‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 42 sur 64 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

ÉTIOLOGIE.

Nous ne saurions pas plus admettre la localisation restreinte de la syphilis que nous n'admettons celle du cancer, du tubercule, etc.... Mais, pour l'une comme pour les autres de ces maladies, nous admettons un siège de prédilection. Pour la syj)hilis, ce siège de prédilection varie suivant les différentes périodes de son évolution. C'est ainsi que, sans parler de la lymphe et du

sang^ les véhicules obligés de leur cause^ les manifestations syphilitiques portent successivement sur les muqueuses, la peau, les glandes, les tissus fibreux, osseux, musculaire, l'œil, le testicule, etc.... Le système nerveux, quoique plus rarement atteint, Test cependant assez fréquemment pour que, dans l'espace de quelques mois, nous ayons pu en observer plus de vingt cas; et toutes les fois que l'attention d'un observateur a été appelée sur ce point, le même fait s'est reproduit. C'est ainsi que M. Yvaren, qui, de tous les auteurs modernes, est certainement celui quia le plus de tendance à rattacher à la syphilis les affections les plus variées, en a observé un nombre considérable. Nous voyons également M. Schiitzenberger observer coup sur coup quatre cas d'affections cérébrales syphilitiques, M. Gjor a réuni 30 cas de maladies syphilitiques; M. Knorre nous a fourni 6 observations; M. Faurès en rapporte 3; ajoutons que MM. Rayer, Leudet (de Rouen) (4), Gibert, Herpin (de Genève), Demarquay, et bien d'autres praticiens, dont nous ne pouvons citer tous les noms, ont écrit ou nous ont dit avoir observé un nombre plus ou moins considérable d'affections rentrant dans notre sujet. Au moment même où nous écrivons ces lignes, dans un seul service de médecine à la Maison de santé, celui de M. Vigla, se trouvent réunis quatre sujets atteints d'affections nerveuses syphilitiques.

L'apparition de ces manifestations nerveuses de la diathèse syphilitique n'est donc rien moins que rare. Si leur étude redevenait partie intégrante de la syphilographie,ces affections, qui viennent tout naturellement se placer dans la syphilis des viscères, à côté des affections syphilitiques du foie, des reins, des poumons, etc., ne seraient plus considérées comme des excentricités pathologiques, comme des métamorphoses, et lorsqu'on les connaîtrait mieux, on serait persuadé qu'elles surviennent le plus souvent par le seul fait de l'évolution de la diathèse syphilitique, en l'absence de toutes les influences causales présidant d'ordinaire au développement des affections variées du système nerveux qui ne reconnaissent pas la même cause diathésique.

Nous n'admettons donc qu'une seule cause nécessaire à la

(1) Voir le Monit. dés hôp. du 4 décembre 1860.

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