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de meilleurs instruments, de meilleures machines, et font travailler en commun une masse-d’ouvriers. C’est pourquoi nous voyons les artisans et les paysans se ruiner de plus en plus, s'engager comme ouvriers dans les fabriques et les usines, déserter les villages et s’en aller dans les villes.
Dans les grandes entreprises industrielles les rapports entre patrons et ouvriers ne sont plus, désormais, les mêmes que dans les petits ateliers. Par sa fortune, par sa position sociale, le patron est supérieur à l’ouvrier au point qu’il y a entre eux un véritable abîme; que très souvent ils ne se connaissent pas l’un l’autre et n’ont rien de commun. L'’ouvrier n'a aucune possibilité. de devenir patron. Il est condamné à rester éternellement pauvre et à travailler pour des richards qu'il ne connaît pas. Au lieu de deux ou trois ouvriers, employés chez le petit entrepreneur, on voit apparaître maintenant une masse d'ouvriers, venant de tous les côtés et changeant continuellement. Au lieu des ordres directs du petit entrepreneur, c’est un règlement général rendu obligatoire pour tous les ouvriers. La continuité des anciens rapports entre les patrons et les ouvriers disparaît : le patron ne tient pas le moins du monde à ses ouvriers, parce qu’il peut toujours en trouver d’autres dans la foule des sans-travail, prêts à se faire embaucher par le premier venu. Dès lors, le pouvoir du patron sur les ouvriers se trouve augmenté, et le patron en profite pour faire tenir l’ouvrier dans le cadre étroit du travail de fabrique, au moyen d’amendes. L’ouvrier a dû se soumettre à cette nouvelle limitation de ses droits et de son salaire parce qu’il est aujourd’hui impuissant devant le patron.
Ainsi les amendes ont fait leur apparition dans le monde il n’y a pas très longtemps : elles sont apparues avec les grandes fabriques et usines, avec le grand capitalisme, avec la
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rupture complète entre patrons-richards et ouvriers pieds. Les amendes ont été le résultat du développement plet du eue et du complet ASSETVIRAEENS de du
Îls comprirent que, pour éviter la mort par la famine € e tla dégénérescence, dont les menaçait le capitalisme, il ne leur
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vu combien la nouvelle loi était injuste à l'égard des ouvriers: combien les concessions accordées aux ouvriers étaient minimes, ne serait-ce que par rapport aux revendications formulées, par exemple, par les grévistes de chez Morozov; nous avons vu comment la loi offrait partout des facilités aux patrons désireux de la violer, comment les règlements sur l’attribution des secours avaient été rédigés dans leur intérêt, en associant à l'arbitraire des patrons celui des fonctionnaires.
Lorsque cette loi et ces règlements entreront en vigueur, lorsque les ouvriers en prendront connaissance et que, dans leurs conflits avec les administrateurs, ils ressentiront le joug de la loi, ils prendront peu à peu conscience de leur état d’asservissement. Ils comprendront que seule la misère les a forcés à travailler pour les riches et à se contenter de misérables sous pour prix de leur dur labeur. Ils comprendront que le gouvernement et ses fonctionnaires prennent parti pour le patron et que les lois sont faites de façon à aider le patron, à opprimer l’ouvrier.
Les ouvriers comprendront enfin que la loi ne fera rien pour améliorer leur situation tant qu’ils resteront dans la dépendance des capitalistes, parce que la loi sera toujours partiale pour les capitalistes-patrons, parce que ces derniers sauront toujours user de faux-fuyants pour tourner la loi.
Ceci compris, les ouvriers verront qu'il ne leur reste qu’un moyen de défense: s’unir pour la lutte contre les fabricants et contre les pratiques injustes établies par la loi.
Ecrit en automne 1895. Imprimé en 1895 illégalement, à Saint-Pétersbourg, à l'imprimerie des populistes.