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a) Catarrhe chronique de l'estomac.—Gastrite catarrhale chronique. Embarras gastrique chronique ou habituel. Maladie bien caractérisée : la langue est chargée, saburrale. Comme elle est le miroir de l'estomac et on peut dire de l'intestin, utilité des vomitifs, des évacuants, et modificateurs topiques. On emploiera les amers purs ou laxatifs, car il y à ordinairement constipation (Quassia, Gentiane, Centaurée, Boldo, Doundaké, Chicorée, elc.). Ils agissent en augmentant les sécrétions qui étaient diminuées ou nulles (eupeptiques de Rabuteau), et aussi en stimulant les contractions, car on sait que les muscles sous-jacents aux muqueuses enflammées même chroniquement sont parésiés (Stokes). D'ailleurs l’augment des contractions fait sourdre le suc des glandes. C’est dans ces cas surtout que la noix vomique est utile.
b) Catarrhe chronique de l'intestin.— $e traduit au contraire par de la diarrhée. Phénoménisation: grondements intestinaux, météorisme, irritabilité au début, plus tard atonie. Nous aurons recours aux amers astringents (Quinquina, Simarouba, Olivier, Frêne, Chêne, Andrèze, Acajou-mahogon, Acore odorant, Wachwachor, décoction d’écorce de Saule). Y ajouter dans la période irritative le Colombo, amer mucilagineux de Shraff, ou les amers sédatifs (Houblon, Laitue). Plus tard, au contraire, conviendraient les amers stimulants, Ombellifères et Labiées amères (Angusture, Sauge, Mélisse, Cascarille, Germandrée, etc.) |
e) Dyspepsies.—Peuvent être considérées suivant leur origine étiologique (goutteuse, dartreuse, arthritique), et nous nous en occuperons plus tard. Nous devons dire que, dans ce cas, les amers sudorifiques et diurétiques conviendraient. Il vaut mieux les considérer au simple point de vue des maladies del’estomac, suivant leur prédominance symptomatique: dyspepsie atonique et flatulente, dyspepsie irritative ou acide, dyspepsie par défaut de sucs digestifs, ou apepsie. A ces trois groupes conviennent les amers, mais nous devons spécifier les indications particulières.
À la dyspepsie atonique opposer les amers purs, les astringents même, s’il n’y à pas une trop forte constipation; les donner avant et
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pendant les repas: Quassia, Gentiane, Doundaké, Boldo, Ombellifères et Labiées (carminatifs); quelquefois Quinquina ou Cannelle.
A la dyspepsie irritative, qui ressemble singulièrement aux symptômes produits par l’abus ou l’excès des amers (pyrosis, aigreurs, défaillance, contractions), les amers conviennent bien peu. Si pourtant on les prescrit, il faut les administrer après le repas et choisir de préférence les sédatifs et les astringents.
. Contre la dyspepsie apeptique, employer les amers purs et en infusion; l’infusion aura pour effet de faire sécréter de la salive et éviter les acides carbonique, butyrique, produits de leur vicieuse ou lente transformation, puis elle stimulera la sécrétion gastrique et hâtera l’évolution des albuminoïdes, ainsi que la transformation en glucose du saccharose formé, qui fermente aussi s’il n’est pas absorbé rapidement. Dans ces cas, donner les amers avant et après le repas. (Guës.)
d) Gastralgie.— Trop souvent confondue avec la dyspepsie, la gastralgiie est la névralgie de l'estomac. Affection très-douloureuse et heureusement fort rare. Mais elle peut entrainer la dvspepsie ; toutes deux du reste sont compagnes de la diathèse arthritique. Alors amers sédatifs, quand on croira devoir en prescrire, et, en cas de diathèse, les amers diaphorétiques et diurétiques.
e) Dysenterie chronique.— Columbo. Les amers astringents déjà signalés.
f) Vers intestinaux. — Tous les amers ont été employés chez les enfants. Quelques-uns réussissent bien: le Quassia est mortel en lavements pour les ascarides et les oxyures : le tœnia n’est pas influencé par les amers. On peut avantageusement les associer aux vermicides.
