ML
L iii;;éiuosilô a\ei" hujiiello le cliiisliaiiisino a su pieiulrc aux iclijjioiis (|ii il \ciiail >ii[)|)Iaiik'r f[iiel(jii('s-iiHCs de leurs loriiics e\(crieiues ii a pas peu ("ouliihiié à lui rallier lei, connue ailleurs, les sNiupalInes jtopulaires. Les premières (■ou\ersious iureul d autant plus solides (pi'elles a\aient été, j)our ainsi diie, irraisonnées. L Indien ne s aperce\ait niénie |)as (ju il adorail un dieu nouveau. Ne priait-il pas dans le même édifice, devant les mêmes emblèmes qu'une simple modification de détail a\ait permis d Utiliser? Une croix j^ravée dans la pierre au-dessus d un reliel rej)résentanl un quadrupède inlorme, et lima^je de\enait 1 aj^neau svnd)olique. (Juelques coups de ciseau faisaient du disque solaire un Saint
Sacrement. Les nombreux frajyments découverts à Santa, à Puno et au Guzco, ne laissent aucun doute sur cette liabile a{)propriation du décor. Le cadre re>tait le nn-me, la léte continuait à être célébrée à sa date accoutumée; mais on en faisait lionneur au saint dont le nom fijjurait ce jour-là sur le calendrier. Aussi ne faut-il pas s'étonner si, cliez les populations chrétiennes des Andes, les plus jjrandes fêtes sont consacrées à exalter des j)atrons plulol modestes (pii, dans le ciel clirétien, n apparaissent (jue comme des constellations de deuxième .jjrandeur.
L expression du sentiment religieux se ressent du va^juc tles croyances. L'isolement, les numurs relâchées, rifjuorance d'un clerjjé recruté Dieu sait
INDIEN DE LA COnDILI.EUE EN TENUE DE FKTE
comment, et dont 1 instruction est tenue pour j)arfaite dès qu'il sait lire, contribuèrent à perpétuer des pratiques qui n'ont du christianisme que le nom. Les danses, les travestissements grotesques, font sonjjer moins à une réunion pieuse qu'aux bacchanales d'une tribu sauva{je. Le nomade des forêts transandines, Achuelo ou Campa, cn\ ierait à 1 Indien soi-disant ci\ ilisé delà Cordillère la verve a\ ec laquelle il ouvre la processioii, en costume de {jala, couvert d'oripeaux multicolores, le clief surmonté d'un cimier de plumes, et s'abandonne, dans la joie de son cœur, aux improvisations d une chorégraphie telle qu on n en vit jamais de pareille, même en rêve.
L'assistance, il faut lui rendre cette justice, observe au début un certain décorum. Les premières heures de la matinée se passent en invocations au saint protecteur du village, adresses naïves où le postulant exprime ses vœux de façon très prolixe, a\ ce force commentaires saugrenus, appelant, parfois d un ton des plus impératifs, lattention du bienheureux sur les êtres et les choses confiés à sa sollicitude, de})uis les membres de la famille jusqu au cochon, sans oublier le champ j)atrimonial. Le timbre des Aoix, l'accent de sincérité profonde tles chanteurs, la sonorité même d un idiome dont la j)honétique n a rien de commun avec les langues européennes, mais qui n est pas pour cela dépourvu d harmonie', donnent à ces improvisations barbares je ne sais quel charme.
Mais ce calme relatif est de courte durée. Les jarres de çhiçha mises en réserve pour la circonstance sont exhumées des silos. L'alcool fait des
' Dans le qiiccliua et les dialectes tlérivés, les traits caractéristiques sciiiMent être: 1" la multiplicité (les termes composés, rallongement indéfini des mots arbitrairement sondés l'un à l'autre, au point qu'un seul mot, de dimensions anormales il est vrai, a la valeur d'une plirase complète; particularité à laquelle la période indienne doit peut-être sa cadence uniforme et mélancolique; 2° l'abondance des locutions formées par onomatopée, presque toujours de la manière la plus heureuse. L'auditeur le moins attentif saisira à la volée de jolis mots faisant image, tels que: lloccla, averse; atataou, frayeur; alalaou, douleur vive; guagua, petit enfant ; yu;H>«/a, tourterelle; piaa, vieille femme. Il semble qu'on entende le l)ruit des larges gouttes de pluie sur les feuilles, le vagissement du nouveau-né. le roucoulement de l'oiseau et la plainte importune d'une commère aigrie par l'âge.
