CHAPITRE TROISIÈME
Les faits cliniques que nous réunissons ici offrent, on le comprend, des exemples de toutes les lésions de voisinage et de tous
(1) loc ciï., p. 494.
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les troubles nerveux que nous venons d'étudier, et leur lecture comblera les lacunes qui peuvent exister dans les deux chapitres précédents.
Nous avons éprouvé une certaine hésitation quant à Tordre à suivre dans la classification de ces nombreuses observations^ qui n'ont entre elles le plus souvent d'autre lien que l'existence de lésions étrangères au système nerveux ayant amené des désordres dans les fonctions nerveuses ou des altérations consécutives du système nerveux. Nous avons donc cru devoir les classer d'après ces deux caractères à la fois, réunissant ceux qui se rapportent à des lésions analogues des tissus ganglionnaire^ fibreux ou osseux, et en rapprochant ceux qui nous montrent des troubles nerveux bien nettement caractérisés et localisés dans une portion plus ou moins étendue du système nerveux. C'est ainsi qu'à côté des paralysies faciales symptomatiques d'un engorgement ganglionnaire nous avons placé les paralysies faciales qui paraissent dépendre d'une exostose ou d'une périostose. CTest ainsi encore que nous avons réuni toutes les paraplégies^ toutes les lésions du rachis^ toutes les paralysies des nerfs moteurs de l'œil. Nousavons^ d'ailleurs^ eu soin^ toutes les fois que les observations ont été assez détaillées, d'indiquer les lésions constatées ou probables auxquelles peuvent être rattachés les symptômes. Cet ordre^ quoique peu systématique^ nous a paru encore moins mauvais que tout autre que nous aurions pu choisir.
Observation 184. — Périostose. Douleurs ostéocopes. Journalier de 32 ans, entre à l'hôpital du Midi le 16 février 1844. A eu en 1832 un chancre urétral suivi, au bout de trois mois, de tubercules profonds de la peau, accidents qui guéru*ent en quarante jours par Tusage du proto-iodure de mercure. En 1839, syphilidcs tuberculocnistacées qui cèdent à un second traitement mercuriel de quarante jours. En janvier 1844, douleurs ostéocopes se localisant surtout sur les tibias, les os malaires, le cubitus gauche et le frontal, où existait on peu de gonflement. Insomnie persistante depuis six semaines, (lodure de potassium, 3 gr. par jour.) Au bout de six jours les douleurs sont presque nulles; le quatorzième jour, le gonflement du frontal a diminué de moitié; guérison bientôt complète. (Ricord, Bull, gén, de ihérap., XXYI, p. 295.)
Observation 185. — Tumeurs gommeuses. Douleurs ostéocopes.CaiolineD.y ouvrière de fabrique, âgée de 20 ans^ se plaint depuis plusieurs semaines de douleurs vives dans la tête. Ces douleurs, lancinantes^ siégeant principalement au front, sont presque nulles pendant le jour, mais deviennent intolérables la nuit.
Lors de son entrée à Thôpital de Sainte-Marie-aux-Mines, le 21 décembre 1855, je constate sur le front deux tumeurs arrondies, molles, douloureuses à la pression, sans changement de couleur de la peau, que je considère comme des tumeurs gommeuses. Il n'existe aucun autre symptôme syphilitique ni aux parties génitales, ni à la peau, ni à la gorge. Malgré les dénégations de la malade, je lui prescris Tiodure de potassium à la dose de 1 gr. par jour. Dès le 27, les tumeurs s'affaissent, les douleurs s'amendent considérablement. Le 4 février, la malade sort guérie. (L. Gros, Observation inédite.)
Observation 186. — Périostose. Douleurs ostéocopes. Homme de 30 ans, guéri en 1832 d'accidents syphilitiques primitifs (chancres), quatre ans plus lard de symptômes de transition, ressent depuis quarante jours des douleurs ostéocopes intolérables et une insomnie désespérante. Les douleurs reviennent périodiquement à 11 heures du soir pour se calmer à 4 ou 5 heures du matin. Bosselures, exostoses sur les crêtes des tibias et le cubitus droit; chancres indurés dans la bouche. (lodure de potassium, 3 gr. par jour.) Le troisième jour les douleurs avaient disparu, le sommeil était calme; la guérisonful bientôt complète. (Rognetta , Ann, de thérap.f 1. 1, p. 458.)
Observation 187. — Périostose, Troubles nerveux multiples. M. C, 28 ans, robuste et sanguin, avait eu à deux ou trois reprises des chancres et des bubons, et avait chaque fois cessé le mercure sitôt la disparition de ces symptômes. Au printemps de 1803, douleur trèsvive dans le fond de Torbite gauche qui résiste aux antiphlogistiques, aux antispasmodiques, etc., surdité de Toreille gauche, chute delà paupière du même côté, strabisme externe, cécité de l'œil gauche avec dilatation de la pupille, tiraillement de l'angle droit de la bouche vers Toreille, enrouement, articulation des mots impossible, déglutition difficile amenant de la suffocation. En novembre 1806, hémiplégie du côté droit, douleur considérable à Tépaule et dans les vertèbres cervicales, insomnie; le malade ne peut redresser la tête; large exostose sur le tibia. Gonflement considérable de plusieurs vertèbres cervicales, de l'acromion droit, de l'épine de l'omoplate, de la clavicule droite (frictions mercurielles, séton à la nuque). Le dixième jour, déglutition plus facile, douleurs presque nulles, sommeil bon.
Au bout de onze semaines^ la guérison est parfaite, seulement la pupille gauche reste plus dilatée, la paupière s'élève un peu moins que Tautre; encore un peu de diplopie et d'enrouement. (Macartan^ Jùum. de Sédillot, t. XLV, p. 453.)
Les trois observations qui vont suivre^ toutes trois empruntées à la pratique nosocomiale de M. Scbûtzenberger^ méritent de nous aiTéter un moment.
La première^ publiée dans tous ses détails par son auteur, est pleine d^enseignements ^ puisqu'elle nous montre toutes les difficultés qu'a présentées le diagnostic^ toutes les hésitations par lesquelles Fhabile professeur de Strasbourg a passé avant de reconnaître la nature syphilitique de Taffection cérébrale. Vertiges^ tremblements des extrémités, engourdissement du bras gauche^ perte de connaissance, convulsions, troubles dans les idées ^ céphalée s'exaspérant le soir, localisée spécialement à droite, devenant atroce la nuit ; cette réunion de symptômes fait admettre une méningite chronique ; le traitement rationnel restait sans effet quand Timminence d'une iritis, la forme ellipsoïde de la pupille gauche et la direction spéciale du grand diamètre de cet orifice mettent sur la voie d'une syphilis constitutionnelle que les antécédents du malade justifient entièrement^ et qui devient certaine par la constatation d'une petite tumeur du sternum; la partie droite de l'os frontal est d'ailleurs douloureuse à la pression. En voilà plus qu'il n'en fallait pour admettre que tout l'ensemble phénoménal dont le système nerveux était le siège reconnaissait pour cause une lésion syphilitique^et très-probablement une périostite ou une ostéite du frontal droit, portant plus spécialement sur sa face crânienne. Un traitement spécifique est institué ; le malade est guéri en apparence au bout de six semaines. Un mois après, nouvelle céphalée, nouveau travail dans la partie droite du crâne; quelques symptômes méningiens reparaissent; l'iodure de potassium triomphe de ces nouveaux accidents, et cette fois la guérison parait se maintenir.
Dans l'observation suivante, des symptômes non douteux de syphilis avaient précédé pendant plusieurs années l'apparition des désordres nerveux : céphalée nocturne intense, jetant le
malade dans un véritable délire^ tremblement des bras et de la jambe droite^ douleurs avec contracture dans ces mêmes parties revenant en même temps que la céphalée^ aliénation mentale pendant plusieurs semaines, troubles de la vue^ dureté de Touïe^ bourdonnements d'oreilles^ sensibilité à une forte pression sur le côté droit du crâne; tel est l'ensemble symptomatique de l'affection que M. Schûtzenljerger n*a pas hésité à considérer comme syphilitique^ et qui^ effectivement^ guérit avec une étonnante rapidité. En présence de cette douleur à la pression des os du crâne^ de la marche lente^ de l'apparition graduelle des accidents^ de leur disparition merveilleusement prompte sous l'influence du mercure^ ne sommes-nous pas autorisés à admettre une lésion de l'enveloppe osseuse du cerveau, ayant intéressé plus ou moins profondément l'organe cérébral lui-même et les branches nerveuses présidant aux sens de la vue et de l'ouïe ?
Enfin l'Observation 190 présente de grandes analogies avec la précédente : céphalalgie frontale au début^donnant souvent la sensation d'une boule de feu roulant dans la tête^ tremblement des membres^ faiblesse de la mémoire^ hébétude^ démarche chancelante^ incertaine. Le malade^ sans bien se rendre compte de son action^ a voulu se jeter par la fenêtre. Comme dans les observations précédentes^ la pression de la région frontale est très- douloureuse, lors même qu'on n'observe aucune altération évidente à la face externe du crâne. Ce symptôme de lésion osseuse profonde, les antécédents du malade, les effets rapidement salutaires du mercure sont les raisons qui nous font encore ici admettre l'origine syphilitique des symptômes cérébraux et qui nous font considérer ceux-ci comme dépendant de périostite de la face interne des os du crâne, et spécialement de la voûte crânienne.
Observation 188. — Périostose, Attaques épilepti formes. Fecker, menuisier, 35 ans, tempérament sanguin, belle constilution, entre à la Clinique le 20 mai 1849. Depuis deux mois, sans cause connue, vertiges, tremblements des extrémités, engourdissement du bras gauche, revenant tous les soirs et s'aggravant au point que le vertige se transforme en perte de connaissance et le tremblement en convul*
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sions épileptiformes; les accès se reproduisent souvent coup sur coup^ laissant après eux du trouble dans les idées^ un peu de délire. Depuis quinze jours^ céphalalgie assez violente s'exaspérant le soir^ occupant surtout la partie antérieure et latérale droite de la tête ; (indigo iO gr., puis 15 gr. par jour). Le 24 : céphalée plus intense, douleurs nocturnes atroces, délire. (Sangsues, purgatif salin.) Rémission jusqu'au 29. Ce jour, attaque convulsive plus forte que les précédentes; le 30, dilatation inégale des pupilles; la droite, plus ouverte que la gauche, aune forme ellipsoïde à grand diamètre dirigé de haut en bas et de dehors en dedans ; teinte de Tiris plus fauve que celle de l'autre œil; vision un peu trouble. Interrogé sur ses antécédents, le malade raconte qu'il a eu un chancre en 1832, deux nouveaux chancres en 1838 et un bubon suppuré, accidents qui furent combattus par un traitement mercuriel régulier; depuis lors excoriations fréquentes sur le gland; en 1842, éruption cutanée qui dura deux mois et guérit sans traitement. Sur le sternum, tuméfaction de la grandeur d'une pièce de 2 francs, douloureuse à la pression; la peau qui la recouvre est rouge et superficiellement ulcérée ; cette tuméfaction a été au début le siège de quelques douleurs nocturnes. Partie droite du frontal douloureuse à la pression ; cette douleur 8*étend jusqu'aux régions temporale et frontale droites. (Traitement par les frictions mercurielles.) Dès la troisième friction l'œil a repris son aspect normal; dès la cinquième la céphalée et les attaques convulsives s'amendent considérablement; à la septième Taffection du stemum^a disparu. Le malade sort le 12 juillet. Au commencement do septembre la céphalée reparait, les autres accidents nerveux reviennent les uns après les autres, et à la fin du mois il s'y joint des nausées et des vomissements. L'iodure de potassium n'étant pas toléré à l'intérieur, on le prescrit en frictions à la dose de 5 gr. par jour, sans résultat. Les accidents s'aggravent, l'intelligence se trouble davantage ; on reprend l'usage interne du médicament (50 centigr. à 3 gr.) Au bout de 20 jours amélioration notable ; à la fin d'octobre guérison assurée; le traitement est continué jusqu'au 16 décembre; le 25 février 1850 la guérison ne s'était pas démentie. (Schutzenberger, Mém, de la Soc. deméd, de Strasbourg, 1. 11, p. 3.)
Observation 189. — Périostose, troubles nerveux multiples. Élisa V..., 41 ans, ménagère, de bonne constitution, d'un tempérament nerveux, entre à la Clinique le 11 avril 1850. Il y a 20 ans, éruption de taches rouges sur les jambes. Il y a 8 ans, douleurs aux tibias avec gonflement de l'os, plus intenses la nuit que le jour; ces douleurs
dS8 DEUXIÈME PARTIE. — AFFEGTI0K8 NERVEUSES INDIRECTES.
durèrent 6 ans. Depuis 2 ans^ céphalée intense revenant le soir, durant toute la nuit et diminuant le matin; tremblement des bras et de la jambe droite,douleursdan8 l'épaule et le bras droits^ s'accompagnant parfois de crampes qui tirent la tète vers répaule,et d'une contracture des fléchisseurs des doigts; depuisun an^ abolition de la mémoire; l'été dernier^ aliénation mentale durant plusieurs semaines qui guérit par un traitement antisyphilitique complet. Pendant les crises de céphalée, vue trouble, ouïe dure; odorat et goût toujours intacts. Bourdonnements et sifflements dans les oreilles; sensibilité à la pression de la bosse pariétale et de la région temporale droites. Pendant la nuit du il au 12 avril, céphalée atroce; la malade se lève, jette des cris.(Traitement roercuriel par les pilules de Hufeland et les frictions.) hès le quatrième jour^ les douleurs cessent pour ne plus reparaître^ le tremblement disparaît^ la mémoire revient. La guérison fut bientôt complète. (Schutzenberger, loc, cit., p. 13.)
Observation 190. — Périostose, troubles nerveux multiples, Erbel, 51 ans^ ouvrier en papiers peints, entre à la Clinique le 8 décembre 1848. Primitivement robuste, il est, aujourd'hui, cachectique; ses forces ont décliné, son teint est terreux, ses mouvemetni sont lents, incertains; tremblement des extrémités supérieures tel que le malade ne peut porter un verre d'eau à la bouche; marche vacillante, intelligence obtuse, mémoire infidèle. Aucune habitude d'ivrognerie; n'a jamais manié de préparation nuisible. A eu dans sa jeunesse trois blennorrhagies et un chancre; il y a quelques années, affection trèsdouloureuse de la jambe qui s'améliora par un traitement mercuriel. Les accidents actuels datent de plusieurs mois; début par une céphalalgie frontale continue, avec exaspérations aussi souvent diurnes que nocturnes. Démarche semblable à celle d'un homme ivre, idées en désordre; le lendemain de son entrée à l'hôpital, le malade a voulu sauter par la fenêtre; état d'hébétude habituelle; il exécute des actes automatiques, prononce des phrases inintelligibles; jamais de convulsions, tremblement et incertitude des mouvements. Exostose diffuse, indolore, très-dure sur le tibia gauche; pressionde la région frontale du crâne douloureuse. (Pilules de Hufeland, 4 à 12 par jour; frictions mercurielles.) Amélioration très -rapide; dès le dixième jour la céphalée a disparu, l'intelligence est revenue, la démarche est ferme et assurée. Le traitement dura six semaines, la guérison fut complète. L'état cachectique du malade se modifia sous l'influence de l'iodure de potassium à la dose de 50 centigr. à 4 gr. par jour. (Scbotzenberger, loc. cit., p. 7.)
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H. Schûtzenberger fait suivre ces observations de réflexions qui font ressortir les difficultés diagnostiques que présentent les faits de ce genre. Ces réflexions nous paraissant s'appliquer à la plupart des observations que nous réunissons ici, il n'est pas hors de propos de reproduire les remarques suivantes du professeur de Strasbourg^ bien que^ comme on a pu le voir, nous ne partagions pas complètement sa manière d'interpréter les faits que nous lui empruntons : « Dans les faits que nous avons observés^ on ne peut méconnaître les rapports de cause à efijet entre les accidents cérébraux et l'afi^ection syphilitique. Les antécédents des malades^les phénomènes concomitants^ Tinfluence du traitement ne laissent pas dans mon esprit le moindre doute à cet égard. Hais si ce rapport étiologique est facile à établir àposterioriy il n'en a pas été de même quand il s'est agi du diagnostic Le trouble cérébral, par sa gravité même^ était bien fait
pour absorber l'attention ; aucun des malades n'a fait de prime abord l'aveu des accidents antécédents; aucun des symptômes cérébiyux ne pouvait mettre sur la voie. Chez deux malades les douleurs étaient continues et s'exaspéraient tantôt le jour^ tantôt la nuit; elles étaient d'une intensité extraordinaire; mais il est une foule de maladies idiopathiques du cerveau et de ses enveloppes qui donnent lieu à des douleurs atroces. Si notre attention n'avait pas été éveillée par certains symptômes concomitants^ il est probable que la nature réelle du mal eût été méconnue Chez
un malade l'aspect de l'œil^ lapériostite circonscrite du sternum et des antécédents suspects; chez le second le résidu d'une ostéite chronique du tibia et Taspect cachectique ; chez les deux autres Texpérience des deux premiers, les antécédents et les phénomènes concomitants^ caractéristiques de la vérole, nous ont mis sur la voie. Dans tous les cas^ la probabilité est devenue certitude dans notre esprit par les résultats mêmes du traitement. Certes, on peut soutenir que cette certitude n'est pas absolue; cependant^ malgré la guérison des malades, on peut s'appuyer sur des faits analogues pour soutenir son idée par l'anatomie pathologique.
a La pulpe cérébrale n'est pas primitivement atteinte dans ces cas, car on ne connaît aucun fait d'encéphalite syphilitique; ce
ne sont pas non plus les enveloppes du cerveau qui ont été le siège primitif de Taffection ; mais tout le monde sait que dans la syphilis les os et le périoste deviennent fréquemment le siège du travail morbide. Or^ quand ces lésions occupent la face externe des os du crftne^ quand des exostoses internes se développent^ que la table interne s'affecte ou que la dure-mère se prends la phlogose chronique doit s'étendre aux organes contigus; aux méninges^ au cerveau ; des phénomènes de compression peuvent s'établir^ des phénomènes d'inûtation encéphalique se manifester^ absolument comme dans les maladies cérébrales idiopathiques. Au musée de Strasbourg^ il existe plusieurs crânes qui^ sains à Textérieur^ présentent des exostoses^ des érosions de la table interne, avec ou sans tumeurs de la dure-mère. Dans ces cas^ il y a sans doute eu des symptômes analogues à ceux
que nous avons observés L'influence du diagnostic sur le
pronostic et le traitement^ dans des cas de ce genre^ est manifeste, etc.... »
Les troubles de l'intelligence jouent, on le voit, un rôle important dans la plupart de ces faits et constituent, avec la céphalée et les troubles de la motilité, l'ensemble symptomatique tout entier. Ils manquent cependant dans une observation de Graves, que nous rapportons brièvement après l'avoir traduite de Tanglais. La question d'une tumeur osseuse comprimant le cerveau fut discutée par les médecins traitants. Graves crut à une périostite occupant la face interne du frontal gauche, institua un traitement mercuriel et obtint une guérison lente mais complète.
Observation 49i. — Périostite frontale interne; convulsions épileptiformes. Jeune homme de bonne constitution, après avoir eu pendant quelque temps de la céphalalgie frontale gauche,eut de fréquentes et violentes attaques d'épilepsie; les mouvements convulsifs étaient plus intenses à droite qu'àgauche. Plusieurs médecins crurent remarquer une proéminence du frontal et opinaient pour l'application du trépan. Graves, considérant le cas comme un exemple de périostite affectant la table interne du frontal et la dure-mère sous-jacentCt essaya le mercure en frictions. Au bout de 8 ou 9 jours, les attaques étaient moins fréquentes, et bientôt le mal céda tout à fait. (Graves, Clin. lect. on thepract. of. med,, t. II, p. 493.)
Par contre nous possédons plusieurs faits dans lesquels des troubles exclusivement intellectuels^ ou à peu près^ pourraient bien dépendre^ comme dans Tobservation de M. Monod^ d'une compression cérébrale lente^ graduelle^ et dans lesquels, d'après les antécédents^ nous croyons devoir admettre une cause syphilitique. Celui que nous empruntons à H. Helchior Robert est trèsintéressant; nous le donnerons donc avec quelques détails et aurons peu de choses à y ajouter. LWection, comme dans d'autres cas que nous avons déjà signalés^ s'annonce comme une paralysie générale au débuts par du bredouillement, de l'engourdissement dans les membres^ une céphalée fixe^ une demisurdité. Ces signes^ joints à la connaissance d'antécédents syphilitiques^ firent diagnostiquer une exostose interne au premier degré du centre de la région temporo-pariétale droite. L'exostose au premier degré signifie dans ce cas^ pensons-nous^ une exostose non encore éburnée ou peut-être, car l'autopsie seule aurait pu éclairer sur la véritable lésion, un dépôt dans le genre de celui que nous rencontrons dans l'Observation 207. Le traitement spécifique longtemps continué^ recommencé à plusieurs reprises^ n'étant pas parvenu à dissiper entièrement les accidents^ nous croyons que dans ce cas il existe une lésion organique réfractaire aux mercuriaux et à l'iode^ mais diminuant cependant sous leur influence; un exsudât osseux de la face interne du crâne ou peut-être une lésion cérébrale directe expliquerait assez bien ces diverses particularités.
Dans l'observation de M. Bouteiller, le rapport de cause àeflet entre les troubles intellectuels et la lésion osseuse paraît encore plus manifeste. Ici encore nous devons admettre que les troubles de l'intelligence sont symptomatiques d*une lésion des enveloppes. C'est par compression sans doute que la lésion osseuse a agi sur le cerveau, et lorsque la tumeur s'est portée au dehors, les symptômes, et notamment la douleur, ont diminué d'intensité, la compression ayant elle-même diminué .
