A.MAZO^^IE
étrangère ont omi[)C(Ii('' jns([n'ici les lionnnes cl'l'^tat j)éruvien< de tourner leurs re(;;ucls vers cet Orient (|ui recèle la vraie mine in(''j)uisai)le où le pays doit I ècupèrer au centuple ses trésors (gaspillés.
La vue, du haut de la falaise, est d'une (jrandeur incomparable. Le Huallajja, large d'un demi-kilomètre, descend, pareil à une coulée de métal, au milieu de la forêt infinie. L'impression ressentie tient du vertige, si l'on songe (pie des navires de haute mer pourraient flotter sur cette nappe d'eau, profonde de dou/e brasses. Nous sommes encore cependant à 90 milles de son confluent avec le Maranon, et à 4,400 kilomètres de l'Atlanticpie. On se rendra compte de la déclixité presque insensible du ])assiii de l'Amazone, si Ton rapproche de ce dernier chiffre la cote d'altitude, cpii est seulement de cent irenic-sepl mètres au-dessus du niveau de la mer!
La rivière, au-dessous de Yurimaguas, ralentit sa course. Son courant, naguère si désordonné, n'est plus que de trois milles à l'heure. Le lit se resserre : l'écartement des berges varie de trois à quatre cents mètres; la sonde, en revanche, donne des fonds de trente mètres. Sur un parcours de (juarante lieues, nous apercevons trois établissements d'assez pauvie apparence, Santa Maria, Santa Gruz, Santa Lucia; puis le village de la Laguna, hal)ité par des Indiens Cocainas. La population qui nous entoure, pendant notre courte escale, n'est composée que de vieillards, de femmes et d'enfants. Tous les hommes valides sont occupés au loin à la récolte du caoutchouc. Le type cej)endant, à n'en juger que par les misérables échantillons que je passe en revue, m'a semblé remarquable. La taille est élevée, assez bien prise, le front haut et large, les pommettes saillantes, les yeux noirs, très {jrands et très doux; la chevelure, épaisse, un peu rude, tombe sur les épaules, li aspect général n'est pas sans présenter quelque analogie avec les plus l)clles races rou(;es de lAujcTicpie septentrionale.
I->nfin, le 7 an matin, voici (pi'à l'horizon une traiiu-e rougeàtre se dessine, barrant l eau grise, (j'est donc là le Maranon , rhund)le torrent de montagne (pie je traversais, il v a tantôt trois mois, au gué de Ghoro-
DES ANDES AU l'Al'.A.
bamba ! Tandis que nous faisons force de rames vers la rive {jauche pour atteindre la factorerie de San Lorenzo, une émotion indéfinissable, je ne sais quelle langueur s'empare de moi. Un flot de sanjj me monte au visafjc; il me semble ([ne mon pouls ])at plus vite et (jne, Dieu me pardonne, une larme a roulé sur nni joue. Maintenant le couraul, larjje d une dcmi-lieue, liiil droit à 1 est. Il se bâte, le ilenve colossal, vers le Brésil, le Para, vers rOcéan dont la va{;ne bat les rivages de la patrie lointaine !...
- y *^ • . yi*-,?Sv:M»^.-^v ,■;">? -y-^P- :■■■■:■ i. <■■ .^