‹ Des amputations et des résections chez les phthisiquesChapitre 9 sur 19 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

11 nous resterait à parler delà blessure et du milieu; mais ces deux points ont été étudiés dans les traités de chirurgie, nous n’aurons donc que quelques remarques à faire.

La blessure nous occupera peu. C’est une plaie d’amputation ou un foyer de résection. Nous verrons dans la seconde partie de ce travail les résultats comparatifs qu’ont donnés les

amputations et les résections relativement à l’influence qu’elles exercent sur l’état général*

Le milieu n’a plus guère aujourd’hui sur l’état local, c’està-dire sur les complications provoquées du côté de la plaie, l’influence nuisible qu’il avait encore il y a quelques années. Les modes de pansement autiseptique, actuellement en usage, ont, on peut le dire, sinon annihilé son influence, ils ont tout au moins diminué son importance au point de vue des résultats opératoires.

Il n’en est plus de même, si l’on cherche l’influence nuisible que le milieu dans lequel la plupart de ces opérations ont été faites peut avoir eu sur l’état général de l’opéré. Presque tous ces malades sont des individus de la classe pauvre, observés dans les services hospitaliers, où le régime et l’hygiène sont encore loin d’ètre parfaits, conditions cependant essentielles dans la thérapeutique des affections du genre de celles qui nous occupent : la tuberculose et la scrofule.

Maintenant que nous connaissons les conditions dans lesquelles on a opéré, nous pouvons passer à l’étude des résultats obtenus.

Résumé,

Le chirurgien opère dans des conditions qui varient avec chaque individu suivant son état de réceptivité propre, laquelle dépend de la tolérance de l’organe et de celle de l’organisme; mais cependant certaines conditions identiques pour les uns et pour les autres permettent de diviser les opérés en plu- ‘eurs groupes.

A. Dans un premier groupe (comprenant le plus grand nombre des sujets) trois facteurs sont en présence : la lésion

chirurgicale, la lésion pulmonaire, l’état général. Quand on opère dans ces conditions:

1° La lésions chirurgicale est toujours grave.

2° La lésion pulmonaire présente divers degrés.

Elle ne doit pas guider seule dans l'appréciation du pronostic opératoire.

3* L’état général, c’est-à-dire la cachexie et les lésions secondaires qui en dépendent, joue le rôle le plus important. Trois cas se présentent.

a. L’état général est peu grave: ce n’est encore qu’un tuberculeux qui suppure, ou suivant l’expression classique c’est un phthisique au lar degré.

b. L’état général est mauvais, les fonctions générales sont troublées ; c’est un cachectique au début, c’est un phthisique au second degré.

c. L’état général est très mauvais, la cachexie est aussi complète que possible; c’est un phthisique au troisième degré.

d. Ajoutons enfin que tous ces sujets sont, en 'outre, scrofuleux.

B. Dans un second groupe la tuberculose est localisée à la jointure, tuberculose locale ; ce sont les cas les plus rares.

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