‹ Des Amyotrophies Dans Les Maladies Générales Chroniques Et De Leurs Relations Avec Les Lésions Des Nerfs PériphériquesChapitre 10 sur 33 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

gros, d'aspect amyloïde ou de gros reins blancs, mais présentant de la congestion de la substance des pyramides.

Cerveau. Le cerveau présente de l’œdème et de la stase dans les sinus rénaux. Il n’y a pas trace de méningite tuberculeuse. Les méninges sont simplement congestionnées et se laissent bien détacher. L’artère sylvienne est saine. Les ventricules ne sont pas dilatés, et ne contiennent pas de liquide. La congestion et l’ædème ne se trouvent que sur les circonvolutions seulement.

Moelle : La moelle est congestionnée.On ne voit ni épaississement des méninges, ni tubercules, ni lésion aucune sur les ‘coupes. La moelle est saine.

Muscles : Les masses musculaires sont amaigries.

Les muscles intercostaux sont pâles. Les muscles jumeaux et soléaires ont une couleur un peu brune bien qu’anémiés. Les muscles tléchisseur et jambier postérieur sont de couleur rose pâle, chair de poisson. Les muscles du membre supérieur sont plus rouges mais très amaigris.

Dissociations fraîches des muscles : Muscle jambier postérieur. À la vue les fibres musculaires sont décolorées, on voit des faisceaux musculaires pâles à travers une légère couche œædémateuse qui infiltre ce muscle, Au ‘microscope on voit que les fibres ont un volume diminué et que quelques fibres sont troubles, avec un état finement granuleux, sans stria- ‘tion ou avec état poussiéreux.

EXAMEN DES NERFS (dissociation après action de l'acide osmique) : Nerf pneumo-gastrique : On voit deux ou trois fibres dégénérées où la myéline est en boules. Nerf tibial postérieur: Sur trois préparations on voit sur chacune une seule fibre nerveuse en dégénération complète avec disparition du cylindre axial. Sur quelques autres tubes il y a de la fragmentation en blocs.De plus on voit une majorité de fibres petites et grêles.

EXAMEN DES MUSCLES SUR COUPES : Muscle jambier postérieur : Sur des coupes longitudinales et transversales, on peut constater les faits suivants : les fibres sont diminuées de volume, étroites, grêles, avec une striation transversale très marquée : ce n’est qu’assez rarement qu’on rencontre des fibres troubles et finement granuleuses et sans striation.

Muscles jumeaux. Ils présentent le même aspect que le précédent.

L'atrophie simple est plus marquée que l’atrophie dégénérative.

MR Mers

OBSERVATION VII. — Phiisie pulmonaire. — Etat cachectique prononcé. — Amaigrissement extrême des muscles. — Atrophie de la fibre musculaire avec hyperplasie conjonctive. — Sclérose cardiaque.

Le nommé Mich..., âgé de 47 ans, marchand des quatre saisons, entré le 11 mai 1887, salle Rostan, n° 26 à Laënnec, dans le service de M. le professeur Cornil, suppléé par M. le Dr Josias.

I s’est mis à tousser d’une facon continue depuis environ deux ans et demi.

Avant cette époque sa santé avait été passable. L’affection s’est établie lentement et a eu une marche régulièrement progressive. Il n'y a pas eu d’hémoptysie au début.

À son arrivé à l'hôpital Laënnec la cachexie est déjà assez avancée.

Le thorax présente un amaigrissement notable. A la percussion à gauche et dans les deux tiers supérieurs, il y a de la submatité. La sonorité est claire et exagérée à la base du même côté. Du côté droit, il y a une matité presque absolue dans la région du sommet. À gauche, à l’auscultation il y à une respiration rude en avant et en arrière. On percoit dans les fosses sus et sous-épineuses et dans la région sous-claviculaire de nombreux craquements humides. A droite, en avant et en arrière, signes amphoriques avec bruit de gargouillement très net.

L’expectoration est constituée par un liquide mousseux dans lequel il y a des nombreux crachats déchiquetés. Pas d’expectoration sanguinolente. La toux est fréquente.

Le malade est sujet à avoir de la diarrhée et se plaint de douleurs épigastriques et d’anorexie. Il a du reste de la fièvre et des sueurs nocturnes.

Du côté des urines on note une diminution de quantité et des dépôts abondants.

Par la chaleur il y a un léger nuage albumineux.

Dans les dernières semaines de la vie, la voix était devenue enrouée et basse.

Le malade avait une certaine difficulté dans la déglutition et de la douleur laryngée.

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La cachexie était devenue complète.

La face est très excavée au niveau des tempes et des joues.