Mêmes raisonnements pour l'observation que no us devons à l'obligeance de M. Trélat, mais dont malheureusement nous ne possédons pas le complément.
On ne s'étonnera pas non plus de nous voir rapprocher des
précédents les deux faits que cite Lucas Championnière^ mais qui; parleur peu de détails^ ne sauraient être rapportés à telle ou telle lésion des enveloppes crâniennes. Quoi qu'il en soit^ ce sont deux beaux faits cliniques qui méritent de fixer Tattention.
Observation 192. — Exostose interne; aliénation mentale, troubles nerveux multiples, M. X... a eu^ en i847^ un chancre induré de la lèvre inférieure avec adénite cervicale non suppurée; peu après, maux de gorge^ céphalalgie continuelle^ puis une affection de Tongle du médius droit. En 1849^ syphilides palmaires et plantaires, impétigo syphilitique du cuir chevelu^ ecthyma, tubercule dans l'épaisseur de la peau de la jambe droite (accidents de transition); en 1851, douleurs ostéocopes de la région temporo-pariétale droite avec surdité. Plusieurs traitements mercuriels et iodurés ont été dirigés contre ces divers accidents et régulièrement suivis, au dire du malade. Le 16 juillet 1852, surviennent des phénomènes d'aliénation mentale; parole lente et entrecoupée, comme dans la paralysie générale ; fourmillements et engourdissement de Tavant-bras et de la main droite; céphalalgie fixe avec pesanteur dans la région pariétale gauche,demisurdité du même côté; tous ces symptômes augmentent pendant la nuit; stupeur du faciès, caractère irascible, affaiblissement très-considérable de la mémoire. Diagnostic : exostose interne au premier degré située au centre de la région temporo-pariétale droite. (lodure de potassium.) Le quatrième jour du traitement Tamélioration commence; le 27 juillet la guérison est complète. (Melcbior Robert, Traité des mal, vénér.)
Observation 193« — Exostose du frontal. Troubles intellectuels. Mathias W..., maçon, entre à Thôpital du Midi (service de Vidal de Cassis) le 27 novembre 1845. Hypochondrlaque accusant des malaises variés et nombreux. Au haut du front, cachée en partie par les cheveux, existe une tumeur dure, symptôme non douteux d'infection syphilitique ancienne. Le malade n'accuse comme antécédent syphi- 1 itique qu'un chancre, mais son intelligence troublée fait qu'on ne peut se fier à ses assertions; la tumeur frontale existe depuis quatre mois et a été précédée pendant huit mois de douleurs intenses qui cessèrent lorsque apparut la tumeur. (Proto-iodure de mercure.) Amélioration sensible ; le 31 janvier, le malade marche vers la guérison. (BouTEiLLER, Goz, des h(îp, 1846, p. 66.)
et Cette observation est surtout intéressante, » ajoute M. Bou-
teiller, a à cause de l'état moral qu^a amené chez ce malade Texostose frontale. Les douleurs intenses qu'il a endurées avant qu'elle eût apparu au dehors d'une manière appréciable^ et cette altération de l'intelligence ne peuvent-elles pas faire croire que l'exostose s'était aussi, et au début, développée de dehors en dedans et avait agi mécaniquement sur l'encéphale? »
• Obseryation 194. — Tumeurs gommeuses sur le crâne , manie aigué, iodurede potassium; amélioration. La nommée Dubois, fille publique^ entre à la Salpêtrière pour une manie aiguë, bien caractérisée ; l'affection résiste aux traitements ordinaires. Bientôt apparaissent des bosses multiples sur le crâne, ayant l'apparence de tumeurs gommeuses, puis une exostose considérable sur le tibia; un traitement antisyphilitique par Tiodure de potassium amène promptement un amendement des symptômes tertiaires, et sous son influence, la manie s'améliore considérablement. Sur ces entrefaites la malade est évacuée sur un hospice de province^ et M. Tréiat n'en a plus entendu parler. (Observation inédite communiquée par M. Trélat.)
Observation 195. — Exostose crânienne probable; hémiplégie, amaurose, idiotie. Une femme admise à Beaujon, dans le service de Sandras^ pour une hémiplégie complète du côté droit, avait en outre perdu l'intelligence et la vue. Quelques indices ayant fait soupçonner une syphilis, on la traita par Tiodure de potassium. Bientôt amélioration dans rhémiplégie, puis, peu à peu, retour des facultés intellectuelles et affectives; la vue seule resta mauvaise. (Lucas Ghahpiomniére, Joum. de méd, et de chir, prat. Août 18S1.)
Observation 196. — Syphilis probable^ hémiplégie, idiotie. Lingère de 24 ans^ admise le 24 janvier 1851 à Beaujon (service de Sandras), atteinte d'hémiplégie, de paralysie générale et d'idiotie ; elle gfttait. (Proto-iodure de mercure, iodure de potassium, puis acide arsénieux.) Le 10 avril, la paralysie avait disparu ; le 17, elle frottait les salles; die quitte l'hôpital dans un état inespéré. (Lucas Ghampionnière, loc. eU.)
OtSERVATioN 197. — Exostoses crâniennes, hémiplégie, idiotie. Femme de 27 ans, ayant eu de nombreux symptômes syphilitiques sur les muqueuses, la peau et les os. Depuis plusieurs mois, violentes douleurs du côté de la tête, affaiblissement graduel des facultés Intel-
lectuelles, idiotie complète^ hémiplégie complète du côté gauche y compris la face ; exostoses à ta parlie droite du crâne. Traitement antisyphilitique; disparition prompte de la paralysie; rinteliigence elle-même semble se réveiller. (Sandras^ Bull, gèn, de thérap.j XLI, p. 559.)
L'observation que nous devons à Tobligeance de notre confrère H. 0. Landry^ nous montre le diagnostic : tumeur osseuse syphilitique proéminant dans l'intérieur du crâney justifié par Fautopsie. Nous y voyons des désordres portant à la fois sur Tencéphale lui-même et sur plusieurs branches nerveuses^ circonstances en parfait accord avec les résultats de Fautopsie. Nous la faisons suivre de plusieurs autres faits dans lesquels les troubles nerveux variés : épilepsie^ hémiplégie à marche lente^ troubles de la vue et de 1 ouïe^ paralysies de la troisième et de la sixième paires^ névralgie de la cinquième paire, céphalée, etc.. constituent selon toute probabilité des symptômes d'une lésion analogue à celle que Tautopsie a révélée dans TObservation 198.
Observation 198. — Exostose ébumée de la hase du crâne. Ramollissement cérébral. Troubles nerveux multiples. Mort. André Jacques^ artiste peintre^ 39 ans^ entre à Beaujon le 17 avril 1851. Constitution moyenne^ tempérament d'apparence lymphatique. De 20 à 30 ans, chancres, bubons, gonorrhées à divei*ses reprises. Rétrécissement de l'urètre consécutif à Tune de ces affections, et dont le malade n*est pas complètement débarrassé. A 36 ans,iritis considérée et traitée par M. Robert comme syphilitique; l'usage du calomel pendant quinze jours suffit pour la faire disparaître; la santé resta parfaite jusque dans les premiers jours de mars 1851. A cette époque le malade s'aperçut que l'oreille droite remplissait mal ses fonctions (la gauche était dans le même état depuis l'enfance). Peu de temps après, lourdeur de tête avec douleurs, vives surtout la nuit, lancinantes, siégeant principalement au-dessus de Toreille droite, d'où elles s'irradiaient dans toute la partie droite du crâne. Quelques bains de pieds n'amenèrent aucun soulagement. Un mois après le début de ces accidents survinrent de petits accès d'une durée de cinq minutes, consistant en vertiges, grand sentiment de faiblesse, troubles de la vue, strabisme convergent et diplopie. Enfin le 15 avril au soir, la parole s'embarrasse subitement, le malade se laisse tomber
GHAP. 111. — FAITS CLINIQUES. 365
sans toutefois perdre connaissance. La figure se contourne; la commissure droite des lèvres est tirée en haut et à droite; strabisme convergent^ diplopie; les objets ne sont vus qu'à travers un brouillard; tout le côté gauche du corps est privé de mouvement. Saignée aux deux bras , vésicatoire à la nuque sans nulle modification. Le malade se fait porter h Thôpital Beaujon^ où nous constatons l'état suivant :
L'apparence du malade est celle d*un homme déjà débilité; la figure est pâle, sans expression, la bouche tirée en haut et à droite; tous les traits sont tirés du même côté. Le malade ne pcut^ avec toute sa force de volonté^ parvenir à détruire la déviation ui porter la commissure à gauche. La parole est difficilement accentuée^ et quand le malade parle^ on voit que le côté droit de la bouche agit seul. Si on lui fait tirer la langue, sa direction est normale et ses mouvements parfaitement réguliers. L'embarras de la parole vient, au dire du malade, de l'inactivité des muscles de la partie gauche de la langue. Les mouvements de la déglutition s'exécutent bien ; la phonation n'est pas altérée^ et le goût et l'odorat sont conservés ; surdité assez prononcée des deux oreilles. Les mouvements de'rœil droit sont faciles^ à Texception de ceux qui tendent à porter l'œil en dehors ; la diplopie est très-prononcée; les images sont sans netteté et comme nébuleuses. Les mouvements de la totalité de la têle sont conservés h droite et à gauche. L'épaule gauche peut être portée en haut quoique moins facilement que la droite, mais les mouvements des membres supérieur et inférieur gauches sont complètement abolis. Rien de semblable pour les membres droits. L'émission des urines et des matières fécales est normale; il y a de fréquentes envies d'uriner. L'intelligence est parfaitement intacte et paraît très-développée; la sensibilité est presque annulée dans les deux membres paralysés, surtout vers leurs extrémités. Cet homme est chauve depuis Tâge de 20 ans ; les douleurs de tête sont actuellement peu considérables; en examinant le crâne on ne trouve nulle inégalité à sa face supérieure; les deux apophyses mastoïdes sont saillantes, mais la droite Test manifestement plus que la gauche. L'état général est bon, les fonctions digestives^ respiratoires, circulatoires ne sont nullement troublées. Le malade est fort chagrin, très-inquiet et enclin aux larmes depuis son accident. D'après les antécédents, M. Sandras institue un traitement antisyphilitique. (Julep avec 2 gr. d'iodure de potassium; 2 bouillons.) *
28 avril. Une modification heureuse s'est déclarée d'abord du côté du moral ; puis les mouvements de l'œil droit en dehors ont
reparu^ le strabisme et la diplopie ont disparu^ en même temps des mouvements se sont manifestés dans la main, Tayant-bras et le membre inférieur paralysés; la parole est beaucoup plus facile. L'électricité est employée, et tous les membres qui y sont soumis se contractent avec énergie^ même sous Tinfluence de faibles courants.
15 mai. On a remplacé depuis huit jours Tiodure de potassium par un julep contenant 3 milligr. d'acide arsénieux. L'amélioration dans rétat du malade a été continue^ et aujourd'hui les muscles de Tépaule^ du bras^ du bassin, de la cuisse exécutent parfaitement leurs fonctions. Ceux de Tavant-bras, de la main, de la jambe et du pied restent paralysés, quoique à un moindre degré. La sensibilité est complètement revenue au bras et à la cuisse, incomplètement à l'avant-bras, à la jambe^ à la main et au pied. La surdité de l'oreille droite est beaucoup moindre, la vue est presque complètement normale, la santé générale est très-bonne. (Acide arsénieux, 3 milligr.; 3 portions.)
29 mai. L'amélioration continue et les mouvements reviennent aux extrémités des membres. La sensibilité renaît à la main qui reconnaît maintenant la nature des objets touchés sans apprécier encore leur forme. (Même traitement.)
24 juin. Le malade n'a pas cessé de marcher vers la guérison ; la sensibilité est complètement revenue aux mains et aux pieds. Le malade marche très-bien, quoique en traînant la jambe gauche; l'avantbras exécute quelques mouvements, mais la main en reste privée^ et les doigts sont dans un état habituel de demi-flexion. Depuis quelque temps le malade se plaint de beaucoup de faiblesse^ de palpitations, quelquefois d'un sentiment de défaillance. L*auscultation du cœur fait entendre un soufQe très-marqué, mais doux, absolument analogue à celui de la chlorose, qui se continue dans l'aorte et les carotides. Il paraîtrait d'ailleurs que cet état de faiblesse et les palpitations existaient avant Taccident, bien que moins marqués qu'aujourd'hui. (Même traitement, en outre 4 pilules de Yallet.)
28 juillet. Le malade allait de mieux en mieux^ le traitement avait été continué avec persistance^ des applications d'électricité produisaient chaque fois une amélioration du côté du mouvement, lorsque, il y a quelques jours, il éprouva un violent chagrin et en resta affecté ; depuis il s'est manifesté une rétention des urines, de la fièvre, de la contracture du bras gauche, un peu de délire, de la constipation^ de la perte d'appétit. Aujourd'hui^ outre ces accidents qui persistent, il y a incontinence d'urines^ de matières fécales et de gaz. (Même traitement.)
29 avril 1852. Depuis le 28 juillet l'état du malade n'a cessé d'em-
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ptrer ; la contracture a graduellement disparu, mais la fièvre a continué. Au moral il parait vivement affecté, et au physique il y a dépérissement considérable et surtout une tendance continuelle au sommeil ou plutôt à la somnolence. L'intelligence n'a pas cessé d'être intacte. Depuis plus de deux mois^ il y a une raucité particulière de la voix et souvent aphonie complète^ surtout depuis huit jours. Le malade se plaint aussi d'une sorte de poids à l'épigastre qui l'étouffé^ et d'une envie de crier qu'il ne peut pas toujours surmonter. Mort le matin à huit heures.
Autopsie le 30 avril à huit heures du matin. L'ouverture du crâne seule a été pratiquée. La voûte crânienne ne présente rien d'anormal, et les os n'ont ni une épaisseur ni une dureté supérieures à l'état normal. De prime abords la base du crâne parait saine^ mais un examen plus attentif fait reconnaître^ non loin de la pointe du rocher droit, en avant du trou occipital^ sur le bord droit de la gouttière basilaire^ une tumeur osseuse, arrondie, qui existe aussi à gauche et sur tout autre crâne, mais qui^ sur ce cadavre, est beaucoup plus volumineuse à droite qu'à gauche. Le rocher droit lui-même semble présenter des contours plus obtus que le gauche; la division des os par un trait de scie fait reconnaître que la saillie osseuse pré* sente une épaisseur plus considérable à droite qu'à gauche; en même temps le tissu osseux y est plus dur à droite et paraît comme éburné.
A la partie postérieure de la face supérieure de Thémisphère gauche, les méninges adhèrent au cerveau et ne peuvent être enlevées sans déchirer la substance cérébrale. Dans une assez grande étendue de la région indiquée, la substance grise de la surface du cerveau présente une couleur jaune, verdâtre ou jaunâtre, extrêmement caractérisée et tranchant sur la nuance normale des autres parties. En même temps la substance cérébrale est, dans ces mêmes points, d'une consistance bien inférieure à celle des autres parties de la surface du cerveau. Avec la pointe ou le manche du scalpel on l'enlève, on la racle comme du beurre frais dont elle rappelle la consistance. Je le répète, dans les parties voisines, elle est ferme, se laisse couper^ mais non racler comme une pulpe molle.
A la base du cerveau, eu pressant sur le pont de Yarole, on s'aperçoit que toute la moitié droite est fluctuante à la pression. Dans un mouvement imprimé à la masse de l'encéphale, il s'y produit une déchirure au niveau du point le plus fluctuant, et il s'en écoule un liquide d'apparence analogue à celle du petit-lait mal clarifié, contenant des flocons blancs. Une coupe antéro-postérieure a fait voir que toute cette partie du mésocéphale est gravement alté-
368 DEUXliME PARTIE. — AFFECTIONS NERVEUSES INDIBECTES.
rée. Elle est d'une difQuence extrême; on y voit de nombreux filaments surtout antéro-postérieurs, très-peu transversaux, qui sont noyés dans une pulpe d'un blanc laiteux, séreux, mêlé de flocons blancs. Ce liquide paraît d'ailleurs lui-même retenu par une sorte de trame fibro-celluleuse. Il est facile de constater que cette altération est limitée à la partie droite du pont de Varole, qu'elle ne se prolonge ni dans le cervelet ni dans le pédoncule cérébral. Le reste du cerveau est absolument sain. (Observation inédite communiquée par M. 0. Landry.)
Observation 199. — Tophus du crâne. Convulsions épileptiformes. Dans le temps que je faisais des épreuves avec le sublimé corrosif pour les maux vénériens, il se présenta un homme qui avait la vérole et l'épilepsie et qui portait au crâne un tophus considérable; je lui ordonnai hardiment le remède, pendant Tusage duquel les accès se renouvelèrent souvent; mais dès que le tophus fut ouvert, ils ne reparurent plus. Le tophus se dissipa, la plaie se cicatrisa, et il fut guéri de ses deux maladies. (Locher, Observ. pract., p. 41.)
Observation 200. — Exostose interr^ et externe du crâne. Apoplexie. Convulsions, Mort. Forgeron de 42 ans, de tempérament sanguin, adonné à la boisson, eut en juin 1727 un chancre et une blennorrbagie ; trois mois après, céphalée intense, vertiges, perte de connaissance; il conserva de ces accidents une certaine difficulté dans la déglutition. (Mercure jusqu'à salivation.) Santé bonne jusqu'en mars 1728; après un excès de boisson, coliques, convulsions, mort. Autopsie : Sur le pariétal gauche, excroissance osseuse, spongieuse, soulevant le péricrânc et le muscle crotaphyte, présentant à sa surface des saillies et des dépressions. A Tintérieur du crâne même lésion qu'à la table externe; la tumeur était plus grande, plus arrondie. La substance dont elle était formée était plus molle, composée de lamelles osseuses très-minces. Dure-mère intacte. (Caspart. De exostosi cranii rariore. Argentor., 1730.)
Observation 201. — Exostoses, Convulsions épileptiformes, cisthme. P..., propriétaire, 40 ans, de chélive constitution, maigre et pâle, a été atteint, il y a 3 ans, de maladie vénérienne suivie au bout d'une année d'une éruption croûteuse. Depuis six mois céphalée avec exacerbalions nocturnes et insomnie. Toutes les nuits, à plusieurs reprises, constriction et pesanteur douloureuse dans la poitrine rendant la respiration difficile ; ces accès de dyspnée étaient suivis d'une expectoration abondante ; douleurs, engourdissement, sensation de
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froid dans les jambes et la colonne vertébrale. 11 y a quinze jours^ perte subite de connaissance ; peu de jours après, le 28 mars, con- Tulsions ëpileptiformes, céf^alée plus vive qu'auparavant. {Aloès; 20 sangsues à Tanusj.Du 8 au 19 avril, trois nouvelles attaques convul- •sives, grande fatigue; ^rface de Tos firontal et des tibias inégale et bosselée^ léger épanchement dans la timique vàg^frale^épididyme dur, tuméfié. (Mercure à l'intérieur, iodure de potassium en frictions, emplâtre de Vigo.) Sous l'influence de ce traitement l'asthme nocturne disparut, les attaques convulsives cessèrent ; guérison complète après quatre mois de traitement. (Ebrard, loc^ cit,).