2o MALADIES CIRCULATOIRES ET GÉNÉRALES
a) Fièvre intermittente. — Ce sont les amers diurétiques (Persil, Alkekenge) et les amers aromaliques (Camomille, Angusture, Café) qui
E Goires ont été le plus employés. Aujourd’hui toutes ces substances sont remplacées par le Quinquina.
Disons un mot. Autrefois on ne le donnait qu'après le septième accès, pour deux motifs : l’un théorique, c’est que la fièvre était un mouvement d’ébullition, qui provoquait la coction et l'évacuation des humeurs et devait être respectée dans de certaines limites; l’autre pratique, c’est que bien des fièvres saisonnières guérissaient avant le septième accès. Aujourd'hui on connaît le danger de l’expectation, et on agit, Dans les formes graves des fièvres palustres, on ne donne le Quinquina qu'à défaut de quinine. Dans les fièvres quotidiennes, tierces, quartes, il est bon de le donner, parce qu’on a souvent affaire à des fièvres récidivées, anciennes, où l’on a reconnu bien souvent l’impuissance de la quinine, qui finit par s’user. Dans les fièvres rebelles à la quinine, il faut également l’administrer: c'est là son triomphe, car la quinine à ses heures de défaillance, comme dit Delioux, et le Quinquina la supplée. Dans la cachexie paludéenne, il vient à bout, employé en masse, des désordres de toute sorte : anémie profonde, engorgements abdominaux, hydropisie, faiblesse générale amenée par la lente et persistante influence palustre (Delioux).
Revenons à l’Angusture. Les Anglais, de Humboldt, Albert, ont vanté l’Angusture, qu'ils préféraient au Quinquina. Fonssagrives lui reconnait avec lui une grande ressemblance thérapeutique. On sait aujourd’hui que l'association de ces deux agents a un pouvoir fébrifuge supérieur à celui du Quinquina isolé. Stohl était un partisan de l’Angœusture contre les fièvres. Elle abaisse le pouls (Rabuteau).
Outre la renommée la plus ancienne, la Camomille a été patronnée par des noms tels que ceux de Morton, Hoffmann, Trousseau (Quinquina de l'antiquité.)
Le Persil, PAlkekenge ont été employés avec succès dans les campa gnes comme fébrifuges. Quant au Fedegosa (Cassia occidentalis), voici les conclusions du travail de M. le professeur Heckel, in Arch. de médecine navale, tome XLVIF, p. 374) :
« En somme, le M'Bentamaré ou Fedegosa manifeste dans ses grai-
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nes des propriétés hautement fébrifuges. Ce fait résulte sans conteste des observations de Delioux de Savignac, Dubonne et Cloüet, confirmées par celles, plus concluantes sinon plus nombreuses, dues au professeur Feris. Ces vertus antipériodiques peuvent même, dans quelques cas, se mesurer avantageusement avec celles de la quinine, et même se faire jour dans certains cas où l’alcaloïide des Quinquinas a complétement échoué. Le moindre doute ne saurait subsister sur ces divers points... »
Quant au Doundaké, qui passait, il n’y a pas longtemps, pour être fébrifuge, il ne possède aucune propriété antipériodique. C’estun amer et rien qu'un amer. Nous devons ce renseignement à l’obligeance de M. le D' Charriez, qui l’a expérimenté dans son service au Sénégal, et à notre collègue et ami Sambuc.
Il est bien évident que nous ne pouvons pas révoquer en doute les témoignages des médecins tels que ceux que nous avons cités, et, pour notre compte personnel, nous croyons à la guérison des fièvres intermittentes par les amers dits fébrifuges. Nous y croyons d'autant plus que nous nous expliquons bien leur action: tonification du système nerveux et de l’état général déprimé par la fièvre et par le paludisme. Il n’y a pas là d'action mystérieuse.
b) Goutte. — Galien les employait et Cullen les regardait comme les antidotes de cette maladie. Linné lui-même considérait les amers comme pouvant fondre la pierre. On sait que l’Alkekenge entre dans la composition de la liqueur et des pilules de Laville. Le Café a été prescrit aux goutteux. La Gentiane entre dans le remède du duc de Portland.
Comment nous rendre compte de leur action?
