CHAP. I. — ANAT0M1E PATHOLOGIQUE
à la voûte, dans les fosses cérébrale et cérébelleuse. Leur siège le pins habituel semblerait être la base, aussi les voit-on fréquemment porter le trouble dans les fonctions des nerfs cérébraux. Leur volume est très-variable; les unes ont été comparées à une lentille, les autres à une amande, une noix, un œuf de pigeon ; elles sont généralement arrondies, et souvent pédiculées. Leur consistance est en rapport avec les dénominations diverses qu'elles ont reçues de la part des auteurs.
Il nous est difficile de parler de la structure de ces diverses tumeurs, puisque dans les faits que nous rapportons il n'est question que de leurs caractères physiques ; cependant, en nous basant sur Tanalogie et sur les détails qui se rencontrent dans chacune de nos observations, nous croyons pouvoir affirmer que leur composition n^ofïVe habituellement pas de grandes différences. Il est bien certain qu'elles n'ont pas toutes été vuesàla même période de leur évolution; il est probable que les éléments constitutifs ne s'y sont pas toujours trouvés dans la même proportion, et que, dans quelques-unes, il a pu y avoir des éléments cartilagineux ou osseux qui ne sont qu'accidentels dans les tumeurs de ce genre. Rien d'étonnant dans ces divergences lorsque, loin des os, on voit des gommes s'encroûter d'éléments calcaires, et lorsqu'il est reconnu que le propre des tumeurs gommeuses est d'offrir vers le centre un ramollissement d'autant plus prompt et plus abondant que la tumeur est plus volumineuse, plus ancienne et moins vasculaire. Les parties centrales, en effet, toujours très-pauvres en vaisseaux et moins aptes que les parties périphériques à s'approprier les matériaux venus du voisinage, subissent plus tôt la métamorphose graisseuse. Ici, bien entendu, nous ne parlons que des tumeurs développées spontanément dans le cours d'une syphilis constitutionnelle, et non de celles qui reconnaîtraient une cause traumatique ou accidentelle. Toutes les différences notées par les auteurs peuvent donc s'expliquer; aussi croyons-nous devoir rattacher à la syphilis les observations qu'on lira plus loin. Si cependant on nous demande ce qui caractérise anatomiquement une tumeur d'origine syphilitique, et ce qui permet de la distinguer de toute autre* nous avouerons que, jusqu'à présent, l'anatomie patholo-
332 DBCXIÈME PARTIE. — AFFECTIONS NERVEUSKfl INDIRECTES.
gique n^a pu donner de caractère absolu^ pas plus à nous qu'à tous ceux qui se sont occupés de ce même sujet. Nous avons déjà insisté ailleurs sur ce point, en disant que le néoplasme syphilitique n'a pas d'élément histologique particulier. En résulterait-il l'impossibilité complète d'affirmer qu'une tumeur, fût-elle dans le cerveau ou dans les méninges^ est d'origine syphilitique ? Nous ne le pensons pas. Nous croyons, au contraire^ que l'observation clinique^ surtout quand l'anatomie pathologique lui vient en aide^ peut donner une présomption pour ainsi dire équivalente h la certitude. Ce n'est pas directement^ mais indirectement plutôt et par induction que le médecin non systématique arrive à former son opinion sur ces questions toujours difficiles. Les tumeurs tuberculeuses sont celles qui, sans contredit^ se rapprochent- le plus des tumeurs syphilitiques; aussi voyonsnous plusieurs auteurs donner à ces dernières le nom de tubercules syphilitiques. Cependant ces deux espèces de tumeurs diffèrent par leur siège habituel, par leur composition et leur évolution pathologique; en outre, les altérations qui les accompagnent ordinairement dans les autres viscères ne sauraient être confondues. Les tumeurs fibreuses ou véritablement fibro-plastiques de la dure-mère offrent également dans leur marche et leur structure des différences qui permettent d'en établir le diagnostic. Ainsi, les corpuscules granuleux, assez abondants dans les tumeurs syphilitiques, sont rares dans les tumeurs tuberculeuses et nuls dans les tumeurs fibreuses non ramollies. Celles-ci ne renferment que peu de granulations et d'éléments nucléaires, tandis que ces éléments sont abondants dans les tumeurs précédentes. La vascularisation y est également différente. Dans les vraies tumeurs fibro-plastiques, les granulations élémentaires sont moins abonclantes, les corps fusiformes et les cellules fibro-plastiques s'y rencontrent en grande quantité. Le diagnostic, nous le répétons, n'en est pas moins parfois impossible si on néglige Tobservation clinique, et si on ne tient compte des altérations concomitantes.
Quant aux exsudats disséminés^ on peut dire que c'est à l'altération décrite sous le nom de méningite tuberculeuse qu'ils ressemblent le plus, lorsqu'ils ont pour siège Tarachnoïde ou la