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OBsERVATION II. — Tuberculose avec une grande caverne dans l’un des poumons. — A maigrissement assez marqué seulement. — Faiblesse et asthénie musculaires généralisées. (Impossibilité de se tenir debout, difficulté de s'asseoir). — Faiblesse des membres supérieurs. — Réaction de débilité musculaire. — Diminution considérable de l'excitation faradique des muscles. — Atrophie et dégénérescence granuleuse des muscles avec prolifération des noyaux. — Altération parenchymateuse intense des nerfs.
Le nommé B... F. âgé de 51 ans, de profession journalier, entré le 15 juin 1887, hôpital Laënnec, salle Rostan, lit n°5, service de M. le professeur Cornil. Pas d’antécédents alcooliques.
Il y a deux ans seulement que le malade tousse. Il n’a pas eu d’hémoptysies. Il a des sueurs nocturnes. Son amaigrissement est moyen. Il dit cependant avoir maigri et avec rapidité depuis sa maladie.
L’expectoration est constituée par un liquide purulent et verdâtre. |
Au niveau du sommet gauche la percussion donne de la matité. L’auscultation fait constater du gargouillement et du souffle amphorique assez étendu.
Du côté droit il y a des signes de tuberculose, mais moins accentués. Pas de fièvre hectique.
Il y a deux mois et demi que le malade a ressenti un faiblesse dans les jambes, faiblesse augmentant progressivement; depuis trois jours il est impossible que le malade se tienne debout. Un peu de tremblement des jambes et des mains, qui dure depuis dix ans déjà, est augmenté aujourd’hui.
Il y a de plus une faiblesse générale des plus prononcée de tout le système musculaire, cette faiblesse est telle qu’elle ne permet pas au malade de se tenir debout et n’est nullement en proportion de la cachexie et de l’amaigrissement qui sont moindres. Dans les membres supérieurs la faiblesse est aussi remarquable.
Il a de la difficulté à s’asseoir, grâce à cet état d’asthénie musculaire généralisée.
Il n’y à ni rigidité ni contractures de la nuque et du tronc.
Ar CA
Nous avons dit que le malade a eu une faiblesse des jambes qui l'empêche de marcher et de rester debout. C’est de la faiblesse simplement, car le malade peut avec ses jambes exercer tous les mouvements possibles dans son lit, tirer ses membres de dessous les couvertures et les étendre au-dessus, seulement ces mouvements sont lents et péniblement effectués.
Quand on percute sur la cuisse droite, on voit tous les muscles entrer en convulsion et dessiner plusieurs ondulations ‘successives sous la peau, Le membre est quelquefois agité d’un véritable tremblement.
L’hyperexcitabilité mécanique est généralisée aux autres muscles.
L’électricité faradique aux membres inférieurs (mollet, région externe de la cuisse etc.) ne donne pas de contractions, même avec un courant assez fort, tandis qu’en employant le même courant on obtient des contractions aux membres supérieurs. Il faut le maximum pour avoir des secousses dans les muscles du mollet et de la région externe de la jambe, et alors même on n'obtient pas de fortes contractions, mais elles sont très apparentes. Les réflexes rotuliens sont exagérés.
La percussion du fléchisseur propre du pouce des deux côtés détermine une flexion brusque de la dernière phalange du pouce. La percussion des masses latérales externes de l’avant-bras près du coude démontre également la contraction de ces membres. Mort le Æ août.
AUTOPSIE. — (5 août 1887): Le poumon gauche a des adhérences intimes avec toutes les parties voisines ; la plèvre est épaissie. Au sommet on trouve une vaste excavation, il y a des tubercules disséminés dans le reste du poumon.
Le poumon droit est beaucoup moins altéré que le gauche, on ne trouve que quelques tubercules disséminés.
Le cœur est assez gros, présentant une coloration feuillemorte. Pas d’athérome. Les valvules sont saines.
Le foie est volumineux, de couleur jaune et d’aspect grais-
‘seux sans être complètement amyloïde.
Les reins sont gros et congestionnés. Il n’y a aucune altéra- ‘tion ni de l’éntestin, ni du péritoine.
Les muscles de la partie postérieure et externe de la jambe sont de couleur rouge pâle ou feuille-morte. [1 y a une légère infiltration œdémateuse des couches profondes. L’amaigrissement des muscles est assez prononcé.