ÛBSEtivâTiOM 202. — Eœostose. Hémiplégie à marche lente, ^ Un malade encore jeune, ayant eu un chancre, des syphilides et un sarcocèle syphilitique, eut une hémiplégie qui s'établit tentement. Connaissant ses antécédents et le sachant trop jeune pour ôtre un apoplectique ordinaire, j'admis la grande probabilité d'une affection syphilitique de la tête. Je voulus de plus préciser le siège de la lésion: la lenteur de l'établissement de la paralysie, la circonstance d*ttne exostose de la mâchoire inférieure me firent avancer qu'il y avait exostose crânienne. Je crus être confirmé dans mon diagnostic par le temps assez long que mit le malade à se rétablir (un an), le même temps qu'il fallut à l'exostose du maxillaire inférieur pour disparaître sous rinfluence de l'iodure de potassium. (Vidal de Cassis, /bc. cit,\ p. 501.)
a Je suis ici dans les probabilités, » ajoute Vidal, a mais dans des probabilités ayant une valeur que Fétude la plus attentive des faits ne donne pas toujours en médecine. Quoi qu^il en soit de la portée scientifique de ce fait, de son interprétation théorique, il reste comme un cas de guérison que le praticien devra noter. »
OesERVAJiON 203. — Exostose probable de la base du crâne» Troubles nerveux multiples; iodure de potassium, amélioration, — Ferries, charretier, âgé de 40 ans, entre le 29 juillet 1853 à Thôpital du Midi (service de M. RIcord). Rien dans les antécédents de sa famille ne peut veniren aide au diagnostic de rafifectiou actuelle; le père, la mère et leurs six enfants ne paraissent avoir présenté aucun vice héréditaire; Notre malade a été vacciné; dans son enfance il n'a eu d'autre accident remarquable qu'une morsure de vipère à l'âge de dix ans. Jusqu'à l'âge de 20 ans il resta dans les Pyrénées-Orientales, son pays natal, puis partit pour l'armée où il débuta par deux années de séjour en
Afrique dont il supporta parfaitem^i le climat. Vers Fâge de 26 ans, il contracta pour. la première fois un cbanore à la verge qai> d'après son dire, donqa lieu à un bubon indolent, non mippuréi ^^ Vd^t droite. Le chancre resta longtemps dur^ mêttie après sa guërison. H njpait pris encore que trois pilules mercurielles lorsqu'il Ait atteint d^ fièvre intermittente; les médecins traitèrent ezdasîTeinent'cette dernière maladie, fît pendant ce traitement'lei^ aecidentsf vénériens guérirent d'eux-mêmes. Le malade alla ensuite au cfàap- de Saint- Omer, où il fut repris par la fièvre et subit un nouveau traitement fébrifuge. Vers 27' ans, un an après son chancre, il eut à l'anus des boutons qui coulaient et que ses camarades qualifièrent de boutons vénériens, mais qui se dissipèrent sans traitement, sous llnflbénce de bains froids répétés. A 28 ans, il quitta le service et se fixa à Paris; peu de temps après il fut pris d'une attaque de rhumatisnnie articulaire aigu. Il jouit ensuite d*une bonne santé- j^u'à Fé^e'de 34 ans, où apparut un nouveau rhumatisme, moins aigu que le premier. A 35 ans, le malade vit apparaître une tumeur à la ré^oii poplitée gauche, où Fou voit encore aigourd'hui une clchtrice ^e 4 centimètres de longueur environ sur 3 de largeur. Cette tumeur durasix mois et finit par suppurer ; elle était indolente au début et devint plus douloureuse à mesure qu'elle s'approcha de la suppuration, de même que pendant le temps que dura celle-ci. Le m^ôin auquel lemalade s'adressa crut reconnaître une affection vénérienne et ordonna un traitement mercui iel qui fut suivi pendant quatre ou cinq mois; le malade ne prit pas d'iodure de potassium. Si en effet il s'est agi alors d'un accident syphilitique, il est probable que ce fut une tumeur gommeuse. Le malade n'eut du reste jamais d'autre symptôme vénérien , ni douleurs nocturnes, ni affection des os, et jonit d'une bonne santé jusqu'aux deux années qui précédèrent son entrée à l'hôpital. Il n'a pas d'habitudes d'intempérance et s'est marié en 1841 à une veuve ayant des enfants; lui-même n'en a jamais eu. Les organes génitaux nous paraissetit parfaitement exempts d'altérations organi« ques. Au commencement de l'année 1851 apparurent^ à gauche, des douleurs névralgiques périorbitaires, avec exacerbations nocturnes et irradiation dans les dents de la mâchoire supérieure du niême côté; le malade se fit même arracher inutilement pi usiïeuts dents; un traitement par le sulfate de quinine, continué pendant une quinzaine de jours, fit disparaître les douleurs. Le malade reprit ses travaux, mais pendant un an il fut tourmenté de bruissements continuels dans Toreille gauche, puis les douleurs névralgiques reparurent occupant le même siège; cette fois les exacerbations nocturnes étaient moins
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franchement caractérisées^ mais il survint des troubles de la vision. Ge n'était pas une diplopie manifeste^ mais quelque chose d'analogue^ indiquant un défaut. de concordance entre les axes visuels des deux yeux; ainsi au dire du malade la vue avec les deux yeux était trouble: et confuse^. tandis qu'elle redevenait nette quand un des yeuit était fermé. Un traitement.de quelques jours fut. entrepris à i'iiôpital Saint-ABloine> puis continué en ville d'a{»'ès une ordcmnanoejiie M. Guétteau de Mussy. Ge traitement ramena la santé, en apparence damoins>. Jusqu'au mois de juin 185f ; cependant les bruissements persistaient. Au mois de juillet, le malade rentra chez M. Guéneatl de Mussy et fut soumis à l'emploi de Tioduré de potassium, de la salsepareille^ du suifiaie de quinine et peut-être de quelques mereuriauXk: Yecs le inois d'août, tandis que les phénomènes névralgiques persis<« talent: efe.s*acoompagnaient même dei paralysie du sentiment dans les poinlfii douloureux, le malade vit apparaître^ sans cause appréciable» une kémmite ulcéreuse de. l'œil ^uc(ie>qui survint probaUem^nt sous l'influence de la paralysie de la cinquième paire dont les één soidresy «H le sait^ peuvent amener de si graves perturbations dans la nutrition des organes des sensetde Tappareil oculaire en pavtioulier^ comme :Vont. démontré les expériences de MagendiOé Le maladCine doi|«ie qjêe de vagues renseignements sur ce qui se passa alors du oôté de l'oeil droite cependant il parle confusément d'un strabisme interna qui se manifesta alors. Il conserve aujourd'hui une tache- étendue et ▼aaculaire dasegment externe de la cprnéey empiétant aurJe champ papUiaite^ et; km stuabisme inteineihien apparent de Tœil gauche. Peodaa(ile»mèis de septembre, il éprouva de fréquents étourdisser* menis €tide vialentes céphalées. En octobre, il eut des convulsion» épileptiiiMrmei avec spasme thoracique, hoquet, vomituritious ; ces accidentf «e répétèrent trois foi$ à huit jours d'intervalle; sans perte de connaissance. Quojque le malade ait pu peu s'observer pendant ces attaques, il semble bien que c'était surtout le côté droit du corps qui était convulsé. Ges phénomènes cérébraux se terminèrent ^par une hémiplégie très-complète du mouvement de toute la moitié droite^du corps. Le malade fut traité en ville par les antispasmodiques, lesipnr^ gatifs ci eni dernier lieu par la noix vomique. Les convulsions ne reparurent pas, la paralysie, toujours boniée aux mouvements, sem* bla s'amender, mais les bruissements 'étaient plus forts qu'au début. Le 12 novembre, le malade rentra à Saint-Antoine, dans le service de M. Bânard ; H était hémiplégique et fut soumis à Fiodure de potassium, à l'électricité et aux bains stimulants. Ge traitement amena une amélioration rapide et remit bientôt le malade sur pied. Il sui-
vit le traitement pendant six mois et sortit en bonne voie de guérison pour rentrer peu de temps après à l'hôpital Necker où l'on continua Tiodure de potassium, et où de plus on lui appliqua un séton à la nuque. Ce dernier remède parut héroïque au malade pour son bras droit qui était toujours resté faible et qui reprit rapidement de la force ; aujourd'hui il prétend soulever facilement un poids de 40 kilogrammes ; les bruits dans Toreille persistèrent, mais bien moins in** tenses; le malade quitta de lui-même Thôpital Necker pensant bftter sa guérison par les soins plus spéciaux qu'il trouverait à l'hôpital du Midi.
A son entrée il nous offre encore une hémiplégie incomplète, maii bien manifeste du côté droit. Tout ce côté est parfaitement sensible, mais est bien loin d'avoir une puissance musculaire complète; la jambe traîne à terre, se fléchit incomplètement dans la raarche/Ie bras se meut tout d'une pièce et ne peut être entièrement soulevé, les doigts et les orteils sont presque immobiles, les premiers fléchis en crochet dans la paume de la main; la face présente une déviation encore très-sensible, la paupière supérieure se meut cependant et découvre bien le globe oculaire. Quant à la vision, elle'>est encore un peu trouble, plus nette d'un seul œil que des deux ensemble; de plus de Tœil gauche, depuis sa tache de la cornée, il ne voit plus les objets situés en dehors du champ pupillaire. La paralysie de la cinquième paire persiste à gauche; elle se limite avec vhne merveilleuse netteté sur la ligne médiane; quoique généralisée à toute la face elle est surtout marquée aux points d'émergence des ûleis de la branche ophthalmique de Willis et du maxillaire supérieur. La conjonctive oculo-palpébrale est complètement insensible, et quand on Tient à piquer avec une épingle le globe oculaire gauche^ les paupières res-^ tent parfaitement écartées quoique ayant conservé leur mobilité entière. Cette paralysie paraît plutôt analgésique qu'aneslhésique; ainsi le malade sent trës-bien la pulpe du doigt dans des points où il est entièrement réfcactaire à la douleur. , „. . . j ; .
De l'intéressante filiation de symptômes que nous venoii$ de raconter, nous croyons qu'on peut conclure.: »
{"* Qu'il s'agit d'une. compression! lente^^ui d'aboird ««donné lieu à des douleurs névralgiques, puis à de la paralysie non croisée avec une sorte de diplopie incomplète, puis en augmenUpt dlntensité» à une hémiplégie croisée avec convulsions épilepti formes;
2° Que les parties comprimées ont été par rang de début : lesr rameaux crâniens de la cinquième paire, surtout les deux premières branches, i'ophlhalmique de Willis et le maxiiiaiie supérieur^ le nerf
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moteur externe et le pathé(ique,qui seuls peuvent nous expliquer les troubles visuels. IVaprès rinlégritë du mouvement de la paupière supérieure, le moteur oculaire commun paraît avoir été épargné. Le nerf acoustique semble aussi avoir subi un léger degré de compression, si Ton en Juge par les bruissements de Foreille, remontant aux premiers temps de la maladie; enân, le cerveau parait avoir été le dernière res^ntirles fâcheux effets de la compression.
Les effets morbides ont disparu et disparaîtront peu à peu, selon toute probabilité, en raison directe du temps qu'ils ont dure; ainsi proportionnellement, Thémiplégie a fait plus de progrès rétrogrades que la paralysie faciale, quisemible au contraire s^enraciner dé plus en plus, parce que la lésion des branches de la cinquième paire est plus ancienne, et a peut-être détruit sans retour les fonctions de ce nerf, ou bien les progrès de la guérison qui ont déjà débarrassé en partie le cerveau de la compression ne sont pas encore arrivés à en détruire les funestes effets sur les parties les plus rapprochées du nerf.
' b'après la marche et les lésions observées, il est facile de déterminer assez exacteniënt le siège de la cause de compression; elle doit, pour affecter à la fois les quatrième, cinquième, sixième et huitième paires crâniennes du côté gauche, siéger à la base du crâne, à gauche, à la réunion du sommet du rocher, deTapophyse basilaire et du corps du sphénoïde, aux alentours du trou déchiré antérieur. Les bruissements d'oreilles peuvent tenir simplement à un peu de compression de la carotide dans son trajet flexueux pour pénétrer dans le crâne. Ce siège nous explique aussi l'hémiplégie droite.
Quant à la nature de la tumeur qui cause la compression, les bons antécédents de parenté du malade, sa bonne santé antérieure, l'absefice de vice diathé^iquè antécédent, son âge, ses antécédents,' sinon tout à fait concluants, du moins très-suspects de syphilis constitutionnelle remontant environ à douze ou treize ans, syphilis très-incomplétenient soignée, le succès constant qu'a eu la médication iodurée jusqu'à œ <jour, toutes ces. considérations réunies rendent trèslégitime , ri4éç d'une tumeur syphilitique de la base du crâne, peut-être une exostose du rocher ou de Tapophyse basilaire.
Dès son entrée le malade est soumis à Tiodure de potassium, qu'on porte graduellement à la dose de 6 gr. par jour, sans accident. Pendant son séjour à l'hôpital il est tourmenté de violentes douleurs névralgiques de îa face, du côt^ gauche. De plus, vers la fin d*aoi!kt survient une otite assez intense avec gonflement, rougeur du conduit auditif externe. M. Ricord pensa alors qu'il y avait un travail de suppuration
dans les environs de la lésion crânienne. Des sangsues, de nombreui fésicatoireSj des caiaplasoies amenèrent du soulagement. Peu de temps après il s'établit par TovelMe un écoulemenlî puriforme peu abondant qui dura plusieurs jours et amena un grand aqaeBdeaBQiit. Dans le courant de septembre apparaissent des douleurs .névralgiques du côté droit de la face qui furent combattues par, des v^icatoires ; le traitement ioduré est toujours continué!) il ne fut suspendu qu'k la fin du mois, pendant qeelqiiei jours^ à cause 4'ttn peu d'embarras des voies digestives. .. . « .
. Le i*' octobre, le malade esi obligé de quitter l'iK^^talipouf affaives urgentes. Rentré le 4, il est soumis de nouyef^u au traitement ioduré et à de nouveaux vésicatoires sur la tempe droite et derrière l'oreille gaiicbe, pour combattre les douleur» de la lace.
Le 31 octobre^ ii deman^ de nouiveau sa sortie, et voici l'amâioration constatée dans son état depuis. soU: entrée. L'bémipl^ie est bien moindre; le malade marchait alors, mais en traînant la jambe; aujourd'hui il marche assez bien pour qu'une personne non prévenue ne s'aperçoive pas de son iufirmilé; le bras droft n'fi pas repris toutes ses fonctions; il est encore raide, se plie d/ffiçile^eint, et,^lêsf mouvements des doigts sont encore très-incomplets; le strabisme persiste au même degré ; Tanesthésie gauche a |)eaucou(^ diminué d'étendue et se trouve relfSguée dansiL^ environs de l'orbite;, la conjoncUve est toujours insensible, les douleurs névralgiques sont calmées, mais quoique moins intenses, elles existent aujourd'hui dc^ «deux côtés, et peut-être sont-elles plus fortes à droite qu'à gauche. Le malf^c constate lui-même une grande amélioration et promet de contini^ son traitemenjtrçhez \i}L (Observation inédite çomrifiuniquée par M. P^four.)
,^,|;</Obse^ation 204 est celle d'un malade que nous avons suivi pendant plusieurs mois, et chez lequel upus avon^,;yu paraître et disparaître la plupart des accidents. Nous avons i été témoins de cette amélioratioiitsufrpveDanle survenue sous^rinfluence des antrsjifphilttiques, et plus ^écialement sous celle dé l'iodure de potassiûni, amélioration qui a permis au tnalade de quitter rhôpital se croyant guéri. C'est à ce mometit icii^e M.'Bâudot a puèiï publier rôbsérvation et la citer confifaé un bélëicerriple d'aSfection nerveuse syphilitique guérie par leç spécifiques. M. Héra];d, cependant, était loin de partager cette sécurité, et à plusieqrs reprises il manifesta ses craintes à Tégard de ce ndalade, se basant sur la persistance des signes ijtvUquant une lé^n
matérielle de l'enveloppe osseuse du cerveau et consistant en un empâtement de la région latérale du cou^ une déviation du voile du palais^ une tunleur pâteuse^ indolente de la voûte palatine^ et enfin sur Texistence d'un écoulement sanguin par le conduit auditif externe du côté droit. L'événement vint promptement confirmer ces fâcheuses prévisions, A peine deux mois après sa prétendue guérison, après la disparition de tous les symptômes fonctionnels^ cet homme succombait rapidement avec des symptômes non douteux de compression cérébrale. L'autopsie fit reconnaître l'existence d'une tumeur énorme qui avait bien pu momentanément subir un mouvement de retrait sous l'influence des spécifiques , mais qui^ dès la cessation du traitement^ avait repris un accroissement assez marqué pour amener une compression mortelle du centre encéphalique. Il est assez étrange que cette nouvelle compression, quoique portant également sur les nerfs crâniens^ n'ait pas reproduit la paralysie de ces branches nerveuses^ observée précédemment. Quoi qu'il en soit, il ressort de ce fait un enseignement que nous avons déjà signalé et qui ne doit pas être perdu pour nous^ c'est que l'on risquerait fort de se tromper^ si de la disparition des symptômes fonctionnels on concluait toujours à la disparition des lésions organiques. L'examen microscopique de cette tumeur^ fait par H. Robin^ nous la montre comme une tumeur gommeuse type. Nous reproduisons la note de M. Robin ; on y trouvera la confirmation de ce que nous avons avancé en parlant de l'anatoniie pathologique des lésions syphilitiques. La mort, dans ce cas^ est due à la seule compression cérébrale, sans travail inflammatoire ultime.
Observation 204. — Tumeur gommeuse du corps du sphénoïde; troubles nerveux multiples ; iodure de potassium ; amélioration ; coma. Mort, G...^ 61 ans, concierge^ a eu un chancre à l'âge de 18. ans. U y a un an^ céphalalgie très-vive occupant surtout la région temporooccipilale droite, qui dura un mois ; pendant qç temps, le malade était absorbé; rouie devint un pe^u ^ure. Trois mois après, nouvelle céphalalgie occupant le côté gauche; elle était très-violente ; le malade en était, dit-il, comme fou et toujours lourd et absorbé. 11 resta six mois alité; peu à peu les jambes faiblirent et le malade ne put plut
marcher. 11 y avait strabisme divergent, diplopie et paralysie du voile du palais; la sensibilité générale était intacte; la miction et la défécation régulières. Le malade fut soumis pendant un temps très-court àriodurc de potassium, puis on lui appliqua des cautères. Les accidents s'amendèrent, puis cessèrent tout à fait, mais dès le lendemain le malade s'aperçut qu'il ne voyait plus; il y avait paralysie des deux paupières supérieures. C'est alors qu'il entra dans le service de M. Hé* rard. A ce moment^ chute complète dès deux paupières supérieures^ strabisnf)e divergent très-prononcé, dilatation et immobilité des deux pupilles, surdité de l'ot^ille droite, grande faiblesse des membres Inférieurs^ sensibilité générale intacte excepté dans l'aile droite du nez et les portîQns voisines de la joue et de la lèvre supérieure. A gauche, derrière Tangle de la mâchoire et un peu,aQ-c(esaous, tumeur (Jure de la grosseur d'im œuf de dinde, non adhérente à la peau, peu mobile, paraissant formée de plu^sieurs lobes^ faisant saillie dans le pharynx où elle repousse en avant et à droite le pilier postérieur du voile du palais; cette tumeur est peu douloureuse à la pression; sur la ligne médiane de la voûte palatine, rougeur circonscrite, légèrement saillante, peu douloureuse. Embarras de la parole; intelligence intacte, sommeil bon. (lodure de potassium 50centigr. à 2 gr.} Au bout de huit jours la paralysie de la troisième paire s'est considérablement amendée^ d'abord à gauche, puis à droite; les autres symptômes s'amendent h leur tour ; la tumeur au-dessousded'oreille gauche dimiiMie .considérablement; quelques joms après^ léger écoulement sanguinolent par l'oreille droite précédé de douleurs vives ; cet écoulement persistait encore lorsque le malade quitta l'hôpital^ le 5 novembre 1858, ne présentant plus aucun symptôme de paralysie.
Du 5 novembre au 21 janvier, on peut constater plusieurs fois que Famélioràtion s'est soutenue.
Le ti janvier survient de l'abattement ; le 2!î coma qui devient toujours plus complet ; le 25 le malade rentre à l'hôpital Lariboisière. Etat comateux, résolution complète des membres, sensibilité cutanée partout conservée^ pas de paralysie des nerfs de l'œil. Mort dans la. soirée sans signe d'inflammation du cerveau ni des méninges. Autôpsie : Congestion générale des méninges; masse encéphalique sou> levée; développement énorme du corps du sphénoïde, dont les surfaces sont déformées; selle turcique convexe; anfracluosités effacées. Au toucher, le sphénoïde est mpu^ comme flucluant. Une coupe médiane antéro-postérieure, pratiquée sur le crâne et la face^ fidt reconnaître que le corps du sphénoïde^ la moitié postérieure du maxillaire supérieur et les os palatins ont perdu leur consistance
osseuse et sont remplacés par une tumeur d*un gris jaunâtre, avec quelques points ramollis. Cette tumeur s'étend en bas jusqu'à la voûte palatine où elle constitue la bosselure observée pendant la vie. Les nerfe de la troisième^ quatrième^ cinquième, sixième, septième et huitième paires sont comprimés par la tumeur; on n'y constate du reste qu'un peu d*injection du névrilème. L'examen microscopique que M. Robin voulut bien faire de cette tumeur lui donna les résultats suivants : le tissu de la tumeur est généralement grisâtre, demitransparent^ ayant par places une teinte blanchâtre; il offre à peu près la consistance et la friabilité du foie. Il était composé : 1® d'une matière amorphe^ transparente* grisâtre et uniformément granuleuse, parcourue par places de fibres de tissu lamineux, accompagnées quelquefois de quelques corps fusiformes, fibroplastiques ; 2® dans les parties blanchâtres cette matière amorphe était parsemée de granulations >graisseuses et de quelques gouttes d'huile; 3^ de cytoblastions représentant les quatre cinquièmes de la masse; 4® de quelques rares éléments embryoplastiques de forme ovoïde et allongée; et ^ de quelques leucocytes (globules du pus). M. Robin conclut de cet exanien que cette tumeur peut être considérée comme une tumeur gommeuse type. (Ë. Baudot^ Union méd,, 1859, p. 115, et Yan Oordt, Thèses de Ptor*, 1859.) •
' Des désordres anatpmo - pathologiques très-analoguei^ ont été rencontrés par M. Boys.de Loury, dans le cas remarquable qu'il a bien voulu nous communiquer, mais dont nous ne donnonsici que Tabrégé^ Tobservation détaillée ayant été récemment publiée par son auteur (1). Dans ce cas encore, la lésion paraît être une tumeur gotnmeuse développée dans Tépaisseur des os du crâne et de la face; les symptdmes nerveux portent à la fois sur le centre encéphalique, puis sur la plupart des nerfs crâniens^ en particulier sur les première^ deuxième, troisième^ ciiigui^nie, septième et huitième paires; d'où douleurs crâniennes Ôévralgiformes^ torpeur, troubles de la vue, de l'odorat, ptosis, surdité) paralysie faciale, coma et mort. Nous regrettons que les désordres anatomiques ne soient pas décrits d'une manière plus précise. .
Observatiotc 205. — Tumeur gommeuse du coronal; troubles nerveux (1) Gaz, hebdom,t 18^> P* 6B2.
378 DEUXIÈUE PARTIE. — AFFECTIONS NERYSDSKS INDIRECTES.
multiples. — Madame P...» ftgëe de 48 ans, personne d*ane grande intelligence^ s^ccupant de travaux littérairesi>*lnni' ne oonsulteS' en 1842 pour des douleurs de tête |Mresque xcmtimidle^ prétfentant«ine exacerbatioD très-cnarquée le soir^ augmenlaut pendant la nuit et rendant toute occupation impossible. Outre ttn> sentiment 4e téiékia^ tion, la malade éprouvait celui d'un poids oonlprimanl le«cttrveau< lui enlevant toute puissance de réflexion. Mariée fort jeune 4 un ancien marin^ madame Fj.i avait éprouvé à plusieurs reprises des symptômes syphilitiqueéqu*elle ne sait pas définir. iD^puis 4a mortrde'Soo mari, surrenueiL y a quatre ans, elle a été affeetée de-sypbilîde:||én nérale qni fut traitée par le mercure ; peu de temps après survînxeot des fk)uleursdans les jambes et dans les bras^avee ezacerbatioM- noc» turnes) qu'où prit pour du rhumatisme, confusion d*^tant plus fadl^ qu'il n'existait aucune trace d'exostose. Peu après éclatèrent les àov^ leurs de tête qui fu^-ent prises pour unts névralgie «t revenaient* par accès. SuUàte de quinine, vësicatoires^ ^SA^tispasmodiques sous toutes les formesirestèrent sans effel. \^ . • ...u.
