OBSERVATIONS
OBSERVATION I (Nicoladoni) In. Arch. f. Kiin. Chirurgie, Band XXVII, page 661
Pied talus paralytique. — Transplantation des péroniers latéraux
Jeune homme de 16 ans. Talus paralytique très accentué. Légère contracture des fléchisseurs des orteils externes, rien pour les deux internes ; bon état des péroniers latéraux et des muscles antérieurs. Transplantation des péroniers latéraux pour remplacer le triceps sural : suture par anastomose. Greffe des tendons péroniers sur le tendon d’Achille avec arrêt sur la peau et les tendons pour les empêcher de remonter.
Guérison. Présentation du malade en septembre 1881 au Congrès de chirurgie. L’opéré peut étendre le pied et marcher.
OBSERVATION II (de Ghillini) Centratblatt für Chirurg., avril 1895, et Sem. méd., 1895
Pied-bot valgus
Garçon de14 ans. À un an, contracte un pied-bot valgus très accentué, consécutif à une paralysie infantile. Le tibial antérieur était paralysé et ne répondait pas à l'excitation électrique, les autres muscles moteurs du pied fonctionnaient avec une ardeur suffisante, L'auteur de l'observation utilise le
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long péronier latéral pour remplacer le tibial antérieur paralysé. Incision de 10 centim. le long du long péronier partant du bord externe du pied ; après section du tendon péronier dans le voisinage du cuboïde, on passa deux fils de soie à travers le bout central à 4 centimètres de la surface de section. Ces deux fils furent noués entre eux de façon à entourer complètement le tendon. Une deuxième incision fut pratiquée le long du tibial antérieur à partir de son insertion au premier cunéiforme ; le tendon de ce muscle fut sectionné à 6 centimètres de cette insertion. On passa deux fils de soie sur son bout périphérique à 4 centimètres de la surface de section. Les deux bouts des tendons ainsi munis de leurs fils furent ensuite réunis entre eux par dessous les téguments décollés. On eut soin de nouer les fils de façon à mettre les deux moignons tendineux en contact réciproque sur une longueur d’environ 2 centimètres. Chacun de ces moignons fut ensuite divisé longitudinalement en quatre languettes, puis chacune de ces dernières fut suturée à la soie avec une languette de l’autre extrémité tendineuse. Enfin les plaies furent réunies et le membre maintenu avec une attelle dans une bonne position. Vingt jours plus tard on remplaca l’attelle par un plâtre qu’on laissa en place pendant trois semaines.
Résultat fonctionnel excellent : les mouvements de flexion dorsale et d’adduction sont possibles jusqu’à un certain degré, la marche est aisée avec une chaussure ordinaire et l’atrophie du membre à notablement diminué.
OBSERVATION III (Rochet)
Varus-équin A. R..., 12 ans. Paralysie spinale infantile ayant déterminé un pied-bot équin, très fortement varus en même temps. Dans son jeune âge a subi le redressement après ténotomie, mais
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la déformation a réapparu. Tous les muscles antéro-externes sans exception sont paralysés. Incision oblique partant de la partie externe du tendon d’Achille à 6 centimètres au-dessus de son insertion calcanéenne et allant rejoindrela face externe du calcanéum au niveau de la coulisse des tendons péroniers.
On sectionne ensuite le tendon d’Achille un peu au-dessous de son insertion au calcanéum, puis on va couper les tendons péroniers sur la face externe du calcanéum. On suture le bout central du tendon d’Achille au bout périphérique du tendon du court péronier, abducteur du pied, qui devra tendre à corriger le varus plus tard, actionné qu’il sera par le soléaire. Le long péronier latéral est laissé de côté, car il est adducteur de la pointe du pied et sa suture au tendon d’Achille tendrait au contraire à reproduire le varus. Le pied est maintenu en flexion et en valgus par une attelle plâtrée.
Actuellement, un an après l’opération, le malade marche bien d’aplomb sur la semelle plantaire. Depuis six mois, il ne porte pas d’appareils et le varus n’a aucune tendance à se reproduire. L’équinisme ne peut guère se reformer, puisque les deux bouts du tendon d’Achille ont été définitivement séparés l’un de l’autre et, d’ailleurs, l’extension du pied se fait de façon suffisante par la contraction des fléchisseurs des orteils et du jambier postérieur.
OBSERVATION IV (Rochet), Inédite
Pied bot varus-équin
J. V..., 7 ans. Entre, le 28 octobre 1897, dans le service de M. le Professeur-agrégé Rochet, salle Saint-Mathieu, lit n° 91. A l’âge de deux ans, le malade aétéatteint de paralysie spinale infantile avec paraplégie double. Quelques mois après, disparition plus ou moins complète des troubles, puis rechute. Enfin nouvelle et dernière disparition des phénomènes. La mar-
che impossible au début est devenue de plus en plus facile ; cependant l’enfant traîne la jambe gauche tandis que son pied correspondant se dévie en dedans. Il est alors amené à Lyon et voici ce qu’on trouve à son examen :
Quand l’enfant a ses chaussures, on ne note qu’une légère claudication du côté gauche. Si on lui fait enlever ses souliers, on s’aperçoit immédiatement que le pied gauche est en adduction et en rotation en dedans, le gros orteil étant en extension continuelle, les orteils sont atrophiés. Pendant la marche, le pied ne repose que sur le bord externe de la face plantaire. Enroulement du pied sur son bord interne. Saillie du tendon d'Achille. Il n’y a pas de déformation osseuse et on arrive facilement à remettre le pied dans sa position normale. La flexion du pied est impossible. L’extenseur commun des orteils est paralysé ainsi que les deux péroniers latéraux. L’extenseur propre du gros orteil et le jambier antérieur ont conservé toute leur intégrité; à noter que le jambier antérieur se contracte même énergiquement.
