‹ Des Anastomoses des Tendons Sains: Avec les Tendons des Muscles Paralysés dans le Pied-Bot ParalytiqueChapitre 8 sur 16 · LES TRAITEMENTS ORDINAIRES DES DÉVIATIONS · texte numérisé non relu

LES TRAITEMENTS ORDINAIRES DES DÉVIATIONS

Les divers traitements de la paralysie infantile, les différentes interventions chirurgicales préconisées dans les déformations paralytiques ne s’adressent pas à la cause — ie nerf — sur lequel on ne peut rien, mais à la lésion secondaire — le muscle. On n’a jamais pensé à détruire la cause, c’est impossible ; on a toujours cherché à en modifier, ou mieux à en pallier les effets. |

Et d’abord que peuvent les moyens médicaux ?

Ont-ils un effet tangible, évident ? Hélas, on est obligé de dire non. L’électricité, qu’elle soit faradique ou continue, comme le voulait Duchenne, les massages, les frictions, les bains excitants, etc., peuvent bien, à longue échéance, quand ils sont appliqués avec patience, — onpeut dire courage, — donner une certaine amélioration. Cette amélioration portera sur les muscles non encore complètement atrophiés, qui n’ont pas subi la dégénérescence, et dont certaines fibres encore saines seront ainsi sauvées du désastre. Ce n’est qu’un pis aller : il n’est jamais permis d'afficher l’es-

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poir, ni l'assurance d’enrayer dans leur marche les effets de la paralysie.

Les impotances fonctionnelles persistent et vont en augmentant avec la croissance et le développement du sujet : avec elles apparaissent aussi les laxités articulaires et les luxations dont les conséquences sont : la déformation et les déviations.

Les forces naturelles ne peuvent plus améliorer Îles malades, les moyens médicaux cessent d’avoir prise sur la lésion : il appartient alors au chirurgien d’agir.

Comment interviendra le chirurgien ? Il n’y a que deux manières de faire dans les déviations et les déformations paralytiques. On ne peut intervenir que sur deux choses : la charpente osseuse oules muscles.

En présence d'un pied-bot paralytique, le chirurgien peut procéder à la fixation des surfaces articulaires, dont les ligaments sont devenus trop lâches et qui du même fait sont impropres à remplir leur rôle physiologique : à savoir la sustentation du corps. C’est là l'arthrodèse. Proposée par M. Albert (de Vienne) pour la tibio-tarsienne, elle a donné parfois de bons résultats fonctionnels. ;

Y a-t-1l des luxations ? La nécessité s'impose de procéder à leur réduction. Mais ce n’est pas tout, ces luxations ont des tendances de se reproduire, il faut prévenir toute rechute et avoir recours aux divers appareils orthopédiques’redresseurs.

Dans certains cas compliqués, il faudra pratiquer des Ostéotomies ou résections du genre dit orthopédique, afin de redresser un pied fortement dévié.

Toutes ces opérations sont, sinon faciles, du moins,

sans de trop grands dangers, depuis que l’antisepsie règne dans la pratique, pour qu’on dédaigne de faire bénéficier le malade des bons résultats qu’elles donnent.

Mais, l'intervention ordinaire, classique (isolée ou associée à d’autres méthodes) c’est l'intervention sur le système musculaire, c’est la section tendineuse.

La ténotomie fut pratiquée vers la fin du siècle dernier en Allemagne par Thilénius : mais elle ne fut connue en France qu’au commencement de notre siècle, où un chirurgien francais, Delpech, ayant modifié le procédé opératoire — section sous-cutanée, et non plus à ciel ouvert — diminua d’autant les dangers de l'infection et lui donna du même coup une grande vogue. Les chirurgiens de l’époque coupèrent les tendons pour tout et pour rien : c'était une manie, et il ne fallut rien moins que les diatribes de Malgaigne pour les ramener à une saine raison.

La réaction se fit : après avoir joui d’une grande vogue, la ténotomie tomba presque dans l’oubli : elle avait perdu toute estime.

Aujourd’hui elle arepris le rang qui lui était dû dans la pratique ; malheureusement les récidives des dérivations sont fréquentes après elle.

Vient enfin l’époque où un chirurgien allemand Nicoladoni, ayant à faire en 1881 à un talus paralytique, dont on lira plus loin l’observation, imagina une opération nouvelle — n'ayant aucun rapport avec la ténotomie, puisque le principe est nouveau — ouvrant ainsi une ère nouvelle à la thérapeutique chirurgicale.

Nous sommes arrivés à l’objet de notre étude: les anastomoses tendineuses par la méthode de Nicoladoni,

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