‹ Des anciens peuples de l'Europe et de leurs premières migrations pour servir d'introduction à l'histoire de France jusqu'à la fin du règne de Louis XIVChapitre 12 sur 23 · RIVE DROITE DU DANUBE · texte numérisé non relu

RIVE DROITE DU DANUBE

piller le nord de l'Italie, quand la civilisation introduite par les Grecs et les Tyrrhéniens vint offrir un appât à leur avidité.

Plus loin, toujours à Test, s'étendaient les Pannonii, entre le Danube et la Save, et au sud de cette rivière, les peuples compris par les Grecs sous le nom générique d'Illyriens ou d'Istriens, et qui se divisèrent plus tard en Norici, Garni, Illyriens et Dalmates.

Enfin, de là jusqu'à la mer Noire, dans les plaines bornées au nord par le Danube, et au midi par le mont Hémus (Balkan) et la Grèce, habitaient des peuples désignés ordinairement sous le nom de Mysiens, mais confondus souvent parles Grecs, soit avec les Thraces, qui occupaient le midi du mont Hémus, soit avec les Gètes de l'embouchure du Danube, soit enfin avec lesDaces, qui habitaient plus spécialement les plaines de la Hongrie.

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Au reste, nous avons vu que ces différents peuples parlaient des dialectes d'une même langue, et que, par suite de la navigation du Danube et de la civilisation quelle avait introduite, ils avaient de nombreuses relations les uns avec les autres.

Revenons maintenant à l'occident des Alpes et au nord de l'Italie.

Au centre de ces montagnes circulaires que nous avons décrites en commençant, et qui s'étendent depuis le golfe de Gênes et le lac Léman jusqu'à l'IIlyrie et à la mer Adriatique, se trouve cette contrée qu'arrose le fleuve du Pô, et que son admirable fertilité a rendue si célèbre.

Mais d'abord il faut remarquer que cette fertilité n'est pas due à la nature seule du sol, et qu'il a fallu y ajouter encore tous les efforts de l'agriculture et de l'industrie; on voit, par les récits de

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Strabon, que toute la Transpadane était semée de fleuves et de marais; que surtout le pays des Veneti était plein de lagunes nombreuses, et qu'enfin le pays ne devint véritablement fertile que lorsque les Tyrrhéuiens le coupèrent de canaux, comme la basse Egypte.

Cestàcela sans doute qu'il faut attribuer ce fait remarquable, qu'au temps de leurs établissements dans l'Italie, les Grecs, qui couvrirent de leurs colonies toute» les parties fertiles de cette contrée et de la Sicile, n'en établirent qu une seule sur le Pô, celle de Spina, qui parait, il est vrai, avoir joui d'une grande prospérité. (Strabon.)

Au sud de ces contrées se trouvaient, des deux côtés de l'Apennin, les Tyrrhéniensà l'ouest, et les Ombriens à l'est; ces derniers étaient un peuple indigène, dont le nom vient du grec fyifyoç (pluie), sans doute à cause de quelque circonstance relative à la

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découverte de leur pays, et que la tradition rapportait à une inondation de la mer.

Les Thessaliens y avaient fondé près de la mer la ville de Ilavenne, bâtie sur pilotis au milieu des marais; craignant ensuite de ne pouvoir la défendre contre les Tyrrhéniens, ils y avaient introduit les Ombriens, et la leur avaient ensuite cédée (Strabon).

Ces rapports et les autres qu'ils avaient eus avec les Grec*» avaient dû nécessairement introduire parmi eux un commencement de civilisation.

Quant auxTyrrhéniens, que les Romains appelaient Étrusques ou Toscans, sans qu'on sache l'origine de ces deux noms, ils descendaient, suivant Strabon, d'une colonie de Lydiens amenés en Italie par Tyrrhénus, fils d'Atys, vers le temps de la guerre de Troie.

Favorisée par la richesse du sol , cette colonie était bientôt devenue florissante, et

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