APPAREILS A COMPRESSION ÉLASTIQUE
faudrait qu'un aide restât nuit et jour dans la salle pour manier l'appareil.
L'insertion de la pelote sur l'extrémité opposée de la vis doit être telle que la pelote tourne librement autour de l'axe de la vis, sans jamais pouvoir s'en séparer. La pelote, en effet, doit cheminer avec la vis , mais ne doit pas tourner avec elle , sous peine de tordre et de froisser gravement la peau. Cette mobilité de la pelote autour de l'axe de la vis est très-facile à obtenir. Elle est indispensable, comme on le voit; mais elle a un petit inconvénient , surtout quand la pelote est ovalaire : c'est qu'elle permet à la pelote de tourner légèrement sur elle-même à chaque pulsation de l'artère comprimée. On doit donc placer, à l'insertion de la pelote , une petite vis de pression qu'on relâche chaque fois qu'on manie l'appareil , et qu'on resserre dès que la pelote est en place sur le vaisseau.
Parlons enfin de l'écrou. Cette pièce , l'une des plus importantes , a donné lieu à un perfectionnement fort remarquable et fort utile , dû à l'esprit ingénieux de M. Carte. Les écrous ordinaires sont simplement creusés dans l'épaisseur de l'armature ; et quand toutes les parties sont en place , quand toutes les vis sont serrées , l'appareil forme un tout rigide et inflexible. Il en résulte deux inconvénients : d'une part, la peau, le tissu cellulaire et les muscles que la pelote comprime avec l'artère , subissent en peu de temps une légère diminution de volume, par suite de l'expulsion des liquides qu'ils renferment, et il arrive souvent que la compression se relâche au bout de quelques instants. Pour suivre l'affaissement des tissus, il faudrait, pour ainsi dire, ne pas quitter le malade, en appliquart incessamment une main sur l'anévrysme et l'autre sur le tourniquet. D'une autre part , cette compression inflexible, et en quelque sorte brutale, provoque promptement d'assez vives douleurs. Pour faire face à ce double inconvénient, M. Carte a imaginé la compression élastique.
La compression élastique est exécutée à l'aide du caoutchouc vulcanisé , dont l'élasticité inépuisable et régulière a déjà rendu tant de services à la thérapeutique chirurgicale et à l'industrie. On peut voir sur les deux compresseurs de M. Carte (fig. 32 et 34) un petit appareil assez compliqué, de forme à peu près eu-
bique, disposé autour de la vis, au-dessus de l'armature. Cet appareil se compose de deux plaques métalliques rectangulaires , horizontales , traversées l'une et l'autre par la vis, et unies entre elles par leurs bords latéraux , au moyen de deux pièces courtes et épaisses de caoutchouc vulcanisé. Les deux plaques métalliques peuvent par conséquent être rapprochées ou éloignées l'une de l'autre à la faveur de l'élasticité du caoutchouc. La plaque supérieure supporte l'écrou. La plaque inférieure, fixée sur l'armature par un cylindre métallique, est traversée, ainsi que compresseur circulaire ce cylindre, par la vis qui y glisse librede carte. ment sans Jucher les parois de la cavité
cylindrique qu'elle parcourt.
Cela posé, voici quel est le mécanisme de cet appareil : tant que la pelote ne rencontre aucun obstacle , on peut faire avancer la vis sans mettre en jeu l'élasticité du caoutchouc. Supposons maintenant que la pelote rencontre une surface résistante et incompressible; qu'arrive-t-il ? A chaque nouveau tour, la vis avance dans l'écrou de la plaque supérieure; mais la pelote ne peut descendre , et il en résulte que c'est l'écrou qui doit remonter. Les deux plaques s'écartent donc en distendant le caoutchouc. Supposons enfin que la pelote rencontre la surface à demi résistante et compressible d'un membre : la force de la vis va se diviser. Une partie de cette force fera descendre la pelote dans les chairs; l'autre partie fera remonter l'écrou en distendant le caoutchouc. En réalité, par conséquent , la pression sera maintenue parla rétraction de cette substance élastique. Dès lors , elle ne pourra ni diminuer ni s'accroître. Si les chairs s'affaissent, la pelote les suivra ; si elles se tuméfient ou réagissent d'une manière quelconque, la pelote sera soulevée sans pour cela cesser d'agir comme auparavant. Enfin l'expérience a démontré , ce qu'il était du reste permis de prévoir, que la compression élastique est tout aussi efficace et beaucoup moins pénible que la compression ordinaire. 11 est arrivé plusieurs fois que les autres appareils ont été intolérables , et que l'appareil de Carte a été supporté sans