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DÉLIMITATION ET DÉFINITION

On a réuni sous le titre d'amers un nombre de substances présentant cette commune propriété: l’amertume; mais c'est là un caractère unique, et nous voyons aussitôt combien sont arbitraires ces classifications systématiques basées sur un seul caractère, car les amers ainsi compris embrassent côte à côte des substances différant absolument entre elles, ne pouvant être comparées ni au point de vue physiologique, ni au point de vue thérapeutique. Bien plus, certains auteurs, étendant au delà du règne végétal le cercle des substances amères, ont cru pouvoir faire entrer dans leurs classifications des sels minéraux offrant la propriété d’être amers.

Il est donc de toute nécessité que nous établissions une limite dans la classe des médicaments amers, et que nous ne fassions pas entrer dans son sein toute substance douée d'amertume. Évidemment, les médecins qui ont employé les premiers ce titre général d’amers ont en-

A0 sendu ne comprendre dans ce groupe que les médicaments qui ne peuvententrer par une propriété spéciale distincte dans aucun autre. Nous ne serons pourtant pas aussi exclusif, bien que nous ne croyions pas devoir suivre l'exemple de Louis Hébert(in Dict. prat.), qui parle d’amers antispasmodiques, controstimulants, fébrifuges, etc. À ce compte, toute la matière médicale y entrerait, et la classe des amers rencontrerait au moins un spécimen de chaque classe de médicaments.

Nous ne pouvons d’ailleurs nous restreindre aux amers purs, aux amers francs, amers proprement dits de quelques auteurs. Outre que leur délimitation n’est pas nette, nous éloignerions d‘eux des substances œui ont des caractères analogues.

Nous rangeant ici sous l'autorité de Rabuteau, nous définirons avec lui les amers : « des médicaments d’origine végétale, ayant une propriété organoleptique commune et des propriétés physiologiques et thérapeutiques analogues, comparables. »

L’amertume, à vrai dire, est le seul caractère bien net des amers. Nous voulons dire par là que la chimie ne peut pas définir l’amertume ni l’admettre à priori; nos organes seuls ont qualité pour cela. Ils constituent un réactif sensible, qui va nous donner d’autres caractères. La chimie, cependant, ne peut pas se désintéresser; elle nous prouve que toutes les substances amères végétales sont azotées (alcaloïdes), et qu’en faisant intervenir de l’azote dans l’acide phénique on le transforme en acide picrique (amer jaune de Welter). Mais, si c’est là un caractère général, il n’est pas constant, car les glucosides ne sont pas azotés et peuvent être amers (digitaline). (Guès.)

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