OBSERVATIONS
Premier groupe : Amputations.
1° Guérisons complètes.
Observation I (Cadeau, th. 1874, p. 16).
Ostéo-arthrite du pied gauche; symptômes de tuberculose pulmonaire amputation de la jambe au tiers inférieur; guérison.
Sabatier (Alexandre), 34 ans, chapelier. Service de M. Verueuil. 23 janvier 1873. Saint-Louis, n° 17.
Bonne santé habituelle ; début des douleurs dans le pied gauche en mars 1872, gonflement; abcès, lislules multiples.
Etat actuel : Ostéo-arthrite taiso-raétatarsienne supputée. Etat général mauvais ; le malade est pâle, a beaucoup maigri ; pas d’appétit, dort peu, sueurs nocturnes ; toux sèche. A la percussion diminution de la sonorité du thorax à gauche; à l’auscultation quelques râles sous-crépitants de ce côté. Traitement : iodure de potassium, iodure de fer. Huile de foie de morue; vin de quinquina ; injections iodées.
Au bout de quinze jours, aggravation de l’état général, toux, sueurs; fièvre hectique ; râles plus abondants dans la poitrine.
Amputation de la jambe le 14 février. Pansement ouaté.
Le 15. T. 37,2 le matin ; 38,2 le soir.
Le 17. T. 36,8 le matin ; 37,8 le soir.
4 mars. On enlève le pansement. Bon aspect de la plaie. T. 37° — 38,5.
Le 21. On enlève le second pansement ouaté. Pansement à la glycérine, puis à l’alcool.
17 juin. Sort. Guérison locale. Etat général excellent.
19 mars 187-4. Nous avons été visiter le malade. Il jouit de la santé la plus parfaite.
•U Suite de l’observation précédente, guérison démentie deux ans après ; ostéité de la colonne vertébrale ; phthisie (Bernard, th. 1 875, p. 45).
Le mieux cesse vers le mois de janvier 1875, Douleurs des reins, lu faiblesse, toux, perte d’appétit. Vers le mois de février, il remarque -u une petite tumeur indolente, molle, siégeant dans la région lombaire gauche.
Entre en mars dans le service de M. Verneuil. Le malade est pâle, digère mal, transpire la nuit, a perdu ses forces, tousse quelquefois le matin, a de la submatité aux sommets des poumons.
La tumeur de la région lombaire a fait de nouveaux progrès. M. Verneuil diagnostique un abcès froid, symptomatique d’une lésion de la colonne vertébrale. Traitement tonique et antistrumeux.
Le 3 juin. Drainage de l’abcès; injections de chloral au centième.
Jusqu’au 20 juin la température oscille entre 37,5-38 le mutin et 38,5-39,5 le soir.
La suppuration est presque tarie. L’état général s’aggrave; sueurs abondantes; amaigrissement; diarrhée, toux plus fréquente.
25 juin. Psoïtis. — Du Ier au 15 juillet. Aggravation lente mais progressive de l’état général : fièvre presque continue, atteignant souvent 39,8 et 40, avec température restant élevée le matin, frisson et redoublement le soir; sueurs nocturnes persistantes, diarrhée continuelle, affaiblissement progressif. Tout fait craindre une issue fatale.
Obs. II (Cadeau, p. 26).
Symptômes de tuberculisation pulmonaire consécutifs à une suppuration
osseuse et disparaissant avec elle par l’amputation. Service de M. Guérin, obs. de M. Pozzi.
E. Pacaud, 28 ans, dessinateur, constitution vigoureuse.
22 juillet 1862. Contusion violente du pied.
24 janvier 1863. Entre au service de M. Ollier à l’Hôtel-Dieu de
Lyon. Ostéo-artli rite métafarajenne, ablation de séquestres. Au bout j| de quarante jours, la guérison paraît complète. Rien du côté des' poumons.
Juillet 1864. Retour de voyage en Suisse. Entre de nouveau au ,j service de M. Ollier, Récidive locale, fistules multiples. L’état géné ral décline de jour en jour; amaigrissement; toux, crachats striés | de sang.
2 mai 1865. Désarticulation tibio-tarsienne. Guérison locale, rapide ; l’état général devient excellent; la toux disparaît; va bien pendant trois ans.
22 juin 1868. Entre au service de M. Guérin, hôpital Saint-Louis.
Abcès, fistules du moignon. Craquements humides des deux som- j mets, tousse, crache abondamment. Traitement local et général, les fistules se ferment. Sort; va îi la campagne.
En 1869. Etat excellent. L’examen thoracique ne laisse découvrir aucune lésion.
Obs. III (Dr Mascarel, France médicale, 1876, n° 52).
Tumeur blanche; phthisie au premier degré; amputation; guérison; hémoptysie un an après.
38 ans, libraire, atteint de tumeur blanche tibio-tarsienne suppurée, abcès successifs; douleurs vives. Bientôt accidents pulmonaires ; toux fréquente ; expectoration granuleuse le matin, amaigrissement, perte d’appétit, diarrhée, râles muqueux dans les divers points de la poitrine, craquements humides dans les deux sommet*.
En mai 1875, le malade était arrivé à la dernière période du marasme ; fistules multiples, douleurs vives, sueurs abondantes. On reconnaît la phthisie pulmonaire à la première période. Il réclame l’amputation.
Amputation de ia jambe au lieu d’élection. La plaie fut longue à guérir. Grande amélioration, l’appétit revient; la diarrhée cesse ; la toux et l’expectoration diminuent.
Le 5 septembre. Cicatrice solide ; toux presque disparue ; embonpoint ; les symptômes physiques pulmonaires sont devenus rares e disséminés; expectoration nulle.
Mai 1876. Le malade s’enrhume. Après avoir placé sa jambe pendant une demi-heure sur une table élevée, il crache un demi-verre de sang. Rétablissement complet.
Obs. IV (Dr Mascarel,-id.).
I Tumeur blanche ; phthisie ; amputation ; guérison. Mort] cin>{ ans Japrès
de fluxion de poitrine.
Sacristain, 35 ans ; ttnneur blanche du genou droit depuis 5 ans ; depuis un an, toux sèche, légère expectoration grumeleuse ; depuis trois mois, diarrhée, appétit nul, forces épuisées. Craquements dans l’une d.s fosses sus-épineuses ; résonnance de la voix et de la toux du sommet droit; sous le tiers moyen de la clavicule droite on constate une submatité et des bulles de râles humides. Le malade réclame l’amputation.