L’amaigrissement des membres est extrême. Les muscles des mollets ne forment plus aucun relief etconstituent un méplat entre les deux os de la jambe, dont les bords sont facilement appréciables par le toucher. Les cuisses sont également très amaigries. [1 y à de la faiblesse dans les membres inférieurs, mais le malade peut encore les remuer et les soulever. Aux membres supérieurs, même état de maigreur.

On produit facilement le phénomène du myoïdème au niveau du biceps brachial, et la percussion des grands pectoraux et des muscles antérieurs de la cuisse dévoile une hyperexcitabilité mécanique facilement produite : on voit ces muscles se contracter deux ou trois fois à la suite d’une percussion et faire relief sous la peau.

L’électricité faradique est diminuée, non abolie. Les réflexes tendineux sont normaux. La peau est blanche, sèche, finement écailleuse. Les ongles sont recourbés sur l’extrémité des doigts, en massue. Erythèmes et légères excoriations au sacrum. Pas de traces d’œdème. Pas de douleurs lombaires. Mort le 28 octobre à six heures du soir:

AUTOPSIE (faite le 30 octobre 1887). L’adhérence du poumon droit est complète. On trouve au niveau du sommet une grande caverne à parois déchiquetées, irrégulières, couverte de sanie purulente et détritus sur lesquelles il y a de nombreux vaisseaux épaissis et disséqués dans les foyers d’ulcérations. L’excavation dépasse le volume du poing. Le reste du poumon est infiltré par des tubercules caséeux, confluents, ulcérés sur plusieurs points et ayant déterminé de petites cavernes remplies de liquide purulent aux environs de la grande excavation.

Le poumon gauche offre de nombreux tubercules fibreux et fibro-caséeux dans les deux tiers supérieurs, tandis que la base non adhérente à la paroi thoracique s’affaisse à l’ouverture du thorax. Pas de liquide épanché dans les cavités pleurales.

Le muscle diaphragme est mince, ses fibres musculaires ont perdu leur coloration rouge, celle-ci étant remplacée par une teinte rosée.

Le cœur est petit, lisse, brillant à la surface, vers la base on aperçoit les fibres musculaires à travers une légère couche d’æœdème. La coloration du myocarde estbrunâtre. On voit après la coupe la surface de section, d'aspect graisseux: et luisant, présenter aussi la couleur brune, avec.des plaques et stries

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jaunûtres. L'aspect graisseux est uniforme et l’on distingue mal les faisceaux musculaires du tissu conjonctif ambiant. La paroi du ventricule droit est amincie sans que sa cavité soit dilatée. Le cœur gauche a conservé une certaine épaisseur, moindre cependant qu’à l’état normal. Pas d’ectasie du ventricule gauche dont la cavité est petite. Même aspect feuillemorte et graisseux sur les coupes des piliers.

La valvule mitrale est très développée en comparaison du petit volume du ventricule gauche. Elle est parfaitement suffisante. Elle est épaissie, surtout à son bord inférieur, mais elle ne présente aucune plaque cartilagineuse ni calcaire.

- Les valvules aortiques sont souples, amincies par place.

Pas d’athérome aortique, sauf une petite plaque saillante d'aspect cartilagineux et de consistance souple. Valvule tricuspide saine. À côté de l’état d’atrophie du cœur, il faut noter le volume plus que normal des artères coronaires. Cellesci paraissent irrégulières et flexueuses sans présenter trace d’adhérence. Le foie d’un volume moyen est luisant, à la coupe son tissu rappelle celui du foie muscade en tant que coloration des lobules. Pas de calculs biliaires.

Le rein gauche est congestionné, le volume normal. A la coupe, on constate une vascularisation développée sous forme d’un réseau injecté et d’un rouge sombre. La capsule se détatache bien.

Le rein droit offre des altérations profondes. On y trouve plusieurs cavernes tuberculeuses tapissées de dépôts caséeux jaunâtres et contenant de gros calculs noirs. Au-dessous de ces cavités on en trouve d’autres qui sont constituées par la dilatation des calices. L’uretère est environné par quelques ganglions lymphatiques volumineux.

La vessie présente un grand nombre d’éminences mamelonnaires rondes, du volume d’une lentille, au centre desquelles il ya une exulcération à bords irréguliers, taillés à pic, déchiquetés, dans leurs fonds on voit quelques points caséeux. La prostate est légèrement hypertrophiée.

Muscles : Les muscles des jambes sont très diminués de volume. Les jumeaux et les soléaires ne débordent pas le relief osseux du tibia et du péroné. Les muscles semblent allongés et rétrécis dans leur largeur. Leur coloration est brun-acajou. On voit à l’œil nu des trainées jaunâtres formées par des faisceaux musculaires luisants d'aspect graisseux. Ces mêmes muscles sont poisseux.