LA COUDILLEHE. 277
siennes, e( hienlùl an\ eanli([nes sueeéderonl les eris inarticulés, aux génuflexions, les {;anil)a{les, les fantaisies d une niinii([ne enragée, un sabbat de con\ ulsionnaires. Les têtes s écliaulïenl : 1 i\ resse rallume les vieilles <juerelles, les haines de ianiillc à famille de})uis longtemps apaisées. Les champions s'interpellent avec violence, échangent les défis les plus extravagants, et la journée ne s'achève pas sans que 1 on en vienne aux coups. Heureusement, les plus intrépides chancellent, et la lutte est peu dangereuse : il est rare que le sang coule; les plus maltraités en sont quittes pour une lè\re fendue, un omI poché. I^a nuit Aenue, ])eu à peu tout rentre dans Tordre. Les groupes se dispersent ; une sourde rumeur de bétes à 1 étable monte de 1 ombre des cases : çà et là, auprès des feux mourants, quelques couples enlacés veillent encore. Puis, le dernier tison tombe en cendre, les voix s étei{;nent ; seul le glapissement d un chien indien au poil roux, au long museau de renard, trouble la paix du village assoupi.
De ce qui précède on peut juger s il me fut facile, au pueblo de Tavabamba, de réunir les porteurs nécessaires pour la traversée du massif oriental. Les pourparlers occupèrent une semaine qui, du reste, ne me parut pas longue. Les heures que je n'employais pas en démarches pour recruter mon personnel furent consacrées à renou\eler ma provision de vivres sous une forme appropriée aux conditions toutes spéciales d'un voyage dans l'humide et chaude région de la Montana ' .
J eus la chance, tandis que je j)rocédais à mes préparatifs, de rencontrer
' L'un Jes iiu-illeurs nliiiient.'^ dont on puisse se. munir pour les lonjjues raarclies à l'intérieur, est le chiinii, sorte de gruau de pomme de terre prépiré de la manière suivante : le tui)ereule, exposé à l'air dui-ant plusieurs nuits consécutives, jusqu'à ce qu'il soit complètement pénétré par la gelée, est ensuite lavé à grande eau pour le débarrasser de toutes les j)articules soluhles. Après, quoi, les Indiens le lont sécher devant un brasier, ou au soleil sur des claies. Ces diverses opérations le réduisent au tiers de son volume primitil". Il est enfin broyé entre deux pierres et peut, enfermé dans une double enveloppe de cuir, ou mieux d.ins une boite de fer-blanc bien close, se conserver indéfiniment. Avec une poignée d<î cette farine grossière et un peu de charqui dissous dans l'eau bouillante, on obtiendra, en quebjues minutes, un brouet substantiel et d'une saveur agréable, surtout s'il est possible d'y ajouter, en guise de pain, des tranches de banane ou de yucca.
