SUR LES TROUBLES VISUELS OCCASIONNÉS PAR LA BELLADONNE
Il serait superflu de s'étendre aujourd'hui sur les avantages que nous procure l'atropine dans le traitement des affections oculaires. L'atropine n'est pas seulement un médicament narcotique, mais il agit aussi d'une manière toute spéciale sur les inflammations des membranes oculaires en général, en diminuant la congestion et ralentissant la circulation dans les vaisseaux capillaii'es péricornéens, et en particulier dans tous ceux qui proviennent des ciliaires antérieurs. D'autre part, en paralysant momentanément le muscle accommodateur, l'atropine empêche les stases veineuses de se produire du côté des membranes internes de l'œil. C'est ainsi que l'usage de l'atropine s'est généralisé dans ces dernières années, dans le traitement de la myopie progi'essive. Les recherches de Schnabel (1) nous montrent, en effet, combien ce médicament est efficace dans la myopie progressive, surtout lorsqu'il est employé avec méthode et dans une certaine limite.
Mais, si l'utilité de l'atropine dans les affections oculaires est bien démontrée, ses inconvénients ne sont pas encore bien étudiés, et on connaît en général très-peu les accidents qui surviennent à la suite d'un usage prolongé d'atropine, c'est ce que nous avons cherché de démontrer dans un travail récent (2).
Les accidents provenant de l'instillation d'atropine dans l'œil sont de deux .sortes : les uns, purement visuels, d'autres, généraux, nerveux, d'autres enfin locaux, oculaires. Les accidents locaux .sont très-fréquents, ils s'observent surtout du côté de la conjonctive palpébrale et bulbaire, plus rarement du côté des voies lacrymales ou d'autres membranes do l'œil.
M) Sdinabcl. Arc/iive f. OpIUhulmologie. Bd. XX. Ablli. II, p. 1. (2) Galezowdki. Hecucil d'opht/to.lniolof/ie, avril, 1875.
Examinons successivement cliacune de ces lésions et voyons biiels sont les symptômes principaux qui les caractérisent.
ARTICLE I