DISSOCIATION FRAICHE DES MUSCLES: Muscles de la région
postérieure de la jambe etde la cuisse. On voit sur les dissociations fraîches que les fibres sont toutes réduites de volume, Elles ontperdulesdeux tiers de leur volume approximativement. De plus on observe des altérations de structure qui se joignent à cet état d’atrophie. Quelques-unes présentent une sorte de dissociation de la substance striée, il y a un écartement de fibrilles qui présentent une persistance de la striation. D’autres sont très atrophiées et présentent des noyaux augmentés en nombre et de volume avec fragmentation et destruction de la substance striée. Enfin il y a des gaines presque vides de substance striée qui sont remplies de noyaux sous forme d’ilots disséminés.
EXAMEN DES NERrs. (Dissociation acide osmique): Nerf sciatique et tibial postérieur. Ces nerfs sont très altérés, on y voit très peu de fibres saines, par contre, sur bon nombre de tubes, la myéline est fragmentée en blocs ou en boules disséminées en îlots, dans des gaines vides et revenues sur elles-mêmes dans les points intermédiaires aux amas granuleux.
Ainsi dans les nerfs du membre inférieur on trouve presque toutes les fibres en état de dégénération complète, le cylindre axe à disparu, la myéline y est en boules ou en blocs; les -noyaux de la gaine sont gros ou granuleux.
: D’autres fibres sont atrophiées, petites, grêles, mais non dégénérées, on trouve seulement quelques fibres saines.
Moelle : Rien de particulier à signaler du côté de la moelle -ni de ses enveloppes. Les cellules des cornes antérieures de la moelle sont normales ou en tout cas très peu lésées.
OBSERVATION III. — Tuberculose pulmonaire. — Vaste excavation à gauche. — Réaction de débilité musculaire. — Lésions dégénératives des muscles.
La nommée X..., âgée de 40 ans, sans profession, entrée au mois d'octobre 1887, hôpital Laënnec, salle Chomel, lit n° 18, service de M. le professeur Cornil, suppléé par M. le Dr Josias.
Aucune hérédité de tuberculose.
Il y a,18 mois que la maladie a débuté à la suite d’un froid. Elle eut de la fièvre, de la toux, de l’expectoration. Les signes de bronchite n’ont cessé depuis de s’accroitre en même temps
que l’amaigrissement et la perte des forces. La malade n’a pas -eu d'hémoptysies.
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À l’auscultation on a des signes amphoriques au sommet gauche.
: Des deux côtés, aux bases, on trouve une respiration rude à l'inspiration et à l'expiration. Cette respiration est granuleuse, mais ne donne pas les signes nets de râles sous-crépitants. Elle existe des deux côtés. La dyspnée est habituelle : La toux persiste toujours, la malade a souvent des vomissements.
La cachexie et l’amaigrissement deviennent notables. 3 malade reste alitée.
Elle peut remuer les membres inférieurs, mais ceux-ci sont excessivement faibles. Il y à de la fièvre. La malade a de l’anorexie.
Les symptômes d’hyperexcitabilité mécanique des museles sont au complet :
Lorsqu'on pereute le tendon du fléchisseur propre du pouce ou le muscle lui-même, on voit se produire une brusque flexion de la seconde phalange du pouce.
Lorsqu'on percute le triceps crural, on voit ce muscle entrer en contraction et se produire des reliefs appréciables à la vue.
On constate les mêmes phénomènes pour les muscles de la jambe, pour les muscles de l’omoplate, pour les grands pectoraux et l’on produit de la même manière la contraction du’ biceps brachial (longue portion) ou encore le phénomène de myoœdème. Il y a une certaine exagération des réflexes rotuliens. La malade n’a jamais eu de douleurs dans les membres. Une légère pRreuasion sur le bia reveille un peu de douleur.
Les doigts sont amaigris, mais sans dilatations au niveau des
articulations.
- La peau est flasque, faisant des plis. L’extrémité de l’ongle est recourbée dans le sens vertical et dans le sens transversal : les doigts sont hippocratiques, ils sont légèrement ne en massue.
On constate dans les derniers jours avant sa mort un léger œædème des membres supérieurs ainsi que des membres inférieurs.
Morte le 1er décembre 1887, le matin.
AurTopsig (2 décembre 1887). Poumons : On trouve âgauche une grande caverne qui va jusqu’à la plèvre. Dans le reste-du poumon on voit des tubercules disséminés fibro-caséeux, entourés de zones d’inflammation chronique. À droite on a très peu de tubercules.