Ne doutant pas de la natui^ syphilitique de ces syfnptônQes^ je soumis la malade à Tiodure de< potassium (2 gr. par jour),; les douleun parurent se suspendre pendant quelque temps, jpluis revinrent plus vives, suivies d'un état de torpeur et d'engourdissement général. En même temps le front de la malade parut plus proéminent au milieu, et sembla s'élever plus haut que les parties latérales du crftùë;^ les ^eux s*écartèrent et devinrent plus saillants. Cette difformité, à peilie visible d'abord, était très^marquée au bout de quatre mois. Bientôt la vue devint trpuhle, l'ouïe obtuse en mtoie tenips queroAt>rat>sei^psrT dait. Aux douceurs viyes avait succédé une longue piério4ei.4'W!^ comateux; la sensation dont la malade rendait compte était cell^d'uo corps loqrd qui çpeloppjBiii toute sa tête. Blandin, Bérpt j^une, Amussat, qui la virent avec moi, partagèrent mon diagnostic d'affection vénérienne avec exostoses péricrâniiennes s'étendant peutêtre à la base du crànè. ï^ou^ insistâmes sur remploi des antisyjpi^Aitiques les plus énergiques, malgré le peu d*espoir que nous cùûsé^ vions. La marche progressive de cette afifection ne fut enrayée par aucun médicament, et en avril 1844, un moisavant la mort de la malade, la déformation de la tête avait pris des proportions effrayantes : une tumeur énorme, présentant des anfractuosités, s'élevait en ligne droite au-dessus du nez, dominant de quatre centimètres la partie supérieure des pariétaux. Cette tumeur médiane était flanquée de chaque côté de deux autres tumeurs partant de l'arcade sourcilière, séparées de celle du milieu par une scissure profonde montant au-dessus des tempes et s*é-
tendant jusqu'au niveau de la partie supérieure de l'oreille. Les yeux étaient projetés hors de Torbite; récartement entre l'angle interne des yeux était de sii centimètres; une tumeur développée sur Tos unguis s'étendait sur les parties latérales du nez et descendait plus bas que les narines; les paupières supérieures étaient paralysées et recouvraient constamqaent les globes oculaires. Bref,raspect général, presque indescriptible,'de cette figure était effrayant; elle avait perdu toute expression^ même celle de la douleur ; les traits avaient une immobilité absolue (paralysie faciale?). La surdité était complète. Et cependant rintelligence se conserva intacte jusqu'à la mort > qui arriva le 28 mai iSi^. Autopsie : La tête est séparée en deux par un trait de scfè sur la ligne médiane. Toute la tumeur qui occupe les parttes antérieure et supérieure du crâne est formée par Tos coronal et la partie antérieure des pariétaux. Au sommet les os ont Ténorme épaisseur de six centimètres; au-dessus des sourcils cette épaisseur est de trois centimètres» et va en diminuant en avant et en anière; les os de la partie postérieure du crâne ont conservé leurs diniensions et leur texture normales. Cet énorme développement des os provient de Técartèment de leurs deux tables et de la transformation subie par la substance médullaire. Qu'on se figure les petites cellules de ces os vues au microscope et ayant jusqu'à un centimètre de diamètre; les unes arrondies^ la plupart ovoïdes ; chaque cellule est séparée de sa voisine par une enveloppe assez résistante pour qu'en la coupant on éprouve la sensation d'une lame osseuse. Toutes ces cellules sont infiltrées d'une substance molle, jaunâtre, qui les remplit entièrement ; dkm quelques points cette substance est plus dure et comme cartilagineuse, ^jette dégénérescence a envahi tout le coronal, une partie^ des pariétaux^ la portion écailleuse du temporal, les os du nez, rethçnoïde et le coieps du sphénoïde. Cett0 augmentation de volume des os du crâne est produite tant aux dépens de la capacité de la boîte osseuse que.de dedans en dehors : la cavité crânienne est considérablement dimmuée d'étendue et le cerveau se trouve eomprimé; ses circonvolutions sont aplaties» ce qui rend compte des accidents dbsei'Srés pendant la vie^ de la douleur primitive» de la sensation de pesanteur accusée par la malade et de la perle successive des sens. (Bots db LoÛbt, loi, cU,)
Nous plaçons à côté de cette observation celle que cite Lallemand» d'un épaississement du péricràne ayant produit des symptômes de méningite et une mort subite. A Tautopsie» on con-
State un épaississement cartilagineux de la dure-mère occipitale et rachidienne^ de Tinduration et du ramollissement du cervelet. C'est par le trou occipital que la maladie externe s'est propagée aux enveloppes internes des centres nerveux. Lallemand explique anatomiquement les lésions fonctionnelles^ observées dans ce caS:, par une action morbide portant sur les nerfs pneumogastriques.
Observation 206. -^ Épaississement cartilagineux de la dure-mère, induration et ramollissement du cervelet; céphalalgie, engourdissement. Mort subite. Officier de 27 ans, ayant depuis longtemps un léger épaississement du péricrâne, des nausées constantes, de fréquents vomissements, de la céphalée et un malaise général, se plaignit d'un engourdissement de tout le côté droit du corps. Cinq semaines après il mourut subitement dans la nuit. Autopsie: Dure-mère recouvrant le cervelet à sa partie postérieure et inférieure, épaisse et càrtil^neuse ; altération s'étendant considérablement dans la substance du cervelet ; d'autres parties de cet organe sont ramollis ; méninges de la moelle épinière épaisses et dures. (Lallemand, Lettres sur Vencéphale. Lett, 6, n» 6.)
Une observation que nous trouvons dans les Bulletins de la Société anatomique, présente un genre de lésion assez rare : c'est une exsudation osseuse déposée entre le crâne et la duremère et ayant exercé une compression sur tout Tencéphale; d'où obtusion des facultés intellectuelles, surdité, lenteur dans la parole; les os et la dure-mère avaient supporté ce corps étranger sans réagir contre lui et ne présentaient aucune lésion.
Observation 207. — Couche osseuse . entré la dure-mère et le crâne ; aliénation mentale. Une femme atteinte de syphilis pendant sa grossesse vint accoucher à la maison de santé. A son entrée, facultés intellectuelles obtuses, grande difficulté à entendre, réponses lentes ; pustules syphilitiques en voie de desquamation sur les joues. Mort par phlébite utérine. Autopsie : Entre la dure-mère et les parois du cran e,couche osseuse occupant toute la voûte et en ayantla forme, trèsadhérente aux os au sinciput, davantage à la dure-mère dans la région frontale; assez mince pour être flexible, elle semble le résultat de Taccolement d'une foule de petites granulations osseuses. Dure-
mère et crâne parfaitement sains. (Monod, Bull, de la Soc. unati 482g. p». 92.) -
Dans Tobservation suivante, prise dans le service de M. Rayer^ à la Charité, on trouve, à l'autopsie, dans la fosse du rocher droite une tumeur adhérant fortement à l'os, lardacée^ évidemment formée de, lymphe plastique^ en tout analogue à une gomme ; de plus des traces (l'inflammation chronique dans les méninjges dé ITiémJsphère' droit, qui sont elïes-mémes terdàcées, adhérentes entre elles ici avec le cerveau^ La partie osseuse sur laquelle reposait la «^tumeur était rugueuse et dénu^éQ. Comi;ne symptôrt^es fonctionnel^ on avait vu survenir successivement de la cépba* lée^ de^ vertiges, de la faiblesse dans les membres, une surdité de ToÏpeiUe droite; avant la mort, des convulsions épileptH ques tfès-intenses et le coma. « La conclusion que M. Rnyer a* tirée de ces lésions anatomiques, » ajoute M. Rognetta, « c'est que tout ce travail se rattachait à l'action sourde de la syphilis tertiaire, et que si le malade eût recouru plus tôt aux ressources de ï^ârt, laguérison eût été possible... Dans ce cas, la nature de l'affectipii cérébrale, de la surdité, de la faiblesse paralytique étiMit dévoilée, ou du moins rendue très-probable, par les phénoraèneç .extérieurs de la syphilis. Dans un autre cas, ce fut une petite érosion du frontal qui mit M. Rayer sur la voie du véri*^ table diagnostic ; dans un autre encore, des ulcères à fond spécial sur les membres, etc.. »
Observation 208. — Méningite chronique, tumeur ' gommeuse dut rocher. Paralysie, Convulsions épilepti formes. Homme • de 40 ans, ro« buste, jatieint d'ulcères au palais, d'ozène syphilitique, de douleurs ostéocopes dans la tête et les extrémités, de vertiges, de faiblesse! dans les membres et de surdité du côté droit, entré danâ le service de H. Jlayer en décembre 1847, est pris au bout de quelques jours de convulsions ëpiieptiformes des plus graves, de réaction fébrile et mqurt dans le coma. Autopsie : Traces d'inflammation chronique dans les membranes de l'hémisphère droit, qui sont lardacées, adhérentes entre elles et le cerveau, principalement vers la base. Dans la fosse du rocher à droite existe une tumeur du volume d'un œuf de pigeon, adhérant fortement à Tus, lardacée, évidemment formée de lymphe plastique et en tout analogue à une gomme. Cerveau ramolli dans
tous les points où existent les adhérences ;: pas de caillot apoplectique. La partie osseuse sur laquelle reposait la tumeur étAk dénudée et rugueuse. (Rayer, Ann, de thérap. 1847. t.V, p. 338.)
Obseiymiok f.09.'-' Altération des os du orâm, paehymémngit9yifi^ duration et^tamolUssement du cerveau. Céphqlée, aUaques ^lef^ formes. VLomïï^^ de 50 ans^ de forte copstitutiojs^ ^yanteu plifj^ei^ accès d'épllepsie, dit n'avQ^r, depuis trente ans, jamais été exèm^ d'accidents vénériens; il a subi plusieurs traitemepts mercorielt. Il accuse de fréquentes douleurs de tôte, 'surtout" ve^ la partie moyenne et inférieure du coronal où existe un peu d'intoinesceiice' avec quelques inégalités. Ces douleurs ont souvent précédé les aet^ d'épilepsie; elles sont plus fréquentes la nuit que le jMri (IfèKu* riaux et antispasmodiques y valériane, etc.) Amélioiration pendant deux mois, puis recrudescence de tous l«s;BytBptôaiel^4iMuoeès.de tous tes traitements; mort, iiulopste : £carteman.t iPOBSk)érabiedes deux lames du coronal; Texterne est inégftle, raboteuse, Fioterne est d^etée dans l'intérieur du crâne; substance oss^e,tr^^-cassante; épanchement de matières noirâtres muqueuses sur la lame criblée de Tethmoîde; dure-mère épaisse, d'un rouge obscur & la partie aatérieure ; hémisphère droit du cerveau comme enflamnâé ; sa mbstance, surtout la médullaire, plus molle et plus blanche par plabes, dans d*autres endroits plus endurcie ; corps cannelé droit plus ^ros que le gauche, ramolli; méningite des ventricules. (Portal, loe, cit.)
Observation 210. — Carie des os du crâne. Lésion cérébrale. Troubles nerveux multiples, mort. J. Huald, 22 ans, ayant quelques signes caractéristiques de syphilis, se plaint de douleurs violentes à Uitête et perd la vue; au bout de quelque temps il recouvre la vue, maïs les douleurs de tête persistent et deviennent si violentes qu'à la fin le malade succombe dans.lesi convulsion&j Une année •«[vantsi mort ses pieds s'étaient fléchis et retirés sur eux-noèmes; ces symptômes avaient cédé aux frictions mercurielles. Autopsie :Aoûè8dani les corps mamiUaires, pouvant être pris poui* des mélicéris quoique aj^ prochant du squirrhe. Os frontal carié et perforé, présentant un trou de la dimension d'une pièce de trois deniers ; la carie s'étend aux temporaux et à l'éthmoide. ( Bau^lou, Opéra omnia paradigm. Obs. 7, p. 525.)
L'observation de Horgagni, si souvent citée, si souvent repro-
duite^ est considérée par Portai comme un fait d^épilepsie idiopadûque. Nous ne pouvons partager cette manière de^voir. Épîtopsier goounes fcontales^dont l'une se ramollit, assoupissement; tels sont les principaux symptômes observés pendant la vie; membranes cartilagineuses remplaçant les méninges^ perforation de la! partie du crftne correspondant à cette lésion^ induration dtt cerveau sous-jacent^ abcès dans l'autre hémisphère, tels sont les 4ésoi*dres constatera Tautopsie. Évidemment le ramollissement elrTabcès du cerveau sont > des lésions de formation ré-* cent^^qwQorDespondent aux derniers temps de la vie. La mort a été lô résultat d'une méningo-encéphalite> comme dans un grand nombre des/ cas que nous avons déjà rencontrés. Mais ce qui^ dan» les résultats d^^ cette lautop^e^ nous paraît surtout intéres- 99XA, c'est ique du côté droit du crâne nous voyons^ en voie de f<Nra)ati<Hi> le^ désoïKlres» qui sont complètement consonunés à gauche; en ce point où existait encore la tumeur gomn|eu8e«..la carie n'avait pas encore porté sur toute l'épaisseur de l'os^ et la table interne était encore intacte; nul doute que si l'affection edt.divsi plus longtemps^ les mêmes lésions^ constatées à gauche^ ne se fussent répétées à droite.
■ 'j • . .-, Obseryatiom 211. — Perforfiiion du crâne, altérations méningi^n-
nés et cérébrales ; attaques épïlepti formes, coma, mort, — Une femme portant à la partie supérieure du ^font deux gommes syphilitiques et af anft des attaqties d'épiîe|p6ie, prit du mercure jusqu'à salivation. La gomme de droite persista; celle de gauche fut remplacée par une saillie polsative.'Sans aucune paralysie cette femme fut prise d'une espèce d^assoopissement^ parla rarement et moumt en octobre ilU9. Autopsie: La sailûe du frontal était couverte par une membraneëpaisse comme du carton, mais molle^ tenant lieu des deux méninges, car au-dessous était la substance corticale du cerveau qui, jusqu'à la substance médullaire, était dure comme du foie. Le reste de Thémisphère gauche, à Texception de la partie postérieure, était plus molle que d'ordinaire. Dans ce même hémisphère il y avait une cavité du volume d'une petite noix, circonscrite par des parois livides éitrès^olîes, contenant une humeur noirftlre, infecte, et de la sérosité où nageaient des filaments. A cette saillie correspondait, dans le crâne, un trou elliptique. Dans la tumeur droite du frontal Férosion n'avait pas atteint la face interne ; en un endroit on trouvait intérieurement une membrane
384 DBCXIÈME PARTIE. — AFFECTIONS NERYBDSES INDIRECTES.
épaisse. (Mobgagm, Siège et causes des maladies, 9** letlrcy u'* 25.)
Dans les trois observations suivantes, que nous empruntons à Lallemand, nous. voyons des caries osseuses plus ou nioins étendues^ ayant le«r point de départ- soit dans le périoste^ soit dans ro6 lui-même. Dans la première^ comme le fait remiu*qaer Lallemand^ l'inflammation parait s'être étendue du périoste à la dure^mère à travers les sutures. Quant au^c symptômes nerveux, nous trouvons^ dans tous èes cas^ une marche assez prompte et des symptômes qui^ dès le début, ont indiqué une infianMi^ tion des méninges et de l'encéphale^ vérifiée par l'autépisie^ lei tout le rôle de la syphilis s'est borné à caiîer les ô^ ou à attaquer le périoste^ et les symptômes cérébraux, de mêtné que les lésiods trouvées à l'autopsie dans les centres nerveux, n^ont Tien de spécial. Ce sont des encéphalites ou des méningite en tefot semblables à celles que produit une lésion simple des os dd crâne. On comprend donc la très-grande différence quenduâ établissons entre ces faits et ceux que nous avons étudiés sbos le nom de syphilis cérébrale. ■
Nous en dirons autant de l'observation empruntée à J. Franck. Ce fut, dans ce cas, une cause mécanique, la séparation d'une lame osseuse du crâne qui provoqua l'inflammation de la duremère et produisit consécutivement une encéphalite mortelle.
Dans l'observation de Duhamel, l'affection débuta par les fosses nasales; les os du nez, les palatins, les niaxilla\res supérieurs, le vomer, l'ethmoïde se carièrent, d'où la céphalée^ devenue gravative; puis l'inflammation ayant gagné les centres nerveux et leurs enveloppes, la mort survint subitement au mih lieu de convulsions; la méningite et Je ramollissement du ccn veau, constatés à l'aulopsie, étaient donc encore ici de date récente. ...
Tâcheron {Revh, anat, pùth. surlaméd, prai., t. IH, p. 379 et 384) rapporte deux observations semblables, tant par la cause première et les symptômes que par les traitements mis en U3age et les altérations pathologiques trouvées aprè^ la mort. ,
Observation 212. — Périostose^ carie du crâne, méningite, foyer d* encéphalite^ symptômes nerveux multiples, Evrillard, matelot, 24 ans, de constitution peu robuste, a fait plusieurs traitements mercuriels
pour un bubon ulcéré. Il entre à Thôpilal pour une plaie irrégulière de Taine. Regard vague^ réponses décousues^ mémoire affaiblie ; à la suite d'un bain^ délire, hébétude^ douleurs dans le cou, dans la tête et dans les membres^ paraplégie. Les symptômes vont en augmentant. Le malade meurt le quinzième jour dans le coma. Autopsie : k Teitérieur du crâne, du côté droit de la suture fronto-pariétaie, tumeur du volume d'une petite noix, contenant un pus verdâtre ^ épais ; os dépouillé de son périoste et rugueux à sa surface. Au niveau de cette inflammation extérieure, dure-mère ramollie, jaunâtre, séparée de Tos par une mince couche de pus ; face cérébrale de la duremère également tapissée par une matière purulente, adhérant au feuillet arachnoîdien ; au-dessous , substance cérébrale ramollie^ jaunâtre^ verdâtre. Trois abcès dans les hémisphères; abcès dans le foie. (Lallemand, /oc. cit., Lettre 7% n° 1.)
Observation 213. — Carie des os du crâne, désorganisation de la dure-mère, abcès du cerveau, convulsions, hémiplégie. Chevreau eut à 17 ans des chancres qui disparurent par un traitement local peu méthodique. 14 ans après, ulcération palatine traitée par des gargarismes simples; peu de temps après, destruction de la cloison des fosses nasales, d'une grande partie du nez, de la joue et de la lèvre supérieure. Entré aux Vénériens le 29 mars 1816 (il avait alors 33 ans), il fut mis à l'emploi du sublimé corrosif. Le 7 octobre (l'ulcère est cicatrisé depuis quelques jours), maux d'estomac^ gêne respiratoire, fièvre, humeur sombre et triste ; le malade accuse de la pesanteur de tête^ des étourdissements, il répond à peine ; on suspend le traite* ment. Le 18, vomissements; le 21, assoupissement profond, perte complète de connaissance» mouvements convulsifs dans le côté droit du corps, hémiplégie gauche, immobilité des ^eux^ trismus, stertor. Malgré un traitement antiphlogistique, le malade succombe le 23. Autopsie: A la face inférieure du lobe droit du cerveau, abcès paraissant communiquer avec la fosse nasale correspondante, par la lame criblée de Tethmoïde; coronal du même côté carie mais non perforé, dure-mère séparée de l'os, désorganisée et comme putréûée. (Guérin, dans Lallemand, loc, cit», Lettre 3^» n^ 17.)
Observation 214. — Carie de l'os occipital, épanchement ventriculaire, induration cartilagineuse du cervelet, céphalalgie, surdité, paralysie. Une dame de 47 ans éprouvait des douleurs de tête aiguës^ une surdité passagère avec tintements d'oreilles et congestion vers les yeux depuis plusieurs années. Depuis quelque temps ces douleurs re* Tiennent périodiquement de 4 heures du soir à 3 heures du matin, lais
sant après elles de la stupeur. Insuccès de toutes les médications; la compression seule procure du soulagement. Les douleurs deviennent continues; il survient de rembarras de la langue^ de la fixité des yeux, de Tanesthésie de la face, >ine hémiplégie droite^ et quelques jours après la malade meurt. Autopsie: 120 grammes de sérosité dans les ventricules ; à mesure qu'on coupe le cervelet couche par couche^ on le trouve toujours plus dur; en approchant des pédoncules^ sa substance est comme cartilagineuse. Carie de l'os occipital. (Gastellier^ Journal de Corvisart^ t. XXXIII^ p. 17.)
Observation 215. — Carie du pariétal ; inflammation de la duremère; céphalée; convulsions; apoplexie. Mort, J'entrepris le traitement par le mercure d'un habitant de Wilna, affecté de céphalée syphilitique et de carie soupçonnée du crâne ; la chose semblait marcher parfaitement^ quand^ tout à coup^ des convulsions, et d'autres symptômes, tenant le milieu entre l'encéphalite et l'apoplexie, apparurent et furent bientôt suivis de mort. A l'autopsie, on trouva une carie du pariétal gauche et une lame osseuse séparée de cet os reposant sur la dure-mère enflammée. (J. Franck, loc, ctï., t. Il, p. 496, jioten"^ 12.)
