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GHAP. 11. ART. I. — CONVULSIONS GÉNÉRALES

rhérédité, cette cause si fréquente de l'épilepsie^ signalée chez aucun d^eux^ et sauf l'observation 50^ où une frayeur amène des céphalalgies^ et seulement quelque temps après les crises ner* veuses^ on ne pourrait assigner aux attaques épileptiques aucune des causes qui produisent Fépilepsie franche. Avant que Tinfluence syphilitique fût soupçonnée^ le plus grand nombre de ces malades (ii sur 13) avaient été traités par une foule de remèdes; il est à supposer^ lors même que les observations se taisent sur ce points qu'on avait employé des remèdes dirigés contre les causes les plus habituelles de Tépilepsie; une foison avait cru à Texistence de vers intestinaux^ et les remèdes dirigés contre cette cause si fréquente de convulsions avaient échoué comme tous les autres.

VIII. — Mais un trait encore plus caractéristique par lequel se ressemblent toutes les observations que nous réunissons ici^ c'est qu'aucun de ces malades n'était épileptique depuis son enfance^ que tous^ au contraire^ n'ont vu survenir le premier accès qu'à un âge où l'épilepsie idiopathique se déclare rarement. Ce fait n'avait échappé ni à Jos. Franck ni à Culiérier et leur a servi à reconnaître la nature syphilitique des accidents nerveux chez plusieurs de leurs prétendus épileptiques. De nos 13 malades adultes , 10 sont devenus épileptiques vers 30 ans, et n'avaient éprouvé auparavant aucun symptôme analogue. Les trois autres avaient 15 et 16 ans lors de la première attaque épileptiforme, mais cette infraction à la règle que nous établissons ici n'est qu'apparente^ puisque ces trois malades étaient syphilitiques^ l'un depuis l'âge de 7 ans^ les deux autres depuis l'âge de 14 ans.

Or, nous le répétons à dessein, l'apparition des attaques d'épilepsie franche^ idiopathique^ à 30 ans seulement est un fait exceptionnel. Celles-ci apparaissent dans l'immense majorité des cas pendant la première ou la seconde enfance^ rarement dans l'âge adulte. D'après le relevé de H. Beau^sur 209 épileptiques 177 Tétaient avant 30 ans; sur 66 épileptiques observés par HH. Boucher et Cazauvielh, 50 l'étaient avant l'âge de ^ ans.

Nous croyons donc pouvoir dire^ en nous appuyant de l'autorité de J. Franck, de Culiérier l'oncle^ de H. Yvaren : Lorsque vous verrez survenir une première attaque épileptiforme chez

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un adulte^ ne perdez pas de vue la syphilis et interrogez dans ce sens le passé et le présent du malade.

IX. — Mais, dira-t-on, et a-t-on en effet dit et répété : Ce n'est pas à la syphilis qu'il faut rapporter les convulsions dans ces circonstances, c'est à l'action délétère du mercure, lequel, chacun le sait, produit des tremblements et des accidents nerveux nombreux. Nous avons vu que le malade de H. Ebrard accusait luirnéme le mercure d'être la cause de ses vertiges épileptiques qui guérirent cependant par le mercure. Que nous répondent à cet égard nos observations?

7 fois il n'est pas fait mention de traitements mercuriels antérieurs.

i fois seulement, les accidents antérieurs avaient été combattus pardes traitements mercuriels qui paraissent avoir été bien dirigés.

i fois le traitement a été mal fait, incomplet.

4 fois enfin, et nous insistons de toutes nos forces sur ce point, il n'avait été fait aucun traitement mercuriel lorsque apparurent les accidents convulsifs , accidents qui persistèrent plusieurs mois pour ne céder qu'à des traitements antivénériens, et presque toujours au mercure.

X. — Ceci nous conduit au caractère distinctif par excellence des convulsions syphilitiques, c'est leur curabilité par les spécifiques.

En effet, dans tous les cas où le traitement mercuriel a été employé (12 fois sur 14), la guérison, une guérison qui parait définitive, en a été le résultat. Et cependant ce traitement n'a souvent été employé que lorsque déjà les convulsions persistaient depuis un temps assez long: 1 an, 3 ans, plusieurs années ; 21 frictions ont suffi pour enrayer des convulsions qui revenaient tous les 10 jours depuis trois ans, et 14 mois après il n'y avait pas encore eu de rechute.

Disons à ce propos que , dans la plupart des observations, il a été possible de constater la persistance de la guérison , fait si important dans l'espèce, après un terme fort long, après 14 mois, 2 ans, 5 ans, 7 ans, 12 ans^ etc.

Ce résultat constant et inespéré du traitement spécifique dans des affections considérées comme épileptiques ne forme- t-il pas

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déjà , à lui seul; une distinction tranchée entre ces faits et Pépilepsie véritable? Qui ne sait^ en eJOTet^ combien sont problématiques les résultats des traitements anti-épileptiques les plus rationnels et les mieux dirigés , combien surtout la guérison^^ lorsqu'elle a lieu^ est lente et incertaine ?

