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PRÉFACE. XI

pensons-nous, de la plus grande utilité pour des recherches ultérieures.

Dans cet ouvrage nous avons cherché à faire, aussi complète que possible^ l'histoire de celles de ces manifestations ([ui donnent lieu à des troubles des fonctions dévolues au système nerveux, et nous espérons avoir réussi à jeter quelque jour sur ce point encore obscur de la science.

Avant de terminer, qu'iljnous soit permis de remercier ceux de nos confrères qui ont bien voulu nous accorder leur bienveillant concours, et tout particulièrement MM. Hérard, Vigla, Bazin, Debout, Martin-Magron, Trélat, Robin, FoUin, 0. Landry, Parrot, Martin-Damourette et R. Leroy d'Étiolles.

Enfin, n'oublions pas notre bon et généreux ami, Ch. Dufour. Qu*il reçoive ici l'expression de nos vifs et sincères regrets !

Paris, mars i86i.

â flISTORIQUE.

priété de modifier profondément l'organisme et de manifester son action par des accidents généraux souvent fort éloignés.

Hais ce fut véritablement Fernel qui écrivit le premier Trsfité de -la syphilis^ et si Ton tient compte de 1 époque reculée à laquelle ce traité fut écrite on est frappé des vues ingénieuses dont fit preuve le médecin d'Henri II.

Dans son chapitre iv Fernel dit : a La cause de la maladie « vénérienne est une qualité occulte et vénéneuse, contractable (( par contagion^ inhérente à une matière quelconque qui lui « sert de véhicule et qui envahit tout le corps. » Ces lignes contiennent en germe toute la théorie du virus. Mais Fernel va encore plus loin : il suppose que le virus, comme une vapeur ténue envahit d^abord la superficie du corps seulement et y détermine une affection de la racine des poils; ce serait là le premier degré de la maladie. Dans le second degré la peau est envahie à son tour et se couvre de nombreuses macules ; ces macules seraient le résultat d'une légère altération du sang. Au troisième degré commence seulement la véritable maladie véiié? rienne^ ce que nous nommons aujourd'hui la syphilis constitutionnelle : pour la produire le virus doit avoir déjà péaétré tout le corps. Ce troisième degré est caractérisé par les syphilides pustuleuse et ulcéreuse. Enfin le virus envahit les parties solides^ et les maladies des os, des muscles^ des nerfs (constituent le quatrième degré de la vérole^ qui s'accompagne de douLeups atroces et d'un marasme qui peut conduire à la mort.

Du vivant de leur auteur déjà, les opinions de Fernel rencontrer rent des opposants. De ce nombre fut Fallope^ qui nia que la syphilis fût une maladie générale. Pour cet auteur^ la maladie^ locale au débuts reste toujours locale et les symptômes qui ont leur si^e loin du heu du début n'appartiennent pas en propre à la syphilis. Les non-virulistes d'il y a vingt ans n'auraient pas mieux ditl ;

Thierry de Hery (1634) s'appesantit un peu plus que ses prédécesseurs sur les manifestations syphilitiques vers le système nerveux. Il rapporte à la vérole primitive les douleurs mobiles

(rhumatoïdes des modernes), à la vérole secondaire les douleurs profondes (ostéocopes des modernes], les affections des os, les dartres squammeuses, etc.... De plus, il établit par des faits que la vérole peut se compliquer d^une suite d^accidents nerveux, tels que le spasme, Fépilepsie, et il va jusqu'à affirmer qu^elle peut devenir la source de toutes les maladies.

Dans Fouvrage de de Blegny (1696) nous trouvons comme rentrant plus spécialement dans notre sujet des études consciencieuses sur les diverses espèces de douleurs vénériennes.

Gervais Ucay, contemporain de de Blegny, attribue une grande importance aux véroles mal soignées ; il dit en effet : « C'est de (c là que viennent tant de maladies héréditaires, de tumeurs scro- « fuleuses, de vieux ulcères, de gouttes et de rhumatismes. »

Husitano(i77i) expose une grande quantité de maladies que peut produire la vérole, et dans le nombre il cite : Tasthme, la phthisie, la dyssenterie, le marasme; il dit enfin qu'il n'est pas de maladie ni d'accident extraordinaire qui ne puisse découler de cette source empoisonnée.

