‹ Des Amyotrophies Dans Les Maladies Générales Chroniques Et De Leurs Relations Avec Les Lésions Des Nerfs PériphériquesChapitre 11 sur 33 · ET · texte numérisé non relu

ET

rares. Beaucoup sont rondes, d’autres triangulaires sur les

coupes. Il y a de larges espaces de tissu conjonctif qui sépa-

rent et isolent les fibres. Ce tissu conjonctif proliféré tient au

moins une étendue égale à celle qui est occupée par l’élément

musculaire atrophié. En considérant attentivement, on peut

voir que les amas de noyaux qui semblaient être du tissu con-” jonctif, sont en réalité des fibres musculaires, dont les noyaux

proliférés occupent des gaines de sarcolemme vidées de con-

tenu strié. Sur quelques points le fait a une netteté décisive.

La prolifération conjonctive qui existe est donc en réalité

bien moindre qu’elle ne paraît. Le tissu conjonctif contient en effet beaucoup de graisse et de noyaux appartenant au tissu

musculaire dont il ne reste que des vestiges. Les vaisseaux

sont épaissis et scléreux.

Nerfs: Nerf tibial postérieur: On trouve des espaces remplis de fibres vides, dont quelques-unes présentent encore des boules de myéline espacées à de longs intervalles entre elles, les gaines sont revenues elles-mêmes. Il n’y a plus trace de cylindre axial. À côté de ces faisceaux on en voit d’autres dont les tubes sont bien conservés, normaux quant au volume et au cylindre d’axe.

Nerf saphène externe: On constate le même aspect: La dégénération y est plutôt moindre que dans les précédents.

Nerf médian: On trouve également des fibres dégénérées.

Examen de la moelle.Les vaisseaux de la moelle sont épaissis ainsi que le tissu conjonctif. Il n’y a pas de lésions appréciables des faisceaux blancs.

Les cornes antérieures présentent des cellules qui, sans étre très altérées, sont manifestement touchées. Les prolongements sont restreints ou nuls: la forme tend à devenirronde ou ovale. Les granulations sont abondantes,tant dans le protoplasma que dans les noyaux.

OBSERVATION XIII. — Impaludisme. — Pleurésie cachectiquehémorragique.— Réaction cachectique des muscles. — Fibres musculaires en voie de dégénération.

Le nommé A. B., âgé de 59 ans, sans profession, entré le 10 novembre 1887, salle Larochefoucauld, lit n° 19, service de M. le professeur Ball.

De en

Le malade a habité les Landes ou il a conctracté les fièvres. intermittentes ; il a été soigné à Bordeaux. Pas de parents tu. berculeux. Pas de syphilis.. Pas d’alcoolisme.; La teinte de la. face est plombée. F

Il y a une déformation de Ja poitrine, on. remarque . l’enfon-,. cement de la premipre pièce du sternum, une voussure, analo-gue à celle qu’on observe chez les emphysémateux. di

Le thorax est amaigri. ”

Le ventre est lécèrement rétracté, les cuisses très amaigries,. il y a des plaques pigmentairessur la jambe et le pied: Hoi qui est bronzé.

Le malade est très faible. En général les réflexes sont nor-, maux, il n’y a pas de douleurs. La respiration est pénible et gênée, les quintes de toux sont fréquentes, avec sifflement ins-, piratoire. Après les quintes le malade ressent des douleurs vagues et de la courbature de la cage thoracique. L’expectoration estanalogue à celle de la bronchite aiguë.

A la percussion on a de la matité du côté gauche, : sans vibrations.

Du côté droit la respiration est normale, plutôt plus forte. On entend parfois quelques râles. Pas de pectoriloquie aphone. Pas de murmure vésiculaire.. Au sommet on entend quelques ràles.

Le malade à peu d’appétit. Le foie est assez volumineux: La rate, descend au-dessous des fausses côtes.

On fait une ponction et on retire de la poitrine un liquide qui contient de la fibrine englobant de nombreux globules rouges. L’épanchement à une couleur jaunâtre. La paroi thoracique a été. æœdématiée.. L’amaigrissement -est notable.

L’hyperexcitabilité musculaire mécanique est généralisée et augmentée.

13 décembre 1888. On note un œdème unilatéral facial du côté où le malade se couche.

AUTOPSIE (le 23 janvier 1888.) Le poumon gauche est entouré d’une coque très épaisse pseudo-membraneuse et lardacée, et, çà et là, on rencontre des points d’aspect caséeux. Ce poumon est complètement atélectasié. On ne constate ni épanchement ni hémorragie. Il n’y a aucune trace de tuberculose pulmonaire. Le poumon droit, est gros, - il.ne s’affaisse pas à l’ouverture du ‘thorax, présentant la sensation spéciale de l’emphysème.