278 DES ANDES AU l'A HA.
un auxiliaire inattendu en la personne d'un vieux CliiiH)is dont la présence en pareil lieu meut stupéfié, si je n avais su combien 1 Empire du Milieu compte de ses nationaux disséminés sur toute létendue du territoire péruvien, dej)uis les villes du littoral jusqu aux j)lus loiutains délrichements de 1 intérieur, l'endant plus de vinjjt ans, de 18 if) à 1872, les immigrants jaunes ont aiilué au Pérou. Du jour où la loi eut j)roliil)('' l importation des coolies, nond)re de ces derniers, lem* eupajjement expiré, s établirent dans le pavs et employèrent le pécule péniblement acquis à 1 installation dun petit commerce. Puissamment secondés par la varic'té d'aptitudes et la ténacité qui sont les (pialités dominantes de la race, ils se répandirent un peu partout et prirent pied, en dépit de l'animosité persistante de l'indi^jène et du métis. Les agressions violentes de la popidace, pas plus tpie les mesquines tracasseries des autorités, n entamèrent leur stoupie indifférence. Ils pliaient le dos devant Tcrage, et se remettaient à la tâche avec une obstination d insectes. ^Sulle vexation ne les rebuta. lisse résignèrent méuie d'assez bonne grâce à la perte d un appendice dont leurs compatriotes ont fait le palladium de la dignité humaine. Au Pérou, le Céleste a dû sacrifier sa longue natte : il apparaît vêtu du poncho de poil de chèvre, la chevelure en broussailles, les jambes nues, méconnaissable.
Mon Chinois avait nom Ah Fee, et s'était pris pour moi de véritable amitié. Perdu au milieu d'une population hostile, il semblait (pi il vit dans l'Européen isolé comme lui un allié naturel, et que la nécessité poussât les représentants de deux civilisations diamétralement opposées que le hasard rapprochait dans un hameau des Andes, à s'unir devant le péril commun Toujours est-il que, dans son vocabulaire cosmopolite, ou lespagnol et le (luechua se mêlaient en égale proportion à l'idiome natal, il avait choisi pour m'exprimer sa sympathie, l'appellation familière de : Mi paisano,
Mon pavs ! • Je le vois encore retirant pour mtn de leur cachette ses marchandises de choix, la coca fraîche, les rouleaux de tabac de la dernière récolte, le liz d une blancheur inimaculée. Tout en me livrant mes cnq)let-
tes, il coiihiit ses petites alïaiies, sa vie j>assee , coimnent, il y avait de cela l)ien (les années, il était venu tle Maeao en compajjnie de trois cents camarades dans 1 entrepont d un \oiliei'; la dure existence à riiacienda, la hesojjne excessive, les mauvais traitements, le cachot et la courbaclie, le lon{; martvrolo(;e du coolie rudoyé parle ])lanc, bafou('' par l'Indien, sans une compagne, sans un ami ; puis, les huit années du contrat écoulées, le paria d hier devenu commerçant, rassemblant sa modique épar^jne et s'étahlissant au cœur du pays. Et toujours, à Tétat d'idée fixe, la pensée de la patrie lointaine, la \ olonté bien arrêtée de re^jagner tôt ou tard la terre où dorment les ancêtres. Un jour viendrait où, du j)ont d'un steamer remontant la rivière des Perles, il reverrait Canton. Ce disant, son débit nasillard s animait peu à [)eu, une flamme passait dans ses yeux [jris ; on eût juré (pi il apercevait déjà les lizicres de Wampoa, le fleuve encond^ré de sampaufjs multicolores, les faubourgs de Honam, la ville bourdonnante, et la pagode à cinq étages, au loin, sur les hauteurs de Kun-Yam. Oui, il mourrait volontiers après avoir, une fois encore, contemplé tout cela, et aussi le bourg paternel, là-bas, sur la rivière de FOuest, près de Shiu-King, au pied des collines de marbie.
