DURÉE DU TRAITEMENT
rhagie secondaire, cet accident si fréquent et si funeste, — je ne parle ni de la phlébite, ni du phlegmon diffus, ni des fusées purulentes , ni de l'érysipèle , qui peuvent survenir depuis le premier jour jusqu'au jour de la parfaite cicatrisation; c'est-à-dire qu'en moyenne, le malade traité par la compression est déjà guéri à l'époque où la vie du malade traité par la ligature est encore, pour ainsi dire, suspendue à un fil. M. Syme a sans doute voulu faire allusion aux cas où la compression traîne en longueur et dure plus de deux mois. Mais ces cas sont exceptionnels et constituent un total de moins de 11 °/0, c'est-à-dire environ \. Eh bien! je ne crains pas de dire que les cas où le traitement par la ligature lient les malades au lit pendant plus de deux et même plus de trois mois, sont relativement beaucoup plus communs. — Et d'ailleurs, lors même que pour ces cas extrêmes , la ligature aurait quelque avantage sur la compression au point de vue de la durée du traitement, combien cette différence est compensée dans les cas beaucoup plus fréquents où la durée de la compression est au-dessous de la moyenne! U2 malades ont été guéris en moins de 9 jours, 27 en moins de k jours, et 10 en moins de 2k heures ! Jusqu'à ce que la ligature ait fourni de pareils résultats, l'assertion de M. Syme doit être considérée comme diamétralement opposée à la vérité, et la seule proposition qu'on puisse émettre à cet égard est la suivante :
La durée du traitement par la compression est moindre que celle du traitement, par la ligature.
En fixant à 15 jours la durée moyenne du temps qui s'écoule jusqu'au moment de l'oblitération de l'anévrysme , je dois ajouter une restriction importante. La compression, même dans les cas où elle a réussi, a très-souvent été appliquée d'une manière défectueuse; à mesure que les chirurgiens se familiariseront avec les difficultés de la méthode compressive , on verra diminuer d'une manière notable la durée du traitement. Je suis convaincu que sous ce rapport la compression en deux temps est appelée à rendre de grands services, et qu'un jour viendra où le traitement des anévrysmes poplités ne réclamera pas en moyenneplus d'une dizaine de jours. Ceci n'est pas une vaine assertion ; l'analyse des faits que j'ai rassemblés m'a prouvé en effet que le traitement avait été défectueux à plusieurs égards dans la plu-
part des cas où la cure a été lente , et que dans les autres cas , la durée moyenne n'avait pas dépassé 10 jours.
Quel que soit le procédé de compression auquel on ait eu recours, la guérison de.l'anévrysme est précédée, accompagnée, ou suivie de certains phénomènes importants, relatifs au rétablis sement de la circulation. On sait que le plus souvent l'artère s'oblitère* en même temps que le sac ou peu de jours après ; dans les cas exceptionnels où elle demeure perméable, son calibre est presque toujours considérablement réduit. Il faut donc que le sang cherche de nouvelles voies pour entretenir dans le membre la circulation et la vie.
Cette circulation collatérale s'effectue ici dans les conditions les plus favorables , puisque l'oblitération artérielle ne survient que graduellement , et ne porte que sur une partie très-limitée du vaisseau. Il n'est pourtant pas impossible que la gangrène survienne avant que le cours du sang soit rétabli. Ce fâcheux accident si souvent observé lorsque on a recours à la ligature, n'a eu lieu jusqu'ici que deux fois à la suite de la compression; l'une de ces deux observations a été citée en trois lignes par M. Adams, (n° 10). « Un de mes amis ayant guéri un anévrysme par la com- « pression, il y eut gangrène, et mort, parce que la veine s'était « ulcérée au niveau du point comprimé. » Il est impossible de porter un jugement quelconque sur ce fait; le phénomène au moins singulier de l'ulcération de la veine sous la pelote, semblerait indiquer que l'ami anonyme de M. Adams avâit appliqué la compression avec une étrange force , et que la gangrène avait été due à l'action même de la pelote , plutôt qu'à l'oblitération de l'artère au niveau de l'anévrysme. Il ne reste donc que le fait de M. Busk, chirurgien à bord du Dreadnought , fait presque aussi écourté que le précédent (n° 26). « La compression fut faite sur « l'artère fémorale pour un anévrysme poplité ; pendant quelque « temps on crut au succès. Les pulsations cessèrent dans la tu- « meur, mais au moment où on croyait la cure complète, la « gangrène s'empara du membre, et la mort s'ensuivit.» On n'est pas plus laconique. Il est bon de noter que dans ces deux cas exceptionnels, on ignore tout à fait quel fut le mode de compression mis en usage, et quelle fut même la durée du traitement. Rien ne prouve que la compression bien faite ait jamais été suivie