Amputation de cuisse. Réunion immédiate, suture. La réunion a lieu par première intention.
Amélioration rapide ; 3 mois après embonpoint ; les craquements disparaissent de jour eu jour. Deux ans après état excellent. Cinq aus après, mort de fluxion de poitrine.
Obs. V (Roux, th. 1874, p. 45).
Arthrite tuberculeuse du genou; phthisie au début; amputation; guérison. Perdu de vue au bout de trois mois.
D..., 32 ans. Entre en juin à l’Hôtel-Dieu de Lyon, service de M. Ollier. Arthrite tuberculeuse du genou datant.de deux ans; fistules périarticulaires ; hémoptysie, toux; le malade pâlit, maigrit; craquements sous la clavicule gauche, expiration prolongée. Amputatiou au tiers inférieur. Guérison rapide.
Trois mois après : excellent santé ; il avait engraissé, ne toussait plus et se trouvait, comme état général, mieux qu’il n’avait jamais été. Obscurité de la respiration à gauche, plu;i de craquements.
Obs. VI (Th. Clipet, 1867, p. 34).
Tumeur blanche du coude; phthisie au premier degré; amputation guérison. Perdu de vue au bout de sept mois.
M..., 50 ans. Tumeur blanche du coude, suppurée, remontant à
Ij
deux ans. Il tousse depuis quinze ans ; crache du sang de temps à 1 autre; d'ailleurs santé assez bonne; ce n’est que dans ces derniers ti temps que les douleurs qu’il éprouva dans le coude ont amené la perte du sommeil et de l’appétit ; apyrexie. Auscultation : à droite en avant au sommet du poumon, affaiblissement du murmure vésiculaire ; en avant et en arrière, expiration prolongée; à la perçus- l sion on trouve en avant de la matité, en arrière la matité existe >i: également, mais moins prononcée.
Amputation du bras le 10 juin. Le 25 la plaie est cicatrisée; beau moignon. Dès les premiers jours de l’opération l’état général s’amé- ai liore. Il quitte l’asile le 31 août dans un état de santé dont il n’a pas <î joui depuis longtemps. Il tousse toujours un peu ; pas de modifica- é tions dans les signes physiques. En janvier 1867, même étal.
Obs. VII (Michaux, Bull. Acad, royale de Belgique, 1859, t. II, p. 625).
Carie tarso-métatarsienne; amputation de Syme; guérison.
Mort sept ans après de phthisie.
Henri Vander Helst, 38 ans. Hôpital de Louvain, 6 janvier 1849. ( î Carie tarso-métatarsienne; fistules multiples. Débuts mois.
12 avril. Amputation tibio-tarsienne par le procédé de Syme. Etat diphthéritique de la plaie, pourriture d’hôpital, hémorrhagie, plu- 1 sieurs abcès, lymphangite; cicatrisation au bout de six semaines, a Sortie de l’hôpital trois mois après la cicatrisation de la plaie. La | phthisie pulmonaire, qui jusqu’alors n’avait pas donné de signes, se développe. 11 meurt de phthisie sept ans après.
Obs. VIII (Gerdy, Arch. gén. de méd., 1840).
Tumeur blanche; amputation; guérison. Mort deux ans après de phthisie.
Un enfant présentant tous les signes de la phthisie était en même temps affecté de tumeur blanche avec carie et abcès du coude droit. Il toussait depuis longtemps ; il avait de la diarrhée et était dans un état de marasme très prononcé. Amputation du bras, pas de lièvre traumatique. L’état général devient bon. Il meurt deux ans après de sa phthisie pulmonaire.
Obs. IX (Langenbeck’s Archiv, t. II, p. 538).
Carie des cuboïdes; tuberculose au début; amputation; guérison.
Mort quatre ans après de phthisie pulmonaire.
Femme, 29 ans. Carie des cuboïdes, fistules ; début 6 mois aupa- ; ravant. Tuberculose au début. Elat de marasme qui semble dû à l’affection osseuse.
25 mars 1854. Amputation. Guérison locale au bout de quatre mois ; l’état cachectique fut long à céder. La malade quitte l’hôpital dans un état assez satisfaisant.
En 1858. 4 ans après, mort de phthisie pulmonaire.
Obs. X (Langenbeck’s Archiv, t. IV. Dr O. Weber).
Homme, 30 ans. Carie tuberculeuse du tarse.
12 avril 1859. Amputation. Guérison. Sept ans après, mort de phthisie.
Obs. XI (Langenbeck’s Archiv, t. IV. Dr G. Weber).
Homme, 18 ans. Carie scrofuleuse du tarse ayant débuté il y a trois mois ; amputation le 22 juillet 1852. Guérison en dix semaines. Sorti avec une tuberculose au début. Meurt un an après de tuberculose.
Obs. XII (Dr Bryant, The Lancet, 1878, t. I, p. 10).
Nécrose de l’extrémité supérieure du tibia ; tuberculose au début ; amputation; guérison.
H, H... Laboureur, 42 ans. 27 ans auparavant coup de pied audessous du genou ; plusieurs mois après abcès. Reste au lit pendant six mois ; il reste dès lors à peu près guéri pendant plusieurs années ; depuis 9 ans récidive qui va en s’aggravant.
A son entrée, 7 février, nécrose de l’extrémité supérieure du tibia, fistules multiples. Le genou est luxé et ne suppure pas. Appareil à irrigation.
Le 14, il crache le sang Le D' Taylor percute la poitrine; matité étendue en avant jusqu’au-dessous de la seconde côte droite; en arrière jusqu’à la pointe de l’omoplate ; craquements et râles, sueurs et fièvre le soir. Le 24, épistaxis considérable.
2 février. Amputation intra-condvlienne de la cuisse ; ligature au catgut, lavage de la plaie à l’eau iodée, pansement à la charpie sèche (lint) .
Le 17. Exempt de toux, de crachats et de douleurs, craquements bronchiques et bronchophonie distincts sous la clavicule droite; quelques râles humides, signes moins marqués enfin qu’au premier examen.
Sorti le 22 mars.
40 juin. Beau moignon ; n'a plus aucun symptôme pulmonaire.
ilt
2° Guérisons incomplètes.
Obs. XIIIJ(Th. Finelli 1878, Montpellier, p. 35).
M.C..., marin, 60 ans entr t à l’hôpital de la Conceptionle30 juille 1869, pour une tumeur blanche suppurée du genou droit remontan à deux ans.