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À la jambe, dans la région antéro-externe et. à la cuisse, l’aspect est le même: même amoindrissement de volume, même état de décoloration, même agglutination au toucher. Les muscles du dos et du thorax sont pâles et rosés. Aux membres inférieurs ils ont une couleur rouge plus foncée.

EXAMEN DES MUSCLES SUR DISSOCIATIONS ; Muscles des mem: bres inférieurs: En général les fibres sont petites, grêles, atrophiées, mais ont conservé la striation; sur quelques-unes cette striation a disparu et on trouve l’aspect de la tuméfaction trouble. Le tissu conjonctif paraît très épais au point que les dissociations se font très difficilement.

Muscle diaphragme : On y voit 1° des fibres en état de dégénération complète, 2e des fibres assez larges avec multiplication des cellules musculaires. La plupart des fibres sont à peu près saines. ;

MUSCLES EXAMINÉS SUR DES COUPES (après durcissement dans l’alcool, coloration au picro-carmin et à l’hématoxyline): Muscles de la jambe : Sur des coupes transversales, la section des fibres montre que celles-ci sont toutes diminuées de volume, mais les degrés de diminution sont assez variables. Le tissu conjonctif est très épais. Des zones fibreuses qui entourent les faisceaux partent des travées conjonctives qui séparent les fibres elle-mêmes. Les vaisseaux du muscle ont des parois épaisses. La tunique externe présente des noyaux multiples, la tunique interne a des cellules endothéliales tuméfiées.

Muscles de la cuisse : Sur des coupes les fibres sont grêles; il y a comme dans les muscles précédents, un processus scléreux hypertrophique à côté de l’atrophie de l’élément noble. Sur beaucoup de points on remarque des amas de noyaux entourant des gaines vides ; quelquefois il y a aussi des noyaux dans l’intérieur des gaines, noyaux qu’on distingue difficilement de ceux du tissu conjonctif, d'où ce dernier peut paraître plus proliféré qu’il n’est en réalité. Les mêmes préparations examinées après l’action de l’iode, violet de méthyle montrent un certain degré de dégénérescence amyloïde de la tunique moyenne des artères. Les nerfs intra-musculaires paraissent normaux.

Dans les muscles des membres supérieurs on remarque des altérations analogues mais moins prononcées.

Le Myocarde sur des coupes montre un état scléreux, avec diminution de volume des fibres cardiaques et reflet rougeàtre dans la tunique moyenne de ces vaisseaux sur les préparations traitées par les couleurs de méthylamine.

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Des coupes ont été faites au niveau des points épaissis du bord libre de la valvule mitrale. Le tissu de la valvule en ces points était constitué par du tissu conjonctif fibreux dense.

EXAMEN DEs NERFs (Dissociation après action d'acide osmique à 1 pour 100). Le nerf tibial postérieur, le nerf saphène externe et le médian n’ont présenté aucune fibre en voie de dégénération, mais on rencontre un grand nombre de fibres grêles moins bien colorées, disposées en faisceaux au milieu, de largeur et de coloration normales.

OBSERVATION VIII. — Cancer de l'utérus. — Réaction de débilité musculaire aux membres supérieurs. — Inertie aux excitations mécaniques, galvaniques et faradiques des muscles de la jambe. — Tachicardie. — Pouls ayant une fréquence de 120, 140 pulsations dans l’état d’apyrexie.

. La nommée L... Héloïse, âgée de ?5 ans, profession couturière, entrée le 11 janvier 1888, salle Chomel, lit no 7, service de M. le professeur Cornil.

Il y a eu une perte de sang il y a quelques mois qui a marqué le début de la maladie. Depuis ce temps-là elle a des douleurs dans le ventre, des pertes abondantes et continuelles de liquide roussâtre et fétide. En même temps il se développe une anémie symptomatique et un état d’amaigrissement et de cachexie. Elle est alitée depuis huit mois.

Les jambes sont très amaigries et on voit tous les reliefs du squelette, cependant la malade peut exécuter des mouvements.

Les muscles sont collés aux os, tendus, mais sans être retractés. Les membres sont un peu douloureux. Aux membres inférieurs il y a une diminution d’excitabilité galvanique et faradique sans hyperexcitabilité mécanique des muscles.

Cette réaction mécanique est nette, en particulier sur les masses externes de l’avant bras (en particulier pour les muscles long supinateur et muscles radiaux.

État local : Le col de l’utérus est ulcéré et végétant. Il y a perforation de la cloison recto-vaginale.

Les matières fécales passent par le vagin et sont éliminées avec des détritus. Il y a incontinence d’urine.

Bien qu’il n’y ait pas de fièvre, le pouls a toujours une fré-, quence anormale. :

Pas de souffle cardiaque.