Observation 216. — Carie des os de la face et du crâne, méningite ^ granulations osseuses de la dure-mère , ramollissement du cerveau y convulsions, mort subite. X., 35 ans, a éprouvé à plusieurs reprises des symptômes syphilitiques. Depuis un an, douleurs dans les fosses nasales, écoulement de sang et de pus par les narines, entraînant des portions d'os nécrosés, céphalalgie violente, gravative, continuelle; amélioration momentanée sous l'influence des préparations mercuricUes et auriques associées. Mort subite après quelques mouvements conviilslfs. Autopsie: Carie et destruction de plusieurs os de la face et de Téthmoïde; dans le voisinage de l'apophyse crista-galli, dure-mère fortement adhérente ; près de l'orbite, elle est épaissie et recouverte de granulations osseuses. Arachnoïde adhérente à la duremère et notablement épaissie. Parties correspondantes du cerveau ramollies, jaunâtres, jusqu'à une profondeur de deux centimètres. (Duhamel, Journ, des Conn.méd» chir. 1833 à 36.)
Observation 2{1. -^Destruction de V occipital, tumeur et ramollissement du cervelet, troubles nerveux multiples, mort subite.^^ Fille de 30 ans, traitée précédemment pour une affection vénérienne, entrée à l'hôpital le 12 septembre 1856, ressent depuis 9 mois des douleurs de tête très-fortes, sans exacerbations nocturnes; depuis 3 mois
sa vue est tellement afifaiblie qu'elle a de la peine à se conduire; Teiamen des yeux, n'apprend rien^ les pupilles sont mobiles. {lodure de potassium pendant trois semaines, 2 grammes par jour). Du côté droit de la région occipitale^ tumeur fluctuante du volume d'une noix^ douloureuse à la pression, datant de plusieurs mois et qui s'ouvrit spontanément, laissant à découvert une cavité assez profonde que tapissait une membrane épaisse, blanche. Le 6 octobre^ céphalalgie plus vive^ vomissement bilieux; mort subite le i2. Autopsie : membranes cérébrales normales^ substance cérébrale plus consistante qu'à l'état noroial^ ventricules distendus par de la sérosité^ hémisphère droit du cervelet ramolli^ offrant à sa partie centrale une cavité remplie par une tumeur du volume d'une noix, adhérant à la dure-mère et baignant dans le pus. Occipital érodé , table interne détruite dans quelques points.(FLEURT,de Clermont, Monit, des hôptt., 1856, p. 1026.)
Observation 218*. — Névralgie tri faciale, iodurede potassium, guérison prompte. Attaques convulsives épileptiformes, coma, mort. Carie durocher. S., grenadier, âgé de 39 ans, entre à l'hôpital du Gros-Caillou (service de M. Worms) le 24 juin 1859. C'est un homme d'une constitution moyenne, assez fatigué par le service militaire ; faciès pâle^ amaigri, alopécie incomplète. Il se plaint d'une douleur de tête violente siégeant à gauche, au-dessus de Toreille et s'îrradiant dans le front, la joue et le menton du même côté. Il a eu cette douleur à plusieurs reprises depuis cinq à six mois, mais depuis dix jours elle est revenue avec une intensité nouvelle. Les accès sont irrégulièrement intermittents; il ne se passe pas de jour sans qu'il souffre horriblement pendant deux ou trois heures. Le caractère de la douleur est lancinant ; l'œil ne devient pas rouge. Pendant toute la durée de l'accès le malade bégaie en parlant et quelquefois il lui est impossible d'articuler les mots. La pression du temporal au-dessus du pavillon de l'oreille et sur les émergences des nerfs sus-orbi taire, sus-maxillaire et scus -maxillaire est douloureuse. Pas de paralysie ni delà face, ni de la langue; il n'existe aucune tumeur appréciable à la face externe du crâne. Ou administre inutilement pendant quinze joui*s le sulfate de quinine, puis l'oxyde de zinc. Il est certain que le malade a eu un chancre il y a un an, et qu'il en avait déjà eu d'autres précédemment, mais la filiation des autres accidents n'a pas été suivie. Actuellement il n'existe ni ulcérations à la gorge, ni taches, ni tumeurs sur le corps.
A partir du 8 juillet, on prescrit l'iodure de potassium à la dose de 1 gr. à i>',50 par jour et on établit le diagnostic : altération osseuse
compromettant Tintégritédu ganglion deGasser. Dès le surlendemain^ il y a diminution marquée dans les douleurs faciales; au bout de dix jours elles sont complètement dissipées. Ou conserte encore quelque temps le malade dans le service pour le mettre à Tabri d'une rechute en lui continuant Tiodurede potassium jusqu'au 30 juillet.
Le 21 septembre au soir^ le malade est rapporté à Thôpital; il a été subitement pris d'attaques convulsives à la caserne. On ne sait si la névralgie avait reparu.
Le 22 au matin^ on constate l'état suivant : perte absolue de connaissance, pas de paralysie de la face; raideur du bras et de la jambe droits; la main et le pied sont contractures; insensibilité complète. Attaques épileptiformes se succédant de quart d'heure en quart d'heure. Cet état dure deux jours; un traitement révulsif énergique est impuissant à ramener un seul instant la connaissance.
Les 24, 25 et 26 septembre, coma profond ; les convulsions ont cessé, la rigidité des muscles du bras et de la jambe droits persiste, et le malade succombe.
Autopsie : Persistance de la rigidité et de Tadduction des extrémités droites; pas de congestion des vaisseaux cérébraux, pas d'injection superûcielle du tissu cérébral. Toute la portion des méninges qui tapisse le temporal gauche et le rocher est épaissie, rouge et recouverte de pus en dehors et en dedans; la portion de Thémisphère gauche correspondant à la portion malade des enveloppes est recouverte de pus, ramollie, réduite en bouillie dans sa masse jusqu'à trois centimètres de profondeur. Le ganglion de Gasser est compris dans une masse épaissie et purulente de la dure-mcre crânienne; à Fœil nu il ne paraît pas altéré, mais il est comprimé. Toute la portion osseuse du temporal correspondant à la base du rocher est épaissie, celle-ci est cariée et remplie de pus et de détritus osseux. (Observation inédite communiquée par M. J. Worms.)
Les lésions des os du crâne sont-elles donc constamment mortelles, dès qu'il survient une complication du côté des centres nerveux? On serait tenté de le croire, si Fon en jugeait par les observations qui précèdent; mais nous possédons un certain nombre de faits dont l'issue n'a pas été aussi funeste, lors même que les symptômes observés et la constatation directe de lésions osseuses devaient faire admettre le même rapport de cause à effet entre ces lésions osseuses et les symptômes nerveux, que dans les observations précédentes. Ajoutons, toutefois, que,
dans ces cas^ il est impossible de fixer jusquVù a été ^altération nerveuse.
Citons en premier lieu une observation de B. Beli où Tépilepsie et la manie coïncidaient avec une carie du pariétal, puis une observation de J. Franck ayant avec celle-ci beaucoup d'analogie. Enfin deux observations très-courtes de Vidus Yidius Junior, et d'Amatus Lusitanus^ dans lesquelles Tépilepsie guérit par la cautérisation de la partie cariée du crâne et par Inapplication du trépan. Cette dernière pratique a été imitée par Louis^ dans deux circonstances semblables^ avec un égal succès.
Il n'en reste pas moins évident que la carie des os du crftne menace gravement la vie des malades^ et que le plus souvent Textension du travail inflammatoire aux enveloppes cérébrales et au cerveau lui-même amène^ le plus souvent^ une mort rapide. Si même nous en croyons Vidal de Cassis, Tindisposition la plus légère suffirait dans ce cas pour entraîner la mort par encéphalite.
Observation 219. — Carie du crâne, céphalée, épilepsie, manie, traitement mercuriel, guérison. Une femme de 26 ans^ tourmentée depuis quelque temps par de la céphalée, fut attaquée d'épilepsie; elle eut bientôt quatre accès par jour et même davantage. Après quelques accès plus violents que de coutume, la malade devint tout à coup folle, et rëpilepsie ne reparut plus. Cet état durait depuis plus de deux ans, quand Benj. Bell reconnut la nature vénérienne d'ulcérations siégeant sur dififérentes parties du corps, et administra le sublimé corrosif; au bout de trois semaines, on dut faire une incision sur le pariétal, pour donner issue à du pus provenant d'une carie de cet os. Au bout de neuf semaines, toutes les plaies étaient guéries. Depuis plusieurs années, la malade n'a plus aucune apparence de folie. (Benj. Bell, loc. cit., t. If, p. 672.)
Observation 220. — Carie du pariétal, épilepsie, traitement antisyphilitique, guérison. — Une servante, âgée de 20 ans, épileptique, donnant pour cause à sa maladie une chute dans un fleuve, présente une carie de Tos pariétal droit, dont le centre était tellement détruit par Texfoliation, qu'on percevait les pulsations du cerveau à travers la dure-mère dénudée. Ulcères et taches syphilitiques sur la peau, matière tophacée remplissant Torbite gauche, engorgement des glandes sous-maxillaires, paroxysmes épileptiques sévissant principalement la nuit. Un traitement antisyphilitique rendit la santé à la malade.
Franck ignore s'il y a eu des rechutes. (J. Franck^ loe. cit., t. 1)1, p. 361.)
Observation 221 . — Carie du crâne, épilepsie, guérison. — J'ai vu à Barcelone un soldat espagnol qui, ayant une carie vénérienne du crâne^ fui pris, peu après, d'accès fréquents et violents d'épilepsie. Cet homme^ quoique âgé de 40 ans, n'en avait jamais présenté auparavant; il en fut délivré par la cautérisation au fer rouge, et d'autres moyens qui détruisirent la carie du crâne. (Vidus Vidios Junior, lib. Il, capul xxui, de Curât, morb,)
Observation 222. — Altération osseuse, céphalée, trépan, guérison.'^ Un soldat, de tempérament mélancolique, était en proie à une céphalée si atroce que les yeux semblaient sortir de leurs orbites. Amatus Lusitanus, malgré des dénégations obstinées^attribua ces douleurs à la syphilis. Nitre^ purgatifs, vésicatoires, galac furent administrés sans résultats. Malgré l'absence de toute lésion extérieure, de toute tuméfaction osseuse, Lusitanus fait pratiquer, au siège même de la douleur, une incision cruciale allant jusqu^àl'os; celui-ci offre une couleur livide tirant sur le noir; une couronne de trépan met la duremère à nu, la douleur est calmée. Au bout de quelques jours des portions osseuses se détachent. Un traitement par le gaïac achève la guérison. (Amatus Lusitanus, Cent, 1, curatto4, t. I, p .72.)
L'observation suivante nous parait offrir également de Tintérét. Une céphalée atroce résistait depuis 7 mois aux traitements les plus variés, quand l'apparition de tumeurs arrondies sur le front vint mettre sur la voie du diagnostic causal. L'iodure de potassium^ à la dose de 1 gramme, calme les douleurs en quatre jours; pendant l'emploi de Tiodure, alors que les tumeurs frontales avaient diminué des deux tiers, survient une première attaque épileptiforme suivie de deux autres dans les 24 heures. L^iodure à la dose de 2 gr. éloigne les accès, et la malade, se croyant guérie, cesse le traitement malgré nos avis. Six semaines après, les accès reparaissent s^accompagnant d'amblyopie et de faiblesse dans les membres. Nouveau succès de Tiodure de potassium, guérison définitive des accès, disparition des tumeurs. Plus d'une année après, sans que de nouveaux accidents cérébraux se soient produits, il se forme un vaste ulcère au front par suite de carie de la table externe du frontal. On peut, pensons-nous.
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expliquer renchainement et la marche des accidents dans ce cas^ par l'existence de tumeurs gommeuses sur la table interne des os du crâne en même temps qu'il en existait sur la table externe. La carie survenue plus tard^ s'étant bornée à la table externe du frontal, n'a pas ramené d'accidents vers les centres nerveux.
Observation 223. — Carie du frontal, convulsions épilepti formes, -amhlyopie; iodure de potassium, guérison. Louise L., âgée de 28 ans, dévideuse, non mariée, a eu deux enfants dont un seul vit encore. Elle dit avoir eu divers accidents vénériens qu'elle ne peut préciser, mais quelques macules sur les épaules et sur le front me font croire à des syphilides antérieures. Elle entre à l'hôpital de Sainte-Marie-aux- Mines, le 26 janvier 1853, pour des douleurs de tête presque incessantes et d'une extrême violence ; ces douleurs durent depuis 7 mois ; d'abord intermittentes et revenant principalement la nuit, elles sont aujourd'hui continues et ont résisté à tous les calmants, à tous les narcotiques. En examinant le crâne j'y découvre en plusieurs endroits, surtout au front, des bosses arrondies, douloureuses à la pression, un peu rénitentcs et qui me paraissent des tumeurs gommeuses bien caractérisées. (Iodure de potassium, 1 gr. par jour dans une tisane de salsepareille.)
Dès le 2 février Tamélioration est notable, les douleurs beaucoup moins fortes. Légère angine pharyngée. Le 20, l'angine est guérie, les douleurs céphaliqucs sont nulles, les tumeurs du crâne ont diminué des deux tiers. On continue Tiodure de potassium.
Le 12 mars la malade est prise subitement de vertiges, tombe lourdement à terre, et se fait une violente contusion au front; la langue a été mordue, une écume sanguinolente s'échappe de la bouche. Une seconde attaque eut lieu dans la nuit, une troisième le 13 au matin. Le 14 la malade accuse de vives douleurs ausinciput; elle est dans un état d'abattement, d'hébétude très -marqué. La langue est énormément tuméfiée. (Iodure de potassium, 2gr.) Nouvel accès le 27, moins violent que les précédents, suivi de somnolence. (Iodure de potassium 2 gr. ; quinquina.)
Le 1 1 avril, nouvel accès moins violent. (Idem.) Le 3 mai la malade, qui n'a pas eu d'accès depuis le 1 1 avril, qui n'éprouve plus de céphalée et ne sent plus ses tumeurs gommeuses, quitte Thôpital malgré mes conseils, et cesse tout traitement.
Le 20 juin survient un nouvel accès très-violent, suivi d'une grande faiblesse des membres, d'affaiblissement de la vue et d'une somno-
leuce qui persiste encore à son entrée à Thôpital le 26. On reprend Tiodure de potassium à la dose de 2 gr. Le 15 juillet survient un accès très-léger^ mais la vue et les forces sont rétablies et la malade quitte rhôpital le 15 août.
Je la perds de vue pendant plus d*une année pendant laquelle elle travaille et dit se bien porter. Le 2 novembre 1854^ elle rentre à rbôpital portant sur le front un large ulcère avec carie de la table externe du frontal, mais n'ayant plus ni douleurs céphaliques^ ni tumeurs gommeuses^ ni accès épilcptiques. Elle reprend l'iodure de potassium à la dose de 2 gr. par jour et le continue sans interruption jusqu'au 15 janvier 1855. A cette époque Tulcération est entièrement cicatrisée, la malade ne ressent aucun vestige d'accident syphilitique. Depuis ce moment laguérison s'est maintenue. (L. Gros, Observation inédite,)
Observation 224. — Lésion crânienne, névralgie et paralysie de la cinquième paire, traitement mercuriel, guérison. Ouvrière de 50 ans, portant des traces non douteuses de syphilis (cicatrices cutanées, perforation du palais^ etc.), est atteinte depuis 7 ans de prosopalgie, de névralgie des trois branches du trijumeau. Douleurs déchirantes et térébrantes portant sur toutes les branches du trijumeau^ s'exaspérant la nuit, occupant toute la moitié gauche de la face; sensibilité partout à peu près abolie, vue, ouïe, olfaction très-émoussées (sublimé corrosif et frictions de vératrine); les accès diminuent considérablement et deviennent franchement périodiques ; le sulfate de quinine reste sans action ; on dut reprendre le sublimé à doses croissantes pour obtenir la guérison. (Bamberger, de Prague^ Deutsche Klinik, 1850, p. 85.)
Observation 225. — Altération des os de la face, névralgie de la cinquième paire; traitement antisyphilitique, guérison. Il s'agit d'une femme de 30 ans, de tempérament nerveux, prétendant n'avoir jamais eu la vérole. Lorsque M. Vidal la vit pour la première fois^ elle souffrait depuis six mois de douleurs névralgiques très-fortes, surtout dans les branches sus et sous-orbitaires du côté gauche, et s'accompagnant d'élancements profonds dans Toeil ; en outre, depuis plusieurs mois, elle éprouvait un enchifrènement insupportable qui Tobligeait même pendantlanuit àaspirer de Veau par les narines; sa santé s^élait altérée^ les digestions se faisaient mal et elle avait beaucoup maigri. Traitée par l'homoeopalhie, elle vit son état s'aggraver. L'œil gauche était rouge^ et à travers les vaisseaux dilatés de la conjonctive on
voyait la sclérotique amincie à 2 ou 3 millimètres de la cornée^ et laissant apercevoir la teinte bleuâtre de la choroïde. La lumière était difficilement supportée et tout travail soutenu était impossible. La névralgie^ sans être périodique^ offrait des intermittences et redoublait vers le soir. Les fosses nasales n'exhalaient pas d'odeur caractéristique, leur muqueuse était boursouflée^ il n'existait aucun engorgement des ganglions cervicaux. Le sulfate de quinine^ puis les pilules de Méglin calmèrent un peu la névralgie et diminuèrent Tintensité des exacerbations, cependant le mal persistait.
Un jour la malade accusa de la gêne en avalant^ et M. Vidal vit, sur la paroi postérieure du pharynx, une ulcération fongueuse d'aspect syphilitique qui révéla la nature des accidents. Le proto-iodure de mercure fut administré pendant deux mois^ puis suivi pendant un mois d'un traitement mixte par le proto-iodure et l'iodure de potassium. Les accidents cessèrent très-rapidement; Tulcération du pharynx se cicatrisa ; la névralgie disparut promptement ; l'œil devint moins rouge, moins douloureux ; la sclérotique reprit Taspect normal, larespiration par le nez devint plus facile^ et l'expulsion de Tun des cornets fut suivie de près d'une guérison complète. (Observation inédite communiquée par M. E. Vidal.)
Observation 226. — Carie des os du nez , troubles nerveux multiples; traitement antisyphilitique, guérison. Une femme de 30 ans fut affectée^ il y a cinq ou six ans^ de carie syphilitique des os du nez ; de plus elle était tourmentée par une névralgie faciale et par une névralgie des paires cervicales postérieures. Un rétablissement de quelques mois succéda à un traitement antisyphilitique régulièrement suivi. Elle paraissait parfaitement guérie lorsqu'elle fut prise de vertiges et d'accès épileptiformes avec perte complète de connaissance ; ceux-ci se renouvelaient d'abord matin et soir^ puis se rapprochèrent; la malade devint de plus en plus chlorotique; il survint de la dysménorrhée ; les ferrugineux et les antispasmodiques ne modifièrent pas ces symptômes. Après un de ces accès la malade se releva avec une hémiplégie incomplète et une paralysie de la langue; une application de sangsues diminua les symptômes de paralysie^ mais les accès épileptiformes continuèrent. Il n'y avait du reste ni céphalée, ni douleur fixe dans aucun point du corps. On reprit Tiodure de potassium et le proto-iodure de mercure ; au bout de 8 jours l'amélioration était très-manifeste^ la langue était libre^ l'hémiplégie presque dissipée. Un mois après^ tous les symptômes avaient cédé, à l'exception des vertiges épileptiques qui persistent encore^ ce qui donne lieu de croire
à une lésion organique du cerveau ou de ses enveloppes. (Ambuille, Procès-verbaujc de la Soc, méd, du 3* arrond., 1 mai 1867.) (Observation inédite.)
Observation 227. — Altération du rocher y troubles nerveux multiples, traitement mercuriel, guérison. Nicolas Rousseau^ âgé de 52 ans, cocher, entre le 18 octobre 1858 à la Charité, salle Saint-Charles, n" 1 (service de M. le professeur Piorry). Cet homme, grand et fort, paraît jouir habituellement d'une bonne santé. Ce qui Tamène à Thôpital, c*est une douleur excessivement vive qui occupe la partie postérieure gauche du cou et de la tête. Il n'a jamais eu ni rhumatisme, ni névralgie, ni paralysie. A Tâge de 30 ans il eut une fièvre typhoïde grave. Il y a environ 15 ans, il contracta une blennorrhagie, sans bubons, qui dura trois semaines; deux ans plus tard il vit apparaître deux chancres sur le gland ; ces chancres, au dire du malade n'auraient été suivis d'aucun symptôme secondaire; pas de maux de gorge, pas d'alopécie, pas d'éruption cutanée. Le malade, qui depuis 25 ans avait une otorrhée de l'oreille gauche, présente aujourd'hui de ce côté une perforation du tympan. L'écoulement cessa sans cause connue il y a trois mois, et c'est à peu près à la même époque que survint la douleur que le malade accuse aujourd'hui. Cette douleur, que le malade compare à celle que produirait l'application d'une barre de fer, a son point de départ à la partie postérieure de la tête, au niveau de l'insertion du trapèze; elle vient se perdre dans la tempe où elle donne lieu à des élancements douloureux. Pendant les accès le pavillon de l'oreille devient chaud, le malade y accuse des picotements. Au début cette douleur apparaissait surtout vers la nuit, puis elle devint continue avec exacerbatious nocturnes, au point que le malade ne pouvait dormir ; en même temps il survint des éblouissements, des étourdissements, la vue se troublait, et le malade, qui était comme ivre, ne pouvait plus marcher. Dans cet état il consulta plusieurs médecins ; on lui appliqua des vésicatoires qui calmèrent la douleur pour un temps fort court. Mais les douleurs reparurent aussi intenses que jamais, malgré 70 pilules que lui fit prendre un pharmacien.
A sou entrée à Thôpital de la Charité, le malade, qui, outre sa névralgie, présente encore une cataracte de l'œil droit, est soumis au traitement antisyphilitique; il prend chaque jour 2 pilules de protoiodure de mercure et 1 gramme d'iodure de potassium; on lui applique deux vésicatoires volants loco dolenti.
