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PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES DU TABAC

Administrée à une forte dose, elle produit une contraction tétanique, comme le démontre Claude Bernard. Au déclin de la phase tétanique, on voit se produire un tremblement. D'après Galezow.ski 3

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Vulpian, ces mouvements convulsifs ont pour cause une iri itacion de la protubérance ; mais comme il y a aussi des phénomènes d'excitation du pneumogastrique et du phrénigue, on doit donc admettre avec le professeur G. Sée, que la nicotine agit aussi sur la moelle allongée. Des centres nerveux, l'action de ce poison s'étend successivement sur les différents nerfs, sensitifs et moteurs.

C'est sur les muscles lisses que la nicotine agit d'une manière la plus constante et y provoque des contractions spasmodiques. Cela se voit plus particuliôi'ement du côté de l'iris, dont la puj)ille prend l'apparence myotique, comme cela avait été prouvé par les expériences physiologiques. De nouvelles recherches viennent d'être faites à ce sujet en Amérique, que nous croyons utile de reproduire.

Il résulte, en effet, des expériences qui ont été instiiuées au Chili, par le D'' William Benham, de Santiago (1), que toutes les fois qu'il a fait des injections hypodermiques de nicotine, ou qu'il l'a administrée par la bouche, la pupille se contractait immédiatement et cette contraction durait un temps plus ou moins long.

Une solution de rh d.e nicotine pure dans deux gouttes d'eau, instillée dans l'oeil de l'homme, amenait immédiatement une contraction de la pupille, suivie d'une forte douleur, d'une augmentation de la sécrétion lacrymale et d'une injection du globe de l'œil.

Voici, du reste, lé tableau que donne M. Benham dans sou travail, et d'après lequel on peut juger du degré de la contraction pupillaire. On y voit, en même temps, que l'instillation n'étant faite que dans un œil, la pupille, néanmoins, s'est contractée dans les deux yeux.

^ de nicotine a été instillée dans l'œil droit, et les mensurations de la pupille ont donné los résultats suivants :

(1) William Beiiluim, Awhn (te la nicotina (Revtsta medica de Chile, 15 aoùl 1876, p 53}.

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Pupille droite. Pupille gauche.

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En 20 secondes 15 »

Eu 10 minutes 11 15

Ces expériences démontrent donc, d'u ne manière incontestable, que la nicotine appliquée localement produit une contraction de la pupille. Administrée par la bouche, l'action est la même, mais elle est moins prononcée et moins durable, comme cela est démontré par William Benham.

Mais, outre l'étude physiologique, il y a aussi les observations toxicologiques qui démontrent la même action du poison surl'œU.

L'histoire de l'empoisonnement par la nicotine n'est bien •connue que depuis 1850, époque de l'empoisonnement de Gustave Fougnies par le comte de Bocarmé,qui a donné naissance à un des travaux les plus remarquables de médecine légale, entiepris par M. S tas à ce sujet.

Les expériences qui ont été faites depuis avec ce poison et les observations d'empoisonnement accidentel qu'où a recueillies, nous démontrent que l'usage du tabac, soit comme médicamenl, soit pour fumer, peut donner lieu à des accidents toxiques qui, sans être aussi désastreux que ceux d'empoisonnement par la nicotine, n'en constituent pas moins des symptômes nerveux d'une certaine gravité, qui exigent une intervention prompte et énergique.

Tardieu (l) et le D"" Gallavardin (2) ont réuni de nombreux exemples d'intoxication que peut produire le tabac, employé

(1) Tardieu, Etude médico-légale sur l'empoiionnement. Paris, 1875, p. 927

(2) Gallavardin, Empoisonnement par f application des feuilles de tabac nur In peau (Gazette des hôpitaux, 20 aoûH864).

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extérieurement soit comme moyen thérapeutique, soit dans tout autre but.

Ainsi, d'après ces auteurs, le D' Namias (de Venise) avait observé un fait très-intéressant sur un contrebandier qui se couvrait toute la peau nue de feuilles de tabac, qu'il voulait soustraire au paiement de l'impôt. Le tabac mouillé par la sueur, excita un véritable empoisonnement.

Les accidents toxiques de tabac, employé en fumée, peuvent être quelquefois tout aussi violents que ceux qui résultent de l'administration par la peau et la bouche. Il sufflt de citer l'observation qui a été rapportée par Tardieu, et que nous reproduisons en entier.

Observation (1). — Empoisonnement accidentel, non suivi de mort, par la fumée du tabac [Journal de Yander Monde, il o9, p. 68).

Un vigneron, qui avait été soldat, et qui était âgé environ de quarante- deux ans, fit la gageure avec un de ses voisins, de fumer dans une après-midi, et de suite, vingt-cinq pipes detabac, quoiqu'il n'en fumât constamment que trois ou quatre par jour. Il gagna son pari ; mais la fumée que cet homme avala, ou ce qui est la même chose, la salive empreinte des parties subtiles de cette substance, fit un tel désordre dans son corps, qu'au bout de quelques heures, il fut saisi d'un étourdissement, suivi de perte de connaissance, qui ne lui revint qu'après des vomissements très-violents et continuels, et qu'on apaisa à force de lui faire boire du petit-lait. Malgré le prompt soulagement que le petit-lait procura à cet homme, il lui resta, pendant l'espace de dix-huit mois, de grands maux de tête et du vertige qui l'obsédaient de temps en temps, avec beaucoup de violence; et ce qu'il y a de particulier, c'est qu'il a eu, depuis cet accident, une telle aversion pour la fumée de tabac, qu'il disait que la vue d'une pipe lui faisait mal à la tête.

(1) Tai'dieu, loc. cit., p. 953.

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