‹ Des alcools et de l'alcoolismeChapitre 2 sur 4 · DE TÈTE · texte numérisé non relu

DE TÈTE

Aldéhyde , . . 2P,8

Alcool éthylique ou

Alcool propyliq.

Acétate d’éthyle

vinique pur. , . 78'^

Alcoolbiitylique.

(éther acéliq.

Alcool amylique.

ordinaire). . 72*^, 7

Valérian.ale

d’éthyle ....

Acétate d’amyle.

Prod. innominés

et toxiques

bouillant au

delà de. . . .

Ce tableau n’est pas tout à fait complet. Il conviendrait d’y ajouter diverses substances, dont la plupart ont été signalées par M. Kékulé dans les alcools artificiels dïi commerce. Parmi elles se trouvent la métaldéhyde, l’acétate de butyle, lesbutyrates d’éthyle, de butyle et d’amyle, les valérianates de butyle et d’amyle, etc. Ces substances s’y trouvent en quantités si minimes qu’elles sont facilement négligeables. Toutefois, je dirai ce que je sais déjà du mode d’action de certaines d’entre elles, et ce que je présume du mode d’action des autres.

Lorsqu’on analyse par une distillation méthodique les alcools de vins, on trouve qu’ils présentent une composition notablement différente de celle des alcools de grains, de betterave et de pomme de terre. Les alcools du vin renferment de bien faibles quantités d’alcools propylique et butylique; ils ne contiennent pas d’alcool amylique, Leur bouquet est dû à des composés étbérés, tels que l’acétate d’éthyle déjà cité et surtout

(1) Parmi les mauvais goûts de tête, je devrais citer, en première ligne, des produits gazeux plus ou moins toxiques dont je ne dirai rien pour le moment, parce que j’en ai à peine commencé l’élude.

VéÜier œnanihiqne oa œnanthate (rétiiyle, composés qui ne sont pas toxiques proprement dits; ces composés peuvent, d’après mes recherches, favoi'iser l’ébriété, mais ils ne me paraissent pas capables d’amener l’alcoolisme chronique.

Quelles sont les quantités approximatives des impuretés qui se trouvent dans les alcools des distilleries de grains, de betteraves et de pommes de terre? Mes recherches personnelles ne sont pas aujourd’hui suffisamment nombreuses pour me permettre de me prononcer à ce sujet. Toutefois, je puis dire que j’ai trouvé, dans les alcools de pomme de terre simplement épurés à froids et livrés ainsi à la consommation, au moins 5 pour iOO des impuretés précitées. 11 s’en trouve des quantités plus fortes dans les ilegmes ou alcools des paysans de Suède. Les alcools rectifiés rapidement une fois, après épuration par le charbon, en renfermeraient, d’après des recherches que je continue en ce moment, au moins de 2 à 3 pour 100. En admettant le nombre 5 et même le nombre 3 pour 100 comme représentant la moyenne des résultats, on voit que swr lesdeux milliards de litres d'alcools de grains, de betteraves et de pommes de terre qui sont versés dans la population, il y a de 60 à 100 millions de litres d'impuretés. L’alcool amylique forme approximativement lesdeux tiers de ces impuretés.

Les données que je cite sont en concordance avec celles qu’ont exprimées des chimistes qui font autorité. « L’eau-devie de pomme de terre contient de l’alcool amylique qui lui communique un goût et une odeur désagréables. Cette huile s’y trouve quelquefois en assez grande quantité pour que l’eau-de-vie devienne laiteuse par son mélange avec l’eau. » (Pelouze et Fremy.)

Les quantités approximatives des composés autres que l’eau et l’alcool éthylique pur qui se trouvent dans les eauxde-vie de vin et de marc de raisin, sont plus faibles que celles qui existent dans les alcools de grains, de betteraves et de pommes de terre. D’apiès des données qui ne me sont point personnelles, mais que j'ai lieu de croire exactes, elles seraient

soiilement au plus de 0,5 à i pour 100. Mais, ce qu’il importe de se rappeler, c’est que la qualité de ces corps étrangers est tout à fait différente de celle des impuretés qui se trouvent dans les autres alcools. Au lieu de l’alcool amylique, du valérianate d’arnyle et d’huiles infectes et toxiques, nous trouvons dans les produits étrangers de l’alcool du vin une très- faible quantité d’alcool butylique, des produits d’une odeur suave qui donnent le bouquet des vins, tels que l’acétate d’éthyle et l’élher œnanthique, etc., auxquels, d’après des expériences que je citerai, on peut certainement attribuer une influence dans la production de l’ébriété, mais non des effets toxiques dans l’acception du mot, ni une influence sur la production de l’alcoolisme.

Il s’agit maintenant d’étudier le mode d’action des substances précitées, d’établir une distinction entre celles qui sont inoffensives ou peu actives et celles qui sont funestes.

Aldéhyde éthylique G-H^O. — On désigne par l’expression générale à' aldéhyde (alcool déshydrogéné) , divers composés qui représentent des alcools moins deux atomes, c’est-à-dire moins une molécule d’hydrogène IP.

Soit (par exemple) l’alcool éthylique, G2H60. En enlevant deux atomes d’hydrogène à cet alcool, on obtient l’aldéhyde éthylique ou éthyl-aldéhyde.

Csipo — 1J2 := c^H^O

alcool aldéhyde

éthylique. éthylique.

Nous ne nous occuperons que de l’aldéhyde éthylique, la seule qui nous intéresse dans la question.

Ce composé est un liquide incolore, d’une odeur caractéristique à la fois vineuse et irritante, d’une densité égale à 0,807. Il est soluble en toutes proportions dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther. Il est très-volatil et bout à 21%8.

L’aldéhyde se forme dans l’oxydation partielle de l’alcool

éthylique, soit sous rintluence directe de l’oxygène de l’air, soit sous l’influence de corps oxydants.

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