A sa sortie, le 9 novembre 1858, le malade n'éprouve plus qu'une
douleur presque insignifiante^ et sousTlnfluencedu traitement spécifique^ la cataracte s*est à peu près complètement dissipée. (Lance- REAUX, Observation itiédite,)
Les observations suivantes se rapportent à des troubles fonctionnels ou à des lésions de la moelle épinlère. L'analogie seule^ à défaut de preuves directes, suffirait pour faire admettre que le rachis^ comme le crâne, peut présenter des lésions de ses tissus fibreux et osseux agissant indirectement sur la moelle, soit en y produisant des lésions appréciables^ soit en en gênant simplement les fonctions. On trouvera, dans les observations qui suivent, plusieurs autopsies dans lesquelles la carie vertébrale paraît de nature syphilitique. Nous avons déjà traité ce sujet dans notre Anatomier pathologique et ne nous y arrêterons plus. Quant aux périostoses ou aux exostoses vertébrales, elles sont loin d'être rares ; nous avons réuni un certain nombre d'observations dans lesquelles il faut, pensons-nous, admettre leur existence, mais nous ne possédons aucune autopsie qui démontre leur présence.
Observation 228. — Périostite, (roubles nerveux multiples, X..., capitaine d'infanterie, 36 ans, eut en janvier 1857, un chancre induré suivi d'adénopathies inguinales multiples indolentes; aucun traitement immédiat. Six semaines après, engorgement des ganglions post-cervicaux, impétigo, roséoles, plaques muqueuses. Traitement par le deuto-chlorure de mercure, suspendu au bout de trois semaines pour cause de salivation. lodurc de potassium pendant quarantecinq jours. Bientôt après syphilide pustuleuse. (Proto-iodurede mercure pendant quatre mois, puis iodure de potassium pendant deux mois). En novembre 1857, papules muqueuses sur la langue et les joues. (Mercure et iodure de potassium pendant deux mois.) En janvrie 1858 périostite du tibia gauche, douleurs rhumatoîdes articulaires. (Iodure de potassium, 3 grammes pendant cinq mois.) En juin, douleurs continues sur le trajet de la colonne vertébrale, exaspérées par les mouvements, douleurs intermittentes, tant nocturne? que diurnes à la partie postérieure de la tête ; mouvements de flexion de la tête impossibles. Points douloureux à Tangle inférieur de Pomoplate gauche et au-dessous du mamelon gauche. Bientôt après, faiblesse dans les membres inférieurs, avec engourdissement, suivant une marche ascendante et progressive du pied jusqu'à Thypochondrcj plus marquée à droite qu'à gauche; marche incertaine, vacillante;
parfois des crampes dans les jambes. Membres supérieurs affectés d'un tremblement continuel. Plus tard^ paralysie des sphincters; sensibilité complètement éteinte dans les membres inférieurs et le tronc jusqu'à Tombilic^ contractilité musculaire abolie dans ces mêmes régions. Diagnostic : Une ou plusieurs exostoses comprimant la moelle épinière. (Sangsues, frictions mercurielles, iodure de potassium^ 3 grammes portés rapidement à 6 grammes.) Amélioration notable au bout de quinze jours. Crampes très-douloureuses dans le membre pelvien droit avec une sensation de froid. Le 30 septembre la guérison pouvait être considérée comme assurée, (âluin^ d'Angers, Monit. des hôp,, 12 octobre 1858.)
Observation 229. — Paraplégie, J. Fuscaldo, 33 ans, a eu, il y a cinq mois, un bubon. 11 accuse aujourd'hui une forte douleur à Thypochondre droit, une sensation de froid extraordinaire aux cuisses et aux jambes, une paralysie complète des extrémités inférieures, s'accompagnant de soubresauts continuels, de mouvements convulsifs dans les parties afiectées, et de paralysie des sphincters. Sous Tinfluence de frictions de sublimé, toute espèce de mouvements convulsifs disparut. La paraplégie et la paralysie des sphincters guérirent bientôt complètement. (Cirillo, Traité complet et Obs, prat, sur les mal. vé?i., p. 330.)
Observation 230. — Hémiplégie et paraplégie, amaurose gauche. R. M..., 32 ans, de forte constitution, a eu, il y a trois ans, une maladie syphilitique; les accidents primitifs disparurent à peu près sans traitement; trois mois après, syphilide squameuse et angine; traitement mercuriel incomplet, rechute; deux ans après, éruption furonculeuse ayant laissé des traces très-visibles, guérie par Tiodure de potassium. Depuis trois mois, symptômes de paralysie ayant débuté par de la faiblesse du bras droit, puis du membre inférieur droit; affaiblissement de la vue de l'œil gauche; enfin paraplégie, sensibilité très-obtuse dans toutes les parties paralysées, diplopie, douleurs temporales, paralysie incomplète de la vessie et du rectum. (Iodure de potassium.) Au bout de quatre mois, marche et vision presque normales; la vessie a recouvré ses fonctions ; paralysie du bras dissipée. (Thomson^ TheLancet, 1857, n*» 15.)
Observation 231. ^ Paraplégie, amaurose. Madame W... vint consulter M. Deval le 3 juillet 1849. Œil gauche atrophié, pupille déformée, ayant Tobliquité indiquée par les Allemands comme signe deTirilis syphilitique; vue très-obtuse de l'œil droit, douleurs ostéo-
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copes et insomnie depuis deux mois, incontinence d'urines, selles involontaires, grande faiblesse des extrémités inférieures. La malade avoue avoir eu des pustules à la peau el des ulcérations à la gorge. Actuellement encore elle a un lichen à la jambe droite et un eczéma du cuir chevelu. Jusqu'au 26 octobre, M. Deval prescrit successivement la liqueur de Van Swicteii, des frictions mercurielles autour de Torbite, la tisane de Feltz, Tiodure de potassium^ le chlorure d'or et de sodium, les bains sulfureux. Le 9 août déjà^ la vue est très-améliorée, la paralysie du rectum a disparu. Bientôt la guérison fut complète de tous points. (Dbval^ loccit., p. 212.)
Observation 232. — Exostose probable] de la colonne vertébrale, para' lysie des quatre membres, troubles de la vision, traitement mercurielet ioduré, guérison, Marie Th..., âgée de 46 ans^ mariée et mère de cinq enfants^ entre à l'hôpital Saint-Louis le 19 novembre 1853. Réglée à 21 ans seulement^ cette femme l'a toujours été régulièrement jusques il y a quatre mois; depuis cette époque les règles ont manqué. On ne peut avoir par la malade aucun détail sur Texistence d'accidents syphilitiques primitifs.
C'est le 8 octobre que débuta la maladie actuelle. La malade ressentait depuis huit jours de violents maux de tète à la région frontale^ avec mouvements fébriles pendant la nuit, savoir des frissons suivis de chaleurs et de sueurs abondantes^ lorsqu'elle prit un bain, et- bientôt après apparut sur tout le corps une éruption confluente surtout aux membres. M. Hardy reconnut une syphilide papuleuse au moment où la malade entra à Fhôpital le 19 novembre suivant. A ce moment, il n'existait plus de douleurs. On commença remploi du proto-iodure de mercure par une pilule de 25 milligrammes (on n'en donna jamais plus de trois), de la tisane de salsepareille, une pilule d'opium le soir et] des bains sulfureux. Sous l'influence de ce traitement l'éruption pâlit peu à peu, et laissa après elle des tâches brunes caractéristiques de la largeur d'une lentille ; quelques-unes sont remplacées par des cicatrices peu apparentes, mais d'une blancheur bien remarquable.
Vers le milieu de janvier 1854, la malade fut prise de fièvre scarlatine, puis bientôt après de paralysie qui, ayant débuté par les membres inférieurs, s'est étendue rapidement aux membres thoraciques. Ces phénomènes acquirent leur maximum d'intensité dans un temps fort court, mais huit ou dix jours auparavant la malade éprouvait déjà dans les jambes une faiblesse qui allait toujours en augmentant. Il n'y a pas de douleurs, pas de phénomènes pouvant se rattacher A de la contracture ou à des convulsions; la sensibilité générale n'a ja-
mais été atteinte^ pas plus que les fonctions de la vessie ou du rectam. M. Hardy diagnostiqua une exostose de la colonne vertébrale comprimant la moelle épinière un peu au-dessus du plexus brachial. A partir de ce moment^ tout en continuant remploi du mercure, on administra riodure de potassium à la dose de 2 gr. et des fumigations aromatiques tous les deux jours.
Après quelques jours de ce traitement^ la malade recouvra l'usage de ses membres supérieurs^ mais il n'en fut pas de môme pour leâ membres inférieurs^ et leur retour à Tétat normal^ quoique faisant des progrès continuels, ne s'opéra que très-lentement. La paralysie^ d'abord complète^ devint moins prononcée ; la malade put fléchir la jambe sur la cuisse et croiser les jambes^ puis elle put faire le tour de son lit en s'y tenant avec les mains.
Elle prenait depuis quelques jours Tiodure de potassium quand se manifesta un strabisme convergent s'accompagnant de diplopie. Aujourd'hui^ 14 février^ ce dernier phénomène a complètement disparu, mais le strabisme est encore appréciable. On ajouta au traitement des frictions avec delà pommade à i'iodure de potassium sur les membres inférieurs et sur la colonne vertébrale.
Le 23 février^ la malade peut faire le tour de la salle sans aucun secours étranger. Le 26, elle quitte la salle complètement guérie. (Observation inédite communiquée par M. Parrot.)
ObservatioiN 233. — Paraplégie. M., 37 ans, entre à Thôpital du Midi le 6 octobre 1851. Chancre à la verge en mai 1847, puis blennorrhagie, orchite, affection des yeux, pustules plates à l'anus. En juin 1850, ulcération profonde à la cuisse qui guérit par des pansements au calomel. Plus tard, céphalée violente, douleurs dans les jambes, sentiment prononcé de froid aux pieds avec engourdissement; Il marche devient fatigante; le malade traîne une jambe, croit marcher sur du coton. Bientôt la paraplégie devient complète^ on la combat inutilement par les bains sulfureux, l'électricité, la strychnine, les vésicatoires ; il s'y joint un engorgement des testicules avec anesthésie. (lodure de potassium, 3 gr. par jouri) Au bout de deux mois le malade peut marcher, Tétat général est excellent, la guérison est assurée. (Vidal de Cassis, loc. cit, p. 486.)
Observation 234. — Paraplégie. M. Godelier cite un cas de paraplégie provenant de la compression de la moelle par une exostose située au bas de la colonne vertébrale : traité sans succès par le mercure, le malade fut soumis à Taction de i'iodure de potassium. L'emploi alternatif des deux médicaments amena enfin la résolution
CHAP. lil. — FAITS CLINIQUES» 399
(le la tumeur^ la cessation de la compression et la disparition de la paraplégie. (GoDELiER, Procès-verbaux de la Soc. de méd, de Strasbourg, Séance du 3 janvier {S^9.)
Observation 235. — Eœostose de la deuxième vertèbre dorsale , troubles nerveux multiples, iodure de potassium, guérison ; mort par excès de boisson. Vieux militaire, ayant eu de nombreux accidents syphilitiques^ éprouve de la faiblesse dans les jambes, de la paralysie des sphincters et de l'embarras de la parole. Ce dernier symptôme augmenta au point que le malade ne pouvait plus se faire comprendre. En examinant la colonne vertébrale, on constate une saillie douloureuse vers la seconde vertèbre dorsale. Toutes les nuits, le malade éprouve des douleurs intenses dans la tête et vers le point saillant de répine dorsale. (Iodure de potassium, vésicatoire volant, deux raies de feu au niveau de l'exostose.) Au bout d'un mois, la parole est redevenue normale, les jambes ont repris leurs forces. A peine guéri le malade s'enivre plusieurs jours de suite, et est trouvé mort dans son lît^ Pas d'autopsie. (Minich de Padoue, Annales de Thérap.,i. V, p. 423.)
Observation 236. — Exostose probable de la colonne vertébrale^ paraplégie^ paralysie des sphincters ; iodure de potassium, guérison, Teyssandier, Pierre, domestique, entre à Thôpital Saint-Louis (service de M. Cazenave) le 27 décembre 1849. 11 est paraplégique depuis six ans* Au début il était resté trois mois chez Olivier d* Angers à Chaillot et avait inutilement employé les vésicatoires, les moxas et les cautères. Peu de temps après il était entré à l'hôpital Beaujon dans le service de M. Robert et en était sorti sans amélioration après onze mois de traitement.
État actuel : Paraplégie complète ; le malade ne peut exécuter aucun mouvement; il est obligé de soulever ses jambes avec les mains; la coatractilite musculaire est nulle dans les deux membres inférieurs, rinsensibilité y est totale; je lui arrache des poils sans provoquer la moindre douleur ; il y a incontinence d'urine études selles. Le teint est pâle, Tappétit et le sommeil sont naturels. Le malade dit avoir reçu dans les reins, il y a une dizaine d'années, un coup de pied de cheval qui Ta lancé à terre, et nie avoir jamais eu ni blennon hagie, ni chancre. M. Cazenave prescrit néanmoins le proto-iodure de mercure sans aucun résultat favorable. On tente ensuite Tiodure de potassium. Au bout de huit jours le malade exécute dans son lit des mouvements avec ses jambes et ses cuisses, et au bout de quinze jours il peut mettre les pieds à terre. La sensibilité cutanée est re-
iOO DEUXIÈME PARTIE. — AFFECTIONS NERVEUSES INDIRECTES.
venue partout mais inégalement ; elle est plus développée dans la région extérieure des membres. On cesse le traitement à cause de quelques troubles digestifs; le malade se traîne d'un lit à l'autre.
En mars 4854^ on recommence Tiodure de potassium; les forces ont augmenté; le malade peut se rendre à la chapelle (à 300 mètres de distance), à l'aide de deux bâtons ; la sensibilité est exagérée au point que le moindre contact est douloureux.
En février 4852, la motilité avait fait de notable^ progrès; le malade entre à Bicêtre, salle Sainte-Victoire, le 13 mars suivant*
Le 45 décembre 4852, je lui trouve le teint vermeil, l'appétit et le sommeil sont excellents ; il peut se promener dans le jardin avec deux béquilles, et va ainsi à pied à Paris.
Le 5 janvier 4853, le malade, qui a repris l'iodure de potassium depuis trois mois, marche facilement avec une canne, mais se fatigue encore assez vite. (R. Lerot d'Étiolles, Des Paraplégies, Manuscrit.)
Observation 237. — Exostose probable de la colonne vertébrale, paraplégie. Un homme de 30 ans, mélancolique, affirmant n*avoir jamais eu de maladie vénérienne, est pris, en 4727, d'une fièvre lente qui dure 20 mois; en février 4734 impuissance virile; d'avril en septembre retour de la fièvre, éruption de boutons assez douloureux et profonds sur difiérentes parties du corps. De temps à autre, faiblesse de la vue. Vers la fin de septembre, épuisement des forces^ maigreur excessive, rétention d'urines, défécation laborieuse. Faiblesse considérable des extrémités inférieures, diminution de la sensibilité et de la chaleur. Ulcère très-considérable et douloureux à la cuisse gauche, plusieurs pustules. En décembre 4732, impuissance d'aller à la garderobe» défaut d'action des membres inférieurs avec sentiment de froid et atrophie ; obstruction des nerfs qui sortent des vertèbres des lombes et de l'os sacrum, et en conséquence, paralysie de toutes les parties auxquelles ces nerfs se distribuent. En janvier 4733, nouvelles pustules aux fesses, aux cuisses, au dos, qui dégénèrent en ulcères excessivement profonds. (Frictions mercurielles à partir du 6 février.) Le 6 mars, après huit frictions, les forces reviennent ; le malade se tient debout sans le secours de personne, l'embonpoint reparaît, la vessie conserve l'urine pendant 2 à 3 heures. Le 45, après onze frictions, le malade commence à marcher, ce qu'il n'avait pas fait depuis 6 mois; les douleurs qui ne se faisaient sentir que par intervalles ont beaucoup diminué. Le sommeil est plus tranquille et plus long. Le 12 avril, légère salivation ; les ulcères sont cicatrisés^ les urines conservées
pendant six heures^ les douleurs ont disparu^ le malade marche pendant un quart d'heure dans sa chambre en chancelant un.peu^ n^ais flians autre secours qu'une canne. On continue les frictions. Le 29, le malade peut monter les escaliers. Le 23 mai, il monte et descend Tebcalier avec beaucoup d'aisance; les forces et l'embonpoint approchent de l'état normal, la vue s'est fortifiée, et le malade }ouit de la plus parfaite santé. (HousTET, Mém, de VAcad, dé chirurg. t. VI, p. 145, in-4®.)
OfiSBRVATiON 238. — Paraplégie, rachialgie, accès épileptiformes noc-^ tûmes. N., Zi ans, eut à 22 ans un chancre guéri par le mercure. Plus tard douleurs rhumatismales vagues. A 28 ans, faiblesse dans les jamlies et douleurs lombaires. « Bientôt apparut la maladie connue sous le nom dé phthisie dorsale, lors même que rien dans la constitu* tion ou dans la manière de vivre du malade ne paraissait favoriser le développement d'une pareille affection. » Il s'y joignit des accès épileptiformes qui revenaient surtout la nuit. Tous les remèdes ordinaires étant restés sans cfifet, « on arriva à penser que l'infection syphilitique qui avait donné lieu, depuis neuf ans, à une série de phénomènes interrompus seulement à de courts intervalles, pouvait aussi être la cause des accidents actuels. » Le traitement suivant « la méthode par abstinence » eut des résultats tels qu'au bout de quelque temps la guérison était complète. (Boehr, Ioq, cit.)
Observation 239. — Paraplégie, rachialgie simulant le mal de Pott. Un homme, ayant eu une syphiiidepapuleuse, entre dans le service de Récamier pour une paraplégie avec douleurs lombaires très-vives, sans déformation du rachis. On crut sentir une fluctuation obscure dans l'abdomen et les lombes, sans pouvoir constater positivement uu abcès par congestion. Les mouvements reparurent graduellement p^r l'emploi des pilules de Dupuytren et le galvanisme, et le malade sortit guéri. (Récamier, Gaz, des hôpit,, 1842, p. 239.)
Observation 240. — Périostose ou exostose, sciatique, paraplégie. Une périostose ou une exostose de l'apophyse transverse gauche de la troisième vertèbre lombaire, de cause évidemment syphilitique, comprimait le nerf lombaire correspondant, et avait ainsi causé soit des douleurs dans les plexus lombaires et sciatiques et dans le nerf sciaitique, soit une paralysie dans les extrémités inférieures du même côté. En un mois, sous l'influence d'un traitement par l'iodure de potassium et le proto-iodure d'hydrargyre, l'apophyse transverse malade repxit ses dimensions normales, et la sensibilité ainsi que les
mouvements se rétablirent d'une manière parfaite. (Piorrt^ Monit, des kôp.y 1. 1, p. 470.)
Observatioïi 241 . — Carie vertébrale^ troubles nerveux multiples, Gh..., ouvrière^ 33 ans. Blennorrhagie et chancres du vagin en 1828 ; disparition spontanée de ces accidents. Six mois plus tard, ulcération du voile du palais et du pharynx^ qui fait en quelques jours de rapides progrès. (Sirop de Cuisinier^ décoction de bois sudorifiques, 3 pilules mercurieÙes.) Aggravation des symptômes. (On remplace les pilules par la liqueur de Van Swieten^ que l'on continue durant trois mois à la dose d'une cuillerée à bouche.) Le 17 avril 1829^ amaigrissement, pâleur de la face^ sécheresse de la peau qui est ridée et flétrie^ pouls petit et fréquent^ digestions pénibles^ surdité assez prononcée^ voix nasonnée, dents déchaussées et vacillantes; les quatre cinquièmes du voile du palais sont détruits, le reste est envahi par un ulcère d'aspect grisâtre, présentant des lambeaux de même couleur* Amygdales doublées de volume et enflammées, pustules humides sur le front^ lessour* cils et à la racine des cheveux. Rien aux parties génitales; absence de la menstruation (même traitement). Le 13 septembre, douleur vive dans les muscles de la région cervicale postérieure, avec roideur da cou et difficulté à mouvoir la tête. Le 14, douleur cervicale plus vive, difficulté extrême des mouvements, frissons, horripilations ; plus tard, respiration difficile, paralysie du bras gauche, perte de connaissance ; le 19, délire, cris; les symptômes du côté de la respiration et des fonctions cérébrales s'aggravent et la mort a lieu le 21. Autopsie : Liquide d'aspect purulent épanché à la face interne de la dure-mère rachidienne de la région dorsale, teinte rosée et affaissement de la moelle dans les régions dorsale et lombaire. Ëpanchement sanguin entre l'arachnoïde et la membrane propre de la moelle depuis la sixième vertèbre cervicale jusqu'à la protubérance annulaire; épanchement de lymphe plastique entre l'arachnoïde et le prolongement racbidien. Cette membrane, depuis ce point jusqu'aux tubercules quadrijumeaux, est opaque, épaissie, d'un blanc terne. Côtes friables; poumons sans adhérences ni tubercules ; cœur flasque; traces d'inflammation chronique dans l'estomac et les intestins. Destruction totale du voile du palais, bourrelet dur à l'origine de la trompe d'Eustache, ulcération de la largeur d'un franc sur la muqueuse pharyngienne ; à son centre, tubercule gros comme une noisette, ramolli dans sa circonférence, dur et squirrheux à son centre, situé sur la ligne médiane, dans le corps même de la troisième vertèbre cervicale qui est cariée et perforée de telle sorte que l'arrière-boucbecommunique avec la cavité rachidienne
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par une ouverture irrëgulièrement arrondie, qui permet d'y intro«duire le doigt auriculaire ; ulcération, à ce niveau, de la dure-mère et de l'arachnoïde vertébrale. (LEPRESTRE,de Gaen, dans Arch. gén. de m^(;.,t.XX,p. 335.}
Observation 242. — Carie vertébrale, ramollissement de la moelle, paralysie, convulsions, mort. Gh. Y..., 35 ans, bien réglée, entre àTHôtel-Dieu le i6 septembre 1822. H y a huit ans, blennorrhagie et bubon. (Liq. Van Swieten, tis. sudorif.) Trois ans après, exostose au tibia qui guérit par des frictions mercurielles. Depuis six mois, douleurs dans le côté gauche du cou, plus fortes la nuit que le Jour; im* possibilité de tourner et de fléchir la tête qui s'incline fortement à gauche. Dupuytren fait soutenir la tête avec un collier de carton garni de linge. (Sublimé, sudoriflques.) Le 2 octobre, douleur et roideur dans les membres supérieurs. Le 4, la malade enlève son collier de carton, la tête s'incline fortement à gauche. Paralysie du mouvement et de la sensibilité des membres supérieurs, mouvements convulsiCs, dyspnée, mort. Autopsie : Corps de la troisième vertèbre cervicale détruit par la carie; corps de la quatrième rugueux à sa surface, très-mobile; au-devant, tumeur aplatie, du volume d'une petite noix, formée par un tissu semblable au tissu fibreux jaune. Moelle épinière, au niveau des troisième et quatrième vertèbres cervicales, ramollie, sans injection ni altération des méninges. (Dupuytren, cité par Raoul Leroy, d'Ëtiolles^ loc, cit.; manuscrit. Ces. 106.)
