on ne connaît pas les antécédents du malade. Dans les cas où des douleurs ostéocopes persistent malgré la disparition d'une exostose apparente, il est à supposer qu'il y avait en même temps exostose externe et exostose interne et que la seconde persiste encore. »

Quoi qu'il en soit de ces suppositions, sur lesquelles nous aurons d'ailleurs à revenir; que la douleur ostéocope existe comme symptôme purement fonctionnel ou qu'elle dépende d'une exostose interne que rien n'indique pendant la vie, elle n'en reste pas moins une des manifestations nerveuses les plus habituelles de la syphilis invétérée, elle existe souvent comme seul symptôme pendant un temps plus ou moins long; elle a donc souvent une grande importance diagnostique. De plus, lorsqu'elle occupe le crâne, elle est souvent le précurseur de lésions nerveuses plus profondes, plus graves, que nous examinerons à leur moment et que quelques auteurs ont réunies sous le nom de syphilis cérébrale (MM. Rayer, Schutzenberger, Bedel); sous ce rapport elle devient un précieux élément pour le pronostic. A tous ces titres donc les douleurs ostéocopes méritent de nous arrêter encore un moment.

Ce sont principalement les douleurs ostéocopes siégeant au crâne qui ont pour nous une grande valeur, étant souvent, comme nous venons de le dire, le premier symptôme de la syphilis cérébrale. Dans ce cas, « la céphalalgie, » comme le dit M. Bedel (1), a est ordinairement continue, accompagnée d'exacerbations sur-

(I) Bedel, De la syphilis cérébrale. Diss, inaug, Strasbourg, 1851.

KRT. II. — DOULEURS OSTÈOGOPES. 37

tout pendant la nuit ; quelquefois aussi elle est intermittente. Elle est presque toujours nettement localisée en un point de la voûte crânienne où la pression du doigt la réveille et Texaspère (i); son intensité est souvent très-grande. Un malade comparait ses sensations à la douleur que causerait une boiilé de feu roulant dans la tête^ une vrille perforant le crâne; il disait que sa tête était sur le point d'éclater... .Cette céphalalgie^ en général , est d'autant plus intense qu'elle e^ plus ancienne^ et sa marche suit les progrès de l'affection générale. »

En dehors des signes différentiels sur lesquels nous avons déjà insisté^ c'est principalement le caractère nocturne des douleurs ostéocopes qui met sur la voie de leur nature syphilitique et qui permet de distinguer ces douleurs des céphalalgies ou autres douleurs non diathésiques. Sur vingt-huit cas^ M. Yvaren (2) a constaté ce caractère seize fois. Nous-méme^ sur cinquante-trois cas^ l'avons noté quarante-deux fois. La durée de ces douleurs^ leur intensité^ la merveilleuse efficacité que possède contre elles le traitement spécifique sont encore autant de signes précieuXj non-seulement pour établir leur nature syphilitique^ mais encore pour reconnaître si elles dépendent ou nun d'une lésion matérielle déjà établie.

Nous rapportons ici le résumé de quelques observations dans lesquelles il s'agit de douleurs ostéocopes sans lésions apprécia* blés auxquelles il soit possible de les rattacher. Encore une fois nous n'affirmons pas que dans ces cas il n'ait pas existé d'altération commençante des tissus fibreux ou osseux^ mais nous croyons que tout au moins le doute est possible.

Ainsi dans l'observation 6^ des douleurs qui pendant trois ans avaient résisté aux traitements les plus variés^ entre autres au mercure^ cèdent complètement^ en vingt jours, à l'iodure de potassium. On conviendra que dans ce cas il est difficile d'admettre une périostose, car nous ne sachions pas que l'iodure, quelle que soit son efficacité contre les lésions des tissus fibreux ou osseux, les fasse disparaître en un temps si court et à des doses

(1) Ces caractères assignés par M. Bedel à la céphalalgie prodromique de la syphilis cérébrale prouvent bien qu'il s'agit ici de douleurs ostéocopes.

(2) Yvaren, Det métamorphoses de la syphilis. Paris, 1854.

aussi faibles. Les douleurs d'ailleurs siégeaient aux bras et aux jambes^ et dans ces parties les lésions matérielles deviennent proroptement appréciables à la palpation. Remarquons enfin'la fixité de ces douleurs qui pendant trois ans ont toujours occupé les mêmes points. .

L'observation 7 nous montre la gravité des accidents géoé* raux qui sont quelquefois le résultat de la persistance de ces douleurs et peut-être aussi des traitements irrationnels mis trop souvent en usage avant qu'on ait reconnu la véritable nature du mal. M. Rognetta n'a pas indiqué quels symptômes syphilitiques antérieurs ce malade avait présentés. C'est une lacune regrettable que nous ne retrouverons que trop souvent dans les ohser* vations même les plus intéressantes sous d'autres rapports.

Chez le sujet de l'observation 8 les douleurs étaient tellement atroces qu'elles avaient fait naître des idées de suicide. Nous retrouverons ce caractère dans plusieurs des autres mani* festations nerveuses de la syphilis, et nous nous demandon& si l'état de découragement moral dans lequel se trouve un grand nombre de syphilitiques ne favorise pas ces coupables tendances»

OBSERVATIONS

Observation 6. — L...^ âgé de vingt-cinq ans^ ayant eu plusieurs blennorrhagies^ ressent depuis trois ans des douleurs nocturnes dans les bras et dans les jambes. Insuccès des sudoriûques^ des bains de vapeur; soumis à i'iodure de potassium, l'amélioration est notable au bout de douze jours, complète après vingt joui s. (Gauthier^ Annales des maladies de la peau et de la syphilis, t. U^ p. 284.)

Observation 7. — Vieux militaire italien, se plaint de céphalée insupportable, d'insomnie^ de douleurs vagues dans les membres, avec exaspérations nocturnes, inutilité de plusieurs médication^. Faiblesse extrême. Rognetta soupçonne une vieille vérole, d'après le caractère des douleurs. L'iodure de potassium et les toniques guérissent ce malade en peu de jours. (Rognetta^ in Annales de thérapeutique p t. V, p. 340.)

Observation 8. — M..., âgé de cinquante ans^ ayant eu plusieurs blennorrhagies^ ressent depuis un an de violentes et profondes douleurs dans les membres inférieurs, persistant jour et nuit et provo«

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