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nullement progressive, mais qui d'emblée est devenue complète : les membres sont flaccides et l’excitabilité reflexe est extrêmement diminuée sinon abolie, Tout s’apaise très rapidement et si on veut faire lever le petit malade, on s’aperçoit qu’il ne peut marcher, à peine peut-il remuer ses jambes. À part cet accident, l’état général est bon : l’enfant boit, mange et dort.
En ce moment-là, si on a recours à l’exploration électrique, on constate une augmentation de l’excitabilité galvanique et les signes de réaction de dégénérescence dans les muscles qui resteront paralysés.
Du deuxième au sixième mois, la paralysie diminue ; les mouvements reviennent au tronc, puis aux membres supérieurs. Mais tout ne revient pas à l’état primitif: la paralysie abandonne un certain nombre de muscles et se localise définitivement et de préférence au membre inférieur. On s'aperçoit alors qu’une jambe est amaigrie, qu'elle est plus froide et semble s’être arrêtée dans son développement. Quoiqu’il en soit, la marche n’est pas rendue impossible, mais difficile. L'enfant marche mais il boîte, son pied n’est pas fixe, il tourne : avant il était malade, maintenant il est infirme. En effet, la déformation est désormais constituée.
Deux cas se présentent : ou bien les fonctions du membre sont compromises par la perte totale des muscles du pied, ou bien ces fonctions sont compromises par la paralysie de certains d’entre eux. Dans le premier cas on a à faire à un pied-bot ballant ; dans le deuxième à un pied-bot partiel. Dans l’un le pied, privé de ses muscles, subit l’action de la pesanteur ; dans
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l’autre, le pied subit les actions des muscles restés sains et ces actions n’étant plus contrebalancées par les antagonistes de ces muscles qui ont disparu, le pied prend des positions vicieuses qui le rendent impropre à remplir sa fonction physiologique.
Deux causes différentes ont produit le même effet: que tous les muscles soient perdus ou que quelquesuns seulement soient conservés, on se trouve toujours en présence d’une déformation.
Quoiqu'il en soit, l’avenir du malade n’est pas le même dans les deux cas. Dans le premier, la chirurgie est désarmée, au point que certains chirurgiens ont même eu recours à l’amputation d’un membre qu’ils considéraient non seulement comme inutile mais même gênant (César, thèse de Lyon, 1894). Dans le second, on a beaucoup plus de ressources et toutes les opérations et tous les traitements qui ont été imaginés et que nous passerons en revue se rapportent à ces faits. Aussi nous ne comprenons pas que Duchenne ait pu dire : « Le pied est moins déformé et les fonctions du membre inférieur sont moins compromises par la perte de tous les muscles du pied que par la paralysie de certains d’entr'eux »,