13 janvier. — Pouls 140 Température axillaire 3704 Tausres — 12 — — 8608 15 — — 136 — — 314.

16 — — 140 — — 3 LACET Ep — 09764 30 — — 140 — — 372

Nous devons noter qu’il n’y a pas d'affection cardiaque, ni aucun symptôme de goitre exophthalmique pouvant expliquer cette fréquence du pouls.

OBSERVATION IX. — Cancer de l'utérus. — Cachexie prononcée. — Amaigrissement notable des masses musculaires. — Réaction de débilité musculaire généralisée au système entier. — Altérations dégénératives et atrophiques des muscles.

La nommée B... Eugénie, âgée de 44 ans, profession

, entrée le 23 mars 1887, salle Claude-Bernard, lit

n° 9, service de M. le professeur Cornil, suppléé par M. le Dr Chauffard.

À 28 ans la malade a eu du rhumatisme articulaire aigu. Elle a eu des battements de cœur de temps en temps depuis cette époque. La maladie actuelle a débuté il y a huit mois.

Elle à perdu du sang d’une facon abondante sous forme de caïllots et matières blanches qui avaient une odeur fétide.

État actuel : La malade est profondément cachectique. La peau est décolorée.

Il y à un amaigrissement général des masses musculaires qui sont diminuées, recouvertes d’une peau devenue trop grande pour les recouvrir exactement. |

On remarque cet amaigrissement aux membres inférieurs en particulier où la peau est épaissie, flasque et œdématiée au niveau des chevilles.

L’hyperexcitabilité mécanique de tous les muscles, au grand

ou

pectoral, aux quatre membres est des plus prononcée. Il y a une exagération des réflexes rotuliens.

Exagération marquée du réflexe du tendon du fléchisseur du pouce. (Par la percussion sur ce tendon on voit la seconde phalange du pouce se fléchir brusquement.)

État local : Au toucher on trouve une ulcération ses du col avec propagation aux culs-de-sac. Le ventre est douloureux. Les pertes sont abondantes et fétides. Il y a en outre fréquemment de la diarrhée.

Sion ne parle pas à la malade, elle est dans un état de som- -nolence continüelle, on est forcé. même de la réveiller BQUE lui donner à manger. É:

On n’entend rien en auscultant à l’orifice aortique.

À l'orifice mitral, on entend en dehors du mamelon, au premier temps, un souffle étalé et vibrant, mais ces bruits ne sont accusés qu’au-dessous du mamelon et disparaissent lorsqu’on se rapproche de l’aisselle. Ils sont surtout accusés quand on ausculte avec le stéthoscope. Les souffles sont plutôt doux et vibrants.

11 août 1887 : La peau de L malade esf complètement décolorée.

On note un amaigrissement plus extrême de la cuisse gauche que de la cuisse droite. Au mollet, le tégument externe est flasque et tombant ainsi que les masses musculaires. Au pied il y a une suffusion œdémateuse facilement déformable avec les doigts.

Les bras sont notablement amaigris. Les mouvements

s’effectuent dans les jambes. On ne constate pas de rétraction des muscles. L’hyperexcitabilité mécanique des muscles persiste.

Les réactions électriques : faradique et galvanique sont presque complètement abolies aux membres inférieurs. Aux membres supérieurs elles persistent, mais sont très affaiblies. On ne constate pas de modifications qualitatives.

AUTOPSIE : À l’ouverture de l’abdomen on constate la présence d’un liquide séreux citrin de la valeur d'un demilitre.

A l'ouverture du thorax on constate : aussi la présence d’un liquide citrin légèrement rosé de la valeur d’un demi-litre.

Les poumons sont œdématiés, d’une coloration grisâtre. La base est congestionnée. On ne trouve pas de tubercules.

Le cœur est petit, il est pigmenté. Son poids est de 180 gr,

Il présente un épaississement dur et fibreux de la valvule mitrale dont l’orifice béant est rétréci.

Les valvules aortiques sont suffisantes mais épaissies et cartilagineuses.

Le foie est entouré de fausses membranes fibrineuses. On y trouve des nodules cancéreux, disseminés, sans qu’il y ait augmentation de volume du foie. Ces nodules ne sont pas très nombreux, le plus gros a à peine le volume d’un pois.

La rate est atrophiée, elle pèse 45 grammes.

Le rein gauche est petit, bosselé. Quand on sectionne l’uretère au niveau du rein on voit s’écouler une petite quantité d'urine. Ce rein pèse 55 grammes. Les calices y sont dilatés. La substance corticale est atrophiée. A la coupe, le rein présente une coloration grisätre.

Le rein droit est également décoloré. Les calices et les bassinets sont également dilatés et il s'échappe de l’urine à la section de l’uretère. La substance corticale et la substance tubuleuse sont en proportion normale. Le poids de ce rein est de 70 grammes.

