INTRODUCTION
L'action du virus syphilitique sur le système nerveux peut être directe ou indirecte. Nous admettons que cette action est directe lorsque nous ne pouvons constater aucune lésion des tissus environnants capable de produire les symptômes nerveux observés. Dans le cas contraire, lorsque les tissus osseux^ fibreux^ les glandes sont altérés sous Tinfluence de la diathèse^ nous sommes le plus souvent autorisés à ne considérer les troubles nerveux que comme la conséquence de ces lésions matérielles, comme des symptômes de la syphilis de ces divers tissus: de là deux grandes divisions :
I. Affections nerveuses syphilitiques proprement dites, ou syphilis du système nerveux.
II. Affections nerveuses symptomatiques d'altérations syphilitiques des tissus voisins.
Cest la première de ces divisions qui doit surtout nous occuper car c'est à elle que se rapporte spécialement ce qu'on peut appeler une affection nerveuse. La seconde cependant ne nous parait pas moins importante à connaître par la diversité et la gravité des troubles que les manifestations syphilitiques étrangères au système nerveux sont capables de susciter dans les fonctions nerveuses.
La syphilis du système nerveux ne saurait plus être niée de nos jours. Les courtes données historiques dans lesquelles nous sommes entrés, les recherches fructueuses de quelques auteurs modernes sur la syphilis des autre^ viscères parlent assez haut poumons dispenser de débattre uùe question que chacune de nos pages tend à résoudre.
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des tissas vivants peuvent exister ou avoir existé sans qu'il nous soit possible de les constater après la mort.
Cette dernière manière de voir^ disons-le de suite^ est la nôtre.
i^ Nous croyons que les troubles variés que nous voyons survetiir dans les fonctions de l'innervation sous Tinfluence du virus syphilitique peuvent se rapporter à Taction de ce virus sur les liquides de l'organisme, et plus particulièrement sur le liquide sanguin ; que c'est souvent par l'altération du sang que l'innervation se trouve compromise à son tour et que là gît tout au moins la lésion qui rend compte des troubles variés que la syphilis produit du côté des fonctions nerveuses, lorsque l'autopsie n'a pu en trouver la cause palpable dans les solides.
â* Nous croyons encore que lorsque^ comme chez le malade de H. Ricord, il a existé des signes manifestes de troubles dans la circulation cérébrale, et que l'autopsie ne donne que des résultats négatifs, on peut admettre une congestion cérébrale dont les traces, comme cela a si souvent lieu^ se sont dissipées après la mort.
3® Nous croyons enfin que la congestion n'est pas la seule modification morbide de la circulation dans la syphilis^ que cet état diatbésique peut entraîner du côté des centres nerveux des troubles simulant plus ou moins exactement la congestion, et que nous sommes plus disposés à considérer dans quelques cas comme des symptômes d'anémie cérébrale. Nous développerons cette idée en temps et lieu.
Si l'on croit comme nous, on se rendra parfaitement compte du développement des affections nerveuses sous l'influence du virus syphilitique, et sans admettre des affections nerveuses sans lésions, on en admettra sans lésions appréciables.
Nous diviserons donc la première partie de notre travail en deux sections. La première comprendra les troubles nerveux syphilitiques sans lésions appréciables du système nerveux^ la seconde, les affections nerveuses syphilitiques pouvant être rapportées à une altération persistante du système nerveux^ ou à certains troubles de la circulation dont les traces disparaissent après la mort. Nous aurions pu rattacher à la première section certains faits de cette dernière catégorie^ mais la ligne de démarcation est
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souvent difficile à tracer^ et nous verrons^ d'après les>résuUats fournis par Tautop^ie d'un malade de H. Gubian que, même après la mort, on ne saurait toujours décider s'il existe ou non une lésion matérielle appréciable. D'ailleurs la forme congestive de la syphilis du système nerveux précède presque toujours les>formes plus graves^ et pour toutes ces raisons nous l'avons fait. rentrer dans notre seconde section.
Ceci posé^ l'ordre dans lequel nous aurons à étudier notre sujet se déroule tout naturellement.
Dans notre première section^ ayant affaire à des troubles fonctionnels^ à ce que l'on peut considérer comme des névroses nous les étudierons par fonctions^ et nous passerons successivement en revue :
Les névroses du sentiment^ Les névroses du mouvement, Les troubles de l'intelligence.
Dans notre seconde section nous étudierons les désordres fonctionnels qui accompagnent les altérations organiques du système nerveux^ altérations que nous réunissons sous le nom de syphilis cérébro-spinale^ dans laquelle, nous fondant sur l'anatomie pathologique^ nous reconnaissons deux formes principales :
La forme inflammatoire, La forme exsudative.
Ces deux formes sont précédées le plus communément de troubles passagers se rapportant très-exactement à la congestion; nous les avons donc fait précéder d'une première forme, la forme congestive, laquelle nous l'avons déjà dit, peut constituer à elle seule l'affection tout entière et se terminer par la mort. Nous étudierons successivement ces trois formes de la syphilis cérébro-spinale, nous nous occuperons de leur anatomie pathologique, de leurs symptômes, de leur marche, de leur pronostic, et nous terminerons cette seconde division par quelques considérations sur les causes qui nous paraissent favoriser la localisation de la syphilis sur le système nerveux.
Passant alors aux faits dans lesquels les désordres nerveux re-
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connaisse^ fl^j^î^ijf^nient pour cau^^d^ Ifekm syphilitique étrangère atK^^^llfQ|[i^^ (fnels sont ces dé-
sordres^ et comnîèttt Jeiir ensetnble syrtiptomatologique varie suivant la portion du système nerveux qui se trouve lésée ou seulement gênée dans ses fonctions. Ce sera Tobjet de la seconde partie de notre travail.
Possédant alors tous les matériaux nécessaires, nous pourrons traiter avec détails la grande question du diagnostic des affections nerveuses dues à la diathèse syphilitique, et nous le ferons avec la prudence que comporte une question si grave et si importante. Nous verrons qu'en Tabsence de cette certitude si rare en médecine^ on peut^ en appelant à son secours toutes les données diagnostiques^ quelque minimes qu'elles paraissent^ jeter néanmoins un grand jour sur ce sujet obscur^ et arriver à un faisceau de probabilités qui permettent de marcher hardiment dans la seule voie thérapeutique vraiment utile dans ces cas.
Nous terminerons enfin par quelques règles thérapeutiques que noDS croyons utile de rappeler^ et par les conclusions générales qui doiventrésumer notre travail.
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