PROCÉDÉ D'ANEL ET PROCÉDÉ DE HKNTER
artères sont malades la tunique celluleuse est presque toujours intacte ; qu'importe dès lors que les deux tuniques internes soient plus sécables qu'à l'état normal, puisqu'on se propose de les couper dès le premier jour, et que dans ce but on préfère les ligatures rondes aux ligatures plates ? Toute la doctrine de Hunter et de Scarpa repose donc sur une fausse théorie de l'oblitération artérielle, et il est assez singulier que les modernes, en rejetant la théorie , aient conservé la doctrine. Pour ma part, la lecture d'un grand nombre d'observations m'a convaincu que le procédé d'Anel n'est pas plus souvent suivi d'hémorrhagie que le procédé de John Hunter ; s'il y avait une différence , elle serait plutôt en faveur du procédé d'Anel , et ce sont des considérations d'un ordre tout différent qui me serviront de base pour établir un parallèle entre ces deux procédés. Tous deux agissent de la même manière sur les parois artérielles ; et s'ils diffèrent l'un de l'autre à quelques égards , c'est par leur action sur la poche anévrysmale et sur la circulation générale du membre.
Dans le procédé d'Anel , on ne laisse aucune collatérale entre la ligature et le sac ; dans le procédé de Hunter, au contraire, la portion d'artère comprise entre ces deux limites émet en général une ou plusieurs branches de calibres variables , capables de ramener dans l'anévrysme une certaine quantité de sang, par le moyen des anastomoses. La distance qui existe entre le sac et la ligature n'exerce par elle-même aucune influence ni sur la tumeur, ni sur la circulation générale du membre. Tout dépend de la présence ou de l'absence de collatérales intermédiaires, de leur nombre, de leur calibre et de leurs connexions.
Cette distinction que j'établis entre le procédé d'Anel et celui de Hunter demande toutefois quelques explications. Quelquefois, l'artère anévrysmatique n'émet aucune collatérale dans une grande étendue au-dessus du sac, et il peut se faire alors que le procédé de Hunter agisse de la même manière que celui d'Anel. Par exemple, lorsqu'on opère un anévrysme de l'extrémité inférieure de l'iliaque externe, nécessitant l'application d'une ligature au-dessus de l'origine de la circonflexe et de l'épigastrique, on peut placer à volonté le fil constricteur immédiatement audessus du sac, ou plus haut sur le milieu de l'artère, ou plus
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haut encore, à une distance raisonnable de son origine; quel que soit le parti auquel on s'arrête, qu'on pratique l'incision de Bogros, ou celle d'A. Cooper, ou celle d'Abernetliy, cela ne change en rien les effets de la ligature , parce que , dans tout ce trajet, l'iliaque externe n'émet aucune branche collatérale. J'en puis dire autant de la ligature de la carotide primitive , pratiquée un peu plus haut ou un peu plus bas , pour guérir les anévrysmes de la partie supérieure de ce vaisseau. Les descriptions de la médecine opératoire peuvent établir des distinctions entre ces divers cas ; mais la physiologie pathologique doit les rapprocher les uns des autres et les faire rentrer dans la même étude générale, puisqu'en définitive les opérations doivent être classées d'après leur mode d'action et non d'après leur mode d'exécution.
C'est pourquoi , sans m'inquiéter du lieu où on place les ligatures, je diviserai les applications de la méthode d'Anel en deux catégories, celles qui laissent, et celles qui ne laissent pas de collatérales entre l'anévrysme et le fil constricteur. Je ferai rentrer toutes les opérations de la première catégorie dans le procédé d'Anel, et le procédé de Hunter n'embrassera que celles de la deuxième catégorie.
On m'objecte peut-être que je détourne ces deux désignations de leur signification primitive, et que la question des collatérales intermédiaires n'a préoccupé ni Anel ni Hunter. Gela est certain ; mais il ne s'agit pas de savoir ce que les deux chirurgiens ont voulu faire, il s'agit de savoir ce qu'ils ont fait. Or, Anel n'a pas laissé de collatérale ; Hunter, au contraire, en a laissé. Et, puisqu'aujourd'hui je classe pour la première fois les procédés d'après leur mode d'action, je suis autorisé à donner le nom d'Anel à celui de ces procédés qu'Anel a mis le premier en usage, et le nom de Hunter à celui que Hunter a conseillé et exécuté.
Cela posé , le procédé d'Anel et celui de Hunter agissent l'un et l'autre en faisant déposer des caillots dans le sac. Ces caillots, quelle qu'en soit la nature, se comportent comme ceux des guérisons spontanées, et se prolongent presque constamment dans le tronc de l'artère adjacente, qu'ils oblitèrent. Je reviendrai tout à l'heure sur ce point. Mais je dois procéder par ordre, et j'aborderai d'abord une question sur laquelle tous les praticiens