Astruc, cédant à l'impulsion qui entraînait tous les syphilographes de son époque, attribue à l'action de la syphilis le dérangement et l'afFaiblissement de toutes les facultés; il la considère comme pouvant causer toutes les maladies, en particulier la pesanteur de tête, le clou ou œuf, la migraine, le vertige simple ou ténébreux, les convulsions, l'épilepsie a si le sang (( comprime le cerveau jusqu'à causer le relâchement des fibres « qui servent à l'exercice des opérations intellectuelles, » la paralysie, le tremblement des muscles, l'hydrocéphale, l'insomnie, l'asthme, l'orthopnée, la toux, les palpitations du cœur, la syncope, la défaillance, l'inégalité et l'intermittence du pouls, le vomissement et le hoquet, l'aff'ection hypochondriaque, la maigreur ou l'atrophie, la fièvre intermittente, la fièvre lente. L'ouvrage d'Astruc, si remarquable à plus d'un titre, que recommandent l'érudition et la bonne foi de son auteur, renferme de nombreux passages dans lesquels Astruc poursuit les effets du

i HISTORIQUE.

virus vénérien sur les parties les plus intimes de Torganisme humain et lorsque l'on parvient un instant à oublier ce qu'ont de choquant pour des oreilles du dix-neuvième siècle les expressions a d'esprits animaux^ d'humeurs acres, acrimonieu- « ses^ de nerfs à demi bouchés^» etc.. on trouve dans le Traité des maladies vénériennes d'Astruc une foule de pages empreintes d'un excellent esprit pratique et des vues précises sur le diagnostic des affections vénériennes.

Sauvages admet également qu'une foule demaladies^etméme de maladies fébriles, peuvent être produites par le virus syphilitique.

Sanchez (1777) distingue à côté de la syphilis aiguë, la seule décrite, dit- il, par ses prédécesseurs, une syphilis qu'il appelle chronique et qui se traduit par un tempérament particulier sous l'empire duquel la vie des malades est tourmentée par une foule * d'affections. 11 attribue cet état à l'hérédité d'abord, mais aussi à une affection antérieure suivie d'une guérison apparente. Cette doctrine nous parait avoir de l'analogie avec celle de la syphilis larvée à laquelle on semble revenir de nos jours. La plupart des syphilographes avaient admis jusqu'alors que le virus avait dans l'économie une existence indépendante, qu'il y agissait à la façon d'un corps étranger, altérant tantôt un organe, tantôt un autre. Sanchez posa en principe que ce virus affectait l'économie tout entière, indiquant ainsi cette modification intime et profonde que l'on nomme aujourd'hui tempérament syphilitique. Parmi les phénomènes graves que Sanchez accusait la vérole de pouvoir produire, nous trouvons la manie.

Van Swieten, le grand commentateur de Boerhaave, l'ardent promoteur du traitement de la syphilis par le sublimé corrosif, admet que nul organe ne peut échapper à l'agression incessante du miasme vénérien; il l'a suivi jusque dans le cerveau. Source de tumeurs gommeuses, d'exostoses, de douleurs profondes, le miasme syphilitique peut, selon Van Svsrieten, déterminer les accidents les plus graves, l'apoplexie, l'épilepsie, la cécité, la surdité, la paralysie, etc..

L'ordre des temps noris conduit à Fabre. Cet auteur considérait le diagnostic des affections syphilitiques comme chose très-difnoile. a Lorsqu'une maladie a résisté opiniâtrement; aux <r remèdes qui paraissent le mieux indiqués^ on a le droit de « supposer la présence du virus, s'il y a d'ailleurs quelque autre a circonstance qui autorise ce jugement, comme un chancre^ (( une gonorrhée supprimée et qui aurait précédé la maladie. 0 II y a des cas où l'apparence la plus légère doit suffire pour « faire soupçonner la présence du virus et pour nous détermi u ner à employer les antivénériens, et cela principalement 0 quand la maladie est grave et menace la vie du malade. »

Lieutaud, par de savantes recherches, tenta d'éclairer l'anatomie pathologique de la syphilis; c'était là un sujet entièrement neuf et plein de difficultés. Il a décrit tour à tour les lésions des viscères, du cœur, des muscles^ des os. Il considérait la vérole comme un protée indéfinissable, mais lui attribuait une tendance spéciale à affecter la tête.