La plèvre est tapissée de fausses membranes rugueuses constituées par des dépôts de fibrine, qui donnent à la séreuse.. l'aspect d’une langue de chat: On ne constate pas de liquide. Au niveau de la plèvre diaphragmatique la pleurésie PRAERE présente une adhérence complète.
Cœur : Le cœur est petit, atrophié, brunâtre. il n° y a auçune lésion valvulaire. On ne constate pas d’athérome aortique:
Foie : Le foie est volumineux, il a l’aspect muscade, mais avec ce fait qu’au lieu d’un gros point rouge central, le point. rouge est petit et le cercle jaune très étendu. La dégénérescence ou l’ischémie prédomine sur la congestion.
Reins : Les reins sont assez gros, doses, sans lésions appréciables à la vue. À
Rate : La rate présente un aspect bosselé, son volume, est. double de ce qu’il est à l’état normal. Elle.est dure.
Rien dans les intestins et le péritoine. :
Muscles du thorax : Ces muscles sont normaux. rene de la cuisse : Ces muscles ont une coloration brunâtre avec des stries jaunes et brillantes et paraissent assez altérés. j
On remarque la même chose pour les muscles de la jambe.
Dissociations fraîches des muscles de la cuisse (Picrogarmin). On voit des fibreslarges, tuméfiées, sans striation, en dégénérescence granulo-pigmentaire, ou en état. d’émulsion avec grosses granulations semées çà et là au milieu de l’émulsion plus fine. Sur d’autres il y a résorption partielle et. des noyaux multipliés. Sur, d’autres moins .altérées, il y a un aspect granuleux mais avec vestiges de striation. De même pour les muscles dans les autres segments des membres.
En somme les muscles sont notablement altérés et présentent des lésions de tuméfaction trouble, d’état granuleux, de résorption partielle du contenu strié. 4
Examen des nerfs (Osmium et dissociation) : Quelques fibres des nerfs correspondant aux muscles précédents présentent les lésions de la dégénérescence granuleuse (tube avec fragmentation en boule de la myéline), mais les lésions des muscles sont relativement plus prononcées. ; Ù
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OBSERVATION 1V. — Tuberculose. — Faiblesse des membres inférieurs sans rapport avec la cachexie et lamaigrissement qui sont moindres. — Réaction de débilité musculâire, — Diminution notable des réactions électriques. — Muscles en voie de dégénération.
Le nommé G..…, Jean-Marie, âgé de 39 ans, profession coiffeur, entré le 2? décembre 1887, salle Rostan, lit n° 8, service de M. le professeur Cornil, suppléé par M. le Dr Josias.
Il y a six ans, il a eu une néphrite soignée à l'hôpital de la Pitié. IL avait de l'œdème généralisé. L’urine contenait de l’albumine.
Il y à trois ans le malade a eu une pleurésie sèche qui a été
soignée à l'hôpital Andral.
* A yadix-huit mois, à la suite d’une périchondrite le malade a eu des abcès froids, il s’est fait soigner à l’'Hôtel-Dieu où il fut opéré. Il y a dix moisil a eu des hémoptysiesen toussant. Depuis il a continué à tousser et à cracher le sang. Le malade présente un amaigrissement notable. Il à des sueurs nocturnes. La perte de l’appétit est presque complète. Le soir il a de la fièvre. Au début de sa maladie le malade a eu de la diarrhée qui à duré un certain temps. L’expectoration est mucopurulente.
À l’auscultation on entend aux deux sommets une respiration soufflante et des bruits cavitaires.
L’amaigrissement général est peu prononcé. Les cuisses sont plus maigres que le reste du corps. Les mollets sont aplatis. La peau est de couleur jaune et terne, elle est sèche.
L’hyperexcitabilité mécanique des muscles est très marquée et générale.
Par la percussion effectuée sur les fléchisseurs du doigt et du pouce on constate une hyperexcitabilité mécanique, ayant pour résultat la flexion des pouces et des doigts qui tendent à se rapprocher. Les réflexes rotuliens existent, ils sont plutôt forts que normaux. Le malade est très faible, il a de la peine pour se tenir debout. Les membres supérieurs sont affectés d’un tremblement. La faiblesse est plus prononcée que la eachexie et ne parait pas être en rapport avec le degré d’amaigrissement qui est bien moindre relativement à la faiblesse. L'examen électrique faradique donne aux cuisses, aux jambes
PR) nn
et aux membres supérieurs les résultats suivants. Ce n’est qu'avec un courant fort (maximum de l’appareil Chardin) qu’on voit des contractions nettes; même après excitation préalable avec un courant fort on n’arrive pas avec un courant faible à produire des contractions.