Le malade toussait depuis une quinzaine d’années. 11 avait eu des hémoptysies à diverses reprises. A l’auscultation, on observait au sommet droit et en avant de l’affaiblissement du murmure vésiculaire; en arrière respiration prolongée.
Amputation le 3 août. Les suites de l’amputation furent bunnes; le malade quitte l’hôpital le 2 septembre sans que les lésions pulmonaires eussent fait des progrès, dans un état général satisfaisant.
[Obs. XIV (Paquet, th. Paris, 1867, p. 66).
Zilder, 33 ans. Depuis trois ans, tumeur blanche du cou-de-pied
h droit, carie du calcanéum ; craquements humides des sommets tuber- <C culose au début.
Amputation de la jambe le 10 juillet.
Le 21, la plaie est vermeille., bourgeonne, le malade marche vers ir l,i guérison.
Obs. XV (Chassaignac, Traité de la suppuration, p. 361).
IRémy, 39 ans, homme de lettres, entre le 15 mars 1855 à l’hôpital Lariboisière ; aflection tuberculeuse des os du tarse, au pied gauche, dont le début remonte en octobre 1853. Actuellement : Abcès multiples, trajets listuleux, gonflement, douleurs intolérables, l’état général : est mauvais ; phthisie au second degré.
Le 16, amputation au tiers inférieur de la jambe. Amélioration, va ; bien les premiers jours.
14 avril, perforation du lambeau par le péroné et le tibia.
Sort le 15. L’état général est amélioré.
Obs. XYI (Dr Savory, The Lancet, 1879, t. I).
Amputation au tiers inférieur de l’avant-bras, dans un cas de phthisie avancée; succès de l’opération, amélioration des symptômes pulmonaires.
D.... D., 24ans, bonne santé. Vers la fin de 1875, abcès multiples dans l’articulation du poignet droit. Depuis lors sa santé faiblit; depuis un an, il tousse beaucoup, pas d’hémoptysie.
Actuellement, 20 octobre 1877 : consomption, doigts en massue. Le poignet gauche est devenu douloureux, des abcès se sont formés, ont fusé dans les gaines ; hypertrophie des extrémités radiales et cubitales; enflure uniforme du poignet, fluctuation, carie des os du carpe. Fièvre constante, toux fatigante, crachats muco-purulents, pas d’albumine; altérations pulmonaires plus avancées du côté gauche.
Le 25, amputation. Fièvre pendant les premiers jours. A partir du 31 apyrexie, la toux et l'expectoration diminuent; il engraisse. 11 est renvoyé comme convalescent.
30 novembre. L’auscultation donne encore les signes d’une phthisie avancée.
Obs. XVII (Dr Savory, The Lancet, 1879, t. I).
Ostéo-arthrite radio- carpienne suppurée; phthisie troisième période; amputation; légère amélioration; mort certaine.
C..., 24 ans, charpentier entre le 14 novembre 1877; fracture du poignet pendant i’enfance. Depuis dix mois, douleurs et gonflement. Actuellement : Symptômes tuberculeux: toux, crachats, sueurs nocturnes, hémoptysies, dysphonie; larynx douloureux à la pression; maigre, apparence d’un phthisique. L’auscultation donne les signes d’une phthisie à la troisième période. Arthrite radio-carpienne suppurée ; pas d’albumine.
28 novembre, amputation de l’avant-bras gauche.
Fièvre modérée pendant les premiers jours ; à partir du 3, température normale.
Renvoyé le 29 décembre; état satisfaisant; quelque temps après hémoptysie.
13 janvier ; plaie cicatrisée; la phthisie évolue rapidement, mort certaine.
3° Morts.
Obs. XVIII (Michaux, Bull. Acad, royale de Belgique, 1859, t. II, p. 641).
Carie des os du tarse ; tuberculose pulmonaire ; amputation tibio-tarsienne ; gangrène du lambeau; hémorinagie; mort.
Henri E..., 22 ans. Lymphatique. En 1848 entorse du pied gauche. Dès lors début d’arthrite. Tousse depuis deux ans.
Actuellement : Sueurs nocturnes, diarrhée, essoufflement facile, fièvre hectique.
Le 18 janvier 1851. Désarticulation tibio-tarsienues, par le procédé J. Roux.
Le 21. Amélioration des symptômes généraux; gangrène du lambeau ; ablation des points de suture.
Le 23. La diarrhée reprend, mauvais état général; hémorrhagie, suite des guintes de toux ; mort subite.
Autopsie: Poumon gauche, tubercules au premier degré; une cavernule remplie de pus; à droite, tubercules, cicatrice d’une
caverne.
Obs. XIX (Th. Paquet, 1867, p. 59).
R... (Marie), 7 ans, entrée le lor janvier 1867 pour une tumeur blanche du genou droit, ayant débuté trois ans auparavant.
Actuellement : Amaigrissement, cachexie, toux, sueurs nocturnes, fièvre iutense.
Amputation le 21 mai. Depuis lors aggravation coûtante. Mort le 1er juin .
Autopsie : Traces de méningite sans tubercules. Tubeicules dans les deux poumons à diverses périodes ; état gras du foie et des reins.
Obs. XX (Crocq, Bull. Acad, royale de Belgique, 1860, p. 616).
Tumeur blanche du poignet; phthisie au début; amputation; mort.
Eve J... Depuis six mois, tumeur blanche du poignet, oppression, craquements aux deux sommets, fièvre, sueurs nocturnes, inappétence.
Octobre 1846, amputation de l’avant-bras.
D’abord tout marcha bien. Cessation des phénomènes alarmants; cicatrisation marche lentement. Au bout de deux mois, elle n’est pas complète.
Janvier 18-47, toux plus forte ; l’amaigrissement reprend. Développement de souffle caverneux et de gargouillement aux deux sommets. Péritonite tuberculeuse.
Mort en juillet 1847 ; pas d’autopsie.
Leroux.
Obs. XXI (Id. Crocq, p. 617).
Y..., 53 ans. Entre à Saint-Jean en janvier 1849, pour arthrite métatarso-phalangienne du pied gauche ; fistules multiples. Dès le mois de juillet, affaiblissement, toux, sueurs, etc.
6 octobre, amputation.
Le 20, plaie guérie ; mais dépérissement, toux, formation de deux cavernes aux sommets.
Mort de phthisie avancée.
