RÉSULTATS COMPARATIFS DES AMPUTATIONS ET DES RÉSECTIONS EN GÉNÉRAL
Si nous recherchons quels ont été les résultats comparatifs des amputations et des résections, nous arrivons aux chiffres
suivants :
Les amputations ont donné sur 44 cas .
Morts 27
Guérisons complètes .... 12
Guérisons incomplètes. . . . 5
Les résections sur 50 cas ont donné ;
Morts 36
Guérisons complètes .... 9
Guérisons incomplètes ... 5
Nous ne voulons tirer de ce tableau que cette seule conclusion, à savoir que les amputations en général sont moins graves que les résections en général, ce qu’il est facile de comprendre. La résection laisse un vaste foyer qui sera fort long à guérir, qui va suppurer abondamment. Nous connaissons l’influence fâcheuse qu'exercent sur les viscères les suppurations longues et abondantes.
Or, quand on pratique une résection on s’adresse déjà à des organismes qui souffrent, qui suppurent depuis longtemps et qui déjà ont à un faible degré ou à un degré fort avancé quelque lésion viscérale secondaire, dégénérescence
graisseuse ou amyloïde. Que va faire la suppuration? elle va accroître les lésions et conduire lentement mais presque fatalement à la mort tous les opérés, car l’organisme épuisé ne peut plus faire les frais d’une suppuration plus ou moins abondante, conséquence obligée de toute résection.
Dans l’amputation, la plaie suppure peu, se cicatrise rapidement, et l’organisme peut alors supporter le travail de cicatrisation , lorsque toutefois celle-ci se renferme dans les bornes les plus favorables à une réunion facile et prompte. Nous verrons dans les chapitres suivants que l'état général se rétablit d’autant moins bien que la cicatrisation est plus lente et plus anormale. Du reste, ces deux phénomènes s’enchaînent et s’influencent réciproquement.
Nous eussions voulu examiner comparativement les résultats des amputations et des résections suivant le siège, mais les données nous manquent. Ce n’est donc que d’après les statistiques générales, publiées ailleurs, que l’on pourra juger du degré de gravité de telle résection comparé à celui de telle amputation.
En résumé, les amputations étant moins graves que les résections, il faudra préférer les premières aux secondes.
De plus l’abondance de la suppuration, la durée plus longue du travail de réparation entraînant une mortalité plus grande, il faudra réunir toutes les conditions qui pourront diminuer la gravité de ces opérations, de façon à tirer de ces dernières tout Davantage possible sans nuire à l’état général du sujet.
Le pansement antiseptique ouvert, le pansement de Lister, le pansement ouaté peuvent aujourd’hui nous permettre cet espoir.
Les conclusions du chapitre suivant nous permettront de compléter ces données générales qui, ainsi formulées, sont en partie inexactes.