Même diminution de la contractilité galvanique sans réactions de dégénérescence. Les ongles sont un peu recourbés dans les deux sens, mais ne sont pas typiques.
Mort le 28 décembre 1887.
AUTOPSIE (29 décembre 1887).
Dans les deux sommets des poumons on trouve des lésions de pneumonie chronique avec des petites cavernes multiples et sèches. Ces lésions fibro-tuberculeuses occupent une grande étendue, tout le lobe supérieur. On constate aussi des adhérences intimes de ces parties.
Les lobes inférieurs des poumons. sont œdématiés et décolorés. En somme on a des lésions de tuberculose fibreuse avec ramollissement et cavernules multiples aux sommets, et complication d’œdème aigu des bases.
Le cœur est plutôt petit. Son tissu est jaunâtre, feuillemorte. Les valvules sont saines.
On constate peu d’adhérence. Le ventricule gauche est rempli par un caillot œdématié ancien, qui est consécutif à l’œdème pulmonaire et qui à causé la mort.
Le foie est d'aspect muscade clair mais sans lésions bien marquées.
Les reins sont moyens de volume, la substance corticale est étroite, de couleur blanche et présentant des arborisations vasculaires. La rate est grosse, un peu pâle. Rien à l'intestin et au péritoine. Les jambes sont infiltrées d’un œdème très médiocre. Les muscles sont sans amaïgrissement bien notable et rouges. Pour la cuisse seulement la coloration est plus pâle.
Dissociations fraîches des muscles. (Muscles des membres supérieurs, muscles jumeaux, muscles de la cuisse).
Les fibrilles des fibres sont écartées les unes des autres, comme dissociées longitudinalement; avec un fort grossissement et, après l’action de l'acide acétique, on voit que chacune de ces fibrilles a conservé sa situation transversale qui paraissait d’abord abolie. 13
Il y a donc simple dissociation longitudinale des fibrilles.
De plus il y a des grosses fibres tuméfiées’ irrégulières, en état d’émulsion plus ou moins fine et avec absence complète
de la striation, même après action de l’acide acétique. Les noyaux persistent, non augmentés.
Cœur (dissociation) : Les fibres sont petites, atrophiées, avec des noyaux petits et granuleux; la striation est vague. Il y a dans ces fibres beaucoup de granulations pigmentaires.
EXAMEN DES NERFS (dissociation après action de l'acide osmique 1/100).
Nerf tibial postérieur : On voit de rares fibres dégénérées, avec fragmentation de la myéline en boules, disposées en flots. On peut dire cependant que ces dégénérations sont l’exception dans ce nerf. En général les fibres y sont petites et grêles.
Nerf saphène externe : La plupart des fibres sont saines, ce n’est qu’exceptionnellement qu’on trouve une ou deux fibres avec des boules de myéline. Pas de fragmentation en blocs.
En résumé, dans les nerfs examinés les altérations dégénératives sont à peine accusées, on y voit des fibres grêles et chétives.
OBSERVATION V. — Tuberculose. — Abolition des réflexes rotuliens. — Réaction de débilité musculaire. — État cachectique.
Le nommé Gatez Pierre, âgé de 85 ans, de profession couvreur, entré le 26 juillet 1887, salle Grizolle, lit n° 5, service de M. le professeur Cornil, suppléé par M. le Dr Comby.
Pas d’antécédents héréditaires. Aucune maladie antérieure. Pas d’excès alcooliques. Il n’est malade que depuis quelques mois.
Le malade a maigri depuis quelque temps, il dit de quarante livres à peu près dans cinq mois. Cependant le malade ne présente pas encore les signes d’une cachexie complète et son amaigrissement est moyen.
= L’expectoration est très abondante, elle a l'aspect mucopurulent.
A l’auscultation, on note au sommet droit un souffle cavernuleux; à gauche, il y a des signes de ramollissement, on entend pendant qu’on fait tousser le malade des râles cavernuleux.
Le réflexe rotulien est complètement aboli; il est impossible, malgré tous les soins, de le provoquer. L’hyperexcitabilité mé-
RAC re
canique de tous les muscles est des plus marquée quoique les réflexes tendineux soient abolis.