Obs. XXII (Lebert, Traité des maladies scrofuleuses, 1849, p. 611).
Tumeur blanche du coude; amputation du bras; pourriture d’hôpital ; mort; pneumonie lobulaire ; tubercules pulmonaires.
Fille âgée de 3 ans, entre à l’hôpital des Enfants, le 21 août 1848, pour une rumeur blanche suppurée du coude remontant au mois de mai 1 84F-
Amputation le 22 janvier; pourriture d’hôpital, mort quelques jours rprès.
jhtopsie : Pneumonie lobulaire circonscrite; hépatisation rouge et grise avec quelques tubercules miliaires, foie gras, rate hypertrophiée, etc.
Obs. XXIII (Vincent, th. agrég., 1878, p. 289).
Tumeur blanche du poignet ; amputation de l’avant-bras ; mort de phthisie pulmonaire au troisième degré.
B.,., 26 ans, entre salle Saint-Augustin, le 16 juin 1871, pour tumeur blanche du poignet gauche, dont le début remonte au mois de décembre 1870.
Au mois de septembre, l’abondance de la suppuration, l’acuité des douleurs, l’épuisement par une diarrhée liée à la tuberculose, la destruction totale des os du carpe fait décider l’amputation de l’avant-bras qui est pratiquée le 27 par M. Panas.
La diarrhée persiste, l’amaigrissement et l’épuisement deviennent extrêmes. Le malade succombe treize jours après l’opération.
Autopsie : Phthisie pulmonaireà la période extiême, excavations, du haut en bas ; à peine reste-t-il du parenchyme non altéré.
Obs. XXIV (Vincent, id., p, 290).
Papet, 48 ans. Tumeur blanche du genou suppurée; signes généraux de scrofule avancée, abcès froids au voisinage du coude. Phtb£ie au troisième degré.
Le 30 novembre. Amputation de la cuisse par Panas, sur ce malade mourant. Tentative de réunion immédiate, pansement ouaté.
Mort subite le 8 décembre. L’autopsie ne permet pas d’en trouver la cause.
Obs. XXV (Th. Clipet, 1867, p. 36).
Th. P..., sculpteur, 18 ans, Saint-Louis, service de M. Guérin, arthrite tibio-tarsienne suppurée, développée à la suite d’un \raumatisme, datant de 1864, nécrose étendue du tibia.
7 décembre 1864, amputation delà cuisse, malgré un état général mauvais et malgré les symptômes de tuberculose.
La cicatrisation est très lente. Au bout de quelques mois, marasme, fièvre hectique, amaigrissement, Conicitë du moignon.
10 février 1866. Conicité du moignon, début d’ulcération de la peau, douleurs atroces, phénomènes généraux graves ; hecticité.
Mort le 27 mars.
Autopsie : Les deux poumons sont farcis de tubercules crus et ramollis ; ostéo-myélite du fémur.
Obs. XXVI (Bull. Soc. anat., 1867, p. 403).
D..., 3 ans, 3 avril, hôpital Sainte-Eugénie ; service de M. Marjolin. Tumeur blanche du genou, datant de six semaines.
Le 20. Etat général grave, douleurs vives, fièvre intense; râles dans toute la poitrine, respiration rude aux deux sommets, surtout à droite ; soupçon de tuberculisation.
Amputation de cuisse au tiers inférieur, pourriture d’hôpital ; Mort le 30.
Autopsie : Nombreux"' tubercules dans les deux poumons, surtout aux bases ; quelques-uns ramollis.
Obs. XXVII (Bull. Soc. anat., 1867, p. 261).
O... (Félix), osas. Tumeur blanche suppurée du genou et nécrose de l’extrémité supérieure du tibia, datant de cinq mois. Amputation le 21 mars au tiers intérieur de la cuisse. Mort le 1er avril.
Autopsie: Tubercules crus des deux poumons, surtout au sommet droit, qui s’est presque transformé en une masse caséeuse. A gauche, épanchement pleurétique, pas d’abcès métastatiques.
Obs. XXVIII (Dr Duménil, Bull. Soc. de chirurgie, août 1879).
Tumeur Manche de l’articulation tibio-tarsienne, injections répétées de perchlorure de fer, insuccès répétés, amputation de jambe, mort.
Scldat, 27 ans, en tre le 25 j u i llet pour tumeur blanche tibio-tarsienne; loerations, fongosité.
Divers traitements : cautérisation transcurrente, compression, injections iodées n'amènent pas grande amélioration.
Amputation le 26 novembre.
Mort le 5 décembre.
Autopsie : Epanchement purulent dans la plèvre droite ; dans le poumon gauche, un petit abcès et une caverne entourée de tubercules ramollis.
Obs. XXIX (Verneuil, Arch. gén. de méd., mars 1878).
Amputation de Chopart chez un scrofuleux; pansement antiseptique ouvert; guérison temporaire; huit mois après mort de phthisie.
X..., 38 ans, entre une première fois en 1875 pour deux abcès ossi
fluents symptomatiques d’une lésion de la colonne vertébrale : sort amélioré.
Entre l'année suivante pour ostéite tarso-raétartasienne. L’état général n’est pas bon : amaigrissement, pâleur, fièvre ie soir ; l’auscultation révèle l’existence d’une tuberculisation au début. Douleurs vives dans le pied.
10 juillet 1876, amputation de Chopart. Cessation des douleurs et de la fièvre. Cicatrisation normale.
Au mois do septembre moignon bien conformé, reste un très léger trajet fistuleux. Sort.
Entre de nouveau au mois de novembre avec toux, malaise, amaigrissement, aggravation des symptômes de tuberculisation pulmonaire.
Succombe le 29 mars 1877 à une pleurésie purulente. La fistule s’était rouverte.
Obs. XXX (Verneuil, id.).
Amputation de cuisse au tiers inférieur pour ostéo-arthrite scrofuleuse ; pansement ouaté; guérison opératoire; mort cinq mois a^rès.
Renard, couturière, 39 ans, entre le 2 mai 1876, pour arthrite du genou gauche et ostéo-arthrite du tarse et du métatarse du pied droit.
En août, les signes de tuberculisation sont manifestes. La malade réclame l’amputation.
Le 24, amputation ; pansement ouaté.
Cicatrisation lente, à peu près achevée au 15 octobre.
A partir de ce moment, la phthisie fait des progrès rapides, et entraîne la mort dans les premiers jours de janvier 1877.