Tout le petit bassin est envahi par une masse dure, flasque et lisse qui envahit l’utérus, la vessie, les trompes, les ovaires, qui a des adhérences avec une certaine portion du petit intestin, avec le rectum et la partie antérieure du cæcum. Son volume est à peu près celui des deux poings.

En grattant cette masse on a un suc blanc, épais. La coloration de la tumeur est d’un gris rosé.

Les muscles très amaigris sont rougeâtres, lisses et brillants.

DisSOGIAPIONS FRAICHES (picro-carmin) : On remarque en dissociant les museles des membres quelques fibrestrès grêles. La striation des fibres est souvent mal marquée, quelques fibres sont complètement granuleuses et d'aspect poussiéreux.

D’autres sont fragmentées en blocs granuleux avec des gaines demi-vides.

Nerfs : Nerf tibial postérieur. On ne trouve aucune lésion. (Dissociation après conservation dans le bichromate de potasse, et puis dans l’acide osmique.)

Muscles (Coupes après durcissement, colorées par le carmin et l’hématoxyline) : On voit sur les coupes des muscles les fibres atrophiées, avec du tissu conjonctif et des gaines vides entourées de noyaux.

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OBSERVATION X. — Carcinome utérin. — Atrophie de la jambe gauche.

La nommée S$S..., âgée de 30 ans, couturière, entrée le 28 décembre 1887, salle Claude-Bernard, lit n° 7, service de M. le professeur Cornil, suppléé par M. le Dr Brocq.

Mère morte de cancer de l’estomac. Antécédents personnels : Elle n’a fait aucune maladie. Elle a eu un enfant mort à 20 ans. Elle est malade depuis huit mois seulement, le début a eu lieu par des pertes de sang. Ces pertes ont été à un moment donné très abondantes.

État général : La peau est complètement décolorée, jaunepaille, les muqueuses sont très pâles. L’anémie est bien plus prononcée que ne l’est l’amaigrissement.

La face est très peu amaigrie, on pourrait plutôt noter de la pâleur avec bouffissure de la face. L’amaigrissement des membres est relativement plus marqué.

On n’entend rien à l’auscultation des poumons.

Les bruits du cœur ne présentent rien d’anormal. On ne perçoit aucun souffle ni au cœur ni dans les vaisseaux.

Les digestions sont lentes et pénibles. La malade accuse de l’anorexie. Pas d’albumine; les urines sont claires, sans dépôt. .

A la palpation du ventre la malade accuse des douleurs dans lhypogastre.

Les pertes sont abondantes, constituées par un liquide roussâtre, indépendamment des hémorragies constituées par du sang pur ou des caillots qui se répètent de temps à autre.

Au toucher on constate tous les symptômes locaux d’un épithélioma végétant, exulcéré au centre, propagé au culde-sac.

Atrophie de la jambe gauche : En examinant les membres inférieurs on est frappé de la diminution du volume du membre inférieur gauche (diminution qui porte sur la totalité du membre). Le pied est légèrement en extension. La jambe est diminuée dans ses masses musculaires. On aperçoit, faisant relief sous la peau, le bord inférieur de la face interne du tibia, ce qui tient à la diminution des masses mus-

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culaires postérieures de la jambe qui sont tombantes. Le même aspect n'existe pas à droite.

Du côté gauche il y a un méplat au niveau des masses musculaires antéro-externes de la jambe où l’os du tibia proémine ; du côté droit au contraire ces muscles semblent dépasser l'os de la jambe par une surface convexe saillante.

Le mollet est flasque et aplati de droite à gauçhe.

A la cuisse, même diminution constatable à la vue.

Au palper, les muscles de la jambe gauche ont une mollesse toute particulièr e, un défaut de tonicité, tandis qu’à droite ils semblent fermes et tendus.

Le maximum de diamètre de la jambe gauche est de 22 centimètres. Il est de 25 centimètres à droite.

Le maximum de diamètre dela cuisse: CE est de 29 centimètres.

Le maximum de diamètre de la cuisse droite est de 33 centimètres, pris à quinze centimètres au-dessus du genou.

Les masses musculaires percutées ne se contractent ni à droite ni à gauche.

I ny à pas d’hyperexcitabilité musculaire, sauf une très légère pour la cuisse gauche, seulement quand la malade est assise les jambes pendantes.

Les réflexes rotuliens existent des deux côtés : à droite ils sont diminués.

Pas de trépidation épileptoïde. La malade peut remuer ses jambes. Ellen’a pas remarqué que la jambe gauche fut plus faible, mais il faut dire qu’elle est alitée depuis quatre mois, Actuellement elle serait incapable de marcher et ne pourrait rester longtemps debout.