En percutant les muscles de la cuisseon voit se former deux ou trois intumescences qui persistent pendant AR secondes.
On rencontre un phénomène analogue sur les muscles de l’avant-bras, sur le triceps brachial et sur les muscles de la jambe.
Le réflexe escruastérien est augmenté au point qu’il suffit de toucher la cuisse pour voir remonter le testicule très haut et redescendre quelques secondes après.
L'examen électrique par la faradisation avec le courant le plus faible (en se servant de l’appareil Chardin), montre que les muscles de la cuisse se contractent, De même pour les muscles de la jambe.
L’excitabilité galvanique est plutôt augmentée.
On remarque les mêmes phénomènes pour le membre supérieur.
AUTOPSIE (7 novembre 1887). Le poumon droit est farci de tubercules fibro-caséeux au milieu desquels sont creusés, à son sommet, des petites cavernes du volume d’une noisette. Le reste du poumon est complètement infiltré de tubercules entourés de pneumonie chronique.
Le poumon gauche est volumineux, ne s’affaisse pas à louverture du thorax et présente dans toute son étendue les lésions d’une congestion œdémateuse intense, couvrant des ilots de tubercules entourés de plaques ardoisées. Il n'existe ‘pas d’ulcérations et de cavernes de ce côté.
Le cœur est à peu près normal, plutôt volumineux, sans lésions valvulaires. Dans l’aorte il n’y a que quelques plaques d’adhérence. Le foie est moyen, rougeâtre, ayant sur la coupe le reflet brillant d’un foie graisseux. Les reins sont gros, très congestionnés, de coloration rouge sombre, sans adhérences à l'enlèvement de la capsule. Rien à l'intestin ni au péritoine. Les muscles sont assez bien conservés comme volume et comme aspect macroscopique.
DISSOCIATIONS FRAICHES DES MUSCLES : Les fibres ne sont pas ou peu diminuées de volume en général. On ne trouve que quelques fibres sans striation et présentant l’aspect pulvérulent. On ne trouve de ces dernières qu’une ou deux sur dix ou vingt.
Il y a passablement de fibres où la striation transversale est
= oE
peu apparente et où la tuméfaction trouble commence à se dessiner.
L'augmentation du nombre. des noyäux n’apparaît pas nettement.
En somme les lésions musculaires ne sont pas très profondes.
EXAMEN DES NERES : Nerf tibial postérieur : On trouve quelques fibres dégénérées avec boule de myéline remplissant des gaines à demi-vidées, privées du cylindre axial, mais de telles fibres sont très peu nombreuses, et la toute grande majorité se présente avec des caractères normaux.
NERF SAPHÈNE EXTERNE. — Sain. Les mêmes nerfs examinés sur des coupes ne présentent aucune lésion.
OBSERVATION VI. — Tuberculose pulmonaire. — Réaction de débilité musculaire. — Abolition de l’excitabilité faradique. — Altération des muscles au début.
Le nommé F...., Armand, courrier, àgè de 23 ans, entré le 5 avril 1887, service de M. le professeur Cornil, suppléé par M. le D: Chauffard.
Mère morte à 47 ans, de phtisie chronique, il a trois frères bien portants. Jusqu'en 1884, il n’a jamais été malade, lorsque pendant trois semaines il eût des crachats striés de sang,
Ce n’est que deux ans plus tard, en mai 1886, que la toux et l’expectoration s’établissent d’une manière continue. L’expectoration est très abondante. Il a perdu l'appétit. Il a maigri beaucoup et a perdu ses forces. La dyspnée s’accentue, le malade a des sueurs surtout la nuit. Le malade continue à travailler. A la suite d’une hémoptysie assez intense il entra à l'hôpital de la Charité. ,
Il a maigri beaucoup. En mai 1886, il pesait 147 livres et le 4 mai 1887, il ne pesait que 106 livres.
ETAT ACTUEL (mai 1887) : Le malade est dans un état de faiblesse marquée. La peau est sèche, décolorée, les traits de la face sonttirés et amaigris. Le malade a de la fièvre. Les sueurs nocturnes sont constantes. Le sommeil est interrompu, mêlé de révasseries. L’appétit est presque nul, les aliments sont mal supportés et les vomissements sont fréquents. Le malade a de la diarrhée trois ou quatre fois par jour. Les essais de gavage
De, 0h ee ne sont pas continués à cause des vomissements qu'ils provoquent.
Le thorax est applati : les dépressions sus et sous-claviculaires sont manifestes.