Obs. XXXI (Verneuil, id.).
Amputation de la cuisse au tiers inférieur de la cuisse pour une ostéoarthrite scrofuleuse du genou; guérison de l’opération; mort trois mois après.
Chevalier, 33 ans, entre le 21 mars 1866, pour ostéo-arthrite extrêmement douloureuse du genou.
Signes non équivoques de tuberculisation aux deux sommets pul. monaires. Hémorrhagies répétées par les trajets fistuleux.
Amputation le 8 août. Cicatrisation lente, moignon convenable. Dès lors la phthisie marche rapidement..
Mort le 17 novembre. Pleurésie purulente.
Obs. "XXXII (Verneuil, Bail. Soc. chir., t. VIII, p. 377).
Amputation de cuisse chez un enfant atteint de tumeur blanche du genou. Tout va bien pendant quelque temps, la plaie est presque fermée, lorsqu’il se fait une perforation du lambeau par l’extrémité du fémur. L’enfant succomba au bout de quelques mois à la tuberculisation pulmonaire.
Obs. XXXIII (Berger, th. agrég., 1875, p. 69).
Tumeurs blanches des articulations du carpe; tubercules des testicules; tuberculisation généralisée; amputation; mort.
Mitenne (Philibert), 45 ans, mars 1872, traumatisme violent sur e poignet gauche, qui devient le point de départ des tumeurs blanches.
Amputation en mars; pourriture d’hôpital; tuberculisation des testicules.
Pendant le mois de novembre, tuberculisation pulmonaire; mor le 8 décembre.
Autopsie : Granulations tuberculeuses dans les deux poumons, quelques-unes en voie de ramollissement, foie gras, tuberculose de tout le système génito-urinaire.
Obs. XXXIV (Chassaignac, Traité de la suppuration, p. 631).
Tubercules des os, du tarse et du métatarse.
Amputation sus-malléolaire le 19 février 1835.
Va bien les premiers jours.
Le 15 mars, l’état général devient mauvais : Amaigrissement, pâleur, toux plus fréquente, aggravation des symptômes thoraciques. Conicité du moignon. Mort le 7 avril.
Autopsie-. Infiltration tuberculeuse des deux poumons, généralisée à gauche; adhérences pleurales multiples. Tibia et péroné nécrosés à l’extrémité libre.
Obs. XXXV (Df Wahl, in Arch. Langenbeck, t. XIII, p. 669).
38 ans, tailleur. Tumeur blanche du genou.
Maigre, fièvre intense, sueurs ; aux poumons signes peu certains de phthisie; albuminurie douteuse.
16 février 1870 : amputation de cuisse. La réunion manque; plaie torpide. L’état s’aggrave. Mort la septième semaine de tuberculose pulmonaires.
Obs. XXXVI (Dr Blasius, Langenbeck’s Arch., t. II, p. 538).
Femme 20 ans, carie et fistule au niveau de l’articulation de Choparf ; état général bon, un peu de toux ; tuberculose commençante.
6 mai 1858, amputation de Chopart. La cicatrisation se fait en partie ; mais bientôt l’état général s’aggrave, la cicatrisation s’arrête; mort en août 1858.
Autopsie: Tuberculose pulmonaire et intestinale.
Obs. XXXVII (Dr Weber, Langenbeck’s Arch., t. IV).
Homme 22 ans. Carie des os du tarse, depuis deux ans. Tuberculose pulmonaire. Amputation en 1851. Mort cinq jours après.
Obs. XXXVIII (Dr Volkers, Langenbeck’s Arch., t. IV).
Homme de 41 ans. Tarsalgie suppurée; hydarthrose du genou,' Amputation de la cuisse. Mort dix-sept jours après de tuberculose miliaire.
Obs. XXXIX (Dr Volkers, id.).
H..., 25 ans. Arthritesuppurée du genou ; amputation de la cuisse; mort trois jours après.
Autopsie : Tuberculose étendue.
Obs. XL (Dr Vôlkers, id.).
H..., 45 ans. Arthrite, suppuréedu genou, amputation de la cuisse. Guérison locale ; mort deux mois après de phthisie miliaire.
Obs. XLI (Dr Vôlkers, id.).
H..., 34 ans, arthrite tibio-tarsienne suppurée, tuberculose pulmonaire, amputation ; mort sept mois après de phthisie.
Obs. XLII (Dr Eduart Albert, Beitràge 7.ür operation chirurgie, Leipzig, 1880, p. 103).
Thérèse, 30 ans. Dans la jeunesse, inflammations scrofuleuses de la cornée, glandes du cou. En 1 875, pneumonie et pleurésie. En 1876, tuméfaction de l’articulation du pied, puis du genou. En 1877, un médecin fit une incision à la région de la malléole externe; écoulement d’un fluide séro-sanguinolent. Un mois après un abcès audessous de la rotule droite fut ouvert.
Le 10 septembre 1877, entre à la Clinique : carie de l’articulation du pied droit ; carie de la rotule.
Le 10 novembre 1877, amputatiou de la jambe, le cinquième jour érysipèle ; au quinzième jour bon aspect de la plaie, bon état général.
Le 23 janvier résection de la rotule.
Bientôt l’état général faiblit. Au sommet gauche râles à fines bulles; matité à la percussion. Les jambes deviennent œdémateuses; décubitus ; mort par épuisement.
Autopsie : Tuberculose des deux poumons, du foie, de la trompe droite; thrombose de la veine crurale droite; articulation du genou pleine de pus.
Obs. XLIII (Dr Koster, Virchow’s Arch., t. XLVIII, p. 95).
H..., 59 ans. Tumeur blanche du genou gauche, dont le début remonte à trois ans ; amputation de la cuisse droite. Mort de pyohémie. Autopsie : Foyers tuberculeux anciens aux poumons, à droite caverne; nulle part tubercules de formation récente. Dans l’articulation, tubercules, quelques uns avec centre caséeux.
Obs. XLIY (personnelle).
Tuberculose pulmonaire ; tumeur blanche du coude ; amputation palliative ; amélioration de courte durée; mort au vingt-huitième jour.
Goulier (Lucien), âgé de 36 ans, entre le 24 avril 1879 dans le service de M. le professeur Yerneuil, salle Saint-Louis, n° 56, pour une tumeur blanche du coude gauche qui le fait horriblement souffrir.