L’atrophie semble s’être développée depuis que la malade est alitée, car elle n'avait jamais remarqué de faiblesse spéciale du côté gauche ni d’amaigrissement. *

I1 n’y a pas de douleurs dans les jambes, A la plante des pieds le chatouillement cause une sensation extrêmement vive, et les pieds s’agitent de mouvements pour échapper. La sensibilité semble plutôt exaltée (hyperesthésie). Il n’y a ni œdème ni troubles trophiques. Aux membres supérieurs il y à un peu d’amaigrissement sans atrophie.

On ne produit pas de myoïdème au biceps.

Pour le tendon du pouce, par la percussion il y a neue un léger mouvement de la phalangette du pouce; sauf cela on ne voit pas les muscles se contracter par la percussion.

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Examen électrique : À la jambe gauche on n’obtient pas de contractions visibles avec un courant fort, de même pour la cuisse. La sensibilité électrique est très vive et exagérée. Du côté droit les réactions sont difficiles à apprécier. La sensibilité électrique y est plus vive. Aux membres supérieurs la contraction se fait avec les courants faibles.

Morte dans lemarasme le 4 février 1888.

OBSERVATION XI. — Cancer de l'estomac. — Lésions diffuses dégénératives des muscles et des nerfs.

Le nommé Mathé, âgé de 50 ans, profession, laveur de voitures, entré le 17 janvier 1888, salle Grisolle, lit n° 4, service de M. le professeur Cornil.

. Antécédents personnels : aucune maladie antérieure. Le malade ayant un métier très fatigant et travaillant surtout durant la nuit, ne se nourrissait pas suffisamment pour pouvoir compenser l’état de fatigue auquel il arrivait chaque jour. |

Début de la maladie. Il y a quatre mois le malade commença à avoir de la diarrhée, qui devenait de plus en plus fréquente, il avait de l’anorexie et, voyant qu’il devenait de plus en plus faible, il se décida à entrer à l’hôpital Beaujon.

A son entrée à l'hôpital Laënnec, on constate ce qui suit : la diarrhée persiste toujours, elle est très abondante. Les selles sont de couleur jaune. Il y a eu des vomissements; deux ou trois fois seulement, les vomissements auraient été légèrement sanguinolents.

État actuel : Il est dans un état cachectique avancé, il est maigre avec teinte jaune-paille de la face. Il y à de l’amaigrissement, les yeux sont excavés. La peau est sèche, blanchâtre, très amincie. Les membres et le tronc sont émaciés à un haut degré. Les masses musculaires sont très diminuées. Les mollets sont aplatis, les cuisses sont flasques. Les membres supérieurs ont aussi notablement diminué.

La percussion de la masse musculaire externe de l’avantbras montre une ondulation faisant relief sous la peau, indice de contraction musculaire locale. De même, la percussion à la cuisse, à la jambe, dénote des contractions des muscles correspondants. L’hyperexcitabilité musculaire est des plus pro-

noncée. Elle est plus manifeste aux membres supérieurs et à la cuisse (région antérieure).

L’électricité faradique et galvanique sont toutes les deux très diminuées aux membres inférieurs ; elles sont diminuées aux membres supérieurs.

Cavité thoracique. Poumons : à la percussion en avant, on ne trouve rien des deux côtés. En arrière, à droite, la percussion est normale au sommet, mais à partir de la fosse sousépineuse jusqu’à la cinquième côte, la sonorité diminue et, arrivée à ce point, la matité devient absolue. On ne noterien à gauche. d

Auscultation : En arrière et à droite, on note une respiration . faible et diminuée. La voix est chevrotante. On ne constate pas l'existence d’un souffle. À gauche, la respiration est un peu plus forte qu’à l’état normal.

En avant, des deux côtés, la respiration est forte, puérile. A droite, tout à fait à la base, on entend quelques frottements.

Cœur : rien d’anormal à noter.

Cavité abdominale : la palpation donne, dans la partie correspondante à la région pylorique, la sensation d’un empâtement d’une tumeur bosselée et qui offfe une certaine résistance à la main.

La percussion à cet endroit est douloureuse, elle donne une matité assez étendue.

Le reste de la cavité abdominale est ballonné, dans ses parties déclives on arrive, par la percussion, à déceler la présence d’une légère exsudation liquide.

Le foie parait un peu augmenté de volume. Il n’y a rien de particulier du côté de la rate. Les urines ne contiennent pas d’albumine. Le malade n’a pas de fièvre. Il tousse très peu, l’expectoration est presque nulle.

24 janvier 1888. La cachexie du malade augmente tous les jours, la teinte jaune-paille de la face est tout à fait caractéristique.