‘A la percussion on a de la matité aux deux sommets, surtout à droite. |
A l’auscultation, on entend en arrière et à droite, sur toutela hauteur du poumon, des craquements et des râles cavernuleux; la respiration est rude et soufflante. Il y a du retentissement de la toux et de la voix. En avant on a les mêmes signes. Du côté gauche on n’entend que des râles muqueux.
Les masses musculaires sont amaigries et flasques. Elles sont douloureuses à la pression ainsi que les os. Il y a quelques douleurs dans les membres inférieurs et surtout sur le trajet du nerf sciatique.
La peau des membres supérieurs et inférieurs est sèche et couverte de fines écailles.
En même temps que quelques douleurs dans les membres, il se fait un peu d’æœdème de la cheville droite, lequel s’est, du reste, effacé très vite et n’existe plus.
On constate l’hyperexcitabilité mécanique dés muscles généralisée.
Examen électrique. Le muscle droit antérieur de la cuisse ne répond pas à un courant électrique faible. Avec un courant beaucoup plus fort on n'obtient que des contractions peu intenses et paraissant limitées à certains faisceaux. Ces faits ressortent par la comparaison avec le côté gauche où le courant électrique produit une contraction à peu près normale.
Les muscles jumeaux et soléaires se contractent bien,de même pour la région externe de la jambe du côté gauche où cependant il y à de la diminution, tandis que du côté droit la contraction est excessivement faible, même avec un courant assez fort. Les masses musculaires ont aussi diminué depuis que le malade à de la fièvre hectique.
14juin. — Aux membres supérieurs, par des courants faibles et moyens, on obtient des réactions électriques (faradisation) très marquées. |
Il existe de l’hyperexcitabilité musculaire très nette. Les réflexes tendineux sont exagérés.
On voit se produire à ses membres supérieurs, sous l’influence de la percussion, quelques secousses de tremblement. La température est à 4lo, Les membres inférieurs sont immobiles,
RP
très amaigris, et même avec les courants les plus forts, il est impossible d'obtenir la moindre contraction dans les jumeaux et les muscles de la région antérieure de la cuisse ; d’autre part, l’hyperexcitabilité mécanique est exagérée dans des mêmes groupes musculaires et à un degré inférieur à ce qu’on observe aux membres supérieurs.
Les réflexes tendineux paraissent faibles, mais la percussion sur le tendon rotulien détermine des contractions du triceps de la cuisse.
Le malade est couché sur le dos et a du délire, prononce quelques mots incompréhensibles, et fait quelques mouvements de temps en temps, surtout avec le bras.
Le bras est agité d’un peu de tremblement, il y a aussi quelques secousses dans les muscles de la face.
Autopsie (16 juin 1887) : le poumon droit est de la base au sommet transformé en un tissu cavitaire.Ces cavernes séparées par du poumon infiltré de tubercules caséeux communiquent souvent entre elles : ainsi le poumon est transformé en un véritable tissu lacunaire. Toutes ces cavités sont irrégulières, à aspect déchiqueté, et les parois ulcérées contiennent du pus et des détritus gangréneux. On trouve ces lésions sur toute l'étendue du poumon, de son sommet jusqu’à sa base. En outre, les adhérences sont complètes.
Le poumon gauche,dans la moitié antérieure de son sommet, présente les lésions de la pneumonie chronique, il y a aussi des petites cavernes et de la caséification. Dans la moitié postérieure, il y a une congestion caractérisée par une coloration rouge violacée, œdémateuse,intense. Dans le reste du poumon, on trouve des gros nodules tuberculeux et caséeux et de la pneumonie chronique avec ramollissement. Partout où il n'existe pas de ces nodules, il y a une congestion intense, comme cela se voit sur la portion du sommet respecté par la tuberculose, Le fait est remarquable. Il n’y a pas de pleurésie du côté gauche ni d’adhérences.
Cœur. Dans le péricarde on trouve de la sérosité, pas d’adhérences du péricarde. Le cœur est moyen, plutôt petit, il est flasque, mou, de couleur feuille-morte, les piliers sont petits aussi et comme atrophiés. Les valvules sont saines. Le foie est gros, décoloré, d’aspect en général jaune avee points blancs, un peu saillants, représentant les lobules. Ce foie est mou et décoloré. La rate est grosse. L’estomac est dilaté. On ne trouve rien du côté de l'intestin ni du péritoine. Les reins sont très