Cet homme nous donne sur ses antécédents les renseignements suivants: peu maladif dans son enfance et sa jeunesse, mais exposé depuis quelques années aux privations et à la misère, il s’est mis, il y a environ trois ans, à tousser et à cracher quelques filets de sang. A partir de cette époque, sa santé s’altère peu à peu ; il maigrit et perd ses forces, il a des transpirations nocturnes abondantes. Au mois de décembre dernipr, il entre à l’hôpital Lariboisière 'où on l’opère d’une fistule à l’anus, qui ne guérit point et continue à suinter légèrement. Vers le commencement du mois de mars, il est pris sans cause apparente de douleur et de gonflement du poignet gauche.
Il entre donc à la Pitié dans un service de médecine, à la fois pour sa toux et pour son affection du coude; cette dernière s’aggravant, il passe en chirurgie où nous l’examinons.
C’est un homme petit, maigre, cachectique, qui présente tout l’habitus du phthisique ; la voix est enrouée, la face amaigrie, les pommettes saillantes, les ongles hippocratiques, etc. Il tousse fréquemment et expectore des crachats muco-purulents.
L’examen de la poitrine donne les signes suivants :
La percussion des deux sommets est douloureuse, les vibrations vocales sont exagérées ; des deux côtés, la voix retentit assez fortement. En avant et à gauche la respiration est soufflante et des râles souscrépitants nombreux, les signes en arrière sont moins marqués. A droite on entend également une respiration soufflante et des râles sous-crépitants, mais moins gros et moins nombreux.
Il y a en définitive du ramollissement des deux sommets mais sans cavité.
L’état général est mauvais ; l’appétit a disparu ; la fièvre survient à peu près chaque soir et s’accompagne de sueurs abondantes.
Le coude gauche est le siège d’un gonflement énorme.
La pression à distance des surfaces articulaires est très douloureuse;
l’ostéite est manifeste; on sent, en palpant légèrement, des fongosité molasses et des points fluctuants ; toute l'articulation est très sensible* le moindre mouvement est douloureux, l’impotence est absolue ; la peau est œdémateuse, non ulcérée; la température locale est élevée. Ce qui tourmente le plus le malade, ce sont les douleurs vives, des élancements qui se produisent spontanément dans la jointure, malgré son immobilisation. Il existe là une tumeur blanche suppurée très douloureuse et à marche subaiguë.
Pendant deux mois, on se borne à donner au malade des toniques à immobiliser la jointure ; mais les lésions pulmonaires n’en font pas moins des progrès lents et continuels, l’état du coude s’aggrave. Depuis quelque temps, les douleurs qu’éprouve le malade au niveau de la tumeur blanche sont intolérables, et il demande instamment qu’on le soulage, même en faisant le sacrifice de son membre. L’état général n’est guère satisfaisant; la fièvre hectique causée par les lésions pulmonaires et l’arthrite du coude est assez marquée chaque soir, et la température oscille entre 38 et 39°: les sueurs sont abondantes et l’affaiblissement du malade est rapide.
En présence de ces symptômes, M. Verneuil agite ta question de l’amputation du bras, non pas dans le but d’obtenir une guérison complète, mais pour soustraire le malade à deux causes d’affaiblissement rapide, l’hecticiié à laquelle prend certainement part l’arthrite suppurée du coude et les douleurs intolérables qui poussent le malade à réclamer lui-même l’amputation; le bras est très maigre, la plaie sera très petite et la suppuration sera très peu abondante. Le meilleur résultat à souhaiter serait que l’opération ne donnât point un coup de fouet aux lésions pulmonaires et que la plaie se cicatrise le plus promptement possible.
Après avoir hésité pendant plusieurs jours encore, M. Verneuil cède aux instances du malade et le 18 juillet pratique l’amputation du bras. On fait une amputation à deux lambeaux.
Comme chez un malade dont l’état général est aussi gravement compromis, la moindre perte du sang peut avoir de graves conséquences, on fait l’ischémie préalable avec la bande d’Esmarck. On perd à peine quelques grammes de sang. On applique un pansement ouaté.
Le soir la température est à 38°, 8.
Dès le lendemain de l’opération, bien que gêné par le pansement ouaté, le malade se sent bien soulagé et respire mieux, il tousse
£n moins etexpectore assez abondamment; il ne souffre plus, éprouve un bien-être général. La température, qui le matin est encore à 38°, tombe le soir à 36°, 6.
Toute la journée du lendemain est apyrétique, 37°, 5 le matin et 37°, 7 le soir. A partir du quatrième jour, le thermomètre monte le soir vers 38 ou 39, alors que le matin le malade est apyrétique.
L’amélioration se maintient pendant six à sept jours environ.
A partir du septième jour, apparait un hoquet persistant qui semble dû à un peu de pleurésie diaphragmatique. Vers cette époque également l’amélioratiou des premiers jours disparait, la toux devient fréquente, quinteuse; l’expectoration purulente est ahondante ; les sueurs réapparaissent en abondance et la fièvre hectique du soir persiste avec assez de régularité. Dès lors le malade s’affaiblit progressivement.
Le4âoût. La cachexie est très prononcée. L'examen de la poitrine donne les signes suivants: la percussion est toujours très douloureuse des deux côtés; la submatité est plus étendue à droite et à gauche; à gauche dans la région sous-claviculaire, souffle caverneux et gargouillement. Les râles sous-crépitants sont plus gros et plus abondants; on en constate l’existence dans toute l’étendue du poumon. À droite, les signes sont plus prononcés que lors du premier examen ; il n’y a pas de caverne, mais des râles sous-crépitants s’entendent du haut en bas du poumon. En résumé les symptômes physiques ont subi une modification rapide, indiquant l’extension du ramollissement, la formation prompte d’une excavation à gauche.
Le malade se maintient encore jusque vers le 13 août, il s’éteint dans la nuit.
La cicatrisation du moignon s’est faite lentement sans grande suppuration, aucun phénomène particulier ne s’est produit du côté de la plaie d’amputation, et la cicatrisation était à peu près complète lorsque mourut le malade.
Lorsque parut le hoquet qui n’abandonna le malade que dans les quelques jours qui précédèrent la mort, on fit pour le combattre une injection de chloroforme dans la peau de l’épigastre ; il en résulta une large eschare qui tomba vers le 10 août.
Un fait intéressant paraît ressortir de l’examen de la marche de la température pendant les quelques jours qui suivirent l’amputation.