Le cœur est volumineux, hypertrophié, d'aspect graisseux. Le valvule mitrale est épaissie.

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Le foie, d'aspect muscade, est dur ét ne se laissant que diffcilement pénétrer par l'ongle. La rate est assez grosse.

Les reins sont normaux, de couleur un peu pâle, et l’on voit se dessiner au niveau de la substance corticale des arborisations vasculaires. | s

Les muscles sont peu amaigris, de couleur rosée! :

EXAMEN MICROSCOPIQUE DES MUSCLES {Dissociations fraiches). Au membre supérieur on voit quelques fibres finement granuleuses en état de tuméfaction trouble et, dans d’autres,malgré Ia conservation vague de la striation transversale, on voit des granulations noires disséminées, appartenant au protoplasma des noyaux qui sont augmentés de volume.

Les muscles intercostaux externes qui étaient œdématiés, ne présentent que la dissociation des fibrilles sans dégénérescence.

Cœur : Les fibres montrent fréquemment une infiltration de granulations pigmentaires isolées’ ou réunies en groupe.

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OBservaTION XIV.—Athéromecardio-vasculaire. —Cachexie sénile. — Réaction de débilité musculaire. — Diminution des fibres musculaires avec épaississement du tissu conjonctif et des vaisseaux des muscles.

La nommée P... Jeanne, âgée de 71 ans, profession ménagère, entrée le 27 janvier 1888, salle Prorry ne 10, service de M. le professeur Ball.

La malade n’a aucun antécédent héréditaire.

Elle n’a pas fait de grandes maladies.

Elle est sujette aux bronchites qui se répètent tous les hivers depuis des années.

L’amaigrissement est moyen. Il existe cependant une faiblesse générale qui l'accompagne. La malade se lève chaque jour et ne marche que peu dans la salle. Elle est facilement essoufflée. Les battements du cœur sont assez forts, ayant un timbre soufflant et rude aux orifices aortique et mitral.

- On constate les signes de l’emphysème pulmonaire.

L'examen du système musculaire montre, outre l’'amaigrissement et la faiblesse, une réaction de débilité musculaire généralisée, mais prédominante aux membres supérieurs. Il n’y a pas de tremblement des mains. On remarque en outre

que le membre inférieur droit est plus grêle et que les muscles sont plus flasques que du côté gauche.

Morte au mois d’avril 1888.

AUTOPSIE; dans l’un des poumons on constate un foyer broncho-pneumonique, de l’autre côté on trouve de l’emphysème bien marqué.

Le cœur est plutôt hypertrophié, non flasque, de couleur rouge. On constate de l’athérome de la valvule aortique et de la crosse de l'aorte qui est calcaire. La valvule mitrale est épaissie.

Les reins, un peu durs, sont congestionnés. On ne note rien de particulier à la vue du côté des muscles.

Dissociations fraîches des muscles: On voit quelques fibres striées mais étroites, plus ou moins grêles; il y a quelques rares fibres en dégénérescence granulo-graisseuse.

Sur des coupes on rencontre des altérations analogues. On voit: 1° la diminution de volume d’un certain nombre de fibres, 20 le tissu conjonctif épaissi. Çà et là, sur les coupes d’une fibre en voie de dégénération, on constate l'aspect suivant. Le contenu strié est creusé de cavités de forme assez irrégulières. Dans l’intérieur de ces lacunes se trouvent des cellules musculaires. Chacune n’en contient qu’une ou deux. Lorsqu’il y en a deux elle semblent empiéter l’une sur l’autre. Les cellules musculaires sont elles-mêmes hypertrophiées. Il s’agit en résumé de noyaux occupant le centre de la fibre ét fragmentant et résorbant le contenu strié. Les vaisseaux musculaires sont épaissis et se lèvent.

Dans les nerfs périphériques on trouve la même sclérose, la même atrophie des tubes et la même dégénérescence de quelques-uns que l’on a constatée dans les fibres musculaires.

OBSERVATION XV. — Cirrhose atrophique. — Dilatation du cœur. — Amaigrissement des masses musculaires. — Tuméfaction trouble des fibres musculaires. Ù

La nommée Françoise Césarine, âgée de 56 ans, profession, journalière, entrée le 16 avril 1888, salle Broca, lit no 7, service de M. le professeur Ball.