XI. — C'est parce que ces accidents syphilitiques se présentent sous la forme symptomatique de Tépilepsie vraie^ c'est parce que dans tous ces cas ils ont été pris pour de Tépilepsie^ que nous insistons et sur les particularités qui peuvent faire reconnaître leur véritable nature^ et sur leur curabilité. Sous ce dernier rapport nous sommes d'accord avec HH« Trousseau (1)^ Sandras^ Weigel (2), Rognetta et bien d'autres.

a L'épilepsie^ dit H. Rognetta (3)^ est au nombre des maladies a que la routine relègue légèrement parmi les incurables. C'est a un malheur très-grand , un préjugé déplorable dont on ne a saurait trop garantir les jeunes médecins, d

a Appliquons-nous à démasquer l'épilepsie syphilitique^ » dirons-nous encore avec H. Yvaren (4) ^ a à peine sera-t-elle « connue qu'elle sera guérie. »

Malheureusement ces cas heureux ne sont que de rares exceptions comparés au grand nombre d'épilepsies vraies qu'on rencontre. M. Moreau^ de Tours (5)^ sur 529 cas d'épilepsie^ n'en mentionne que 2 se rattachant à la syphilis.

OBSERVATIONS

Observation 42. — Éclampsie. Madame X..., ayant contracté la syphilis au début de sa grossesse» n'y opposa qu'un traitement incomplet^ et accoucha à huit mois d'une petite fille délicate, qui présenta dès sa naissance une agitation extrême. Elle ne faisait que crier et dormait à peine deux heures sur vingt-quatre. Le cinquième jour, convulsions intenses; antispasmodiques sans effet. Le neuvième jour, ophthalmie purulente qui envahit promptement les deux yeux. « Malgré la crainte d^augmenter l'irritation nerveuse par un traite-

(1) Trousseau, Leçons sur Vépilepsie. 1866, p. 18.

(2) Weigel, Biblioth, italienne, t. IV, p. 1.

(3) UogneUa, Ann. de thérap., t. IV, p. 19.

(4) Yvaren, /oe. ctï., p. 112.

(6) Moreau (de Tours), Mém, sur Vépilepm,

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« ment antisyphilitique, » dit Brachet, «je m'y décidai, en considérant « que cette irritation était l'effet même de la syphilis. » Le quinzième jour, les convulsions deviennent plus violentes, lorsque appa* raissent sur le corps des pustules d'un aspect très-expressif, et dans la bouche quelques aphthes qui donnèrent lieu à des chancres. Le taiercure est donné intus et extra. Le trente-cinquième jour, les accidents se calmèrent ; le traitement fut continué durant cinquante jours. Depuis lors, la santé de la petite malade s'est maintenue bonne* (Brachbt, Traité des convulsions,)

Observation 43. — Épilepsie. Il y a quelques années je donnais des soins à un de nos acteurs comiques les plus distingués atteint d*épilepsie, et qu'un grand nombre de médecins déjà consultés avaient jugé incurable. Je le soumis à Tiodure de potassium ; au bout d'un mois, les accès avaient disparu complètement après s^être graduelle-* ment éloignés, et depuis ils ne se sont pas reproduits. (Ricord, Gaz, deshôpit., 1846, p. 78.)

Observation 44. — Épilepsie, Un Polonais de quarante ans, ayant eu la syphilis dans sa jeunesse, est atteint d'épilepsie rebelle. Franck constate une céphalalgie atroce, nocturne; accès d'épilepsie également nocturnes. Le sublimé corrosif guérit, en six semaines, la céphalée et l'épilepsie. (Jos. Franck, loc, dt,, 1. 111, p. 361.)

Observation 45. — Épilepsie, Veuve attaquée à trente ans d'épilepsie ; deux ou trois accès par jour; remèdes ordinaires sans effet. Une violente ardeur d'uriner fait soupçonner une maladie vénérienne ; la malade avoue avoir eu précédemment une gonorrbée suivie de chancres dans la bouche. La salivation la guérit complètement. (Scardona, Aph, de cognos, et curand. morhis, lib. 1, cap. vni,p. 163.)

Observation 46. — Vertiges épileptiques, X..., trente-deux ans, a eu à vingt-^ept ans des ulcérations sur le gland , à vingt-huit ans une éruption syphilitique combattue par un traitement mercuriel de plusieurs mois. Un an après, céphalalgies fréquentes et vertiges épileptiques revenant depuis lors tous les jours et s^accompagnant de perte de connaissance pendant quelques minutes. Le malade attribue ces accidents au mercure. Usage interne de proto-iodure de mercure f bains avec la même substance. Guérison complète au bout de trois mois, qui ne s'était pas démentie deux ans après, (ëbrard, in Gaz, méd, de Paris ^ février 1843.)

Observation 47. — Épilepsie, Marie C..., dix-sept ans, infectée à l'âge de sept ans d'écoulement vaginal syphilitique suivi d'ulcéra*

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