‹ Des Albuminuries IntermittentesChapitre 8 sur 12 · EI · texte numérisé non relu

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IT, — Albuminurie intermittente des convalescents.

Nous ne nous étendrons pas longuement sur cette albuminurie. Nous inscrivons ici ce titre pour être complet. Mais il est bien avéré que chez beaucoup de convalescents, on peut voir persister de l’albumine peñdant longtemps après la guérison. Voici un fait qui nous paraît plein d’enseignements.

OBSERVATION. — Un de nos amis, M. C... étudiant en médecine, est pris de scarlaline grave en octobre 1893. On constate une albuminurie légère. Après avoir évolué normalement, la scarlatine guérit. Pendant le cours de la 3° semaine, signes de

néphrite aiguë. Pendant deux mois, malgré le régime lacté, l’al- :

bumine reste intense. Puis elle diminue progressivement et ne disparait qu’au bout de six mois, pendant lesquels le malade s’est astreint au régime lacté absolu. En mars 1895, légère angin: avec fièvre. Réapparition brusque de l’albuminurie, puis signes de néphrite suraiguë. Mort dans le coma urémique.

Dans beaucoup de cas, l’albuminurie intermittente a

été rencontrée chez des convalescents de diverses maladies.

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C'est là un point sur lequel il est important de fixer l’attention, parce qu’il serait possible de modifier par un régime approprié l’évolution du mal, et peut-être arriverait-on à “empêcher l'apparition plus tardive des lésions irrémé- diables du brightisme confirmé. | |

III, — Albuminurie intermittente chez les malades,

Nous serons très bref également sur ce point, pour plusieurs raisons.

D'abord, depuis les travaux de M. Bouchard, on sait quelle place énorme occupent les maladies infectieuses dans la pathogénie des néphrites. Des maladies infectieuses on peut et on doit rapprocher les intoxications (Gaucher, Pathogénie des néphrites. Th. Agrégation, 1886). Mais il est deux points sur lesquels l'attention mérite d’être appelée.

Le premier, c’est que chez un sujet prédisposé par l'hérédité , à plus forte raison chez un malade affecté d'albuminurie intermittente, la localisation rénale doit être plus fréquente et plus facile. C’est un point sur lequel nous n'avons pas de documents personnels. Il appelle des recherches que nous serions heureux de provoquer.

Le second est relatif au mode d'action des infections sur le rein. Il est probable que dans certains cas, l'agent infectieux ou toxique ne désorganise pas complètement l'organe, surtout chez les jeunes sujets. Il doit se produire alors de petits points de néphrite, analogues aux points isolés de broncho-pneumonie. Il n’y a pas de raison pour ne pas admettre l'indépendance pathologique des lobules du rein, embryonnairement distincts, ayant chacun sa cir-

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culation propre. M. Bard, tout en admettant l’existence de ces néphrites parcellaires, attribue l’albuminurie intermittente à la cicatrisation de ces foyers, aussi a-t-il proposé le nom d’albuminurie cicatricielle. Mais Talamon (congrès de Nancy), n’admet pas cette interprétation, faisant remarquer que l’albuminurie est une preuve de lésion en activité et non le témoignage d’un arrêt.

Il est banal de rappeler que dans les affections rénales les plus nettes, l’albuminurie peut faire défaut pendant plus ou moins longtemps, apparaître d'une façon passagère, puis s'installer définitivement. Une de nos observations en est une preuve et les faits de ce genre abondent dans les auteurs. Nous n’y insisterons pas. Mais il importe de savoir que cette albuminurie se manifeste aussi dans le diabète où les reins peuvent offrir les lésions d’Armanni et d'Ehrlich ou même les altérations de la néphrite la mieux caractérisée. C’est un fait banal, aussi ne faisons-nous que

le signaler.

Dansune affection beaucoup plus fréquente qu’on ne le croyaitautrefois, le rein mobile, l'albuminurie intermittente a été signalée (Newmann, Marion). Il s'agit sans doute d’une albuminurie par stase veineuse, augmentant ou diminuant suivant le déplacement rénal. |

Enfin, on doit faire une place à l’albuminurie passagère si commune chez les cardiaques, où on la voit procéder par

petites poussées, jusqu’au jour où elle devient définitive.

