‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 18 sur 64 · GHAP. 11. ART. I. — CONVULSIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

GHAP. 11. ART. I. — CONVULSIONS GÉNÉRALES

lions à la gorge. A douze ans, douleurs dans la cuisse gauche avec exaspérations nocturnes, remplacées quelquefois par des eoliques. Bains, sangsues, etc., sans résultat. A quinze ans, premier accès d'épilepsie ; depuis deux ans les accès se répètent fréquemment, s^accompagnant de douleurs dans les bras et dans les jambes, et alternant avec les coliques. Remèdes nombreux sans succès, au nombre desquels ne figurent pas les antisyphilitiques. (BUaisonneuvb, 1%èse8 de Paris, 1803.)

Obseryation 48. — Épilepsie, Dumesnil, cordonnier, âgé de trente-six ans, entre à Bicêtre en mai 1788. Il n'est épileptique que depuis trois ans. Quelques mois après, des accidents syphilitiques (chancres, gonorrhée, bubon), malaise général, dérangement des fonctions digestives, agitations pendant le sommeil , enfin attaques épileptiformes intenses avec perte de connaissance, revenant d'abord tous les mois, puis tous les douze ou quinze jours. « Aucune des « causes ordinaires de l'épilepsîe n'ayant donné lieu à cette maladie, « qui n'existait que depuis trois ans ; le malade ayant eu une vérole « plusieurs fois renouvelée sans doute par Tinsuffisance du traitece ment, d GuUérier attribue Tépilepsie au virus vénéi^ien et prescrit les frictions mercurielles. Après la deuxième, faible accès ,* après la huitième, léger frissonnement sans convulsions; depuis lors, guérison qui s'était maintenue un an après. (Cullérier l'oncle, tn /otim. de Sédillot, t. XIV, p. 276.)

Observation 49. — Épilepsie. Nicolas Jolly, âgé de trente-quatre ans, traité à vingt-sept ans pour des chancres et un bubon par la liqueur de Van Swieten. Deux ans plus tard, mêmes symptômes, sans que le malade puisse assurer si c'est une nouvelle contagion ou bien une suite de la première. L'année suitante , blennorrbagie et orchite; plusieurs écoulements durant les quatre années qui suivirent. Le malade n^avait vu survenir aucun symptôme vénérien depuis trois ans, « mais il avait été attaqué sans interruption de douleurs d'esto- « mac, qui devenaient plus vives lorsque cet organe était plein d^ali- « ments. Croyant à une affection du pylore, on avait fait prendre u des pilules fondantes et des eaux minérales, puis on avait appliqué « un vésicatoire. C'est à la suite de ce mal d^estomac que les attaques a d'épilepsie se déclarèrent. r>

Étal actuel: Grande agitation; tous les musdes de la face éprou- Tent des mouvements convulsifs, surtout du côté gauche. Les bras, les avant-bras, les mains ressentent des secousses violentes lorsqu'ils

ne sont pas fortement soutenus. Le malade déclare qull a tous les quinze jours de pareilles convulsions, à la suite desquelles il perd connaissance. Quinze jours avant le premier accès, picotements et inquiétudes dans les doigts avec embarras dans les mouvements de la langue et perte de connaissance. Sangsues, bains, pilules de camphre et d'opium, valériane, exutoires, étaient restés sans résultat. Gullérier prescrit le sirop sudorifique et le muriate suroxygéné de mercure (1 centigramme 1/2), qu'on dut interrompre pendant quelques jours à cause d'un malaise éprouvé par le malade ; ils furent repris, et on y ajouta quelques pilules de camphre et de nitrate de potasse. La guérison fut rapide et durait encore deux mois ei sept jours plus tard, époque à laquelle le malade fut perdu de vue. L'affection de l'estomac persistait. (Gullérier l'oncle, loc, cit.^ p. 276.)

Observation 50. — Attaques convulsives. Marguerite G..., ouvrière, eut à quatorze ans des ulcères ronds, enflammés, douloureux, à l'entrée du vagin, puis bientôt des pustules grosses comme des pois en dehors des grandes lèvres. Disparition de ces accidents au bout de deux mois par quelques bains. Les règles se dérangent bientôt après, les jambes enflent, Tappétit se perd ; les règles se suppriment. Au mois d'octobre suivant, par un temps froid et humide, surviennent des palpitations, oppression, toux sèche, opiniâtre (sangsues aux cuisses). Les règles reparaissent pendant deux jours seulement. Amélioration légère; mais, peu de temps après, réapparition des mêmes symptômes. Sur ces entrefaites, après une forte émotion, éclatent de violentes céphalalgies, tandis que les symptômes du côté de la poitrine disparaissent. Alopécie. Au mois de juin, sous l'influence d'une légère indigestion, apparaissent de violents maux d'estomac, des pertes blanches abondantes, et bientôt des crises nerveuses pendant lesquelles la malade perd connaissance et exécute quelques mouvements convulsifs avec les bras. Ges crises durent quelques minutes et se renouvellent tous les trois ou quatre jours. « Pendant un an, dit Baumes, « malgré tous les efforts que je fls pour calmer les accidents à mesure « qu'ils se présentaient, pour ramener régulièrement les menstrues, « je n'obtins que des soulagements momentanés, et je fus témoin, « pendant tout ce temps-là, des phénomènes morbides qui, ayant pour « siège tantôt la poitrine, tantôt Testomac et les voies gastriques, « présentaient les divers traits du tableau que je viens de tracer. » Une éruption survenue aux deux jambes soulage tout à coup la malade : dix à douze pustules d'ecthyma syphilitique parfaitement cairactérisées se montrent sur chaque jambe ; des plaques cuivrées

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arrondies existent en dedans des cuisses^ et bientôt il s'en présente à Ja partie interne des bras et antérieure de la poitrine. (Bains avec 2 gros de sublimé^ sirop de Cuisinier, tisane de salsepareille.) « Cette « malade marcha rapidement vers la guérison sous Tinfluence de ce (( traitement; toutes les pustules et les plaques disparurent, les règles « revinrent, et depuis deux ans que la guérison a eu lieu, elle ne s*est a pas démentie. Je u*ai plus vu reparaître, chez M. G..., aucun des <c phénomènes morbides qui l'assaillaient si souvent d'une manière si « brusque et si alarmante. » (Baumes, k)c. cit., P' partie, p. .141.)

