ECZÉMA PALPÉBRAL PRODUIT PAR L'OPIUM. S
ec::éma est caractérisé géiiéralcmonl par un gonflemeat considérable des paupières, du front et de la joue ; on outre, toute celte surface se trouve recouverte d'une multitude de petites vésicules fines, acuminôes, et contenant du liquide louche ou blanchâtre, qui ne tarde pas à se transformer en pus. Cette éruption est accompagnée d'une démangeaison insupportable et que rien no pourra calmer, si ce n'est la suppression des prépai'ations opiacées.
Je me rappelle avoir rencontré des malades atteints de glaucome chronique et absolu, et qui souffraient beaucoup de névralgies périorbitaires. L'atropine et la belladone n'amenaient aucun soulagement; chez un d'entre eux, même, il y avait de l'aggravation de tous les symptômes morbides à chaque instillation d'atropine. J'ai dû ainsi avoir uniquement recours aux préparations opiacées.
D'abord j'ai eu recours aux frictions au pourtour de l'orbite avec la pommade morphinée, à la dose suivante, et que j'ai vue très-souvent calmer les plus fortes névralgies.
Hydrochlorate de morphine, 0 gr. ^2o centigr.
Faites dissoudre dans une Q. S. d'eau et ajoutez ;
Axonge, 10 grammes.
Cette pommade, employée en friction au pourtour de l'orbite, amena un soulagement marqué, mais au bout de quelques jours il était survenu un eczéma de toute la face tellement considérable, qu'il fallut suspendre la pommade. Plusieurs fois j'avais recommencé la pommade, et toujours avec le même insuccès. Peu à peu, l'œil avait guéri, mais au bout de quoique mois de nouveaux accidents inflammatoires avaient surgi dans le même œil ; j'ai employé des compresses chaudes de la solution d'extrait d'opium dans la proportion d'un gramme pour 100. Dès le lendemain, V eczéma avait envahi les paupières, le front et la joue, comme après l'usage de la pommade, et il fallut y renoncer.
Incontestablement, il s'agissait chez notre individu d'une idiosyncrasie et il fallait renoncer d'une manière absolue aux préparations opiacées.
Ces idiosyncrasies, je les ai rencontrées plus de dix fois.
c'est pourquoi je ne prescris les préparations opiacées à l'usage extérieur, qu'après ra'être assuré préalablement qu'il existe chez- le malade une certaine tolérance de la peau pour l'opium. Quelquefois, l'œil supporte pendant quelques jours ce narcotique, et ce n'est que plus lard qu'une irritation envahit la peau et amène un eczéma.