Observation 243. — Carie vertébrale, eœostoses intra-crâniennes, troubles nerveux multiples, mort. Homme de 36 ans, atteint depuis quelques mois d'une paralysie incomplète des extrémités inférieures et d'une tumeur peu douloureuse, formée par les premières vertèbres lombaires dont les apophyses épineuses font saillie ; exostoses asseï considérables du tibia droit qui sont le siège de douleurs nocturnes. Accès épileptiques assez fréquents et des plus violents^ le plus souvent nocturnes. (Frictions mercurielles, sudorifiques.) La plupart des accès sont précédés de douleurs violentes dans le tibia et suivis de vertiges, de nausées et de vomissements. Trois mois après, le malade succombe à une attaque apoplectique survenue après un violent accès d'épilepsie. Autopsie : Corps des deux premières vertèbres lombaires plus gros qu'à l'état normal et atteints de carie. Canal vertébral rétréci en ce point. Liquide rachidien abondant, jaunâtre avec quelques flocons blanchâtres, moelle épinière ramollie. Intumescences osseuses saillantes de plusieurs lignes, les unes pointues, les autres gommeuses
placées le long de la suture sagittale; cerveau et moelle allongée indurés. (Portal^ De la nature de l'épilepsie.)
Observation 244. — Carie vertébrale, rachialgie, convulsions des membres inférieurs, mort. Homme afTecté de syphilis ; a éprouvé de vives douleurs dans l'épine^ suivies de déviation du rachisj^le malade est fortement courbé en avant; apophyse épineuse de la septième vertëbre dorsale formant la pointe, faiblesse extrême des extrémités inférieures, qui sont le siège de crampes fréquentes, souvent de vraies convulsions; anesthésie et atrophie du membre inférieur droit. Malgré un traitement antivénérien le malade succombe. Autopsie : Exostoses nombreuses sur plusieurs os des membres^ de la face et sur le stecnum. Cinquième, sixième^ septième et huitième vertèbres dorsaleâ presque entièrement détruites par la carie. Canal vertébral rétréci en ce point, contenant beaucoup de sérosité verdàtre. Poumons tuber- Quleux^ ainsi que les glandes mésentériques, le testicule droit et le foie. (MoMFALCON, Diction, des scienc, méd,y art. Rachilis, t. XLVI, p. 568.)
Observation 245. — Carie du sacrum^ paraplégie, traitement m^rcuriel, guérison. Jeune fille se traînant sur ses jambes à demi paralysées et ne pouvant marcher sans appui^ fait l'aveu d'une infection syphilitique à postera venere. Os sacrum carié^ chairs qui le recouvrent dévorées par un vaste ulcère^ corps couvert de tubercules ulcérés. Le mercure à l'intérieur et à l'extérieur triomphèrent à la longue des symptômes vénériens et de la paraplégie. (Yvaren^ loo. cit.^ Obs. 31.)
Tous les nerfs de Tarbre encéphalo-rachidien passent à travers des trous de la cage osseuse qui enveloppe les centres nerveux. Ces trous étant formés de tissus fibreux et osseux, on comprend aisément que des lésions de ces tissus^ siégeant au voisinage de ces orifices de passage desnerfs^ puissent léser considérablement les fonctions de ces branches nerveuses. Dans un grand nombre des observations que nous avons déjà passées en revue^ nous avons vu que la maladie ne bornait pas son action au centre encéphalique ou au cordon médullaire^ mais que les nerfs émanant de la base du cerveau ou de la moelle participaient à la lésion des centres nerveux soit à leur naissance, soit dans Fintérieur du crâne ou du racbis. Dans les observations suivantes nous voyons ces mômes nerfs être affectés isolément^ parce que la
€HAP. III. — FAITS CLINIQUES. iOSS
lésion des parties voisines porte plus spécialement ou exclusivèr ment sur les orifices qui leur livrent passage ou sur rintériéèr des canaux qu^ils parcourent. On reconnaît en effet que la lésion ne porte que sur les nerfs par ^absence des symptômes morbides fournis par les centres nerveux.
L^observation 246, rapportée par Portai^ nous montre à la fois ime amaurode résultant d'une lésion extrà-crànienne et des symptômes cérébraux variés indiquant une lésion ayant intéressé le cerveau lui-même. Les résultats de l'autopsie expliquent parfaitement ces deux ordres de troubles nerveux, et l'observation en questionfor me une transition naturelle entre les faits qui précèdent et ceux qui se rapportent à des lésions portant uniquement sur les branches nerveuses.
Observation 246. — Tumeur fongueuse adhérant au bulbe du nerf optique, ramollissement du cerveau, épanchement ventriculaire, douleurs ostéocopeSy convulsions épilepti formes, amaurose droite, mort. Femme atteinte depuis longtemps de syphilis, éprouve une douleur lancinante dans le fond de Torbite droite, en même temps que des douleurs nocturnes provenant d'une exostose du tibia droit. (Frictions mercurielles, gudorifiques.) Le globe de rœll se tuméfie, il survient des convulsions des4nusclcs de la face, puis dés accès épileptiques et une amaurose complète de l'œil droit. La malade meurt dans te com^L. Autopsie : Dans le fond de Torbite, tumeur fongueuse de la groS' seur d'une fraise adhérant au bulbe du nerf optique. Sphénoïde carié près du trou optique, dure-mère noirâtre, adhérant aux os, substanôe cérébrale ramollie vers les éminences mamillaires, épanchement rougeàtre dans les ventricules. (Portâl, /oc. cit.)
Observation 247. — Exorbitisme^ douleurs syphilitiques, amblyopie, amaurose. Femme de 33 ans, lymphatique, ayant eu plusieurs écoulements, fut prise il y a deux ans d'hémicrânie gauche avec amblyopie gauche qui alla jusqu'à la cécité. Traitée par les luercuriaux, la vue se rétablit. Bientôt, douleurs dans Tœil droit, amblyopie et hémicrànie droite. L'affection s'aggrava progressivement; il survint de l'exorbitisme et une amaurose droite. On ne peut constater aucufle tumeur dans l'orbite ; pupilles dilatées, immobiles. (lodure de pdtassium, 30 gr. par jour.) En peu de jours la céphalalgie diminaa; puis disparut) l'œil rentra dans l'orbite et la viston se rétablit; com^
406 DEUXIÈME PARTIE. — AFFECTIONS NBRYEUSES INDIBEGTES*
plétement. Guérison entière après trois semaines de traitement. (GuÉRARD^ Ann, de thérap., t. lY^ p. 192.)
Observation 248. — Tumeur gommeuse, amaurose, M. X., ayant eu plusieurs affections vénériennes traitées pendant la guerre^ est atteint depuis une année d'une amaurose survenue lentement sans lésion des humeurs de Tœil ; pupilles dilatées ; nombreuses tumeurs gommeuses sur différentes parties du corps. (Pilules de Sédillot^ sudorifiques.) Au bout de quinze jours^ amélioration déjà notable de la vue. Après trois mois de traitement^ la vision est parfaitement rétablie^ les tumeurs ont disparu sans laisser de trace. (Kaula^ loc. cit.^ p. 74.)
L'observation 249 mérite de nous arrêter un moment. Il est bien évident pour nous que, dans ce cas^ la paralysie du globe oculaire dépendait d'une lésion de voisinage^ comme toutes celles qui précèdent^ et sous ce point de vue spécial, Tobservation est bien ici à la place qui lui convient; mais cette paralysie limitée au nerf de la sixième paire n'est qu'un incident; chez M. X...^ l'affection nerveuse remonte bien plus haut^ et il nous paraît hors de doute que l'hémiplégie de 1853^ précédée de céphalée et de fourmillements dans les membres paralysés, était le résultat d'une lésion syphilitique portant directement sur le système nerveux, comme toutes celles que nous avons étudiées dans la première partie de ce travail. A ce point de vue donc^ ce fait clinique aurait pu trouver place à côté des faits d'Inman^ de MM. Ricord, Martin-Damourette et autres. Quelle que soit du reste sa place, cette observation n'en est pas moins un des plus remarquables exemples de guérison d'accidents cérébraux par un traitement antisyphilitique, après Tinsuccès constaté de nombreuses tentatives thérapeutiques.
Observation 249, — Périostose probable du temporal, troubles nerveux multiples, paralysie de la sixième paire ; traitement antisyphilitique, guérison. M. X., âgé de 48 ans, a joui jusqu'à l'âge de 19 ans d'une santé robuste qu'il ne ménageait pas. En 1830 il eut une blennorrhagie suivie de bubons inguinaux ; bientôt après, il vit apparaître un chancre qui ne fut traité que par des remèdes externes et ne guérit qu'au bout de six semaines. Depuis ce moment sa santé ne fut plus jamais complètement satisfaisante ; le malade avait souvent de
petites indispositions qu*il ne saurait trop spécifier. En 1847, après une maladie intestinale qui guérit difficilement, M. X. fut atteint d'une maladie noire, d'idées fixes qui durèrent plusieurs mois et se dissipèrent pendant un traitement hydrothérapique. En 1850 sur- Tinrent de fréquents étourdissements, un afifaiblissement général ; ces symptômes se dissipèrent lentement par l'emploi des toniques (fer, quinquina, bains de mer).
En octobre 1853, M. X. ressentait depuis plusieurs jours déjà des fourmillements fréquents dans la jambe droite, quand tout à coup il sentit cette jambe lui faire défaut : elle était, dit-il, comme morte. Le 23 décembre, s'étant couché à onze heures, il se réveilla bientôt complètement paralysé du côté droit. Un traitement antiphlogistique, des révulsifs cutanés, les eaux de Bourbonne, les bains de mer pris pendant plusieurs années de suite n'amenèrent que des améliorations peu marquées et de très-courte dnrée. En mai 1855, M. Duchenne de Boulogne essaya inutilement l'électricité. L'hémiplégie existait toujours, s'accompagnant souvent de fourmillements, d'engourdissement, quelquefois de céphalalgie plus ou moins vive, lorsqu'en octobre 1858 M. X. s'aperçut un matin que son œil gauche déviait. Après avoir fait inutilement un traitement homœopathique, le malade, en proie à des idées noires très-pénibles, à une insomnie persistante, alla consulter M. Desmarres, qui ordonna un séton à la nuque avec recommandation de le garder deux ou trois ans. Au bout de six semaines, ne pouvant plus le supporter, le malade l'enleva vers le 15 janvier 1859.
Ce fut le 6 avril suivant que M. X. vint réclamer mes soins. Il a de la peine à marcher et traîne la jambe droite. Le bras droit est éga lement très-afi'aibli, la sensibilité est parfaitement conservée dans les parties paralysées. L'œil gauche est fortement dévié vers la racine du nez, et les plus grands efibrts ne peuvent ramener la pupille au delà de la ligne médiane. Vision très-affaiblie de l'œil gauche, diplopie qui cesse lorsque les deux yeux regardent fortement vers la droite. Pupille normale, pas de chute de la paupière supérieure ; Tarcade aourcilière et le fond de Torbite sont le siège de douleurs sourdes, continues, sans exacerbations nocturnes. Toute la région temporale et mastoïdienne est sensible à la pression ; derrière l'oreille on constate un peu d'empâtement des tissus. Sommeil presque nul depuis plusieurs nuits déjà; nuits agitées, troublées par des visions, des hallucinations de la vue et de l'ouie ; le malade a des idées tristes, il croit à une mort prochaine, et passe ses journées dans un état de sombre mutisme, depuis qu'il a dû quitter les a£faires pour cause de santé.
408 DEUIIÈME PARTIE. — AFFECTIONS NBRTBUSES INDIRECTES.
Les fonctions animales s'exécutent normalement; la défécation^ rémission des urines sont régulières; les facultés génitales sont à peu près abolies. Mis au courant des antécédents du malade, je conseillai l'application successiTe de plusieurs vésicatoires volants derrière Yéreille et Femplol simultané des pilules de Sédillol (i à 3 par jour ) et de Tiodure de potassium (1 à 3 grammes). Peu de jours su^ firent pour amener une amélioration remarquable. Les symptômes psychiques et Tinsomnie furent les premiers à s'iamendér/ puir la paralysie de la sixième paire. Au bout d*un mois de traitement je dus diminuer la dose du mercure^ à cause d'une légère salivatîoD^ on continua néanmoins l'emploi d'une pilule de Sédillot chaque jour en faisant prendre concurremment le chlorate de potasse. Le 8 septembre, la guérison peut être considérée comme complète. M. X. a repris ses occupations et y déploie la plus grande activité. L'hémiplégie^ la paralysie oculaire^ tout a disparu, la région temporale gauche n*esl plus douloureuse à la pression. Cependant jusqu'à la fin de 1860 j'ai fait à différentes reprises reprendre Tiodure de potassium pendant quelques semaines. (L. Gros^ Observation inédite,)
Depuis quelques mois des faits de pi^ralysie syphilitique d^s
nerfs moteurs dej'œil ont été publiés en grand nombre^ et sans la crainte d'allonger outre mesure un travail déjà trop longy nous ne résisterions pas au désir de reproduire les observations trèsintéressantes de MM. Beyran {{), Luton (2), Gouriet (3). Les trois observations de M. Beyran se rapportent, pensons-nous, ^et c'est d'ailleurs aussi l'avis de leur auteur, à des lésions des tissus' voisins; celles de M. Luton et de M. Gouriet, au conti;aire, nous paraissent offrir tous les caractères des accidents nerveux directs, et rentrent par conséquent, dans ce que < nous avons nomt^é la syphilis cérébro-spinale. On lira du reste avec fruit ces diverses .observations et les réflexions très-judicieuses dont les auteurs les ont accompagnées. <
Il y a peu de jours encore un praticien distingué de Paris nous citait un casée rapportant directement au sujet que nous traîtonis ici. Il s'agit d'un artiste qui fut pris subitement d'un straWsnie interne prononcé de l'œil gauche sans syniptônl^s cérébraux.
(1) Beyran, Union méd., 1860, t. Vlfl, p. 38 et 185:
(2) Luton. Union Wd., i 860, t. VIII, p. 697. • »
(3) Gouriet, Gaz. des Mp\, f86l, 3 Janvier, Obs. I.
CBAP. 111. — FAITS CLINIQUES. 409
Ce malade ayant eu antérieurement des accidents syphilitiques^ notre confrère lui fit prendre à la fois le proto-iodure de mercure et llodure de potassium^ et le strabisme disparut rapidement.
Observation 250. — Paralysie de la troisième paire, céphalalgie droite. Rose B., couturière, âgée de 28 ans^ entre à Thôpital de la Pitié le 2 août 1852; il y adixans^ chancre sur la lèvre gauche guéri en 8 jours (la malade a pris iO pilules mercurielles pour tout traitement). 11 y a deux ans^ éruption squameuse sur le tronc ; depuis trois mois, céphalalgie intense siégeant dans la région orbitaire droite* Trois semaines après^ troubles de la vue de l'œil gauche; amblyopie avec diplopie. Aujourd'hui y prolapsus peu prononcé de la paupière supérieure^ dilatation et immobilité de la pupille^ strabisme interne, (lodure de potassium^ 3 grammes par jour.) Après quatre jours, amélioration considérable. Après cinquante-cinq jours guérison complète ; tous les symptômes ont disparu. On recommande de continiier le traitement. (Fr^lNCés^ Thèses de Paris, i854.)
Observation 251. — Paralysie de là troisième paire, douleurs ostéàcopes frontales. Eug. B.^ 38 ans^ instituteur^ est atteint de nécrose de l'articulation du coude; il a eu^ il y a plusieurs années, deux chancri^s indurés^ et ressent depuis lors des douleurs ostéocopes, surtout daiis la région frontale. Depuis longtemps déjà blépharoptose complète de l'œil droit. M. Nélaton, pensant que cette paralysie provenait de quelque exostosequi devait comprimer le rameau nerveux qui se rend au muscle releveur de la paupière supérieure, soumet le malade à un traitement anlisyphilitique ; les douleurs ostéocopes disparaissent, la paupière se relève peu à peu ; le malade sort complètement guéri. (Lacroze, Thèses de Paris, 1857, p. 18.)
. Observation 252. — Paralysie de la troisième paire. Homiae de 51 anSj a eu, il y a sept ans des chancres qui guérirent sans médicatioo. 11 y a peu de mois, angine suivie de paralysie de la troisième paire à droite, de raucité de la voix, de marasme, de douleurs nocturnes dans le rachis et les membre^ inférieurs, d'affaiblissement de la mémoire et de la vue . Ulcération du pharynx, exostoses sur le coronal et . les tibias, pupilles dilatées et inégales (pilules mercurielles, gargarismes et frictions mercurielles). Quinze jours de ce traitement suffirent pour produire une grande amélioration, suivie d'une guérison complète; la mémoire seule est restée un peu faible. (ÉilUBD, loc. cit.)
Observation 253.— Para/ysic de la troisième paire. Rétraction musculaire de la face ; traitement mercuriel et ioduré , amélioration. Madame X., entrée le 4 février 1859 à la Maison de santé, âgée de 40 ans, d'une bonne santé habituelle, est sujette, dit-elle, à des étourdissements. Constipations fréquentes. Réglée régulièrement à 11 ans, mariée à Tâge de 16 ans, elle eut un enfant à 20 ans, et depuis n'a pas été enceinte. Quelque temps après son accouchement elle ressentit des maux de gorge et consulta un médecin qui la soumit pendant plusieurs mois à une médication mercurielle.
Elle prétend n'avoir jamais eu d'écoulement vaginal, d'ulcération à la vulve, de ganglions indurés dans Taine, de taches ni déboutons sur la peau. Son mari, dit-elle, avait eu une maladie vénérienne plusieurs années avant son mariage. Six mois avant son entrée à la Maison de santé, ses règles ont été supprimées et n'ont plus reparu depuis. Un matin, après avoir été exposée la veille à l'action d'un courant d'air, elle s'aperçut qu'elle ne pouvait plus relever la paupière supérieure droite. Les jours suivants la joue droite se tuméfia, devint douloureuse, les mouvements devinrent difficiles, la mastication fut gênée. Elle ne ût aucun traitement pendant six mois, mais la tuméfaction de la joue augmentant, ainsi que les douleurs faciales , elle se décida à entrer à la Maison de santé, le 4 février
En examinant la malade, à son entrée, on constate l'état suivant : La paupière supérieure droite est abaissée et ne peut se relever. L'ouverture de la pupille est normale et diminue sous Tinfluence de la lumière, comme celle de l'autre œil. L'œil droit est légèrement dévié en dehors. Cependant il peut se diriger en dedans, en haut, en bas, mais moins rapidement et moins complètement que l'œil gauche. Il y a de la lenteur dans ses mouvements et de i'épiphora. La joue droite est tendue et rouge ; on sent la saillie formée par le muscle masséter contracture. La commissure labiale droite est un peu relevée et n'est plus sur la même ligne transversale que la gauche. La malade ne peut abaisser la mâchoire que très-imparfaitement. Quand on cherche à prolonger ce mouvement d'abaissement, la malade accuse de vives douleurs du côté des muscles masséter et ptérygoîdiens. Elle éprouve des élancements douloureux, à intervalles indéterminés, dans la région temporale ; ces douleurs sont provoquées aussi par la mastication. La sensibilité à la pression et à la piqOre existe partout, sauf dans la région sous-orbitaire, dans les points où se distribuent les terminaisons du nerf sous-orbitaire. La malade ne présente aucun autre trouble nerveux. (1 pilule de proto-iodure
de mercure de 9 centigrammes, 2 grammes d*iodure de potassium dans de la tisane de salsepareille.)
18 février. La tuméfaction de la joue a diminué, la paupière est toujours abaissée; l'insensibilité de la région sous-orbitaire persiste encore.
20 février. La malade sort de la Maison de santé, malgré les conseils qu'on lui donne de rester et de se faire soigner d*une manière complète. Elle se propose de continuer son traitement chez elle. (Obser" vation inédite communiquée par M, le D^ Long.)
Observation 254. — Exorbiiisme, paralysie de la troisième et de la sixième paire, céphalée. Homme de 30 ans, pâle et anémique, a eu, il y a cinq ans, une urélrite et des chancres traités par un charlatan. Depuis quelques mois, céphalée intense à gauche s'exaspérant la nuit; depuis quinzejours,amblyopie, chute de la paupière supérieure, immobilité du globe de Toeil, exorbitisrae, diplopie quand on relève la paupière. (Pil. de Sédillot.) Au bout de quinze jours, la guérison est à peu près complète. On continue les mercuriaux. (Rater, Ann, de thérap., t. VI , p. 90.)
