‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 16 sur 64 · CHAP. II. ABT. I. — CONVILSIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CHAP. II. ABT. I. — CONVILSIONS GÉNÉRALES

sont les seuls qui entrent sur ce point dans quelques détails^ et nous ne trouvons aucun trait saillant dans leurs descriptions des accès. La céphalée, que nous trouverons comme prodrome presque constant dans Tépilepsie syphilitique symptomatique (le lésions matérielles^ ne se rencontre que deux fois dans nos 13 observations. L'apparition des accès pendant la nuit, dont J. Franck voudrait faire un caractère distinctif de Tépilepsie syphilitique, ne se retrouve que dans l'observation que nous empruntons à cet auteur. La fréquence des accès, qui a varié entre plusieurs par jour et un accès tous les quinze jours^ ne fournit non plus aucun signe distinctif; on ne s'étonnera donc pas que 1 3 fois le diagnostic d'épilepsie ait été porté, et que ces malades aient souvent été traités pendant un temps fort long pour une épilepsie vraie, et cela sans aucun résultat.

Et cependant^ malgré ces difficultés, on parvint dans tous ces cas, après des hésitations, des tâtonnements plus ou moins prolongés, à rattacher les convulsions à leur véritable cause, à reconnaître la véritable nature de la névrose. Voyons quelles furent les particularités qui mirent les observateurs sur la voie de la vérité.

VL — Un premier trait de ressemblance entre toutes celles de ces observations qui ont été publiées avec quelques détails^ c'est qu'à l'encontre de ce qu'on observe dans Tépilepsie réelle, idiopathique, les malades ne jouissent pas, dans rinter\'alle des accès, de l'intégrité de leur santé; des accidents, des malaises variés remplissent ces intervalles et indiquent jusqu'à un certain point l'existence d'une cause persistante. Cette remarque a déjà été faite parMaisonneuve, qui après avoir relaté trois casd'épi lepsie syphilitique ajoute : « 11 est impossible de ne pas apercevoir a les rapports de symptômes qui existent entre ces trois observa- (i tions. Dans toutes, les affections variées qui occupent Tinter- « valle des accès, sont à peu près les mêmes, et indiquent l'acte tion constante d'une cause morbifique toujours présente. On a ne remarque pas, dans les autres espèces d'épilepsie^ cette con- (i tinuité de souffrances diverses occupant l'intervalle des accès. (( dont chacun au contraire semble user pour un temps plus ou a moins long la cause qui Pa produit. Il faut avouer que si cette

a particularité vraiment remarquable dans ces trois épilepsiesse a trouvait aussi dans les épilepsies de cause teigneuse^ psorique^ a goutteuse^ etc...^ ce serait un excellent caractère spécifique de a répilepsie humorale (1). x> Les trois observations auxquelles Haisonneuve fait allusion dans ces lignes sont nos observations 47, 48, et 49.

D'autres de nos observations semblent justifier ces remarques de Haisonneuve. Ainsi, chez le malade de M. Ebrard, par exemple, nous trouvons: accidents primitifs en 1847, éruption syphilitique en 1848, puis, en mai 1849, vertige épileptique avec convulsions oculaires, flexion des doigts, perte de connaissance revenant plusieurs fois par jour. Chez la malade de Baumes les troubles successifs furent plus nombreux encore, et portaient plus spécialement sur le système nerveux. Ainsi à 14 ans se manifestent des pustules aux parties génitales; bientôt le teint pâlit, Tappétit décline; puis surviennent des palpitations, une toux sèche, de violentes céphalalgies, de Palopécie, de la gastralgie, de la leucorrhée, enfin des crises nerveuses avec perte

de connaissance et mouvements convulsifs se renouvelant tous

les trois ou quatre jours; tout cela sans interruption jusqu'à ce que la véritable nature du mal ait été reconnue. Le malade de B. Bell présente également une succession de symptômes assez remarquables. Mais nous en avons dit assez pour faire voir que dans la plupart des cas on peut, avec un peu d'attention, saisir les liens quelquefois cachés ou dissimulés qui unissent entre elles les difiérentes phases de ces drames morbides, et que ridée de Haisonneuve, qui veut baser sur la continuité des troubles fonctionnels la séparation d'un certain nombre d'épilepsies sous le nom d'épilepsies humorales, ne paraît pas dénuée de raison d'être en ce qui concerne spécialement les convulsions syphilitiques.

VIL — Un second point de ressemblance entre nos diverses observations, qui établit en même temps une ligne de démarcation entre ces faits et l'épilepsie franche, c'est l'absence des causes habituelles de cette névrose. Nous ne trouvons en particulier

(1) Maisonneuve, Thèse de 1803.

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