‹ Des aneurysmes et de leur traitement [electronic resource]Chapitre 30 sur 243 · DIAGNOSTIC DES A NÉ Y H Y SAIES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DES A NÉ Y H Y SAIES

succéder à la mollesse que la tumeur présentait dans l'origine. La compression exercée sur l'artère au-dessus et au-dessous du sac cesse de produire dans le volume de l'anévrysme des changements de volume appréciables. Enfin, sans qu'il soit possible d'expliquer ce phénomène d'une manière satisfaisante, il y a certains anévrysmes dont les battements paraissent et disparaissent à de courts intervalles. On consultera avec fruit sur ce point un mémoire intéressant de M. Verneuil (1).

Si, dans un cas de ce genre, on se contentait d'un seul examen on pourrait méconnaître le caractère de la puisa tilité, et on comprend combien cette circonstance jetterait d'obscurité sur le diagnostic.

Lorsqu'un anévrysme est ainsi modifié par la présence des caillots tibrineux, il ressemble vraiment beaucoup à une tumeur solide placée au-devant d'un tronc artériel (2). Cependant la nature des battements , qui s'accompagnent toujours d'expansion alors même qu'ils sont trôs-alfaiblis, et la réductibilité qui n'est jamais absolument nulle, parce que l'anévrysme renferme toujours une certaine quantité de sang liquide , fournissent déjà de précieux éléments de diagnostic. Le malade est le plus souvent en état de donner des renseignements sur l'origine de son mal ; la tumeur anévrysmale a toujours commencé par être molle et très-pulsatile ; plus tard elle s'est durcie en même temps que les pulsations se sont alïaiblies. La tumeur solide, au contraire, était dès l'origine dure et sans pulsations ; souvent même elle était roulante sous les téguments et tout à fait indépendante de l'artère ; ce n'est qu'en s'accroissant qu'elle a comprimé ce vaisseau et qu'elle a commencé à battre , et si elle a subi quelques changements de consistance, loin de devenir plus dure, elle s'est plutôt ramollie. Si, malgré ces divers caractères, le diagnostic demeurait douteux, il resterait un moyen précieux que je ne saurais trop recommander : je veux parler de la compression indirecte exercée d'une manière permanente sur le tronc de l'artère,

(1) Verneuil. Note pour servir à l'histoire des anévrysmes, dans Arch. générales de médecine, sér. IV, T. XXIII , p. 40 ( 1850 ).

(2) J'aurai plus loin l'occasion de cher plusieurs cas où des auévrysmes, ainsi solidifiés en totalité ou en partie, ont été pris pour des tumeurs fibreuses où cancéreuses , et extirpés comme tels (voy. plus loin le chapitre Guérisons spontanées, et voy. encore la Méthode de Purmann, dans la deuxième partie de cet ouvrage).

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