‹ Des affections nerveuses syphilitiquesChapitre 5 sur 64 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

pendant un temps parfois fort long et se réyeiller tout à coup une maladie qui, n'étant pas parfaitement connue, avait pu laisser le malade dans une sécurité trompeuse.

La nature, dit-on avec raison, n'enfante rien de nouveau; réconomie, au même titre, est incapable de rien créer. Aussi ne pouvons-nous admettre et n'avons-nous pu trouver dans l'exsudat syphilitique un élément particulier, distinct de ceux que nous a fait connaître l'étude de l'histologie moderne. C'est, en effet, de la matière amorphe plus ou moins granuleuse et des éléments qui nous ont paru appartenir au tissu conjonctif embryonnaire que nous avons partout rencontrés. Nous savons que ces éléments font partie d'autres productions dont l'origine n'est pas syphilitique ; on les trouve fréquefament dans les altérations scrofuleuses, dans certaines altérations vasculaires et dans beaucoup d'autres. Pour cette raison, nous n'avons pu donner qu'une importance secondaire à Tanatomie pathologique dans la détermination des affections qui nous occupent.

A côté de la grande classe des affections syphilitiques dont le point de départ se trouve dans le système nerveux , nous rangeons les affections consécutives à l'altération des tissus ou des organes de voisinage, et là encore, nous rencontrons la plupart des formes morbides appartenant au système nerveux. Ces manifestations diverses d*un même état organique, la syphilis, longtemps confondues avec des affections dont on semble faire des unités pathologiques, nous paraissent mériter la plus sérieuse considération. Non-seulement elles nous commandent d'avoir recours à des moyens de traitement déterminés» mais elles nous conduisent encore à douter de la

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classification généralement admise, et nous rendent compte des insuccès journaliers en thérapeutique et du scepticisme qui en résulte. En effet, si nous choisissons parmi ces affections la plus simple de toutes, la névralgie, nous voyons que le^ médicaments qui réussissent habituellement à la combattre sont ici sans résultats, et cela parce que cette névralgie n*est que l'expression de- la lésion ou du trouble fonctionnel apporté par la maladie syphilitique au sein du système nerveux. La névralgie est donc ici une manifestation syphilitique au même titre que celles qui, antérieurement, ont pu avoir lieu vers la peau et, par conséquent, elle réclame le même traitement. La seule différence git donc dans la localisation. Ce que nous disons de la névralgie, nous pouvons le dire aussi de répilepsie,âela chorée, de la paralysie, etc., qui constituent autant d^unités pathologiques, et qui, à vrai dire, ne sont que des expressions morbides appartenant à des états diffé rents de l'organisme, états qu'il est important de savoir reconnaître si l'on veut arriver à les combattre sûrement et sciemment.

L'incertitude des moyens employés en thérapeutique, leur insuccès dans certains cas, leur succès dans d'autres cas considérés comme identiques, voilà en partie ce qui, depuis que nous avançons dans la pratique médicale, porte le trouble dans notre esprit et nous fait douter de l'existence réelle des unités classiques. C*est aussi ce qui nous engagea à nous occuper sérieusement de la question proposée par l'Académie de médecine. Nous avons voulu étudier sous toutes leurs formes les manifestations d'une maladie dont le point de départ est bien connu, la syphilis, car cette étude, une fois accomplie, sera,

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