Bourru, contemporain des précédents auteurs, et qui fut bibliothécaire de l'École de médecine, considérait la syphilis comme une affection miasmatique et en plaçait le siège dans le système nerveux.

CaiTère (1783) s'est plus spécialement occupé des formes dégénérées de la vérole. {Recherches sur les maladies vénériennes chroniques sans signes évidents, ce$t-à-dire masquées, dégénérées ou compliquées). Suivant cet auteur, le virus dégénéré peut produire la phthisie, le rhumatisme, les ophthalmies, la cachexie, l'asthme^ l'bydropisie, la dysurie, la paralysie, l'épilepsie, l'apoplexie; de plus il peut se compliquer de tous les autres virus. Carrère divise ces maladies en maladies vénériennes chroniques ma«quées, dépendant du virus vénérien latent mais restant vénérien, et en maladies vénériennes chroniques dégénérées^ entretenues par un vice vénérien modifié ou compliqué d'un autre virus.

Benjamin Bell, sans faire à la syphilis la part aussi large que ses devanciers, lui a vu cependant produire des troubles mani-

festes du côté du système nerveux, et son ouvrage contient plusieurs faits dont nous tirerons parti dans le cours de ce travail. Cest ainsi quMl a vu la vérole confirmée produire la cécité^ la goutte sereine, la surdité, la phthisie^ Pasthme^ le rhumatisme^ Tépilepsie et même la manie. Disons en passant que Benjamin Bell est peut-être le premier syphilographe qui appuie ses opinions de faits cliniques de quelque valeur; aussi verrons-nous son nom reparaître plus d'une fois sous notre plume^ tandis que la plupart des auteurs précédents n'étayent leurs doctrines d'aucune preuve clinique ou fournissent à Tappui des observations si vagues^ si dénuées des détails les plus essentiels que Ton ne peut, au point où en est arrivée la science, en tirer aucune déduction de quelque importance.

Svsrédiaur admet toutes les idées de Carrère sur les déguisements dont est susceptible la maladie vénérienne. On lui doit néanmoins d'heureuses modifications dans les dénominations usitées avant lui en sy philographie; nous lui devons d'avoir attaché au mot de syphilis la valeur exclusive qu'il a encore aujourd'hui et de l'avoir distingué nettement de celui de maladie vénérienne ; c'est encore Swédiaur qui créa le mot de blennorrhagie.

La part faite à la syphilis dans la pathogénie des maladies ne pouvait pas aller plus loin. Les derniers auteurs que nous venons de citer lui accordaient en effet la puissance d'engendrer à peu près toutes les maladies du cadre nosologique. Les progrès du diagnostic, de l'anatomie pathologique^ des sciences accessoires devaient nécessairement faire disparaître peu à peu ce qu'il y avait d'exagéré et de confus dans les doctrines des médecins de la fin du siècle dernier.

Déjà en Angleterre^ J. Hunter dans son beau Traité des maladies vénériennes, en assignant au poison vénérien, sinon pour siège exclusif, du moins pour siège d'élection certains tissus et certains organes, émet des doutes sur la réalité des autres manifestations admises en si grand nombre de son temps. Je ne puis mieux faire que de reproduire ici ce passage du grand syphilographe anglais :

« Il est des parties qui se montrent beaucoup plus susceptibles <( que les autres de certaines maladies spécifiques. Les poisons a ont un siège d^élection dans le corps vivant comme si des <f tissus déterminés leur étaient assignés. Ainsi la peau est le « siège des affections scorbutiques et de diverses autres malaa dies, de la petite vérole, de la rougeole ; la gorge est le siège « de Phydrophobie et de la coqueluche; les scrofules attaquent tf le système absorbant et principalement les glandes; les ma- (c melles, le& testicules et les glandes conglomérées sont le « siège du cancer; la peau, la gorge et le nez sont plus suscepa tibles d'être affectés par la syphilis constitutionnelle que les « os et le périoste, et ces derniers en sont plus promptement ata teints que plusieurs autres parties, et notamment que les parce lies vitales qui peut-être ne sont pas susceptibles du tout de a cettemaladie(i).»

