‹ Des Anastomoses des Tendons Sains: Avec les Tendons des Muscles Paralysés dans le Pied-Bot ParalytiqueChapitre 10 sur 16 · MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE

. Quel est le manuel opératoire de la méthode de Nicoladoni ? Telle est la première question qui se pose à notre esprit, le principe de la méthode nous étant connu.

Et d’abord y a-t-il un manuel particulier à cette méthode ? Nous répondrons de suite que /e manuel opératoire ne diffère pas sensiblement des règles générales de médecine opératoire ayant trait aux sutures tendineuses.

Pour les incisions nous n'avons rien à dire de particulier, elles se font, suivant les cas opératoires, de manières très différentes, et qu’il est impossible de fixer d'avance.

Si on à à faire à des « tendons pleins », on fera des sutures avec chevauchement des deux bouts l’un sur l’autre.

Au contraire, si les tendons sont « cylindriques » on aura recours à l'affrontement avec sutures dites d'appui, lorsque les tendons étant un peu volumineux ne s'affrontent pas bien aisément.

Un principe important que ne devra jamais oublier le chirurgien, c’est de calculer aussi exactement que possible la longueur des bouts à anastomoser, afin que le tendon ne soit ni trop «long » ni trop « court ».

En effet, si le tendon est trop long il deviendrait nul, il n’aurait pas d’action, s’il est trop court il se rétracterait et on tomberait alors dans l’excès contraire.

Les tendons étant suturés il faut, avant toute chose, en assurer la fusion et cela non d’une manière passagère, on aurait travaillé rien, mais d’une manière durable.

Pour cela l’anastomose latérale peut suffire, mais il est bon de faire un avivement étendu et de fixer bord à bord les surfaces avivées avec une suture de soie qui commence d’abord sur les deux bords posté-

rieurs de l’avivement et revient enfin sur les bords antérieurs (Piéchaud et Bergognié).

On peut aussi suturer les tendons en les faisant chevaucher plus ou moins l'un sur l’autre, et même en les superposant ; on les transfixe ensuite tous deux par des fils qui les mointiennent dans la situation donnée.

Le tendon du muscle sain ne sera pas coupé, si ce muscle sain ne joue pas lui-même un rôle actif dans la déformation, s'il n’entraîne pas sensiblement le pied dans le sens de sa contraction ; et si on lui suture un tendon congénère paralysé, on le lui accolera simplement sur un de ses côtés. Si, au contraire, le muscle sain commande par sa rétraction l’attitude vicieuse du membre,on fera la ténotomie de son tendon, et on pourra utiliser, dans certains cas, la force contractile du muscle au bénéfice d’autres muscles paralysés en anastomosant alors à ces muscles paralysés le bout central du tendon du.musele sain. Voici, par exemple,un pied varus-équin, où on a constatésurtout la rétraction du tendon d’Achille et la paralysie du court péronier latéral ; on fait la ténotomie du tendon d'Achille et on anastomose son bout central avec le petit péronier latéral.

De même pour les tendons des muscles paralysés ; dans certains cas,on les ténotomisera et on anastomosera leur bout périphérique avec un tendon d’un muscle sain ; dans d’autres, on fera l’anastomose sans téno- / tomie préalable.

Dans certains cas on fera l’anastomose d’un tendon actif et d’un tendon inactif, par voie latérale sans au-

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