‹ Des anciens peuples de l'Europe et de leurs premières migrations pour servir d'introduction à l'histoire de France jusqu'à la fin du règne de Louis XIVChapitre 9 sur 23 · ILE DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

ILE DE BRETAGNE

Dès les temps les plus anciens, les habitants des côtes septentrionales de la Gaule avaient formé de nombreuses relations de commerce avec les Phéniciens des îles Cassitérides et les Bretons de la côte opposée; ils y trouvèrent un peuple que Strabon et les autres auteurs nous peignent comme

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bien plus sauvage et moins intelligent que les Gaulois: aussi ces derniers n'eurent-ils pas de peine à établir sur lui leur supériorité, et les riches contrées de la Normandie, de la Flandre et de l'Artois y trouvèrent un débouché assuré pour l'excédant de leur population.

Ils y portèrent, comme ils font toujours, leurs mœurs et leur langage : de là, par le moyen de la civilisation et du commerce, la langue gauloise se propagea peu à peu vers le nord de la Bretagne, et y forma un nouveau dialecte gaulois.

Plus tard, soumises Tune et l'autre à l'empire romain, la Gaule et la partie méridionale de l'île de Bretagne adoptèrent la langue et les coutumes romaines; ainsi, pendant que l'ancienne langue gauloise s'étendait vers le nord, elle se perdait ellemême dans les contrées où elle avait pris naissance, et finit par ne plus se conserver

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que dans les montagnes du pays de Calles et dans l'Armorique. Les habitants de cette dernière contrée, naturellement ennemis de toute domination , et chez lesquels aucun intérêt puissant d'agriculture ou de commerce n'a jamais attiré les étrangers , la parlent encore aujourd'hui, et il paraît même qu'ils sont en état de s'entendre avec ceux de la principauté de Galles en Angleterre.

Pour achever l'ancienne histoire des peuples de la Gaule, nous aurons encore à nous occuper de leurs migrations dans l'Ibérie, ainsi que dans l'Italie et sur les bords du Danube. Mat* comme il est nécessaire pour cela de bien connaître auparavant l'état de ces diverses contrées, nous en remettrons l'exposé après la description de chacune d'elles.

IBERIE.

IBÉRÏE,

Et d'abord de Tlbérie. Nous observerons avant tout sur cette contrée, que Strabon, qui en donne une admirable description, en connaissait fort mal la position géographique; il la place, en effet, beaucoup trop à l'ouest (comme on peut le voir sur sa carte), et regarde les Pyrénées com me se dirigeant du sud au nord.

Les anciens n'avaient, du reste, pour apprécier la forme des continents, que des

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moyens très-imparfaits; au temps de Strabon, les progrès de 1 astronomie avaient bien fait reconnaître la forme sphérique de la terre; mais on en était réduit, pour la latitude des différents points du globe, à la hauteur approchée du soleil mesurée par le gnomon, et pour leur longitude (de Test à l'ouest), à leur distance matérielle, distance nécessairement fort incertaine, surtout pour les pays de montagnes, ou quand il fallait la mesurer par mer.

Il y avait même des contrées où il n'avait pas encore été possible de pénétrer, telles que la Bretagne et la Germanie; aussi, pour apprécier la profondeur de cette dernière province, on n'avait pas eu d'autre moyen que de tirer une parallèle vers Test, à la hauteur de l'île de Bretagne, depuis cette île jusqu'à la mer Caspienne.

Cette mer elle-même était alors regardée comme un golfe de l'océan du Nord. Cinq

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cents ans auparavant, Hérodote avait déclaré le contraire, et représenté la mer Caspienne comme un lac, dont il décrivait même la navigation; mais, ainsi que nous lavons dit, la source de ses connaissances s'était perdue, et Ton avait cru faire un grand progrès dans la science géographique en mettant fa mer Caspienne en communication avec l'océan Septentrional.

Je reviens à l'Ibérie. Les Phéniciens , comme nous l'avons vu , avaient fondé presque tous leurs établissements dans la Bétique et la Lusitanie (Andalousie et partie du Portugal), qui, à une fertilité du sol merveilleuse, joignaient de riches mines d'argent , d'or, de cuivre et d'étain.

Quant à la côte sur la mer Méditerranée, en deçà des colonnes d'Hercule, dont le sol était peu fertile et couvert d'ailleurs d'épaisses forêts (Strabon) , ils ne paraissent guère y avoir formé que les deux

comptoirs de Malaca et d'Abdère (Adra) , tout à fait dans la partie méridionale; les Carthaginois y ajoutèrent ensuite Carthago- Nova (Carthagène), un peu plus à Test.

Le surplus de la côte orientale semble avoir été occupé pour la première fois par des colonies grecques; du moins la tradition le racontait ainsi, et Ton en trouvait des traces dans un temple très-ancien bâti sur les bords de FËbre et dédié à Minerve.

( Strabon. )

Au centre dellbérie, dans les pays qui forment aujourd'hui la Nouvelle-Castille, se trouvaient les Celtibériens , dont la ville principale était la célèbre Numance; quoique habitant un pays aride , les Celtibériens étaient fort riches (Strabon), ce qu'il faut attribuer sans doute au butin qu'ils avaient fait dès longtemps sur leurs voisins de la Bétique et de l'Andalousie.

Au nord de ces diverses contrées , dans

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