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INCONVÉNIENTS DE LA COMPRESSION GRADUELLE

©rire , offre quelque analogie avec un autre mode de compression qui a été employé plusieurs fois, et auquel certains chirurgiens donnent la préférence; je veux parler de la compression graduelle. Dans la compression graduelle, on applique d'abord la pelote de manière à diminuer simplement la force des pulsations; puis chaque jour, ou même deux fois par jour, on augmente la pression en serrant la vis de l'appareil, jusqu'à ce que le passage du sang soit totalement intercepté au niveau de la pelote. Ce procédé offre un premier et principal inconvénient , en ce sens qu'il ne se prête pas à l'emploi du procédé de Belmas (compression double et alternative) ; il exige , en effet , que la pelote , une fois appliquée , reste constamment en place ; car, si on la relâche un seul instant, comment retrouver ensuite le degré précis de pression où il faudrait pouvoir revenir? Comment savoir si l'on ne reste pas au-dessous où si l'on ne va pas au delà? Et surtout, par quel moyen arrivera-t-on à donner exactement la même énergie aux deux pressions alternatives ? La compression graduelle ne peut donc s'allier avec le procédé de Belmas, ce qui constitue un inconvénient sérieux.

11 est clair, d'ailleurs , que la compression graduelle , quelque ménagée qu'elle soit, arrive promptement à la limite. Quelques tours de vis suffisent pour cela , et, au bout de peu de jours, il se trouve que l'on pratique simplement la compression totale. En réalité , par conséquent , la compression graduelle n'est qu'une variété de la compression en deux temps ; elle est d'abord partielle, puis elle devient totale; mais elle a le désavantage d'agir sans discernement et de ne pas tenir compte de l'état de l'anévrysme. Chez certains malades favorablement disposés, les quelques jours pendant lesquels la compression graduelle n'est que partielle, suffisent pour faire déposer dans le sac des caillots fibrineux en quantité notable, et lorsque la compression devient totale, l'oblitération s'achève en quelques heures. Mais il n'en est pas toujours ainsi : les premiers dépôts fibrineux s'effectuent souvent avec plus de lenteur. Cela varie beaucoup , suivant les individus; tantôt il suffit de quelques jours, tantôt il faut plusieurs semaines ou même plusieurs mois. La compression graduelle atteint donc souvent sa limite avant que le sac ait subi de notables changements; et, au moment où elle devient totale, on se trouve

à peu près dans les mêmes conditions que si l'on eût appliqué d'emblée la compression totale , condition fort désavantageuse , ainsi que je crois l'avoir suffisamment établi. Les effets heureux ou malheureux de la compression graduelle sont donc subordonnés à des éventualités que l'on ne peut pressentir à l'avance ; lorsqu'on se décide à l'appliquer, on ne sait jamais si l'on ne sera pas obligé d'affronter les inconvénients et les accidents que j'ai signalés tout à l'heure en parlant de la compression totale primitive.

Rien de pareil n'a lieu dans le procédé de compression en deux temps, auquel j'ai donné la préférence. La compression partielle, qui constitue le premier temps de ce procédé, permet d'attendre patiemment le moment où le sac est à demi oblitéré par des caillots actifs , et où quelques heures de compression totale doivent suffire pour amener une oblitération complète. Dans la compression graduelle, au contraire, la durée de la compression partielle est limitée et toujours très-courte, tandis que la durée de la compression totale est illimitée; et, lorsque le traitement se prolonge au delà de quelques jours, ce qu'on ne saurait jamais prévoir, on s'expose à froisser la peau , à en déterminer l'ulcération et la gangrène , et surtout à provoquer des douleurs tout à fait intolérables.

On voit tout de suite combien la compression graduelle est inférieure à la compression en deux temps. J'ajoute qu'elle me paraît inférieure même à la compression partielle proprement dite. Elle est moins mauvaise, sans doute, que la compression totale, mais elle constitue néanmoins un procédé vicieux.

J'ai parlé jusqu'ici des procédés dans lesquels on s'efforce de maintenir la compression en place d'une manière continue. Cette continuité d'action est désirable, très-désirable même; c'est afin de l'obtenir que l'on a imaginé la compression alternative avec deux ou plusieurs pelotes. Mais le procédé de Belmas n'est pas toujours applicable; il y a des anévrysmes tellement rapprochés du tronc, qu'il est impossible d'établir au-dessus d'eux une compression double; et il y a des malades tellement irritables qu'ils ne peuvent supporter une compression permanente, quelque modérée qu'elle soit. Chez eux on est obligé d'interrompre, à des intervalles variables, le jeu des pelotes, et de rendre pour un temps

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