Les bourses sont œdématiées. Le malade ne vomit pas. La diarrhée est toujours persistante,

25 janvier. Le malade est tombé dans un état d’anéantissement presque complet, il prend à peine une ou deux cuillerées de lait.

Pouls faible : 87 pulsations par minnte.

26 janvier. La diarrhée a cessé.

L’égophonie a disparu. La sonorité commence à reparaître,

MS ne.

30 janvier. L'épanchement pleurétique diminue.

L’ascite augmente. Le malade n’a pas de diarrhée.

Mort dans le marasme, le 20 février 1888.

AUTOPSIE (2 février 1888). À l'ouverture du thorax, la plèvre droite contient un peu de liquide et les fausses membranes tapissent les deux tiers inférieurs de la cavité. Les poumons sont normaux.

Le cœur est petit, présenté de la ienlehtbttois il est brunâtre et atrophié. Les valvules sont saines.

L’'estomac se montre envahi par une néoplasie cancéreuse très étendue. Le cancer est en outre propagé aux parties voisines, ganglions lymphatiques, pancréas, tissu conjonctif. Il est difficile de préciser le point de départ de la lésion.

Le joie ne présente aucun noyau de cancer, il est d’un volume normal au moins, sur la coupe il est plus pâle qu’habituellement, mais non amyloïde.

La rate est normale.

Les reins sont pâles, de volume normal.

Les muscles sont en général ROME HS et aussi plus pâles et plus flasques.

Cette décoloration n'existe pas au niveau des jumeaux qui sont plutôt pigmentés ou brunâtres. La vue Dee décèle pas d’autres différences macroscopiques.

Le nerf tibial postérieur seul baigne dans un ticeu conjonctif légèrement œdématié. Il n’en est pas de même pour le saphène externe, l’æœdéme sous-cutané faisant Fat défaut.

EXAMEN HISTOLOGIQUE DES NERFS (Osmium, Diééoctatén)i: Nerf tibial postérieur. Les grosses fibres, d’aspect parfaitement normal, sont espacées, séparées par de nombreuses fibres claires, tenues, et de petites fibres grises. Il parait y avoir des tubes vides au milieu de ces dernières. Çà et là, on trouve passablement de fibres avec boules typiques et gaines rétractées.

En résumé, il y a des altérations dégénératives nettes.

Nerf saphène externe. On voit des fibres moins bien colorées avec cylindre d’axe large et fine bordure de myéline. On voit beaucoup de petites fibres claires, mais pas de boules, quelques fibres dégénérées comme dans le nerf précédent.

Nerfs du membre supérieur. On ne trouve que çà et Ià

‘quelques lésions ARE nettes, mais extrêmement rares.

Examen histologique des muscles. (Dissociation dans le picro-carmin). Les lésions des muscles sont diffuses et à peu‘près aussi prononcées aux membres supérieurs qu'aux inférieurs.

En général les fibres sont un peu diminuées de volume, elles sont assez faiblement colorées par le carmin.On n’y voit pas la striation transversale nette. Sur quelques-unes il y a des lésions nettes. Sur les unes la striation a disparu et tend à être remplacée par des points ou des traits irréguliers. Sur d’autres, la transformation granuleuse du contenu strié est plus complète. Les noyaux de beaucoup de-fibres sont gros et augmentés en nombre, irrégulièrement dFpaRer, ont un protoplasma granuleux.

Dans d’autres fibres, des noyaux pee se montrent dans des gaines à demi-vides, dont le protoplasma est granuleux.

OBSERVATION XII. —- Cancer du cot de l'utérus. — État cachec-

tique prononcé, avec diminution notable du volume des muscles. — Réaction de débilité musculaire aux membres supérieurs. — Diminution de l’excitabilité galvanique et faradique.— Atrophie prononcée des muscles avec allérations dégénératives, prolifération conjonctive et altérations des vaisseaux musculaires. — Lésions relativement -moins prononcées dans les nerfs et la moelle.

La nommée O’Brien, âgée de 45 ans, profession, domestique, entrée le 30 mai 1887, salle Broca, n° 12, service de M. le pro- fesseur Ball. ‘

Il y a dix-huit mois qu’elle est malade. La malade a des -pertes de sang abondantes, le sang est rouge et sous forme de caillots. Il s'écoule aussi de l’eau roussâtre à odeur fétide.

Elle n’a jamais souffert dans le ventre.

La faiblesse est arrivée progressivement. Dès le début on note un amaigrissement assez intense.

On constate des signes physiques d’une vaste ulcération cancéreuse envahissant les parois du vagin sur une large surface. Les jambes sont actuellement réduites au squelette et très amaigries. Il y a de la prédominance de l’amaigrissement aux membres inférieurs, bien que les membres supérieurs soient eux-mêmes très diminués de volume. On constate de l’hyperexcitabilité aux membres supérieurs.