La température qui, avant l’opération, oscillait entre 38° le matin et 39° le soir, resta assez élevée pendant trente-six heures au bout des-
quelles la fièvre disparut, et le thermomètre ne marquait plug que 36°, 37.
Il semble que pendant trente-six heures encore le malade resta sous l’influence du poison septique qui ne fut éliminé qu’au bout de ce temps.
Malheureusement les lésions pulmonaires améliorées ou plutô restées stationnaires pendant quelques jours reprirent une évolution rapide et vers le quatrième jour la fièvre hectique vespérale réapparut Dès ce moment le malade marcha rapidement à la mort.
L 'autopsie ne fit que confirmer l’existence des lésions qu’avait montrées l’examen de la poitrine. Les deux poumons sont, dans toute leur étendue envahie par des foyers caséeux de divers volume, d’autant plus volumineux, plus ramollis qu’on se rapproche davantage des sommets. A gauche existe une caverne dans laquelle on logerait une noix. A la coupe on retrouve çà et là des granulations tuberculeuses qui témoignent de la nature de ces foyers caséeux.
Les deux sommets adhèrent fortement à la plèvre pariétale; de nombreuses adhérences unissent la face externe et inférieure des poumons à la plèvre costale et diaphragmatique. La plèvre médiastine gauche et la face interne du poumon sont fortement unies par des adhérences nombreuses. Le nerf phrénique de ce côté lui adhère intimement au niveau du hile pulmonaire, et avec des tractions assez fortes, on ne parvient à le détacher de la plèvre qu’en déchirant cette dernière! de ce coté également les adhérences entre le péricarde et la plèvre sont assez intimes. Ces diverses lésions donnent une explication suffisante du hoquet.
Les autres lésions n’offrent rien de particulier; la plupart des viscères et surtout le foie sont atteints de dégénérescence graisseuse.
Résections.
1° Guérisons complètes.
Obs. XLV (Sidney Jones, Saint-Thomas hosp. Reports, in th. Picard,
Tumeur blanche chez un phthisique; amputation; guérison.
Henri W..., 30 ans, pharmacien. Tumeur blanche du genou gauche peu avancée ; tousse depuis longtemps (phthisie, premier degré ; induration des sommets surtout à droite).
17 mai. Le Dr Peacock pratique la résection du genou.
Le 22. Les symptômes du côté de la poitrine ne s’aggravent pas. Au mois de décembre, le malade marchait facilement sans l’aide de béquille ni de bâton : la santé était excellente.
Obs. XL VI (Th. de Roux, 1875, p. 47).
A... 35 ans, couturière, entre à l’Hôtel-Dieu le A mars 1873, pour une arthrite tuberculeuse du coude droit datant de plusieurs mois ; trois fistules. Depuis six mois, toux, sueurs nocturnes, amaigrissement considérable, pas d’hémoptysie ; submatité sous la clavicule droite, craquements à ce niveau .
En juin ; résection du coude.
14 septembre. La plaie est en partie cicatrisée ; plus de toux, plus de sueurs ; rien à l’auscultation ; diminution de la sonorité sous la clavicule droite. Revue plusieurs mois après ; articulation reformée, tous les mouvements ; force suffisante ; état général excellent.
Obs. XLVII (Tostivint, th. 1868, n° 161, p. 61. The Lancet, 1857,
W. W..., 9 ans. Coxalgie suppurée. Etat le 22 décembre 1856: très faible, émacié, sueurs profuses la nuit, soif, fièvre le soir ; toux
depuis 1853. Obscurité du son sous les deux clavicules, le respiration est là plus faible ; expiration prolongée.
7 janvier. Résection de la hanche ; grande amélioration.
Juillet. Les symptômes de phthisie ont disparu ; l’état général est excellent ; il quitte l’hôpital.
Obs. XLVIII (Lefort, Acad, de méd., 1861, p. bOO. — Ericksen, The Lancet, 1857, t. I, p. 310).
Enfant, 7 ans. Abcès multiples, carie de l’articulation eoxo-fémorale, luxation spontanée. Toux depuis 4 ans, peau sèche, sueurs; matité étendue dans la région sus et sous-claviculaire gauche, murmure respiratoire faible, mais dur ; expiration prolongée.
7 janvier. Résection sous-trochantérienne ; rugination de la cavité cotyloïde.
Juillet. Sort, bon état ; les symptômes de phthisie ont disparu.
Obs. XLIX (Dr Leisrink, Langenbeck’s Arch., t. XIII).
Homme, 25 ans ; arthrite coxo-fémorale suppurée ; luxation. Résection ; guérison. Mort trois ans après de tuberculose pulmonaire.
Obs. L (Dr Lucke, Langenbeck’s Archiv, t. III, p. 325).
F..., 23 ans. Carie de la tête de l’humérus ; toux, aspect cachectique, sueurs nocturnes ; les poumons paraissent sains. Résection de la tète de l’humérus. Après 5 à 6 semaines, guérison complète; usage du bras et mouvements assez étendus.
En 1861. 4 ans après l’opération, mort de tuberculose pulmonaire.
Obs. LI (Dr Lucke, id.).
Inflammation scapulo-humérale, ankylosé. Etat général bon; poumons sains ; malgré tout, pâleur et maigreur. Résection en 1859. La plaie guérit par première intention ; au bout d’un an, mouve-
mentstrès étendus; malheureusement il meurt quelques mois après de tuberculose.
Obs. LU (Dr Volkers, Langenbeck’s Archiv, t. IV).
H..., 26 ans, colxagie supputée; résection. La guérison n’est pas complète lorsque le malade sort; il reste quelques fistules.
Mort trois ans après de tuberculose pulmonaire.
Obs. LUI (D' Volkers, id.).
H.. , coxalgie su ppurée ; 'résection ; sort guéri pouvant marcher. Deux ans après mort tuberculeux.
2° Guérisons incomplètes.
Obs. LIV (Cadeau, th. Paris, 1874, p. 29\
K... (Nicolas), 38 ans, entre le 17 octobre 1873, service de M. Verneuil, hôpital de la Pitié, n° 3. Août 1872. Sans cause, abcès en arrière de la malléole. Mars 1873, second abcès, en avant. M. Nepveu fait l’évidement du péroné, passe un draiD.
Le malade qui, depuis une pleurésie en 1870, toussait continuellement, avait été pris depuis la formation de ces abcès de toux plus intense, de sueurs, de légères hémoptysies.