Pronostic

Le pronostic de l’albnminurie intermittente doit être envisagé à deux points de vue, ou pour mieux dire, il ya lieu de distinguer entre le pronostic immédiat et le pronostic à longue échéance.

Le pronostic immédiat n’est évidemment pas grave. Ce qui peut le modifier, c’est l’état général du sujet. Mais il est clair que chez un sujet sain en apparence et dont les fonctions semblent normales, la présence journalière de quelques centigrammes d’albumine ne peut avoir une signification bien redoutable.

Mais le pronostic éloigné est beaucoup moins bénin. Sans doute il est des albuminuries qui guérissent et qui jamais ne se reproduisent, quelles que soient les circonstances. Seulement nous ne pouvons pas affirmer que tel ou tel cas bénin dl’apparence, se terminera par la guérison.

On devra donc toujours tenir pour suspect l'avenir d’un albuminurique, son albuminurie fût-elle aussi faible que possible ; on devra surtout faire des réserves au point de vue de l'intervention possible des infections, des traumatismes, des émotions violentes qui peuvent révéler une néphrite ignorée et en précipiter la marche. Dans ces dernières années, on a vu l’infiluenza jouer ce rôle révélateur ; certaines opérations pratiquées sur les organes génitaux, des fatigues cérébrales donnent le même résultat.

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Diagnostic

Tout le monde sait, ou croit savoir comment on recherche l’albumine dans l'urine. Les réactifs proposés sont cependant très nombreux, ce qui a priori indique que la recherche n’est pas tellement aisée.

Tous, d’ailleurs ont des défauts.

Le procédé classique, acide nitrique et chaleur, le procédé de Heller-Gulber, acide nitrique seul à froid, ont l’avantage de ne pas précipiter autre chose que l’albumine, mais leur sensibilité est médiocre et certaines albumimuries minima risqueraient de passer inaperçues si ces procédés étaient seuls employés. Beaucoup plus sensibles, le réactif acéto-picrique d’Esbach et le réactif de Tanret ont le défaut de précipiter autre chose que l’albumine. Cependant, quelques précautions permettent d’éviter l'erreur. Aussi. quand il s’agit de mettre en évidence de petites quantités d’albumine, est-ce à eux qu’il faut donner la préférence. A l'exemple dé Capitan et de Chateaubourg, nous avons employé le réactif Tanret. On sait, que c’est un iodure double de mercure et de potassium en solution acide.

Toute urine qui précipite par ce réactif, et dont le précipité ne se redissout pas par la chaleur, est une urine albumineuse. Seulement, il faut que le précipité -soit

net. Un louche à peine appréciable, ne permet pas, à notre avis, de conclusion ; Capitan n’a pas voulu tenir compte de ces cas ; de Chateaubourg, au contraire. les a comptés ; il y a cependant une cause d'erreur : c’est que l’urine traitée par le réactif Tanret louchit à froid quaad elle contient des urates en excès, des peptones, des alcaloïdes; la chaleur les élimine; mais elle précipite aussi la murine dont il est plus difficile de se débarrasser. Or, comme beaucoup d’urines en contiennent, il est préférable de ne compter que les précités nels.

En procédant ainsi, l’albuminurie vraie, celle dont on peut tenir compte en clinique, est aisée à déceler. Cependant cette réaction ne satisfait pas tout le monde.

Posner aemplo yé un procédé beaucoup plus compliqué ; il traite l’urine par la sonde caustique qui dissout les protoplasmas cellulaires ; or, l’urine normale contient toujours quelques éléments anatomiques, cellules épithéliales, etc, susceptibles de donner naissance à un très léger précipité albumineux, insensible avec fes réactifs ordinaires.

Senator dans son T'railé et dans ses lettres à Lecorché et Talamon (Médecine moderne 1891, numéros 12, 15, 19), déclare que si l’on ne trouve pas d’albumine chez tout le monde, cela tient à ce que les réactifs manquent de sensibilité ou que l’urine est trop diluée. À ;

Or, la question n’est pas de savoir si, avec des réactifs beaucoup plus sensibles, on trouverait de l’albumine chez tout le monde; mais bien à déterminersi on en trouve avec les réactifs dont nous disposons. Nous nous sommes déjà

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