‘Malgré l’amaigrissement des-jambes il n’y à pas trace d'hyperexcitabilité mécanique. Nous avons pu produire une légère contraction en frappant à droite le triceps crural, mais cette contraction était à peine perceptible: La peau est pâle, décolorée, assez-amincie. Depuis trois semaines la malade dort presque constamment ; ces accès durent plusieurs heures. Ellé ne rêve pas habituellement. Il n’y a ni albuminurie, ni glycosurie. L'appétit est très diminué. La malade reste alitée. La face est excavée, les traits sont complètement immobiles.

La jambe gauche est de 5 millimètres plus petite que la droite dans le point de son diamètre maximum. Les jambes oft 18 où 18 centimètres 1/2 au maximum. La sensibilité ‘est normale. à

Électricité faradique * Aucune contraction n’est produite, avec des courants faibles, aux membres inférieurs. Avec des courants assez forts on a des [contractions légères du côté droit, rien ailleurs.

On constate aussi des contractions aux membres MERE mais diminuées.

- Examen des muscles âvec courants continus (appareil dé Gaïffe).

On obtient à la jambe ‘droite de légères contractions avec l'appareil de Gaïffe äu maximum, c’est-à-dire avec 24 éléments.

La déviation de l’aiguille est égale à 8 ou 10 mm. avec fermeture du pôle négatif et 6 mm. avec fermeture du pôle Lt ere

De même excitabilité des nerfs est simplement diminuée.

: Morte le 23 mars 1888.

AUTOPSIE (24 mars 1888). Les poumons sont libres d’adhérences. À l’une des bases on trouve une hépatisation grise, l’autre base présente de la congestion œdémateuse.

Le cœur est petit, atrophié, non dilaté, de couleur feuillemorte. Les veines coronaires ne sont pas très volumineuses, ni ‘très flexueuses. Les valvules sont parfaitement saines. Il n’y a ‘pâs d’athérome. Le foie est petit, de couleur pâle. Les veines sus-hépatiques ne sont pas dilatées. Elles représentent un point rouge, petit, entouré d’un SéEIe jaune complet.

La rate est moyenne.

Reins : L’un des reins est sain. L’autre présente un certain degré de dilatation de l’uretère et des câlicés ; sa substance a une téinte jaunâtre d'aspect graisseux. RER ARS

LANGER

L'utérus et le vagin présentent une large ulcération très profonde, très irrégulière, à bords déchiquetés ; cette ulcération de couleur grisâtre est couverte de détritus. Elle à détruit le col utérin, s’est propagée au corps de l’utérus et à la vessie. De plus on trouve un gros ganglion lombaire devenu cancéreux et situé près de l’aorte, mais ne comprimant pas les vaisseaux.

Les muscles des membres supérieurs sont diminués, de coloration très pâle.

Les muscles de la jambe sont de couleur brunâtre, feuille- . morte. En regardant attentivement, on voit que les faisceaux musculaires sont mélangés de stries, les unes de couleur brune, les autres jaunes et que le tissu conjonctif y forme des réseaux épais.

Les muscles de la cuisse sont moins pigmentés, mais également atrophiés.

Il n’y a pas d’œdème marqué, cependant toute l’épaisseur des

membres offre un peu d'infiltration également repartie. . Les muscles de la face ont la couleur chair de poisson, dépourvus de graisse, ce qui rend l’aspect fasciculé d’autant plus visible. Il paraît y avoir aussi un peu d’infiltration dans le tissu conjonctif.

Rien de particulier 4 la vue du côté des nerfs.

Le cerveau est anémié. La moelle est petite et dure, plutôt anémiée.

Muscles de la jambe : Les fibres sont diminuées sensiblement. On reconnait en outre un processus dégénératif et une multiplication très marquée des noyaux. La striation transversale n'existe plus, elle est remplacée par des points isolés. Dans d’autres fibres, la gaine est remplie de granulations, quelquefois les noyaux sont multipliés au point que cinq ou six se touchent. Ils sont entourés de grosses granulations noires. De telles fibres sont assez nombreuses.

Dans les muscles de la cuisse, même état.

Sur les muscles de la face : on voit des lésions beaucoup moins accusées, les fibres sont diminuées de volume et iln’y en a que peu où il y a dégénération. Du côté des muscles des membres supérieurs, on constate des lésions analogues.

Muscles des membres inférieurs. Examen sur des coupes. On reconnait une atrophie considérable de la fibre musculaire. Dans un même faisceau les fibres ont une forme et un volume différent. Les unes sont réduites au cinquième de leur volume environ, d’autres sont presque normales, celles-ci. étant très

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