La malade n’a jamais eu de rhumatisme.

Sa maladie a débuté progressivement par de l'oppression, des palpitations depuis dix mois.

“ERIK +, ECS

Les jambes étaient enflées légèrement vers le soir.

Depuis quelques jours le ventre a augmenté de volume.

État actuel. I] y a une cyanose marquée des lèvres et sousonguéale; la dyspnée est intense, la malade étant obligée de rester assise dans son lit.

Le pouls est assez fort et irrégulier.

D’un autre côté il n’y a pas de lésions pulmonaires Hate d'expliquer l’état de dyspnée. La sonorité est partout parfaitement normale et tympanique. 11 n’y a pas de râles humides aux bases.

Du côté du cœur on trouve de l’éréthisme cardiaque avec irrégularité et intermittence.A l’orifice mitral, il y a un souffle fort au premier temps, sans rudesse, avec caractère aspiratif et se prolongeant pendant tout le petit silence.

Au second temps il y a aussi un souffle moins prolongé et plus faible qu’au premier.

A la base on trouve un souffle au premier temps, moins intense et de même caractère que celui de la pointe. Au second temps on constate un souffle léger.

Le foie paraît passablement diminué de volume par la percussion.

Les urines sont diminuées de quantité, réduites à un demilitre dans les vingt-quatre heures.

Elles présentent un faible nuage d’albumine par la chaleur et un disque albumineux par l’acide azotique. Au-dessous du disque on voit une zone de matière colorante rosée. Pas de réaction d’hémaphéine.

L'examen de l’abdomen fait reconnaitre une ascite assez considérable.

11 y a de l’amaigrissement musculaire, mais point d’état de maigreur cachectique. La peau a conservé une épaisseur normale. La face particulièrement est brunâtre et a la coloration de lictère hémaphéique.

Les jambes présentent des varices capillaires.

Autour des malléoles il existe un œdème peu marqué.

Il y a de l’hyperexcitabilité mécanique des muscles.

Les réflexes tendineux sont conservés.

Le 22 avril, l’ascite a augmenté, l’état de dyspnée est toujours le même, ainsi que la cyanose.

Les bruits du cœur sont affaiblis. Quelques râles souscrépitants aux bases.

Morte le 23 avril 1888.

AUTOPSIE (du 24 avril 1888). — Les poumons sont volumineux etemphysémateux. À l’une’des bases on constate de la congestion œdémateuse peu étendue.

Le cœur est très volumineux, dilaté et hypertrophié -Sans être dur au toucher.il est plutôt flasque ; son tissu est décoloré. Les valvules sont saines, tant pour la mitrale que pour la valvule aortique. On ne peut constater qu'un léger épaississement de la mitrale à son bord libre. On trouve quelques plaques cartilagineuses dans l’aorte qui est petite et étroite en général.

Le foie est petit, rétracté, avec une capsule présentant des plaques opaques d'aspect lardacé. Sa surface est irrégulière, mamelonnée plutôt que cloutée. Le tissu est dur, criant sous le scalpel. La coupe présente un aspect fibreux et graisseux. La vésicule biliaire est petite et épaissie.

La rate est grosse, décolorée.

Les reins plutôt gros sont normaux d'aspect.

Les capsules surrénales sont plus amaigries.

Rien à l'intestin ni au péritoine.

On constate de l’ascite de moyenne abondance.

Le système musculaire offre une horiton pâle. Le volume des muscles est diminué.

: I, n’y a pas d'œdème aux membres supérieurs ; peu ou pas aux membres inférieurs.

… Examen des muscles (Dissociations fraîches). Les fibres sont diminuées, surtout aux membres supérieurs. Leur aspect est. trouble, la striation est vague, les noyaux sont nets. De plus, dans un grand nombre de fibres, il y a de la tuméfaction trouble avec la disparition complète de la striation, même après action de l'acide nitrique. On distingue cependant leurs noyaux, augmentés et de forme très irrégulière parfois. Ils sont souvent allongés et festonnés, finement granuleux. Il y a des petites fibres qui sont aussi en état de tuméfaction trouble ; sur les plus grosses on voit encore la striation, mais, en général, elle est peu marquée.

Dans les nerfs périphériques on remarque quelques fibres en voie de dégénérescence.

Foie. Sur des coupes on remarque une cirrhose de moyenne intensité, sans grandes lésions des cellules dont le noyau est grand et bien coloré; on voit aussi quelques granulations graisseuses fines et pigmentaires.

La cirrhose est annulaire et développée autour des vaisseauxs portes.

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