4 novembre. On anesthésie le malade à l’éther et M..le Professeur Rochet fait une anastomose du bout central du jambier antérieur qui était intact avec le bout périphérique de l’extenseur commun des orteils. On ne touche pas à l’extenseur propre du gros orteil qui était sain. Enfin ténotomie.du tendon d’Achille.
Une attelle plâtrée maintient le pied fléchi sur la jambe et légèrement en abduction. R
Actuellement, quatre mois après l’opération, le petit malade esten situation excellente. Il n’y a plus trace d’équin et l’anastomosé du jambier antérieur avec l’extenseur commun: a bièn réussi : le malade a des mouvements d'extension de tous ses orteils. Les extenseurs vont pouvoir lutter activement contre l’action fléchissante du tendon d’Achille, quand ce tendon sera réparé.
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OBSERVATION V (Rochet), Inédite
Pied bot varus-équin. — Paralysie des extenseurs. — Anastomose du jambier antérieur avec l’extenseur commun et l’extenseur propre. — Section du tendon d'Achille et de l’aponévrose plantaire.
F... D..., 7 ans. Entrée au service du Professeur Rochet le 20 septembre 1897. Antécédents familiaux et antécédents pathologiques nuls.
La lésion aurait débuté à l'âge'‘detrois ans. Au dire des parents, l’enfant aurait commencé à marcher très tôt.
Les premiers temps, ils ne-remarquèrent rien‘de particulier du côté de son pied, qui semblait droit. Ce ne serait que 2 ans après qu'ils se seraient aperçu que le pied prenait une mauvaise position et se déviait en dedans, surtout pendant-la marche. Celle-ci restait toujours facile et l’enfant n’éprouvait aucune gêne.
Plusieurs médecins consultés conseillèrent le port d’un soulier orthopédique, ce qui fut fait. jusqu’en ces ‘derniers temps.
20 septembre 1897. À son entrée, on constate quelle pied droit est dévié en dedans et en. avant. Placé en adduction continuelle, il forme avec1a jambe:un.angle obtus. Le pied est contourné sur lui-même et la face plantaire, ratatinée sur elle-même, forme une courbe à concavité interne.
Si l’on cherche à redresser le pied, .à de mettre dans une position normale on éprouve de la résistance, due à des déformations osseuses secondaires, et-on ne peut: y arriver : la flexion du pied sur la jambe est impossible.
La tête de l'astragale vient faire saille,sur le côté externe du pied.
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La malléole externe pointe fortement, tandis que la malléole interne est à peine sensible sous les téguments.
Le talon est reporté en haut et en dedans ; sa saillie est atrophiée.
Au-dessus on sent une dépression assez profonde au niveau de laquelle on sent le tendon d'Achille formant une corde résistante.
Les orteils sont en flexion continuelle.
Atrophie de la jambe ; différence, deux centimètres. Pas de genu-valgum compensateur.
La marche est assez facile. Dans la station verticale, le pied repose sur son bord externe, au niveau duquel d’ailleurs existent deux ou trois callosités.
Le talon ne repose pas sur le sol, il est reporté en haut et dedans.
L'examen électrique montre que les extenseurs seuls sont paralysés ; les péroniers et le jambier antérieur sont conservés.
2 octobre 1897. — Anesthésie à l’éther.
1° Incision de trois centimètres au devant du cou de pied. Le tendon du jambier antérieur est incisé et anastomosé avec ceux de l’extenseur commun et de l’extenseur propre ;
2 Section de l’aponévrose plantaire sur le côté interne.
30 Section du tendon d’Achille.
Pansement : Attelle plâtrée maintenant le pied en abduction.
23 octobre. — Eschares au talon, à la rotule, au niveau de la plaie.
Le plâtre est supprimé. Les points de suture tendineuse ont . Sauté. : :
19 janvier 1898. — Le Professeur agrégé Rochet décide de réopérer la malade.
Anesthésie à l’éther. Incision longitudinale entre les deux malléoles.
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On s’aperçoit que le segment supérieur du jambier antérieur a envoyé de nouvelles fibres de réparation à son bout périphérique dont il avait été séparé. Ces pinceaux de néoformation sont striés en long, roses, lamellaires, et offrent un aspect tout différent de celui du tendon normal. Cette néoanastomose rétablit les mouvements d’adduction et maintient le pied en varus.
Destruction des nouvelles fibres et anastomose nouvelle du bout supérieur du jambier antérieur au bout périphérique de l’extenseur commun.
Pansement et attelle plâtrée comme ia première fois.
Actuellement, le résultat est trop récent encore pour juger, mais la correction du pied s’est bien maintenue, :
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