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COAP. II. ART. I. — CONVULSIONS GÉNÉRALES

Vertiges. Étourdissements. — Dans la plupart des observations que l'on vient de lire, on trouve au nombre des symptômes nerveux accompagnant ce que Ton a nommé Tépilepsie syphilitique^ les vertiges et les étourdissements. On pourrait en conclure que ces accidents^ lorsqu'ils se montrent dans le cours de la syphilis^ indiquent toujours Timminence d'attaques convulsives. On aurait tort, car nous les retrouverons tout aussi fréquents dans les névroses à forme paralytique^ et surtout comme symptôme prodromique des altérations organiques du cerveau. M. le docteur Max Simon signale le vertige nerveux au nombre des accidents tertiaires de la syphilis; en parcourant le plus grand nombre des observations que contient ce travail^ on pourra s'assurer que le vertige est tout aussi fréquent dans la période secondaire de la syphilis que dans la période tertiaire.

Hais nous avons vu dans quelques cas rares les vertiges ou les étourdissements se montrer seuls, sans autre accident nerveux^ ou n'entraînant qu'une perte incomplète de connaissance^ et ce sont •ces faits que nous rapportons ici^ les considérant, non comme dés névroses distinctes^ mais comme une variété des accidents épileptiformes que peut produire la syphilis. On pourrait donc admettre^ comme dans Tépilepsie vraie^ deux formes dans Tépilepsie syphilitique : la forme convulsive et la forme vertigineuse. M. Schutzenberger a vu chez un de ses malades dont l'observation ^ trouvera à la place que nous croyons devoir lui assigner, des vertiges se transformer en attaques convulsives épileptiformes^ et celles-ci être à leur tour remplacées par des vertiges.

Quoi qu'il en soit, dans la première observation que nous empruntons à Fabre, les symptômes ont consisté en des étourdissements revenant fréquemment et ne durant que quelques minutes. L'histoire de ce malade est d'ailleurs remarquable par l'ab^ sence complète de symptômes syphilitiques secondaires, malgré le long espace de temps qui sépara les symptômes primitifs des troubles cérébraux; ce qui n'empêcha pas les accidents cérébraux de céder à une salivation douce et soutenue.

Dans la seconde observation du même auteur^ il existe un symptôme qui la rapproche encore plus de l'épilepsie : c'est un mouvement violent partant de l'estomac, se comniuuiiiuant de

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la poitrine à la tête et entraînant une perte de connaissance de quelques minutes. Ne reconnaît-on pas là Vaura épileptique si variée dans son point de départ et dans sa marche?

L'observation que nous devons à Tobligeance de M. Martin- Magron se rapporte évidemment à des troubles du même genre. Vaura épileptique, dans ce cas, paraît avoir eu la jambe pour point de départ.

OBSERVATIONS

Observation 56. — Étourdissemenis. Officier ayant eu plusieurs gonorrhées et des chancres mal soignés, fut pris d'étourdissements considérables revenant de plus en plus fréquemment; émissions sanguines, purgatifs, etc., sans eCTet. Fabre le fait passer régulièrement par les remèdes qui le guérirent après une salivation douce et modérée. — (Fabre, loc. cit., Obs. 21.)

Observation 57. — Pertes de connaissance. Jeune homme; gonorrbée il y a plusieurs années ; depuis lors écoulements fréquents de courte durée. Ce malade est parfois surpris par un mouvement violent qui part de l'estomac, se communique de la poitrine à la tête, et lui fait perdre connaissance pendant quelques minutes. Fabre conseille avec force un traitement spécifique, mais on ne sait si son conseil a été suivi. — (Fabre, hc. cit., Obs. 22.)

Observation 58. — Syphilis antécédente. Pertes de connaissance. Jodure de potassium. Guérison. Un avocat avait eu en 1850 des acci* dents vénériens primitifs. En 1854, il est pris, au milieu de la nuit, d'utic crampe dans la jambe; il se lève mais retombe aussitôt et reste sans connaissance pendant vingt-cinq minutes. Cet accident ne s'était pas reproduit lorsqu'au mois d'août 1855, causant avec son frère, il demeure tout à coup les yeux fixes, puis tombe sans connaissance, en apparence du moins, car revenu à lui, il a conservé le souvenir de sa chute. Traité par l'iodure de potassium, le fer et le vin de quinquina, il n'a pas eu d'attaque depuis. — (Observation inédite, communiquée par M. le docteur Martin-Magror.)

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ARTICLE II

CONVULSIONS PARTIELLES (hÉMICHOBÉe).