L'opinion que Hunter n'a émise que sous forme dubitative, d'autres après lui la soutinrent d^une manière absolue, niant la nature spécifique de la plupart des accidents attribués jusqu'alors au virus syphilitique. Ce fut surtout l'école physiologiste qui tomba dans l'extrême opposé à celui dans lequel nous avons vu presque tous les auteurs des siècles passés. Il suffit de citer les noms de Richond des Brus^ de Desruelles, de Jourdan, de tous ceux que M. de Casteinau désigne sous le nom denonvirulistes (2), pour faire voir où peut mener un principe poussé à l'extrême. Cette doctrine du reste ne pouvait guère survivre à l'éeole fameuse qui lui avait donné naissance, et depuis plusieurs années déjà il se fait un juste retour vers des idées physiologiques et pathogéniques plus saines et moins exclusives.

« On a longtemps livré au ridicule », disait il y a peu d'années un de nos syphilographes les plus éminents, M. Cazenave, aies « nombreux auteurs même les plus sévères, qui étaient dispoa ses à voir la syphilis au fond d'un grand nombre d'aiïections

(1) Hunier, Œuvres compl., trad. de Richelot, t. H, p. 160. (1) Annales des maladies de la peau et de la syphilis, 1. 1.

0 graves et rebelles. Aujourd'hui les esprits, ramenés au cona traire par une observation plus exacte, tendent à suivre anaa tomiquement Tinfluence de ce poison sur les organes proa fonds (1). »

En 1845 M. Rattier écrivait encore : a La syphilis est une maa ladie simple de la peau et des membranes muqueuses, ayant a une existence indépendante, ne se confondant pas avec d'aua très maladies, ne se masquant point, et n'ayant pas besoin de a pierre de touche pour être dûment diagnostiquée par ceux a qui Tout suffisamment étudiée. L'infection générale ou sya philis constitutionnelle, mal désignée puisqu'elle n'agit que a très-peu sur la constitution et la santé générale, est une malaa die spécifique de la peau et des muqueuses. Je l'appelle paa pule syphilitique ; elle a une forme constante et caractéristia que ; sa durée est indéterminée, mais elle guérit parfaitement a sans traitement approprié et sans laisser aucune trace dans la tt constitution. C'est cette syphilis papuleuse qui, observée d'une 0 manière insuffisante, a engendré la multitude de symptômes (( qu'on trouve décrits dans les auteurs. Une autre cause de cette a multiplication est dans la coexistence d'autres affections qu'on a fait passer sur le compte de la syphilis qui est devenue le

a bouc émissaire de la pathologie Voilà donc la vérole ré-

a duite à sa plus simple expression : syphilis primitive ou chana cre, syphilis secondaire ou papuleuse. Les autres symptômes a n'appartiennent pas en propre à la syphilis (2). d

M. Rattier est très-probablement seul de son opinion aujourd'hui et tous les syphilographes sont d'accord pour ranger ^au nombre des symptômes appartenant en propre à la syphilis, des lésions des tissus muqueux, fibreux et osseux, de la peau, de la gorge, des testicules ; tous reconnaissent que la syphilis confirmée est une affection générale par infection et se manifestant par des accidents vers les tissus ou les organes précités, acci -

(1) Annales des maladies de la peau et de la syphilis, t. IV, p. 100.

(2) Rallier, Lettre sur la syphilis, p. 49.

dents variables dans leur forme sans cesser d^étre syphilitiques.