L’évidement amène une amélioration de tous les symptômes.
Trois mois après, nouvel abcès ; entre à l’hôpital en octobre 1873 : gonflement de la région tibio-tarsienne, plusieurs trajets fistuleux ; mauvais état général, toux, fièvre, sueurs ; diminution delà sonorité au sommet gauche; craquements humides à gauche, secs h droite.
13 septembre. Evidement du péroné; la fièvre cesse ; la toux diminue, les sueurs se suppriment, l’appétit revient.
15 mars. Etat général bon ; le malade est néanmoins obligé de garder le repos.
Obs. LV (Th. Tostivint, 1868, p. 66).
B..., âgée de 7 ans. Service de Giraldès. Entre le 6 avril 1866, pour une coxalgie de la hanche droite avec luxation spontanée. Douleurs très vives. Tentatives multiples de conservation ; appareils inamovibles, pas d’espoir de guérison ; l’état général s’aggrave : toux, sueurs, hémoptysies, signes à l’auscultation de phthisie avancée.
17 juillet. Résection, amélioration de l’état général.
Octobre. Plaie cicatrisée*; quelques trajets fistuleux.
Juin. Bon état général; tousse encore, mais signes des sommets moins marqués; bon appétit.
Obs. LVI (Szymanowski, Med. zeit. Bussland, 1857, n° 23).
Caroline B.... Carie tuberculeuse des os de la main datant de trois ans; fistules multiples ; tuberculose pulmonaire, santé déplorable.
Le 11 mars. Résection radio-carpienne.
3 mai. Suppuration presque tarie. Elle quitte la clinique quelques jours après pour se rendre aux bains de mer.
Obs. LVII (Bœkel, Contribution à l’étude de la résection du poignet,
Strasbourg, 1867).
Michel H..., 22 ans. Entre le 2 août 1866 à la clinique chirurgicale pour une tumeur blanche du poignet.
Résection le 27 septembre 1866 ; la suppuration reste abondante; l’état général s’affaiblit.
8 janvier 1867. Amputation.
Juillet, le malade est amaigri, cachectique ; tout fait prévoir une issue fatale par suite de la phthisie.
Obs. LVIII (Dr Fock, Arch. Langenbeck, t. I, p. 180).
Fille de 13 ans. Coxalgie à droite, début en 18S9 ; pas de lésions internes appréciables, mais fièvre hectique, pâleur, affaiblissement. Résection le 9 janvier. La plaie se nettoie lentement. En avril la
j plaie est presque cicatrisée ; mais l'état général ne s’améliore guère -, | e)ie commence à tousser, à suer la nuit. On réagit par la thérapeu- , iiqUe et l’hygiène. Depuis 4 semaines amélioration. La tuberculose à I ce moment est peu avancée ; un seul sommet semble infiltré autaut i.i qu’on peut se fonder sur une matité légère et quelques râles.
3° Morts.
Obs. LIX (Bull. Soc. anat., 1875, p. 662).
Melhomme (Alexandre), 15 aus, journalier. Coup sur la hanche en 1853, depuis douleurs.
Entre en 1875 ; coxalgie avec adduction et flexion de la cuisse sur l’abdomen ; trajets fistulenx ; malgré la maigreur de l’enfant, l’état général est bon et les poumons sains. Toniques pendant deux mois.
l,r mai. Résection de la hanche. Suppuration prolongée du foyer de résection, abcès multiples. 28 octobre. Mort. Autopsie : Méningite tuberculeuse.
Obs LX (Bull. Soc. anat., 1865, p. 442).
S... (Jules), 5 ans. 13 juin 1864. Coxalgie suppurée gauche. Délicat, pâle, tousse depuis longtemps, sueurs, amaigrissement, diarrhée ; l’état général empire malgré tout traitement.
Résection le 17 mai 1865.
Amélioration pendant les premiers jours, puis vers la fin de mai, mauvais aspect de la plaie. Mauvais état général, prostration, toux, sueurs.
Mort le 10 juin. Autopsie : Tuberculose des deux poumons sous forme d’infiltration.
Obs. LXI (Picard, th. Paris, 1875, p. 74).
Cm. R..., -21 ans, domestique, entre à Guy ’s Hospilal le 3 février Leroux. 8
1874 pour une tumeur blanche du genou, avec subluxation. L’état général est satisfaisant.
Le 13 février. Résection ; pansement phéniquô.
4 mars. Jusque là l’état local est excellent ainsi que l’état général ; mais vomissements, maux de tête, agitation, carphologie, eschares; Mort. Autopsie : Méningite tuberculeuse.
Obs. LXII (Th. Boucher, 1871, p. 78).
Sch. T..., 16 ans, est atteinte de coxalgie gauche remontant à un an et demi. Abcès, douleurs vives. Tous les traitements échouent.
16 mai. Résection de la hanche; pas de complications locales mais fièvre, diarrhée.
Le 11 juillet. Hémoptysie ; dès lors toux, sueurs nocturnes, fièvre, alternative de diarrhée et de constipation ; suppuration séreuse.
22 juillet. Hémoptysie abondante, meurt dans la nuit.
Autopsie : caillots dans les bronches ; trois cavernules au sommet droit, quelques tubercules dans les sommets et aux lobes moyens.
Obs. LXI1I (Giraldôs, Chirurgie des enfants, 1869, p. 662).
M... (Charles), 9 ans. Coxalgie avec luxation du fémur, douleurs.
Résection le 2 mai 1867. Pendant les premiers jours tout va bien. Suppuration abondante séreuse. A partir du 15 juillet les forces diminuent ; plaie blafarde.
A partir du 1er septembre la fièvre s’allume, symptômes de pleurésie. Mort le 5 novembre.
Autopsie : Epanchement pleurétique considérable à gauche ; tubercules aux deux sommets des deux poumons à une période peu avancée de leur évolution.
Obs. LXIV (Giraldès, id., p. 709.
M... (Jules), 10 ans, entre le 3 avril pour une tumeur blanche du genou gauche avec subluxation ; l’état général est assez bon pour motiver une intervention sérieuse.
22 mai. Résection du genou. Jusqu’au H juin tout va bien ; à cette époque diphtliérie de la plaie ; la santé générale se maintient.
5 juillet. Abcès au-dessus de la plaie ; drainage.
Le 24, toux, pâleur; il est à craindre que les poumons ne setuberculisent; il n’y a cependant rien de notable ; nouveaux abcès.