Observation 51. — Épilepsie, Jeune homme de dix-sept ans, faible, languissant depuis l'âge de quatorze ans, époque à laquelle il lui était survenu des ulcères sur toute la verge et une tumeur à l'aine. Supposant une affection vermineuse, on avait administré, depuis deux ans, quantité de remèdes sans succès, lorsque apparurent des ulcères sur diverses parties du corps. Ophthalmie à la suite de laquelle l'œil gauche se perdit entièrement. Depuis un an, violentes attaques d'épilepsie qui, depuis deux mois, reviennent plusieurs fois par jour; maigreur excessive, pouls bon, jugement sain. Ces accidents furent considérés comme de nature scrofuleuse ; le quinquina, l'acier, la ciguë, les bains de mer, une quantité d'autres remèdes tentés pour guérir l'épilepsie furent employés sans résultat. Les ulcères sont assez profonds pour gagner le tissu musculaire ; deux d'entre eux, l'un sur le côté droit du nez, l'autre sur les tempes, mirent B. Bell sur la voie de la maladie vénérienne ; il administra le mercure; dès que la bouche commença à s'aflfecter, les ulcères se détergèrent et prirent une belle apparence ; ils étaient cicatrisés à la fin de la neuvième semaine. En moins de trois semaines les accès d'épilepsie devinrent moins fréquents et moins violents que jamais, et vers la fin de la sixième semaine ils ne reparurent plus qu'une fois en trois ou quatre jours; ils se dissipèrent complètement avant la fin du traitement, et le malade n'en eut aucun ressentiment parla suite. (B. Bell, loc» cit., t. H, p. 68.)

Observation 52. — Épilepsie. Un malade pris tout à coup , sans cause connue, d'accès épileptiques qui augmentaient de fréquence et d'intensité, malgré les saignées, les antispasmodiques, et duraient depuis deux ans, s'adressa à Sandras, qui employa de nouveau les moyens indiqués contre Tépilepsie sans meilleur succès. S'appuyant alors sur une gonorrhée antécédente à la maladie, Sandras prescrivit des frictions mercurielles sur les cuisses et des pilules de sublimé.

d2 PREMIÈRE PARTIE. — SYPHILIS DU STSTÈME NERVEUX.

A peine douze jours s'étaient-ils écoulés depuis remploi de cette mé' dication que les accès d'épilepsie cessèrent pour ne plus reparaître. Deux ans plus tard, il n'y avait pas eu de nouvelle attaque. (Sandi^as, m Butlet, génér, de thérap,^ t. X, p. 37.)

Observation 53. — Épilepsie. Homme de vingt-cinq ans, contracte des chancres en province; traitement palliatif. Plus tard, gonorrhée. Quelques années après survient, dans une rue de Versailles, un accès d'épilepsie caractérisé par une chute subite avec perte de connaissance, des mouvements convulsifs et de Técume qui sort de la bouche. Plusieurs accès se succédèrent d'abord de loin en loin^ se rapprochèrent ensuite insensiblement^ puis se répétèrent tous les huit jours. Fabre, connaissant les antécédents du malade, le soumit à un traitement spédfique. Cinq ans plus tard, il n'avait vu reparaître aucun accès épileptique. (Fabre, Traité des maL vénér,, 1782. Obs. 20, p. 473.)

Observation 54. — Épilepsie, Un jeune homme attaché à la diplomatie anglaise avait eu plusieurs véroles ; il croyait en être guéri, lorsqu'il commença à éprouver quelques vertiges épileptiques, puis bientôt de véritables attaques convulsives. Traité par ce qu'il y avait de plus recommandable parmi les médecins de Londres et de Paris, il ne voyait aucun terme à sa cruelle maladie, et il avait formé le projet de se tuer. Il demanda nos conseils. Rien n'indiquait chez notre malade l'existence de l'infection syphilitique, mais plusieurs véroles avaient été traitées sans mercure ; ce nous fut un motif de croire que le virus vénérien pourrait n'être pas étranger aux graves désordres nerveux survenus depuis quelques années. Nous lui fioies subir un traitement mercuriel en règle. L'épllepsie disparut, et depuis douze ans M... n'a pas éprouvé le moindre ressentiment d'un mal qui avait pris rapidement une extension des plus effrayantes. (Trousseau et Pidoux, loc. cit., t. 1, p. 229.)

Observation 55. — Épilepsie. Un adulte, souvent infecté de syphilis, est tout à coup frappé d'épilepsie. Le mal résista pendant plu« sieurs années à tous les moyens employés poiu* le guérir, puis un jour un médecin qui l'examinait vit à la surface du corps des taches et des productions évidemment syphilitiques. A compter de ce moment, le malade fut soumis à un traitement antisyphilitique méthodique, et répilepsie ne tarda pas à disparaître pour ne plus revenir. (Sandras, MaL nerv.^ t. I, p. 220.)

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