Mais ce sont là les seules manifestations syphilitiques indiquées par la plupart des syphilographes modernes^ et si Ton se bornait à étudier la syphilis dans les traités spéciaux de ces auteurs^ on demeurerait convaincu que les organes plus profondément situés, les viscères et en particulier les centres nerveux^ sont tout à fait à Fabri des atteintes de la vérole. Astley Cooper entre autres^ dans ses Œuvres chirurgicales y s^exprime en ces termes : a Le virus vénérien^ lorsqu'il a été absorbé et porté dans le sang a affecte principalement trois parties du corps : la gorge^ la peau « et le périoste avec Tos sous-jacent ; ces diverses parties sont <( ordinairement affectées dans Tordre suivant lequel je les ai a énumérées^ tandis qu'il y a d'autres tissus qui ne paraissent « pas susceptibles d'être altérés par Tinfluence de ce virus ; tels a sont le cerveau et les viscères abdominaux et thoraciques. »

Et cependant^ sans parler des anciens auteurs, les recueils périodiques^ les comptes-rendus des séances des diverses sociétés savantes^ quelques traités de pathologie contiennent un nombre considérable d'observations destinées à établir la réalité des affections nerveuses syphilitiques ; nous ne saurions énumérer ici tous les auteurs^ tous les praticiens qui ont observé des faits de ce genre ; leurs noms figureront d'ailleurs dans le cours de ce travail lorsque nous discuterons les faits que nous leur emprunterons. Il nous suffira, je pense, de nommer Lallemand^ Vidal de Cassis^ HM. Ricord^ CuUerier^ Rayer^ Schulzenberger^ Yvaren^ sur les opinions desquels nous étayerons souvent notre propre manière de voir^ pour prouver que les conclusions que nous pensons devoir tirer de l'observation des faits ne manquent pas de base solide.

Pour nous résumer nous dirons donc : Entre Topinion des médecins des seizième^ dix-septième et dix-huitième siècles qui, presque tous, voyaient dans la syphilis un véritable protée morbide, susceptible de revêtir les formes pathologiques les plus va riéesi et dans la plupart des affections chroniques acquises ou

héréditaires autant de métamorphoses de la maladie vénérienne; qui croyaient que cette affection pouvait rester à Tétai latent dans Téconomie pendant un temps souvent très-long pour éclater ensuite sous une des mille formes variées du cadre nosologique^ et qui^ en conséquence de cette croyance^ établissaient en principe la nécessité de soumettre tous les sujets atteints de syphilis, à quelque degré et à quelque période que ce fût^ à un traitement mercuriel complet; entre cette opinion, disons-nous^ et Fopinîon actuelle qui circonscrit la maladie vénérienne à un certain nombre d'organes et de tissus, de quel côté se trouve la vérité î Nul doute qu'il n'y ait eu beaucoup de confusion et d'exagération dans la première opinion, mais, en nous appuyant sur des faits nombreux et que, pour la plupart, nous croyons concluants, nous affirmons qu'en ce qui concerne spécialement l'influence de la syphilis sur le système nerveux, il faut franchir le cercle étroit dans lequel la plupart des syphilographes modernes ont cherché à renfermer l'histoire de la syphilis.

Déjà HM. Lagneau et Depaul ont fait pour la syphilis du poumon ce que nous tentons aujourd'hui pour la syphilis du sys* tènoe nerveux ; d'un autre côté, MM. Rayer, Ricord, Gubler, Schutzenberger, Foucaret, Budd, Dittrich ont signalé des altérations du foie qu'ils rapportent à la même cause. Nos lecteurs apprécieront si les recherches que nous avons entreprises suffisent pour faire admettre également une syphilis du système nerveux.

Que si l'on s'étonne du silence que, dans ce court aperçu historique, nous gardons à l'égard de plusieurs auteurs qui ont enrichi la science médicale de travaux importants sur la syphilis^ nous répondrons que leurs noms devant paraître souvent dans le cours de ce travail, nous aurons mainte occasion d'apprécier leurs écrits, et que d'ailleurs, dans ce qui précède, nous nous sommes borné à quelques données permettant d'embrasser d'un coup d'œil les diverses phases qu'a traversées la question avant d'arriver jusqu'à nous.

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