Le matin de notre départ, il nous acccompagna jusqu'à une demi-lieue (lu village. Au moment de nous quitter, il s'approchait de nu)i d'un air mystérieux, et me glissait dans la main ime petite boite d ètain, en murmurant avec une grimace qui voulait être un sourire :
- — Du thé !... Du bon thé de Sgii-Chiu. Mais ne le laisse pas voir aux autres ; il n'y en a pas pour eux. C'est pour toi, mon pays, rien que pour toi ! ■)
Aj)rès huit jours de négociations assez laborieuses, j'étais enfui j)ar\ enu il réunir des porteurs. Les cinrj indi\idus les j)lus déterminés du \dlage répondaient à mou ajipel. l>a perspective d'un gain tout [\ lait exce])tionnel a\ait triomj)hé de leurs hésitations; je pouvais en elTet, sans débourser un ceiiiaro, faire preuve envers eux d'une généi'osité qui dépassait leurs |)lus
Iiniitos espéranccïî. Tavabaniha est situé, coiiuno un nid d'aijjle , à la limite extrême de la ré{}ion accessible aux bétes de somme. Force m'était donc de laisser derrière moi ma cavalerie. Les deux mules qui me restaient étaient encore en excellent état, et mon cheval, un animal superbe, aussi solide que le jour ou je l'avais sellé pour la première fois, à Cajamarca. Des bétes de cette valeur sont rares dans les sierras et, par cela même , fort appréciées : leur posscsseiu", s'il ne peut les utiliser sur place, a toujours clinncc d en obtenir un prix élevé en les ramenant, sinon jusqu au littoral, ati moins sur les marchés de l'Entre-Gordillère. Aussi, lorsque je promis à ces {jcns de leur en assurer la j)leine et entière proj)riété en échange de leurs services pour un laps de temps indéterminé, mais qui, Araisemblablement, ne dépasserait pas quinze jours, l'offre eut-elle un résultat décisif. Elle correspondait au centuj)le de ce qu'ils étaient en droit d'attendre et équivalait pour eux à une petite fortune.
Toutefois, afin de parer aux inconvénients que présente toujours, surtout avec llndien , un pavement anticipé , je stipulai qu'ils n'entreraient point immédiatement en possession, mais seulement ii leur retour. Jusque-là, les bétes demeureraient sous la {jarde du lenic/tte <johernadov. Celui-ci ne s'en dessaisirait que sur la présentation d un papier sijjué de moi et revêtu de mon cachet , attestant que mes compagnons avaient renq)li leurs en^jagements avec une Htlélité absolue. La mesure parut équitable, et ils n'éle^ èrent aucune objection. L'un d'eux cependant lit observer qu'un accident pouwiit surxenir sans qu il y eût de leur faute. Ou ani\ erait-il si je succombais? A défaut d une attestation de ma main, quelle preu\c iourniraiejit-ils de leur innocence et de leur dévouement?
La question, sans être insidieuse, dénotait chez son auteur un singulier sens j)ratique, ainsi (ju'une aj)préciation très nette des responsabilités encourues.
" — Si je meurs, répondis-je, après une minute de réflexion, les hommes rapporteront mon corps, «
LA COMDILLEl^E. 281
Lo tciiH'/iic (joheriiadoy îipprom a d du sijjiie do léto et ajouta ce coinmeiilaii'O coiisolaiil :
a — Il .sera placé en lene sainte.
— C'est cela inènie. »
LE TKMESTK DE COBEnSADOn.
J'expliquai ensuite que là ne devraient pas se borner ses bons offices. Si, ce qu'à Dieu ne plaise, il m'arrivait malheur, je le priais de faire parvenir la nouvelle à la côte par un émissaire auquel il confierait les papiers trouvés sur moi, afin qu'ils pussent être envoyés dans mon pays. Sur ce
point, comme sur les autres, je reçus les promesses les plus caté{;oriques et me retirai fort satisfait de uos couventious, encore (jue 1 entretien ent pris, vers la fin, un tour tant soit peu macabre. Mais il n'est rien de tel pour avoir l'esprit libre et le corps alerte <pie de mettre ordre à ses affaires en vue de toute éventualité lâcheuse.
L'appât d un salaire inespéré n avait })as seul contribué à stiuuiler le zèle de mes hommes. Un autre motif les déterminait à m accompajfner à la recherche du rio Hualla[;a. Ils i-encontreraient, leur disais-je, sur les bords de cette liviere, d importants (gisements de sel dont ils pourraient rapporter au retour une ample provision. La promesse était séduisante; le sel est, en effet, une denrée rare et chère sur les plateaux des Andes, où il vaut jusqu'à deux et trois piastres Yanobd ' .
