INVASIONS DES GAULOIS EN ITALIE
Nous sommes donc ainsi ramenés aux invasions des Gaulois en Italie, et, à cet égard, nous emprunterons le récit de Tite- Live, qui représente aussi fidèlement que possible la physionomie d'une migration de ce genre, et cet esprit d'incertitude et d'aventure qui la caractérise.
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<c Les Celtes, dit-il, reconnaissaient alors « la souveraineté d'Ambigat, roi des Bitu- « riges. Ce prince avait tout l'ascendant « que peuvent donner à un souverain et ses « qualités personnelles, et la prospérité de <t son pays. Sous son règne, la Gaule, na- « turellement très-fertile , accrut tellement « sa population , qu'il devint difficile à ce « prince, déjà avancé en âge, de gouverner « une si nombreuse multitude; d'un autre <c côté, la renommée des richesses de l'Italie « et surtout de ses vins, les attirait vers ce « pays, et, s'il faut en croire d'anciennes a traditions, ce fut un habitant même « de Clusium, Aruns, qui leur porta des « vins d'Italie pour les engager à servir * ses ressentiments contre le Lucumon de « cette ville qui avait déshonoré sa couche.
« Quoi qu'il en soit, Ambigat annonça « que ses neveux , Bellovèse et Sigovèse, « princes remplis de valeur, iraient cher-
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« cher de nouvelles contrées, et qu'ils sea raient les maîtres d'emmener avec eux « tel nombre de ses sujets qui voudraient « les suivre . afin que rien ne pût s'oppo- « ser à leur établissement. » (Liv. V, chap.
Les deux jeunes princes rassemblèrent autour d'eux toute la jeunesse surabondante des Bituriges, des Arverniens , des Sénonais , des Ambarres , des Carnutes et des Aulerques, et ayant ainsi réuni, au dire de Justin, plus de trois cent mille hommes, ils les divisèrent en deux corps dont ils prirent le commandement.
Deux pays alors étaient connus, par suite des rapports avec les Helvétiens et les autres habitants des Alpes, comme pouvant servir de débouché à de semblables migrations : l'Italie d'une part , et de l'autre les bords du Danube et le midi de la forêt Hercynie. Les Augures consultés
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assignèrent, d'après le vol des oiseaux, l'Italie à Bellovèse, et à Sigovèse le Danube et la forêt Hercynie.
Pendant que ce dernier prenait sa route du côté qui lui était échu, Bellovèse, se dirigeant plus au midi le long du cours du Rhône, arriva au pied des Alpes.
« Elles lui parurent un obstacle ^surce montabie; et je ne m'en étonne pas, » dit Tite-Live (liv. V, chap. a4), « car elles « n'avaient jamais été franchies, au moins « de mémoire d'homme, à moins que l'on « ne veuille croire aux fables débitées sur « Hercule.
« Tandis que les Gaulois, emprisonnés <c au pied de ces montagnes , cherchaient « les moyens de s'y frayer une route, ils « apprirent que des étrangers, qui, comme « eux, cherchaient un établissement, étaient « attaqués par la nation des Salyens.
« Ces étrangers étaient les Marseillais
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« arrivés par mer des bords de la Phocide.
« Les Gaulois, voyant dans la destinée de « ces peuples le présage de leur propre « destinée, accoururent à leur secours, et « les délivrèrent de leurs ennemis.
« Après cette victoire , ils franchirent « les Alpes par la gorge des Tauriniens, « défirent les Toscans près des bords du « Tésin, et apprenant que le terrain sur « lequel ils avaient campé s'appelait le « champ des Insubriens, la conformité de <v ce nom avec celui des Insubres , canton « des Eduens, leur parut d'un augure « favorable; et Bellovèse y jeta les fonde- « ments d'une ville qu'il nomma Médiace lanum (Milan).» Eux-mêmes, comme on le voit par la suite de l'histoire, prirent de ce nom celui d'insubriens.
« Ces premiers émigrants furent bientôt a suivis d'une bande de Cénomans, qui, a s'attachant à leurs traces , traversèrent
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« les Alpes par le même défilé, à l'aide de « Bellovèse, et vinrent se fixer dans le pays « possédé alors par les Libuens, et où fu- « rent ensuite établies les villes de Breseia « et de Vérone.
« Après eux , les Salluviens s'établirent « le long du pays des Lœves, nation ligu- « rienne qui bordait les déux rives du « Tésin. »
Des Boiens et des Lingons suivirent encore le mouvement d'invasion; mais ils prirent une autre route, celle des Alpes Pennines, qui, en effet, convenait mieux à là position des Boiens près des sources du Danube; arrivés en Italie, et «trouvant « toute la contrée entre les Alpes et le Pô « déjà occupée, ils traversèrent le fleuve « sur des radeaux , et envahirent non-seu- « lement le pays des Étrusques , mais ence core celui des Ombriens; toutefois ils « ne passèrent pas l'Apennin. »
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Parmi ces Boiens se trouvaient nonseulement une partie de la tribu des Boiens proprement dits, mais encore une partie de plusieurs autres tribus des mêmes contrées, entre autres de celle des Ambrons.
Ces derniers s'établirent dans le revers septentrional des Apennins, sur la frontière du pays boïen ; plus tard , vaincus et soumis par les Romains, ils furent compris par eux dans le même nom de Liguriens qu'ils donnaient aux habitants de l'Apennin , et combattirent comme Liguriens dans la lutte de Marius contre les Cimbres : c'est là qu'ils reconnurent leur ancien nom national dans le cri d'Ambrons proféré au moment du combat par le reste de la tribu, qui avait, comme on l'a vu, suivi les Cimbres dans leur expédition. (Plutarq. , Vie de Marius. )
Les Sénonais vinrent encore, après les Boiens et les Langons; mais, ne trouvant