Les faits de convulsions partielles de nature syphilitique , indépendantes de toute lésion appréciable^ ne paraissent pas fréquentes^ puisque nous n'en avons réuni que quatre^ dont un seul nous semble hors de doute. Nous ne parlons ici que des faits où les convulsions ont constitué Tafifection nerveuse tout entière , car nous avons, au contraire, rencontré assez fréquemment des convulsions partielles qui étaient concomitantes d'autres troubles nerveux, et lorsque nous parlerons des lésions syphilitiques du cerveau, nous retrouverons les spasmes et les convulsions partielles au nombre des symptômes du ramollissement et d'autres lésions matérielles que la syphilis nous paraît capable d'engendrer. Storck a dit : a Les douleurs syphilitiques envahissent quelquefois les articulations des mâchoires et produisent le tétanos des mâchoires ou trismus (1). » Le sens de ces paroles ne nous paraît pas très-précis; nous croyons cependant y voir que Storck admet des douleurs rhumatoïdes des mâchoires de nature syphilitique, et dans ce cas, le trismus ne serait que le résultat de la douleur provoquée par les mouvements. On voit qu'il y a loin de là au tétanos des mâchoires.

M. Yvaren(2) rapporte sous le nom de «tétanos syphilitique» une observation de Rivière (3) que nous ne saurions considérer comme probante. Il s'agit d'un soldat dont le bras fut emporté par un projectile de guerre ; la plaie se cicatrisa, puis il survint des convulsions tétaniformes ramenant la tête sur l'épaule droite et agitant les mâchoires l'une contre l'autre , au point que le malade était contraint de tenir un linge entre ses dents. Toutes les médications échouent, y compris la résection de l'extrémité de l'os. En vue d'une gonorrhée ancienne, Aimar, qui soignait ce blessé, prescrit les sudorifiques et les mercuriaux, et le malade guérit en peu de jours. Or, aujourd'hui encore, les sudorifiques,

(1) storck, Prœcepta med. pract , t. 11, p. î^CG.

(2) Yvaren, /oc. ciï., p. 112.

(3) Rivière, Op, omnia, Obs. 10, p. 680.^

96 PREMIÈRE PARTIE. — SYPHILIS DU SYSlfaiE KERTECX.

tels que l'aconit et rammoniaque , et les frictions mercurielies comptent des succès dans le tétanos traumatique, et nous croyons que le fait de Rivière est susceptible de la même explication^ sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir dans ce cas une diathèse syphilitique qui nous semble bien douteuse.

Une autre observation qui^ pour nous^ prête au doute a été publiée par Mouton d'Agde (i); aussi n'avons-nous pas cru devoir la reproduire ici.

M. G, Sée, dans son Mémoire sur la chorée (1854), rapporte Tobservatiôn d'une jeune fille choréique qui était atteinte de syphilis^ mais en même temps rhumatisante. Cette seconde circonstance parait avoir prédominé dans la pathogénie de l'affection nerveuse.

Enfin il y a en ce moment (février 1859)^ dans les chambres particulières de l'hôpital du Midi, un malade atteint d'anesthésie complète^ absolue^ de toute la surface du corps^ et qui a présenté pendant plusieurs années des accès choréiformes qu'on a voulu rattacher à la diathèse syphilitique. Après un examen répété^ des interrogations multipliées^ des recherches minutieuses relatives à ses antécédents^ nous restons convaincus que, malgré des accidents syphilitiques antérieurs, la névrose que présente aujourd'hui ce malade n'est pas de nature syphilitique. Telle est d'ailleurs aussi Popinion de M. Ricord.

Par contre c'est bien à la chorée syphilitique que nous rapportons l'observation de M. Costilhes, observation qui, de Tavis de M. Ricord, ne permet pas de doute sur la nature syphilitique de l'affection. Grâce à M. Sée, on sait que trois fois sur quatre la chorée, qu'on a considérée si longtemps comme essentielle, est au contraire sous la dépendance d'une diathèse, et dans la plupart des cas de la diathèse rhumatismale. L'observation de M. Costilhes vient compléter le cadre que Tétude de cette affection avait fourni à M. Sée, et il faudra dorénavant ajouter la diathèse syphilitique aux autres maladies générales dans la pathogénie de la chorée. Nous renvoyons, pour de plus amples détails, aux réflexions que cette observation a suggérées à son auteur (2).

(1) Mouton d'Agde, Joum, de Sédiilot, t. I, p. 264.

(2) CosUlhes, Gaz. hebd,, 30 mars 1855.

GHAP. 11. AHT. 11. -^i C01tVCtSI0ïi9 PART1BLLB8. ti

Du reste^ nous dirons de ces chorées ce epie nous avons -dit do i'épUepsie syphilitique; ce ne sont pas de véritables chorées^ mais bien des convulsions choréiformes de nature syphilitique et rien de plus; mais par les. difficultés que présente leur diagnostic^ elles méritent toute l'attention du praticien.