Mes recrues embauchées, les adieux prirent deux jours. Ce furent, de maison en maison, des allées et venues continuelles, des clameurs, des chants, d interminables libations, une ])acchanale qui durerait encore si je n'eusse profité duu instant de répit pour les enfermer avec moi dans le réduit que j'occupais, et dont je barricadai lentrée eu plaçant ma couchette en travers du seuil. C'était l'unique moven de ])révenir une rechute et de nouveaux retards.
Enfin, le 23 août, une heure après le lever du soleil, nous soitions de Tayabandui. L'étape (|ui commençait allait être, sans aucun doute, 1 une des plus dures du voya(]e, et l'épreuve, peut-être au-dessus de mes forces. Mais devant la splendeur de cette juatinée, counneut se laisser aller aux pensées découra{j,eantes ? L'air était vif, avec cette saveur acidulée de la brise aux grandes altitudes, le ciel sans une tache, le sol poudré de {jivre, et mes (jens, le ballot sur l'épaule, marchaient allè(;rement. Leur nombre m'avait permis de n'attribuer à cliacun qu'un fardeau assez lé^jer. La plus forte charije n'excédait pas vin^jt kilogrammes. Le moins àfjé de la bande,
' Environ 2 francs le kilo{;raninio.
un [jiircoii (riiiic (jiiiii/aiiie d aiiiu-cs, prcscjuc un enlaut, (juc ses camarades suniouiinau'ul Jiicckc/ui (le Rat), en raison de sa petite taille et de sa tournure lluette, avait reçu, j)our sa part, la sacoche renfermant, avec une partie des munitions, mes cartes et mes carnets de notes, ce dont il se montrait très fier; il ne me «[uiltait pas des yeux, ré^jlait son pas sur le mien, et se donnait, vis-à-vis des autres, les airs d un homme investi d'une mission de confiance. Le pi'emier il ('tait venu proposer ses services, spontanément, niù par cette ardeur à courir le monde cpii, chez l Indien comme che/ le blanc, est le l)el apanafje de la jeunesse. Son exemple n'avait pas été sans inlluencer les bonnes volontés jusqu'alors hésitantes, et je lui étais un peu redevable de l'orjjanisation relativement rapide de ma caravane. Aussi n'avais-je pas hésité à bien accueillir sa demande, en rengageant malgré son jeune âge et l'anxiété évidente des parents.
Le départ donna lien à une scène touchante, à une démonstration de douleur si vraie, cpie je regrettai un instant d avoir cédé si aisément au désir du jeune chercheur d a\entures. L Indien était l'aîné d une nomlneuse famille dont le chef était mort quelques mois auparavant. La veuve voyait avec appréhension s'éloigner celui qui désormais devrait remplacer au logis le père disj)aru, et faire vivre la maisonnée. L'occasion pourtant était trop belle pour qu'on la laissât échapj)er ; de sa vie peut-être l'enfant n aiH'ait la chance de gagner en si peu de jours un salaire aussi élevé, de quoi assurer pour longtenqjs le bien-être des siens. La j)auvre femme te résignait donc à une séparation ([ui, pour être de courte durée, u en empruntait pas moins à la nature même du vovage, à l'ignorance du but à atteindre , aux incertitudes d une marche dans la région redoutée des grands bois, nu caractère solennel. Entourée de ses autres enfants, le plus jeune suspendu sur son dos dans un fdet, elle nous attendait au seuil de sa cabane, assise sur ses talons, dans une attitude accablée. Au moment où nous passions, elle se dressa d'un bond, connnc unie par un ressort, courut à son hls (ju'elle saisit à pleins bras; puis, se retournant vers moi :
» — Taila, s cciia-t-ello, sois bon pour lui; ne lui fais pas de mal. Rendsle-moi comme je le le donne. C'est la lumière de mes yeux... Ne me laisse pas pom* toujours a\ eugle ! »
Je la lassurai de mon mieux, lui mis (pielipu's réaux dans la main, et aussitôt ses laineutatious cessèrent. Mais lon[;leuips encore, tandis (jue nous nous élevions lentement le long des pentes arides qui dominent le village du côté de l'est, je l aperçus à la même place, immobile dans la poussière, la clievelure au vent, au milieu de sa marmaille en pleurs.