COMPRESSION ÉLASTIQUE. — L'ÉCROU MOBILE
inconvénient. Le fait de ce genre qui mérite le plus d'attention est celui qu'on doit à M. Robinson. Un malade (n° 131) fut traité , en 1851, à l'aide des tourniquets ordinaires, pour un anévrysme du jarret gauche. Cet individu, rebelle et impatient, dérangeait sans cesse ses appareils. La compression fut très-irrégulière et échoua complètement. On fit la ligature. L'année suivante, le même malade rentra à l'hôpital pour un anévrysme de la cuisse droite (n° 132). Il fut soumis à la compression élastique : contre toute attente , il la supporta sans se plaindre un seul instant , et guérit cette fois sans opération.
La compression élastique a un autre avantage : c'est qu'elle permet de reconnaître au premier coup d'œil quel est le degré de compression exercé sur l'artère. Chaque pulsation artérielle , en effet , soulève légèrement la pelote et agite la poignée de la vis. L'amplitude de ces petites oscillations donne la mesure de l'obstacle opposé au cours du sang , ainsi que je le montrerai plus tard.
Il m'a paru que cet ingénieux mécanisme laissait quelque chose à désirer; la plaque supérieure, qui seule supporte et fixe la vis, n'est pas seulement mobile dans le sens vertical; n'étant reliée à
Nouvelle modification de l'écrou mobile G offre deux trous latéraux
qui reçoivent ces deux baguettes. Un cylindre creux de caoutchouc vulcanisé D , inséré circulairement
Fig. 35.
l'armature que par deux bandes de caoutchouc vulcanisé , elle peut s'incliner dans toutes les directions , et permet ainsi à la vis de se déplacer.
J'ai pensé qu'on pourrait corriger ce défaut , et en même temps simplifier l'appareil. Je dois des éloges à M. Charrière fils, pour l'habileté avec laquelle il a rempli ces deux indications. La tige horizontale de l'armature se termine par une plaque ronde A (fig. 35), percée à son centre d'un trou pour le passage de la vis. Deux petites baguettes cylindriques et verticales BB se fixent sur cette plaque. L'écrou
sur cet écrou , en dedans des deux trous précédents, va d'autre part s'insérer sur le pourtour de la plaque inférieure. La grande vis , cachée dans l'intérieur de ce cylindre élastique , ne reparaît qu'au-dessous de l'armature. L'appareil atteint exactement le même but que celui de Carte , mais il est beaucoup plus simple , et de plus l'écrou mobile, retenu par les deux baguettes BB, ne peut subir aucun déplacement dans le sens latéral. La vis agit , par conséquent, avec la même précision que si elle traversait un écrou ordinaire.
M. Matthieu a tout récemment fait subir à l'écrou mobile une dernière modification. En conservant les baguettes latérales , il a supprimé le cylindre en caoutchouc et l'a remplacé par deux
Fig. 36.
Appareil de Matthieu pour l'artère fémorale.
A. Ressorts à boudins destinés à exercer la compression élastique.
B. Vis de pression et de rappel destinée à relever ou à abaisser l'arc de l'armature.
C. Double douille supportant l'écrou mobile et permettant à la pelote de se mouvoir en quatre sens différents.
petits ressorts à boudin disposés autour des baguettes. M. Matthieu espère que ces ressorts s'useront moins vite que le caoutchouc (fig. 36).
Quelle que soit l'armature à laquelle on donne la préférence, on doit toujours la surmonter d'un écrou mobile, qui est,devenu ainsi très-facile à construire.