C'est ici le lieu d'indiquer brièvement les faits de convulsions partielles que nous avons renconti*ées dans le cours d'autres affections nerveuses. Rappelons que le malade de notre observation 24 présentait^ outre sa névralgie occipito-temporale, des mouvements convulsifs dies membres supérieurs et du cou ; un malade de Waton (1), atteint de névralgie occipito-faciale^ avait des convulsions des muscles de la face avec des contractures de ces mêmes parties. Chez le sujet de l'observation 18, le tic douloureux se terminait par des tiraillements spasmodiques des muscles du visage. Un malade de CuUérier (2) présentait^ outre son épilepsie, des convulsions continuelles dans les membres su* périeurs. Ce dernier symptôme augmentait d'intensité pendant les accès épileptiques. Nous verrons aussi que plusieurs malades présentant des paralysies variées quant à leur siège ont éprouvé pendant un temps plus ou moins long des spasmes, des mouvements convulsifs dans les parties qui plus tard devinrent le siège de la paralysie; nous retrouvons ce fait chez un malade dont nous avons recueilli l'observation à la Charité (3) ; chez un malade de H. Cazenave il existait une contracture des masséters ayant rendu pendant quelque temps impossible tout écartement des mâchoires (4). Ôiez un malade observé dans le service de M. Legroux^ nous voyons des symptômes de chorée suc* céder aune hémiplégie (5). Eofîn nous retrouverons les convulsions partielles au nombre des symptômes que provoquent les lésions syphilitiques des centres nerveux et de leurs branches.

OBSERVATION

Observation 59. — Hémichorée, Picard^ vingt-deux ans^ blanchisseuse, entre à Saint-Lazare le 20 avril 1852. Jamais d'affections convulsives^ ni de scrofules^ ni de rhumatismes. Écoulement vaginal, verdâtre en septembre 1851; chancres nombreux et douloureux en

(1) Obs. 28. — (2) Obs. 49. — (3) Obs. 65. —(4) Obs. 62, — (5) Obs. 159.

98 PRIMIBRB PARTIS. — 8TPH1U8 DU 8TSTÈHB RSEYBUX.

mars 1852. A son entrée^ plaques muqueuses aux parties sexuelles et aux amygdales, syphilide papuleuse commençanle, adénite cenricale^ ulcération du col utérin. (Proto-iodure de mercure, 0,03; sodorifiques, caulërisation.) La malade allait sortir guérie lorsque, vers U fin de juin, après du malaise, une fièvre intense et une céphalalgie ▼We, surtout (Vontale et oculaire, apparaît une sypbilide Tésiculopustuleuse avec coloration cuivrée caractéristique sur les lombes, les fesses et les cuisses, puis une sypbilide pustulo-crustacée sur le cuir chevelu. (Liqueur de Van Swieten, une, puis deux cuillerées ; iodore de potassium, 6,00 sur 450; pommade au calomel, bains de vapeur.) Le 25 août, céphalalgie intense, occipitale; vomissements, insomnie^ étourdisscments, face vultueuse. (25 sangsues.) Soulagement immédiat Le 29, mouvements involontaires, contractions spasmodiques saccadées du bras, puis de la jambe gauches, avec affaiblissement marqué de ces parties et douleur inlense depuis le coude jusqu'au bout des doigts ; môme douleur dans les muscles antérieurs de la jambe, faiblesse du genou; la jambe ne supporte plus le poids du cm^. La malade ne peut porter sa cuiller à sa bouche ; mouvements eonvulsifs de la face, œil droit plus saillant que le gauche. (lodure de poUssium, 20,00 sur 500,00.)

. 1*' septembre: la chorée est à son apogée; le 3, les phénomènes diminuent; le 12, il ne reste plus qu'un léger tremblement du bras gauche; le 20, guérison complète. On continue le traitement. En décembre, la guérison s'était maintenue. (Gostilhes, loc. cit.)

Pour résumer ce qui semble ressortir de Texamen attentif des faits exposés dans ce chapitre, nous dirons en terminant :

V II existe des convulsions générales ou partielles évidemment dues à la diathèse syphilitique, simulant la plupart des névroses convulsives, le plus souvent Tépilepsie, et qu'on ne saurait rattacher à aucune lésion matérielle appréciable.

2"* Elles se manifestent en l'absence des causeshabituelles des névroses, ordinairement à Tâge adulte, rarement avant trente ans, et toujours à la suite d'accidents syphilitiques.

S"" Elles succèdent le plus souvent à des symptômes syphilitiques secondaires plus ou moins nombreux, quelquefois plusieurs années après les accidents primitifs.

4* Elles guérissent promptement par un traitement antisyphilitique méthodique après avoir résisté à tous les traitements non spécifiques.

€HAP. III. — NÉVROSES PARALYTIi^UES. 99

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