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DIAGNOSTIC DE LA LÉSION

L'affection et sa nature syphilitique étant reconnqes, il reste un autre point à élucider, c'est de déterminer si cette affection est avec ou sans lésion, et dans le premier cas, il reste- à dire en quoi consiste cette lésion et quel en est le siège.

Les moyens qui permettent d'arriver à cette détermination sont fournis par le laps de temps qui s'est écoulé entre l'accident primitif et Tapparition de l'affection nerveuse, par les accidents syphilitiques concomitants lorsqu'il en existe^ par les symptômes actuels et leur enchaînement.

Toutes les fois qu'il survient des troubles nerveux à une pér riode peu avancée de la syphilis^ dans le cours de la période secondaire^ ou tout au moins avant les symptômes tertiaires, on peut rejeter Texistence de toute tumeur volumineuse dans la substance nerveuse^ dans ses enveloppes^ pu dans les os voisins. Est-ce à dire quMl n'existe dans ceç cas aucune lésion ? Nous ne le pensons pas^ surtout lorscju'il s'agit d'une paralysie étendue^ d'une hémiplégie^ par exemple. Malgré le fait que nous passée dons avec absence de lésion appréciable à l'œil^ nous inclinons^ dans ces cas, à supposer l'existence d'une congestion, d'un travail inflammatoire ou d'un ramoUissenxent. Lorsque c'est l'amaurose qui se manifeste à cette période, on peut admettre comme probable une altération de la choroïde ou de la rétine^ de nature congestive ou exsudative.

Dans les périodes tertiaire ou quaternaire, lorsque les tissus profonds ou même les viscères sont devenus le siège de manifestations syphilitiques, on doit, de préférence, admettre l'existence de dépôts plastiques, de tumeurs dans les enveloppes ou au sein même delà substance nerveuse. Dans cette période on rencontre encore parfois des ramollissements^ ce qui tient à ce que tous les ramollissements ne dépendent pas de la même cause et ne sont pas le résultat d'une altération toujours identique.

Lorsqu'on constate sur les os des traces d'exostoses ou d'autres altérations de pâture syphilitique^ on pourra supposer que des lésions analogues, au voisinage des centres ou des branches nerveuses, sont la cause des troubles nerveux observés. Nous avons, d'ailleurs, assez insisté sur la marche toute différente des symptômes dans la syphilis cérébro-spinale et dans les cas d'afi^ection nerveuse indirecte, sur l'existence de symptômes congestifs, d'accidents apoplectiformes dans le premier cas, sur leur absence dans le second, pour n'avoir plus à y revenir.

La forme des accidents syphilitiques concomitants sera en outre d'une grande importance dans le diagnostic des lésions viscérales. Il est, en effet, rationnel d'admettre dans les viscères une altération du même genre que celle qui est accessible à là vue ; c'est ainsi qu'une iritis coïncidant avec une paralysie Ou une paraplégie devra faire soupçonner un travail de nature îpflam-

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inatoire vers la moelle ou les méninges^ que rexistence d'uu testicule vénérien^ de tubercules de la peau ou du tissu cellulaire indiquera un travail plastique sur un point quelconque du système nerveux. Dans le cas de syphilis latente^ il faut remonter à Taccident primitif qui pourra servir de guide. Ce sera d'après le temps pliis ou moins long qui se sera écoulé depuis son apparition qu'on pourra déterminer la lésion, autant que d'après les symptômes actuels.

On peut admettre d'une manière générale que plus les affections sont nombreuses et étendues, plus il faut admettre une lésion matérielle. La paralysie simultanée d'un ou de plusieurs nerfs ocuib-moteùrs et d'une partie plus ou moins étendue du corps doit faire supposer l'existence d'une tumeur à la base du crâne. Les accès épileptiformes coïncidant avec des paralysies plus ou moins étendues semblent indiquer une tumeur siégeant dans l'encéphale. Lorsqu'ils existent seuls, ils peuvent cependant être indépendants de toute lésion appréciable, comme l'a montré M.Dumoulin.

Le siège de la lésion nous est encore révélé par les troubles fonctionnels. Ce rapport de cause à effet ne varie pas, quelle que soit la nature de la lésion. C'est ainsi qu'une altération de la moelle^ qu'elle soit syphilitique ou non, donnera toujours lieu à de la parapléîgie, qu'une altération des corps striés ou des couchés optiques d'un côté entraînera l'hémiplégie du côté opposé. Lorsqu'une lésion portera sur la protubériance, on observera au dire de H. Gùbler, une lîémiplégîe alterne; enfin, les altérations d^ cervelet donneront lieu à des troubles variés de la locomotion, à un mouvement de recul, à des vomissements, etc..

Nous en avons fini avec les recherches relatives au diagnostic!

En .résume nous croyons que ni les affections nerveuses syphilitiques, ni lés lésions qui les produisent, ne possèdent de caràc-' tère distinctif absolu, de signe pathognomonique capable de révéler leur nature spécifique. Ce ne peut donc être que paj^ rétilde attentive des antécédents, eh tenant compte et de l'âigë du sujet, et des affections concomitantes, et d'un grand nombre de circonstances que nous avons sans cesse rappelées dans tout le cours de ce travail qu'on pourra parvenir à établir la nature

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des affections si nombreuses que peut détenniner la syphilis au sein du système nerveux. On ne saurait être étonné de ce résultat si Ton réfléchit que la détermination des manifestations cutanées de la syphilis ne repose que sur les seuls caractères tirés de leur forme^ de leur siége^ de leur couleur ; que des affections plus profondes, mais encore accessibles à la vue^ telles que l'angine, riritis, etc.. «ne sont, la plupart du temps, rapportées à leur véritable cause que par l'existence concomitante ou antécédente d'accidents spécifiques et que les caractères qu'on leur assigne sont loin de leur appartenir exclusivement.

Serait-il juste d'être plus exigeant pour le diagnostic d'affections intéressant l'appareil organique le plus complètement dérobé à nos moyens d'investigation, celui dont les fonctions sont le moins connues? Cette infériorité apparente du diagnostic spécial qui nous occupe est-elle, d'ailleurs, le propre de l'affection syphilitique du système nerveux, et ne se retrouve-t-elle pas la même pour toutes les maladies des centres nerveux? Chacun sait combien, malgré les belles recherches de Lallemand, Abercrombie, de MM. Rostan, Rochoux, Durand-Fardel, Forget, Dechambre, et de tant d'autres, malgré les travaux plus spécialement physiologiques de Magendie, Vady, continués avec tant d'éclat par MM. Jobort (de Lamballe), Cl. Bernard, Brown- Sequard, et par cette pléiade de physiologistes dont s'enorgueillit l'Allemagne ; combien, disons-nous, la détermination exacte des fonctions et des maladies du système nerveux est encore hérissée de difficultés, et combien de fois l'autopsie vient contredire, par des résultats irréfragables, les données les plus généralement admises dans la science.

Les altérations organiques et les troubles fonctionnels que produit la syphilis ne sauraient faire exception à cette règle générale; mais, en l'absence d'une certitude de diagnostic, qui sera probablement encore une chimère pendant longtemps, nous croyons avoir réuni un faisceau de probabilités capables, dans tous les cas, de guider le praticien dans la voie d'une thérapeutique heureuse et efficace.

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