Garrod a montré la caractéristique de la goutte : diathèse uratique. Mais n’est pas goutieux qui veut; la goutte est un vice de nutrition. Or Rabuteau a montré que l’Angusture diminue l’urée, l'acide urique,
les urates, et abaisse le pouls. Donc elle agirait comme s’opposant au
vice de la nutrition, qu’elle perfectionne. Mais ne pas oublier qu’il faut aider à cette action par le régime, et il est probable que les malades
EU de Cullen, qui ont beaucoup fait usage de la poudre Portland pendant
deux ans, ont dû s'abstenir aussi de certains mets. De plus, les amers ont des effets diurétiques, fondants, désobstruants.
Donc, contre la diathèse soutteuse, choisir les amers diurétiques et stimulants, ou d'épargne, Persil, Alkekenge, Busserole, Quinquina, ce dernier surtout dans la goutte chronique.
c) Hydropisies. — Maladies des reins, du foie, du cœur, mais surtout hydropisies par anémie, ascite, œdème, anasarque.
Une seule condition, c'est que le rein puisse obéir à l’excitation. Dans les autres cas, on emploiera le Genièvre en fumigations ou les amers sudorifiques.
Dans la cachexie cardiaque, par exemple, ils ont l'avantage de ne pas fatiguer l'estomac, mais, au contraire, de faire coup double en stimulant la digestion, en même temps qu’ils débarrassent l’économie du liquide qui la gêne. Choisir les amers diurétiques et sudorifiques, les unir aux amers purs ou aromatiques, Busserole et Genièvre surtout.
d) Cachexies diverses. — Dans la scrofule, le lymphatisme, nous emploierons, et à bon droit, comme modificateurs, le Quinquina et les amers purs. Dans la syphilis, les amers combattent la tendance anémiante de cette maladie. Ils sont d’une utilité incontestable dans la tuberculose ; ils combattent la déperdition lente de l’organisme, la fièvre hectique, les vomissements, les sueurs. Enfin leurs bons effets sont universellement reconnus dans le rachitisme et le scorbut.
e) Anémie, chlorose.—Les amers, et en particulier le Quinquina, remédient aux appauvrissements du sang. Nous avons dit plus haut que le Quinquina augmente la plasticité du sang en activant l’hémopoièse (Gubler). Il raffermit et recolore les chairs, rend la vigueur et l’énergie aux organes et aux fonctions. Il est mieux supporté que le fer et et aide même à tolérer celui-ci.
f)Hémorrhagies.—On a accusé les amers, et le Quinquina surtout, de provoquer l'hémoptysie, la ménorrhagie, ou de les augmenter quand ils étaient prescrits contre elles. Ici se rappeler qu’ils ne conviendront
Sr: Dee que dans le cas où écoulement sanguin sera dû à une hypoglobulie, à l’anémie ou dans certains cas d'hémorrhagies non irritatives, entièrement dues à un affaiblissement général. Mais, dans les tubercules avec éréthisme, dans la chlorose de même caractère, ils deviendront des stimulants de la circulation et seront formellement contre-indiqués.
g) Névroses, névralgies.— Ici c’est l'élément anémique qui réclame les amers. Nous emploierons dès lors, indépendamment des soins de l'hygiène, les toniques fébrifuges, les aromatiques amers (Café, Cannelle, Gentiane, etc.).
h) Rhumatisme.— Les amers sont tout indiqués pour combattre la débilitation, la constitution détériorée par cette maladie si anémiante. Aussi les emploierons-nous dans la convalescence du rhumatisme, pour prévenir de nouvelles attaques.
i) Enfin dans toutes les fièvres à caractère adynamique, lorsque l'élément malin (Montpellier) est venu se surajouter à une maladie déterminée, les amers, le Quinquina et le Café surtout, doivent être employés. (Pneumonie, ataxie des vieillards, fièvre typhoïde, typhus, fièvre jaune, choléra, peste, érysipèle. Jaccoud : vin de Quinquina, 100 grammes.) Les fièvres éruptives ne comportent pas l’usage des amers.
j) Dans les infections putrides et purulentes, les gangrènes, etc., ils sont d’une utilité incontestable.