Observation 255. — Périostose, paralysie de la sixième paire, douleurs ostéocopes sourcilières, X... a eu des chancres il y a quatre ans ; aujourd'hui, périostose sur le tibia et la clavicule, altération de la voix, strabisme interne, diplopie, douleurs ostéocopes vives dans l'arcade sourcilière, aucun signe d'affection cérébrale. Traitement antisyphilitique. Vers le vingtième jour, amélioration très-notable ; guérison complète après trois mois de traitement. (Lacroze, loc. cit., p. 27.)
Observation 256. — Périostose y paralysie de la sixième paire, névralgie faciale. Marker, 37 ans, barbier, a eu des chancres en 1848. Traité par un charlatan, il eut de la salivation et vit survenir ensuite un érythème papuleux sans prurit et de Talopécie. Le malade, impatient, interrompit trop tôt son traitement. Le 15 février 1852, il entre à l'hôpital de Yedié-Koulé dans Tétat suivant: accidents syphilitiques tertiaires, périostoses sur le tibia droit et la clavicule gauche, avec douleurs s'exaspérant à la moindre pression, et un peu d^empàtement; altération delà voix sans gêne de la déglutition. Globe oculaire droit fortement porté vers le nez, cornée presque entièrement cachée dans le grand angle de Toeil ; impossibilité de porter l'œil à droite; le malade ne peut le diriger que de bas en haut et de haut en bas, et cela dans une très-petite étendue ; pupille contrac-
il 2 DEUXIÈME PAKTIE. — AFFECTIONS NBRTBUSES INDIRECTES.
tile, régulière^ moins dilatée que du €Ôté ganche. Lorsque k malade ferme Tœil malade^ la vision est nette ; s'il tome l'œil sain^ U fa diplople. Aucune lésion ne paraît exister du côté du cerveau ; douleur gravative dans l'arcade sourcilière et la région tismporo -maxillaire droite^ devenant plus intense après le coucher du soleil. (ProtOriodure de mercure^ vésicatoires sur le tibia, la olavlcule et . l^rcade sourcilière.) Le 20^ les douleurs ont complètement cessé. Le 27, ra4duction de l'œil est moins prononcée^ la diplopie persiste encoie ainsi que les périostoses. (Compression par un emplâtre d'iodore de plomb ; continuer les pilules et l'iodure de potassium, 50 centigrammes à 3 grammes par jour.) Le 4 mailla guérison est complète; tous les mouvements de Tœil droit sont libres et physiologiques ; les deux yeux sont parallèles^ l'état général est excellent. La guérisoh s'est , maintenue. (Beyran, Union médic, 1854, p. 530.)
a II s'agit ici, » ajoute H. Beyran, a d'une affection dont on doit chercher la cause ailleurs que dans Tencéphale. La paralysie me parait dépendre uniquement d'une syphilis constitutionnelle dont les antécédents du malade donnent une explication suffisante. Cette paralysie^ survenue pendant les accidents tertiahres et quatre ans après rinfection^ me fait admettre qu'^,,la,suite.âe la. l^p spécifique des parties osseuses avec lesquelles la sixième pair^.i^ trouve en rapport^ il a pu résulter une compr^sion qui en occasionna la paralysie. Le résultat du traitement spécifique confinnè cette manière de voir. » ;....-.
Le doute n'est pas permis non plus dans l'observation suivante que nous avons recueillie nous-mêmes au dispensaire de M. fjiassaignac. Les antécédents syphilitiques et le résultat du traitement disent assez^ que, dans ce oas^ c'est à la syphilis qu^ll faut attribuer les accidents nombreux et variés présentéà^païf ce malade. L'existence de l'exophthalmie indiqué de plus le sîégè et la nature de la lésion osseuse dont les, troubles. de la vue soîtt les syniptômes. Mais la tumeur^ qui exis'te mapifestement dans le fond de Torbile et qui paralyse en même temps le nerf pptiqua et la sixième paire^ est-ellç chez ce malade la seule.I^doia .existante? Nous ne saurions le croire et^ comme d^ns-î'obmvation 249^ les nombreux accidents cérébraux^ la somnoleaceiila gêne de la parole, la paralysie de la septième paire efodle du bras gauche nous font admettre que la tumeur osseuse du fbuMl
de l'orbite s'étend à une grande partie de la base du cràne^ ou qu\me autre lésion de même nature siège dans cette région. Remarquons encore Ténergie dii traitement mis en usage dans ce cas et justifiée surabondamment par rinèuccès des traitements inercuriels antérieurs timidement faits et la gravité des symptômes cérébraux.
ÛBSfiavATiOK 25if» — Céphalée f somnolence, eœophthalmie, amauroae, partulysie de la sixième paire, embarras de la parole, paralysii^ du bras gçmche, hémiplégie faciale, obtusion de V intelligence, traitement mercurielet ioduré. Amélioration, Morange^ âgé. de 34 ans^ fabricant de fleurs aETtificielles^ a toujours joui d'une bonne santé jusqu'à Tâge de 1.8 ans. A cette époque, il eut un chancre. et fut traité par la liqueur de Van Swielen. Depuis lors il fut sujet à de fréquentes angine» et dut subir l'amputation des deux amygdales. Â 29 ans^ il eut un second chancre. Le malade ne peut nous donner aucun renseignement quant à la présence ou à l'absence d'induration de ces che^ncres. Ce second chancre guérit rapidement, et le malade se maria peu de temps après. Il a eu trois enfants : le premier est mort de convulsions ; le second vit encore^ et a aujourd'hui trois ans; le troisième est mort, un mois apr^ sa naissance^ d'un ulcère deTombilicLa pière de ces enfants n*a janiaift Dût de fausse couche et, au dire de son mari, n'a jamais présenté le moindre symptôme syphilitique..
^l y a trois ans, Morange ressentit une céphalée frontale; les douteurs s'exaspéraient la nuit et le privaient de sommeil; pendant la'îpur au contraire le malade était lourd, somnplent; il remarqua que son œil gauche augmentait de volume; le médecin qu'il consulta lui fit pratiquer une saignée ; depuis ce moment la vue baissa, il survint de la diplopie, un strabisme interne avec impossibilité de ramener l-œil vers Tangle externe de l'orbite; en un mot il survint une paralysie de la sixième paire. Le malade alla consulter M. Deval, qui lui fit'prendre des pilules, ce traitement resta sans efiet ; le malade éprouva successivement 4es éblouissements, des bourdonnements 4'oreilles, de la gêne dans la parole , des fourmillements dans les doigts de la main gauche, puis de la paralysie dans tout le membre thoracique gauche ; après avoir tenté infructueusement d'autres traitements, il se présenta, le 14 décembre 1858, au dispensaire de M. Cbassaignac, oii Ton constata l'état suivant :
Exorbitisme considérable de Tœil gauche; globe oculaire immobile, pupille fortement déviée en dedans et en haut (strabisme in-
terne) ; diplopie, affaiblissement prononcé de la vue de Toeil gauche. La paupière du même côté ne peut plus être abaissée ; tout le cdté gauche de la face est comme boufQ, les joues sont flasques et ont perdu tout mouvement ; langue déviée^ de même que la luette ; le malade parle avec difficulté ; il se sent la langue épaisse, comme retenue par un fil ; Tintelligence paraît obtuse, le malade fait répéter les questions, cherche les mots pour répondre. Le membre supérieur gauche est agité par un tremblement assez marqué, mais la conscience musculaire est conservée et il n^eziste aucun des signes qui, pour M. Duchenne de Boulogne, marquent l'ataxie locomotrice. La main gauche est à peu près complètement paralysée et la paralysie porte à la fois sur le mouvement, sur la sensibilité générale et sur le sens du tact. Enfin le malade accuse une lassitude générale et de la faiblesse dans les membres, (lodure de potassium à doses croissantes. Pilules de Sédillot, bains de sublimé.)
Dès le 17, le malade signale une amélioration notable. Le 28, la démarche est plus assurée, la parole moins hésitante, la paralysie moins absolue dans la main gauche.
Le 13 janvier, la paralysie faciale est presque nulle, la paupière s^abaisse complètement sous Tempire de la volonté, la joue est moins flasque, la luette n'est plus déviée de côté, mais encore un peu inclinée en avant ; la langue est moins lourde, la diplopie a complètement disparu, rœil est plus mobile ; Texophthalmie est encore très-prononcée. La main gauche a repris une partie de ses fonctions, elle serre assez énergiquement et reconnaît le volume et la nature des corps qu'elle touche. Bref, tous les symptômes sont en voie d'amendement remarquable et on peut espérer une guérison complète. (L. Gros, 06servation inédite.)
Les observations suivantes se rapportent à des hémiplégies faciales ou paralysies de la septième paire. Nous avons, dans notre symptomatologie, insisté sur les diverses causes organiques de cette afiection, et sur les particularités qui peuvent aider à déterminer exactement le siège de la compression nerveuse. Nous n^y reviendrons plus ici. M. Gouriet (i) vient tout récemment encore de faire connaître un exemple très-intéressant de ce genre de trouble nerveux d'origine syphilitique.
Observation 258. — Hémiplégie faciale. J. Ward, marin, entre à
(I) Gouriet, loc. cit., Obs. 2.
CBAP. III. — FAITS CLINIQUES. 4i5
rhôpital pour des accidents syphilitiques secondaires ; traitement par la salsepareille. Au déclin des accidents^ invasion subite de paralysie de quelques muscles de la face; bouche déviée à gauche, perte du clignement de Toeil droit, absence des mouvements d'élévation de Tangle droit de la bouche. Sens du goût, de Touîe, de l'odorat, mouvements du globe de l'œil, de la langue et de la mâchoire intacts des deux côtés. Engorgement considérable des ganglions au voisinage du trou stylo-mastoïdien. Guérison rapide de l'engorgement ganglionnaire et de la paralysie par un traitement mercuriel. (Zabriskie, Ame" rie. Joum, of med, sciences, 1841, p. 385.)
Observation 259. — Jeune homme de 20 ans ayant négligé une gonorrhée, présente une hémiplégie faciale et une tumeur à la joue ; Bierchen n'aurait soupçonné aucun virus vénérien s'il n'eût pas remarqué que les glandes fussent enflées sous le menton et comme adhérentes les unes aux autres. Ulcération de la cloison nasale. Liqueur de Van Sv^ieten pendant quatorze jours, au bout desquels la paralysie
était dissipée. (Rosen, Mal des enfants, p. 521.)
Observation 260. — Hémiplégie faciale; perte du goût, }A, V... a eu un chancre lingual induré en février 18 52, bientôt suivi de roséole assez intense avec grand développement des ganglions sous-maxillaires et cervicaux ; le 23 avril hémiplégie faciale gauche ; le goût est anéanti sur la moitié gauche de la langue et le reste de là muqueuse buccale ; odorat très-obtus ; sensibilité de la peau, ouïe et vue intactes. (Proto-iodure de mercure.) Au huitième jour la paralysie avait complètement] disparu. (Vidal, de Cassis, loc. cit., p. 511, emr pruntée à la thèse de M. Salneuve.)
Observation 261. — Hémiplégie faciale. R..., 27 ans, entre dans le service de M. Ricord le 1®' octobre 1850. Chancre sur la face interne du prépuce, tuméfacti<m des glandes inguinales. Il y a un mois, rougeurs sur le tronc et les membres, alopécie et croûtes du cuir chevelu ; depuis dix jours glandes cervicales postérieures volumineuses, ganglions de l'antitragus et cervicaux latéraux développés, hémiplégie faciale. (Vidal, de Cassis, loc. cit. y p. 510.)
Observation 262. — Névralgie temporo- frontale, hémiplégie faciale. Femme de 28 ans, lymphatique, n'accusant d'autres antécédents syphilitiques que des écoulements suspects, ressentit, il y a six mois, des douleurs nocturnes vives à la partie supérieure du tibia, suivies d'un gonflement notable de l'os. Quelque temps après, douleurs intenses
aux régions temporale et frontale gauches, sensation désagréable dans Toreille; huit jours après^ se déclara subitement une hémiplégie faciale avec insensibilité complète. (Liqueur de Yan Swieten, frict. mercur.) La paralysie ne tarda pas à subir une amélioration notable* (Gruyeilhier, Union médicale, février 1850.)
Observation 263. — Eœostose, hémiplégie faciale, douleurs ostéocopes. M. E..., 46 ans, a eu à 36 ans des chancres indurés avec engorgement des glandes inguinales, puis des syphilides, de l'angine, des douleurs articulaires. Il n'a fait qu'un traitement mercuriel fort incomplet. En janvier 1854, douleurs rhumatoïdes s'exaspérant la nuit, exostoses du; tibia; à la fin de mars, bourdonnements dans l'oreille droite ; peu de jours après, hémiplégie faciale complète du côté droit et surdité. Traitement antirhumatismal saqs succès. JÀ. Roquette attribue cette paralysie à une périostose ou à une exostosè dévelpppée dans le canal osseux parcouru par le nerf facie^l; lé 12 mai, ioçlure de potassium, 3 grammes, vésicatoire pansé avec Tonguent niercuriel; le 22, la paralysie a considérablement diminué ; iodure de potassium, 4 grammes. Le 20 juin, la guérison est complète. (Roqijette, Uni(m m^tcale, 1854,. p. 411.)
Observation 264. — Tumeur gommeuse, névralgie du plexus brachial. Th., 36 ans, a eu un chancre et des végétations à Tanus; le 23 avril 1848, douleurs aiguës dans tout le côté droit du corps, douleurs précordiales portées parfoisjusqu'à la lipothymie, qui résistent à divers moyens. Le 23 juin, névralgie du plexus brachial droit qui s'exaspère parla morphine. Le 1*' juillet, amblyopie de l'œil gauche, apparition de nombreuses tumeurs gommeuses, taches cuivrées sur le dos, douleurs ostéocopes nocturnes. (Liqueur de Van Swieteo); le 1*' août déjà, Tamélioration est très-prononcée, le 27j l'estomac ne supporte plus le mercurei; iodure de potassium. Deux mois après, guérison complète. (Gérard, de Lyon, lac. ciiJ^
Observation 265. — Périostose, névralgie, cervicobrachiale, L.., 29 ans, entre dans le service de M. Cazenave le 3 octobre 1844^ a eu une blennorrhagie il y a huit mois. Depuis deux mois, douleurs vives dans les épaules et le cou, revenant surtout la nuit, insomnie, douleurs insupportables vers Textrémité interne de la clavicule gauche, avec tuméfaction croissante de cet os. A son eiltrée, tumeur arrondie, dure, de Textrémité interne de ladavicule étant le siège de douleurs vives qui s'irradient jusque dans l'articulation de l'épaule. Ces dou-
leurs devienDent bientôt intolérables; le 15 octobre^ proto-iodure de mercure ; amélioration dès le lendemain; disparition des douleurs au bout de peu de jours. Le 7 novembre^ on ne saurait dire quelle a été la clavicule malade. (Cazenaye, Ann. des mal, de la peau et de la syphilis, 1. 11^ p. 128.)
Observation 266. — Paralysie du bras droit, douleur cervicale. Homme de 34 ans^ ayant des antécédents syphilitiques, s'est réveillé^ il y a peu de jours^ avec une paralysie complète du membre supérieur droit, bientôt suivie de fourmillements^ d'engourdissements dans les doigts et d'une sensation de froid dans tous les membres. Trois ou quatre jours après^ douleurs lancinantes^ intermittentes^ limitées à la région delà clavicule. La paralysie, qui d'abord avait atteint tous les muscles du membre, se localise dans les muscles qui meuvent le bras sur l'épaule ; ceux-ci ont perdu leur irritabilité électrique et s'atrophient. Dans la région cervicale droite^ au niveau de Fémergence des nerfs qui forment le plexus brachial et cervical^ on constate un point sensible à la pression. M. Nélaton^ pensant qu'une exostose comprimait les racines du plexus cervical et brachial^ soumit le malade à l'usage du proto-iodure de mercure. Les douleurs se dissipèrent en peu de jours^ et la paralysie diminua graduellement. (DEBOirr, Mém, de la Soc, de chir,)
Observation 267. — Céphalée nocturne, douleurs rhutnatotdes, paralysie du bras droit avec atrophie, exostose; iodure de potassium. Guérison, Pauline G.,., journalière, âgée de 29 ans, entre à Lariboisière (service de M. Ghassaignac), le 17 décembre 1838, pour une paralysie du bras droit, datant de trois mois.
Les recherches sur les prédispositions héréditaires de cette malade ne fournissent rien de spécial ; la malade eut une enfance exempte de maladie; elle fut réglée à 14 ans. De 14 à 20 ans, elle fut sujette à des étourdissements fréquents mais passagers; à 16 ans elle eut une rougeole assez grave. La menstruation est assez régulière. Depuis cinq à six ans la malade est sujette à des pertes blanches abondantes, lesquelles, presque toujours indolentes, s'accompagnent parfois de douleurs assez fortes. Depuis la même époque la malade accuse une céphalalgie vive, revenant par accès beaucoup plus fréquents et plus intenses la nuit que le jour. Gette céphalée s'accompagna bientôt de gêne dans le nez; les narines sécrétaient des croûtes épaisses, qui en se détachant amenaient un léger écoulement sanguin. Aujourd'hui on constate une déformation prononcée du nez par affaissement de la
4i8 DEUXIÈME PARTIE. — AFFECTIONS NERVECSES INDIRECTES.
cloison et des cartilages. Plus tard survinrent des douleurs dans toutes les articulations, puis des élancements dans les doigts et dans la main droite avec gonflement de la main ; on combattit ces accidents par l'application de yésicatoires sans grand résultat; la malade ressentait dans ces parties un froid continuel. Bientôt les douleui-s s'étendirent à Tavant-bras, la sensibilité s*y émoussa^ tant la sensibilité générale que le tact; la malade ne reconnaissait pas les corps qu*elle touchait, mais avait conservé le sentiment du chaud et du froid. Enfin Taffection gagna le membre tout entier et Tépaule qui devint raide; tous les mouvements du bras^ de Tavant-bras et des doigts furent abolis, de même que la sensibilité ; de plus le membre entier s'atrophia d'une manière assez notable; on appliqua des sangsues qui soulagèrent momentanément.
A son entrée à Thôpital^ h malade présente^ outre les symptômes que nous venons de passer en revue^ une exostose médio-palatine bien marquée et une exostose de l'extrémité sternale de la troisième côte. En palpant attentivement le cou, il nous semble que la région latérale droite est le siège d'un gonflement, d'un empâtement; on sent conune une tumeur profonde, mal délimitée, indépendante de la clavicule; la malade accuse des élancements qui, partant de ce point, s'irradient dans répaule et dans tout le bras. Le membre supérieur tout entier est paralysé; le mouvement est aboli, tandis que l'anesthésie est d'autant plus prononcée qu'on se rapproche davantage des doigts; tout le membre est froid. Les élancements sont plus fréquents la nuit que le jour; il y a de plus céphalée nocturne intense avec insomnie trèsfatigante. La malade, considérée comme syphilitique malgré le peu de précision des accidents primitifs, malgré ses affirmations de n^avoir jamais eu d'ulcérations aux parties génitales, jamais d'éruptions sur la peau, jamais de maux de gorge de longue durée, et lors même qu'on ne trouve sur le corps aucune trace d'accidents secondaires antécédents, est soumise à l'usage de l'iodure de potassium.
Au bout de peu de jours la céphalée et les élancements dans la région cervico-brachiale ont disparu, le sommeil est revenu.
Le 5 janvier 1859, l'amélioration est encore plus prononcée, la paralysie est moins complète; on continue le traitement spécifique et on soumet de plus la malade à l'électricité ab moyen de Tapparefl de Breton frères. La contractilité musculaire est conservée partout.
Le 13, les muscles du bras et de Tépaulè ont repris de la force, ceux de Tavant-bras et de la main ont recouvré une partie de leurs mouvements. La région cervicale droite présente encore de Tempfttement; en définitive, la malade est 6n voie de gbérison, et le trai-
tement est continué avec assiduité. (L. Gros, observation inédite,)
Observation 268. — Exostose ducoude, atrophie du bras.S.,,, deB...; 25 ans, a eu plusieurs chancres. Â Tâge de 21 ans, il prit du mercure sans méthode, ce qui amena la chute des dents et des cheveux et une émaciation considérable. Il y a trois ans, gêne dans les mouvements de Tavant-bras gauche avec gonflement du coude, douleurs nocturnes et insomnie. Traitement mercuriel, sudorifiques, bains russes, baios sulfureux sans aucun succès; articulation du coude convertie en une tumeur du volume d'une tête de fœtus à terme, bras et avant-bras atrophiés. (îodure dé potassium, 2 à 4 grammes par jour.) Au bout de quinze jours, la tumeur du coude a diminué de moitié, mouvements du bras plus faciles et plus étendus. (lodure de potassium, 8 grammes.) Au bout de quinze autres jours, le coude reprend sa forme et son volume normal, l'atrophie se dissipe sous Tinfluence de la gymnastique; les douleurs ostéocopes avaient disparu dès le quatrième jour du traitement. (Langevin, Bullet, gén, dethérap.^ t. XXllI,p. 20.)
Observation 269. — Névralgie du nerf plantaire interne droite atro^ phie du membre inférieur droit. X... a eu une syphilis primitive, il y a huit ans, suivie d'accidents secondaires et tertiaires. Enavrill838, douleurs vives au geuou droit avec tuméfaction delà tête du péroné. Quelques jours après, exostose Toluraineuse de la face interne du tibia droit. Ua mois plus tard, douleur aiguë à la face plantaire du piçd droit, prêtant son point de départ derrière la tête du péroné et dessinant exactement le trajet et les divisions du nerf plantaire interne jusqu'à l'extrémité des orteils; marche impossible. Atrophie du rnembrë inférieur droit; insuccès des n^iercuriaux, des narcotiques. Le 25 janvier 1840, iodure de potassium jusqu'à 5 grammes par jour. La guérison fut bientôt parfaite. (Lafargue, BulL gén. de thérap., t. XIX, p. 340.)